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EAN : 9782737346422
127 pages
Editions Ouest-France (14/04/2009)
3.66/5   40 notes
Résumé :
Loin de toute idéalisation ou de tout pathos suscité par une condition féminine forcément dégradée, ce livre offre une vision plus nuancée et sans doute plus réaliste de la vie des femmes au Moyen Age. La femme y est dévoilée dans toute la diversité de ses âges et de ses conditions sociales. Ce sont des femmes actives, des femmes d'argent et de pouvoir, des intellectuelles et des religieuses, mais aussi des exclues et des marginales qui seront tour à tour présentées... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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TheWind
  29 juillet 2014
Ce livre présente un aperçu général sur la vie des femmes au Moyen âge : des étapes marquantes de leur vie, de leur place dans la famille et dans la société, de leur représentation.
On ressort de cette lecture en se disant, d'un ton blasé : " Tiens, c'est déjà fini ? "
Certes, l'auteur reconnaît bien en conclusion qu'"il ne s'agit ici que de donner un aperçu bien modeste d'un si vaste sujet" , on ne peut donc pas lui en vouloir..
Seulement, on ressort un peu frustré de ce survol d'évidences plaquées et de cette documentation peu approfondie.
Il s'agit cependant d'un ouvrage fort agréable à regarder et à toucher. Chaque page de papier glacé offre de magnifiques illustrations datant de l'époque médiévale et j'ai eu plaisir à retrouver des miniatures splendides comme celles du manuscrit "Les Très Riches Heures du Duc de Berry" ou encore une des tapisseries de la tenture de la Dame à la licorne. La richesse de l'iconographie m'a également permis de découvrir bien d'autres miniatures, tableaux ou tentures de l'époque tout aussi magnifiques. Notamment, pour ne citer qu'un exemple, une très belle enluminure figurant dans un manuscrit commandé par Anne de Bretagne à son confesseur : "Les vies des femmes célèbres" et qui représente les principaux épisodes de la vie de la Vierge.
Pour résumer, c'est plutôt le genre d'ouvrage qu'on aime avoir chez soi, et qu'on se plait à prendre de temps en temps pour en admirer et caresser les superbes images médiévales.
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araucaria
  26 décembre 2020
Un ouvrage très agréable à découvrir, car d'une grande clarté et rempli de très belles illustrations. Un texte long d'un peu plus d'une centaine de pages, qui se décomposent en cinq parties :
Les âges de la vie,
Un corps désiré et redouté,
Femmes en famille,
Femmes en société,
Des modèles pour les femmes.
Ce beau livre donne un aperçu de la vie des femmes de toutes conditions, du peuple, bourgeoises, nobles, laïques ou religieuses, à tous les stades de leur existence.
J'ai beaucoup apprécié cette lecture qui donne envie de creuser davantage le sujet et de partir à la recherche d'autres livres abordant le même thème.
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Soleney
  29 octobre 2015
Je me suis souvent demandée si la condition des femmes au Moyen Âge était si terrible qu'on le disait, et c'est pourquoi je n'ai pas pu résister à l'envie d'acheter cet ouvrage.
La réponse ? Oui et non. Ça dépend des périodes, ça dépend des régions, et ça dépend des classes sociales. Je précise que c'est la première fois que je lis un livre sur ce thème, et que s'il n'est pas très approfondi, il reste une très bonne introduction au sujet. Sophie Cassagnes-Brouquet évoque beaucoup d'anecdotes qui rendent la lecture intéressante et sont comme des appuis à son argumentation. En fait, ce livre ressemble plus à un mémoire qu'à un essai, tant il recèle d'exemples et de preuves. L'analyse et les explications y sont peu présentes.
Mais cela ne m'a pas dérangée. Je voulais juste en savoir un peu plus sans me bourrer la tête de références historiques, et l'objectif est atteint.
J'ai tout de même quelques regrets : il y avait beaucoup de coquilles, la ponctuation était parfois bizarrement située – quand elle n'était pas absente – et même si le style était globalement agréable et fluide, certaines tournures de phrases étaient maladroites. Je regrette aussi de ne pas avoir plus de détails sur les (nombreuses) illustrations – pourquoi pas une courte analyse pour les plus intéressantes ?
15 euros, c'est un peu cher pour ce que c'est...
