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Critiques sur Où on va, papa ? (328)
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garrytopper9
  27 mai 2014
J'ai découvert Jean-louis Fournier avec « La servante du seigneur » que j'avais adoré. J'ai longtemps hésité avant de lire un de ses livres plus ancien, car les sujets qu'il y aborde ne sont pas toujours légers.

Ici il nous racontent donc, via diverses anecdotes, comment il va vivre le fait d'avoir un enfant, handicapé, puis, un second également handicapé. Ce n'est pas très joyeux comme livre, mais l'humour noir, le cynisme et la plume toujours plus incisive de Jean-Louis Fournier rendent la lecture très agréable, et surtout beaucoup moins pesante.

Là ou il aurait put tomber dans le cliché, le larmoyant, ce père arrive avant tout a parler librement des ses deux enfants et de cette malchance qui s'abat sur lui.

Par contre, comme souvent avec cet auteur, le livre se lit très vite. Comptez une heure tout au plus. Mais en même temps, vu la nature du sujet, ce n'est pas un mal, cela nous évite un gros coup de blues après la lecture.

Un récit poignant, simple, efficace et d'une grande justesse. Comme quoi, on peut faire court, et avoir quelque chose a raconter. Bien des auteurs devraient en prendre exemple.
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Ladybirdy
  08 février 2019
Jean-Louis Fournier est maître en la matière quant à la narration de ses propres histoires. Il délie les noeuds pour faire valdinguer la peine, sous peine d'en rire, sa prose est sans contexte indémodable et mémorable. Mais si le rire permet de détendre une atmosphère tendue et compliquée, peut-on néanmoins rire de tout ? J'ai découvert ce maître de l'autobiographie avec ma mère du Nord qui m'avait subjuguée car rempli d'empathie et d'amour. Ici, je suis mitigée. Bien sûr que deux enfants handicapés à la maison c'est du très lourd, du très triste, du très désespérant. Fournier choisit clairement le chemin de la dérision pour disculper son malheur. Écrire sur ses enfants avec amour aurait peut-être donné un récit too much sortez vos mouchoirs. Non, ici, on rit, on sourit devant l'aliénation d'enfants. Enfin, moi je n'ai pas voulu sourire. Cela m'a gênée même.
« Comme Cyrano de bergerac qui choisissait de se moquer lui-même de son nez, je me moque moi-même de mes enfants. C'est mon privilège de père. ».

D'accord ou pas d'accord, je lui laisse la liberté à ce père désabusé. Il l'aura bien méritée.

Jean-Louis Fournier sait manier les mots rendant un bien bel hommage à la langue française. Pour ce qui est du père, il a une sacrée dose d'humour qui a dû certainement l'aider pour avancer dans ce terrible quotidien...
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manU17
  18 août 2012

Un malheur n'arrivant jamais seul, ce n'est pas un mais deux enfants handicapés que va avoir Jean-Louis Fournier.
Après la stupeur, l'accablement et parfois la honte qui vont le ronger, après avoir plus ou moins tu leur existence, il va choisir l'humour pour exorciser sa douleur.


« Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une
patience d'ange, et je ne suis pas un ange. »


Complice de Pierre Desproges qu'il évoque d'ailleurs dans son livre, il va comme lui faire preuve d'un humour noir particulièrement grinçant. Pince sans rire, il suscite parfois des réactions d'effroi de ses interlocuteurs. Par exemple de la part de Josée qui s'occupe de ses enfants. La scène avec la ventouse est particulièrement hilarante.


C'est toute sa tristesse, sa déception et ses regrets de père n'ayant jamais réellement pu communiquer, au sens traditionnel du terme, avec ses enfants que l'auteur exprime ici. Il est délibérément dans la provocation, il veut susciter les réactions et y parvient sans mal. Il n'hésite pas non plus à en faire parfois un peu trop, le propos n'est pas ici de faire pleurer dans les chaumières. Au contraire, pas de simagrées mais du parler vrai.


« Quand on me demande dans la rue un don pour les enfants handicapés, je refuse. Je n'ose pas dire que j'ai deux enfants handicapés, on va croire que je blague. L'air dégagé et souriant, je m'offre le luxe de dire : "Les enfants handicapés, j'ai déjà donné." »


Prendre ce livre au premier degré serait un écueil que certains n'ont pas évité au vu de quelques critiques outragées.


Pour ma part, ce livre m'a ému, touché et amusé souvent. Un livre qu'il faut avoir lu, une écriture simple, concise, efficace sans fioriture.


« Un livre que j'ai écrit pour vous. Pour qu'on ne vous oublie pas, que vous ne soyez pas seulement une photo sur une carte d'invalidité. Pour écrire des choses que je n'ai jamais dites. »


La plus belle des déclarations d'Amour d'un père à ses enfants…


Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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Dionysos89
  16 octobre 2013
Mais c'est vrai, où va-t-on, au fond ? Comment envisager l'avenir, le bout du chemin, quand on débute sa paternité par deux enfants lourdement handicapés ? C'est, en substance, ce questionne Jean-Louis Fournier.

