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ISBN : B0046JN436
Éditeur : Puf/ que sais je ? n° 1382 (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
À partir du moment où les gouvernements démocratiques ont été considérés par l'ensemble des peuples comme les seuls légitimes, il a fallu trouver les procédures qui permettent aux gouvernés de participer à la prise des décisions politiques. C'est dire que l'étude des systèmes électoraux soulève au moins deux problèmes : sur le plan technique, il s'agit essentiellement de trouver les formules qui rendent parfaite la représentation des gouvernés au sein des organes de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Luniver
  22 septembre 2015
En France, le président est élu au scrutin majoritaire à deux tours ; aux États-Unis, les citoyens votent pour des grands électeurs, ces derniers votant ensuite pour le président ; en Belgique, une fois les votes connus, les partis doivent négocier entre eux jusqu'à s'accorder sur un programme commun permettant de rassembler au moins 50 % des suffrages. Ces différences dans le processus électoral, on s'en doute, ont de sérieuses conséquences sur le paysage politique d'un pays.
Ce petit essai, malgré ses modestes 120 pages, fait un tour relativement complet de la question. On parlera ainsi de la composition du corps électoral, et de toutes les barrières qui ont été posées pour en restreindre l'accès : l'âge, le sexe, l'ethnie, la profession exercée, l'analphabétisation, la santé mentale, etc. ainsi que les mises à l'écart plus subtiles, jouant sur le manque total d'informations et de communication vers une partie des citoyens.
La deuxième partie, la plus intéressante à mon goût, s'attaque aux systèmes électoraux proprement dits. Dès les premiers balbutiements des élections à grande échelle, les plus grands esprits ont essayé de définir le meilleur système de vote, le plus juste et le plus fidèle aux souhaits de la population. Aujourd'hui, on sait malheureusement que c'est impossible, et que n'importe quel système brise forcément une règle « évidente » qu'on attend d'un système de vote parfait (à savoir 1) le système donne toujours un classement final ; 2) aucun individu ne peut déterminer le résultat seul ; 3) Si tous les électeurs préfèrent A à B, le système doit classer A devant B ; 4) Si A est préféré à B, l'apparition d'une option C ne doit pas faire passer B devant A). Dans tes dents la démocratie !
Deux systèmes de scrutin principaux ont été retenu de nos jours, le scrutin majoritaire et la représentation proportionnelle. Cette dernière, sur le papier, est la plus juste. Elle garantit qu'un camp aura le même poids dans la prise de décision que dans la société qui l'a élu. En pratique cependant, elle a parfois mené à des assemblées ingouvernables, constituées d'une multitude d'opinions refusant de converger sur quoi que ce soit. Les camps opposés à la démocratie peuvent également faire pourrir la situation en votant systématiquement « non » à toutes les questions, rendant une majorité difficilement atteignable.
Le scrutin majoritaire évite cet écueil, et rend l'exercice du gouvernement plus aisé. Il a cependant tendance à verrouiller la situation : difficile pour un nouveau parti de s'imposer. En effet, pour peser dans la balance, il faut atteindre les sommets. Un parti peut stagner à 10/15 % des voix sans jamais participer à la prise de décision, et inversement, les électeurs rechignent à « gaspiller » leur vote pour un candidat qui a peu de chances de jouer un rôle important dans les années à venir. le système a également tendance à polir les différences, puisque le candidat idéal ne doit déplaire à personne. Peu importe s'il n'enthousiasme personne non plus d'ailleurs, l'important est de faire consensus.
Plus amusant (ou plus désespérant, c'est selon), l'auteur présente également quelques moyens pour les partis au pouvoir de conserver leurs positions, tout en ne changeant strictement rien au système d'élection en place : redécoupage des régions, validation des candidatures par les partis, système d'alliances « contre nature » mais profitable, instauration plus ou moins forcée d'un bipartisme dans le paysage politique qui vous laissera la place un jour ou l'autre, etc.
En 120 pages, l'essai n'a pas le temps d'aller autant en profondeur que je le souhaiterais, mais il est très clair, et provoque beaucoup de questionnements. Malgré ses 45 ans, il reste tout à fait actuel, et il me semble que les constats que faisait l'auteur se sont encore accentués de nos jours. L'idéal pour prendre quelques instants à réfléchir sur ce qu'on fait vraiment en déposant un bulletin dans l'urne.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
LuniverLuniver   20 septembre 2015
Le scrutin majoritaire à deux tours aboutit [...] à de fortes inégalités de représentation. [...] Cette injustice dans la représentation est d'autant plus forte que le nombre de sièges pourvus à l'issue du premier tour (soit à la majorité absolue) est plus faible. En effet, le scrutin de ballottage est précédé de désistements et de retraits des candidats mal placés, et les affrontements du second tour n'opposent souvent que deux candidats. Certaines forces politiques sont alors mal ou trop bien représentées : en 1968, le Parti communiste obtient 20% des suffrages et 7% des sièges, alors que la coalition UDR-Républicains, pour 44% des suffrages, gagne 70% des sièges ; 1981, avec moins de 40% des suffrages, le Parti socialiste emporte près de 60% des sièges.
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LuniverLuniver   21 septembre 2015
[L]a critique essentielle porte sur l'action de la représentation proportionnelle sur l'opinion : favorisant l'expression de toutes les opinions, elle sublime la fonction des oppositions sans nuances et le caractère conflictuel des sociétés politiques. Les forces politique qui rejettent la règle du jeu peuvent aggraver les dissentiments entre les forces politiques "démocratiques" en pesant sur le processus de décision, en cherchant à le paralyser. La fragmentation de l'opinion publique, si elle est chose naturelle, est accentuée par la représentation proportionnelle. Si elle n'est pas naturelle, la représentation proportionnelle peut la provoquer. Dès lors, il peut être très difficile de dégager des majorités de gouvernement à partir de forces politiques raidies dans des cosmogonies qui se rejettent sans nuances.
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