Mais bon, il est vrai que les informations qu'on a héritées du Moyen Âge sont souvent incomplètes. Et outre ces détails, j'ai passé un bon moment à me cultiver sans me prendre la tête. J'ai appris ainsi que même si beaucoup de penseurs (masculins et souvent religieux) condamnaient la femme comme étant la fille d'Ève, il y a eu des champions de la condition féminine qui se sont évertués à les défendre – dont quelques dames, comme Catherine de Pizan. Je sais maintenant que l'adolescence, pour le Moyen Âge, s'achevait à 28 ans, qu'une femme sur dix mourrait en couche, et que la mortalité infantile était tellement importante que tuer une femme enceinte ou en état d'avoir des enfants était un crime très grave (plus que si c'était un homme). Que les veuves étaient légions parce que les hommes se mariaient tard (vers 20-30 ans) et mourraient tôt. Que les femmes âgées étaient très (très !) mal vues à cause de leur laideur et servaient de représentations à la vieillesse et à la mort (d'où le surnom de la Faucheuse). Qu'il était possible de commettre des péchés de luxure à l'intérieur de son propre couple en faisant preuve d'une trop grande passion pour son/sa partenaire et en se reproduisant les dimanches, mercredis et vendredis (!).
Bref : le plaisir était péché, et tout était prétexte à le condamner. La superstition et la religion réglementaient le quotidien d'une façon quasi millimétrique. C'est incroyable de constater à quel point les mentalités peuvent changer alors même que nous sommes les héritiers de cette culture ! Désormais plongés dans le culte du plaisir et de la personne, nous sommes presque à l'opposé des modes de pensées de l'époque. En bien ou en mal, l'avenir nous le dira.
Un exemple avec les recluses : ce sont des femmes qui choisissent de s'enfermer volontairement dans une « cabane » dont la serrure de la porte est fondue. Elles ne peuvent plus sortir et sont vouées à une vie entière de prière et de dévotion. Aucun retour en arrière n'est possible. La seule chose qui leur permette de rester en vie, c'est une toute petite fenêtre, par laquelle les habitants du village leur procurent ce dont elles ont besoin. C'est un destin absolument HORRIBLE que de rester incarcéré dans une même pièce jusqu'à la mort ! Ça révolterait n'importe qui, à notre époque. Et pourtant, ces personnes étaient volontaires ! Une seule explication : l'important, c'était la communauté. Pas le particulier. Les recluses étaient très bien vues car elles avaient pour vocation de prier pour le salut des âmes de ceux qui prenaient soin d'elles. Et isolées à vie, elles étaient coupées de toute source de péché – l'accès au paradis était quasi garanti.
Toutefois, il est peut-être possible qu'elles aient été fortement influencées par un parent désireux de se débarrasser d'une fille encombrante ou déshonorée… Qui sait ?
En somme, c'est un livre accessible à tous. Personnellement, ça m'a fait réfléchir sur l'évolution des codes moraux (tellement plus rigides à l'époque !), mais je pense que cela laissera les plus gourmands sur leur faim.
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Aelinel
  15 septembre 2014
Pour une première approche sur le sujet, ce livre est l'idéal : il est simple, clair et concis. Il se lit très rapidement. le seul point négatif est qu'il a tendance à uniformiser le statut des femmes en ne mettant peut-être pas assez l'accent sur les différences géographiques entre les pays ou les régions, mais aussi chronologiques entre le Haut Moyen Age et le Moyen Age tardif. Pour creuser la question, mieux vaut donc se reporter à l'ouvrage de Duby et de Perrot.
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ChaK_
  22 octobre 2018
Petit livre genre "que sais-je?". Court, non exhaustif donc, mais assez intéressant. On y vois globalement la vie la paysanne, comme celle des aristocrates mais sans jamais vraiment aller au bout des choses, je reste un peu sur ma faim malgré avoir appris certaines chose, et démystifié pas mal. le mariage à 12 n'est clairement pas la règle contrairement à ce qui se dit, c'est même très rare. Enfin plein de petits détails sympathiques, mais le livre aurait mérité un petit peu plus de page tout de même selon moi (sans aller jusqu'au pavé j'entend).
Le principal soucis du sujet est les sources. Comment dresser un portrait correcte de femmes de la campagne avant le XIIeme siècle quand les seuls papiers qui nous parviennent sont issus de clercs misogynes à un points assez phénoménal, et suivi ensuite par les troubadour ou les poètes qui eux vivent dans un monde bien plus "romantique" de gente dame blanche, vierge et digne en toute circonstance. Ou alors des manuels de bonnes conduites écrit par des pères de familles aristocrates. Bref, je pense que l'exercice est très dur, et même si l'auteure fait de son mieux pour parler des milieux ruraux on aimerait vraiment en savoir plus. C'est cependant mieux que rien et cela reste instructif.
J'aurais également aimé comprendre un peu mieux cette question très épineuse de l'amour et de la sexualité. C'est bien abordé, mais j'ai vraiment du mal à saisir la relation entre cette misogynie, cette "peur" de la femme, cette diabolisation par les clercs et la réalité. Celle de gens amoureux tout simplement. Dur de savoir si les règles dictée par le clergé comme les jours sans rapport etc étaient respectés.
Agréable à lire.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   26 décembre 2020
Les femmes du Moyen-Age, nobles ou campagnardes, connaissent d'innombrables recettes de beauté qu'elles n'hésitent pas à employer, au grand dam des clercs, pour rehausser leur apparence. Ces recettes, comme celles contenues dans un traité rédigé au XIIIe siècle, l'Ornement des dames, évoquent toutes sortes d'onguents, de crèmes à base de saindoux, d'huile d'olive ou lait d'amande, mais aussi de lotions de plantes macérées ou la fleur de sauge. Les élégantes emploient des teintures pour leurs cheveux et se parfument. L'hygiène est aussi une préoccupation comme la propreté des mains et des dents. Ces pratiques, souvent populaires, sont aussi prônées par les médecins. Le chirurgien de Philippe le Bel, Henri de Mondeville (1260-1320), n'hésite pas dans sa Chirurgie à donner des recettes de fards, de dépilatoires, d'onguents, de teintures capillaires, de pommades, de savons et de drogues pour s'embellir et se rajeunir. Dans le Roman de la Rose, la Vieille conseille aux dames pour cacher leurs imperfections de porter de faux cheveux, de teindre une chevelure blanchie et de soutenir une poitrine tombante par une pièce de toile.
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araucariaaraucaria   26 décembre 2020
Si le mariage est conçu par l'Eglise comme une concession aux exigences de la chair et aux besoins de la reproduction, il ne doit en aucun cas laisser place à la passion amoureuse. Dans le traité d'éducation du chevalier de La Tour-Landry, si le père se montre indulgent, la mère déconseille à ses filles de tomber amoureuses.
La sexualité et le plaisir entre époux sont autorisés, mais limités; la continence est toujours préférable. L'Eglise multiplie les périodes d'abstinence liées aux fêtes de l'année liturgique ou aux temps de la pénitence comme l'avent ou le carême. Les relations sexuelles sont proscrites certains jours de la semaine, bien entendu le dimanche, mais aussi le mercredi et le vendredi. La femme, considérée comme impure, est intouchable pendant ses menstrues et les quarante jours qui suivent un accouchement. Passer au-delà de ces interdictions, c'est pratiquer la luxure au sein du couple chrétien et encourir la colère de Dieu.
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araucariaaraucaria   25 décembre 2020
Mélusine, Jeanne d'Arc ou la Papesse Jeanne sont encore aujourd'hui des figures de l'imaginaire occidental; toutes femmes réelles ou rêvées du Moyen Age. Loin de l'idéalisation outrancière, qui veut faire de cette période un paradis pour les femmes, et de la légende noire romantique des dames enfermées dans leur château et des ceintures de chasteté, leur réalité est autre.
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TheWindTheWind   29 juillet 2014
Les femmes sont exclues des labours et des semailles, pour des raisons certes physiques mais aussi symboliques : la terre est femme et seul le paysan a le droit de l'ensemencer.
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araucariaaraucaria   26 décembre 2020
A quel âge la petite fille devient-elle une femme? Voici une question à laquelle il n'est guère facile de répondre pour le Moyen Age. L'adolescente existe bien dans la pensée médiévale, mais elle correspond à une tranche d'âge bien plus large que de nos jours, entre 14 et 28 ans. Cette adolescence masculine n'a d'ailleurs rien à voir avec celle des filles. Certains vont même jusqu'à penser que les filles n'ont pas d'adolescence en raison de leur mariage précoce. La majorité des filles est fixée par la loi canonique à l'âge de 12 ans, 14 ans pour les garçons. Ils peuvent alors prononcer leurs voeux religieux,ou consentir à leur mariage. Mais peu de filles se marient si jeunes: vers la fin de la période, l'âge au mariage se situe entre 15 et 17 ans, parfois beaucoup plus tard, ce qui laisse place à une courte adolescence.
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