Jean-Louis Fournier, justement, se pose en homme déçu de la vie, désemparé face à tant de bonheurs malheureux (oui, je sais…). Avec sa rengaine du « Où on va, Papa ? » (épargnons-nous d'ailleurs le trop simple lien avec Papaoutai, de Stromae), l'auteur aborde l'honnêteté et le quotidien devant le handicap. C'est vrai aussi, ce court récit revient beaucoup à un amoncellement de situations diverses et variées, autant de rancoeurs contre cet état d' « handicapés à la naissance » que subirent ses enfants. C'est d'ailleurs ce dernier aspect qui prime pour l'auteur : entre un humour noir décompresseur et une flagellation expiatoire, nous sommes constamment dans un entre-deux mi-gênant, car très rentre-dedans, mi-consolant, car démystifiant la condition d'handicapé.
Le style est un peu trash à plusieurs reprises, c'est vrai, mais il y a tellement de récits ultra compatissants que cela fait du bien aussi de se prendre la dure réalité en face, surtout quand ces tranches de vie quotidienne peuvent parler à n'importe quel parent ou futur parent. de l'honnêteté à ne plus savoir qu'en faire donc, en tout cas nous sommes tentés d'y croire totalement. D'autant plus que c'est très court comme récit : ça se lit très (trop) rapidement, à peine plus d'une heure à tout casser, ce qui fait que nous sommes happés et lessivés d'un même élan par l'auteur et son dégoût de la malchance.

Un récit poignant, simple dans la forme comme dans le contenu, qui donne à réfléchir un minimum en développant le propos habituel, mais toujours utile, sur la norme et son cortège d'absurdités

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Macha_Loubrun
  26 avril 2012
Etre parent n'est jamais simple et avoir une enfant handicapé c'est forcément un parcours singulier. Alors tant mieux si des oeuvres comme « Intouchables » ou « Yo tambien » sont drôles et brisent des tabous, notamment sur le handicap mental…

La lecture de « Où on va papa ? » n'était pas anodine pour moi puisque je suis la maman d'un garçon âgé de treize, handicapé mental, très peu autonome, d'un niveau scolaire de moyenne section avec des troubles du comportement de type autistique.

Je pensais donc retrouver un peu de mon vécu dans ce livre dont tout le monde me disait « j'ai pensé à toi en le lisant », mais le degré de handicap des enfants de Jean-Louis Fournier est particulièrement sévère et chaque histoire familiale est unique.

Ce qui me frappe dans le récit de Jean-Louis Fournier, c'est l'absence de communication possible avec ses enfants, de perspectives familiales et cela doit être très dur à vivre. J'aurais sans doute était aussi désarmée que lui face à une telle situation mais j'ai aussi appris que nous avons souvent des ressources insoupçonnées face à des situations inédites et difficiles. Ce livre me conforte dans la certitude que malgré ses nombreuses difficultés quotidiennes, notre vie de famille est riche d'échanges, de projets et le tout dans une grande complicité affective.
« Où on va papa ? » se lit d'une traite, c'est un témoignage très touchant mais aussi un texte mordant, attachant, déroutant. Il évite tout militantisme ou misérabilisme. Avec un humour désopilant, il décrit des instants de vie, son désarroi face à ses deux garçons avec beaucoup de malice et d'affection…

C'est beaucoup plus qu'un simple récit, un oeuvre littéraire de grande qualité, au succès mérité.
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Crossroads
  06 février 2013
Après avoir pleuré de rire à la lecture de Veuf , je décidais de récidiver , ressentant le pressant besoin de prendre une nouvelle dose d'endorphines , en attaquant Où on va , papa ? par la face Nord ! La fameuse face Écie...
Facétieuse , oh le doux euphémisme que voilà à l'évocation du quotidien des parents Fournier et de leur progéniture .
Thomas et Matthieu . Deux enfants pas comme les autres . Deux gamins condamnés dès la naissance . Sorte de double peine héréditaire histoire de ne privilégier personne .

Sujet délicat s'il en est , le handicap de l'enfant peut légitimement heurter les esprits et faire polémique en cette période de politiquement correct outrancier . Parlez-en à Timsit et à ses crevettes roses...
Récit autobiographique datant de 2008 , j'ai perçu ce bouquin comme un véritable cri du coeur , un rugissement d'amour assourdissant d'un père , pourtant loin d'avoir été parfait , envers ses deux fragiles lutins , ses deux petits brins d'herbe...
Fournier , par le biais de petites saynètes touchantes et délicates parfois saupoudrées d'un brin de cynisme désabusé , évoque un sujet qu'il connait parfaitement sans jamais tomber dans le misérabilisme et la compassion .
Un témoignage bouleversant sur la différence , sur cette chienne de vie malgré tout...

Où on va , papa ? : droit au coeur du lecteur , sans aucun doute !
http://www.youtube.com/watch?v=uEjjVq9vkfI
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TerrainsVagues
  03 décembre 2017
Où on va papa?
J'en sais rien on va voir, on va pas réfléchir et y aller à l'instinct et à chaud parce que déjà 291 billets et rien à dire qui n'est déjà été certainement dit.
C'est le genre de bouquin casse gueule pour un billet car humour et handicap ne font pas souvent bon ménage chez les braves gens qui n'aiment pas qu'on suive une autre route qu'eux…
J'ai comme un sentiment de prise d'otage du coeur. Impossible de dire qu'on a pas aimé sous peine de passer pour un insensible de la pire espèce mais comment dire qu'on a aimé tout le livre sans avoir un arrière gout d'apitoiement qui vient forcément polluer l'objectivité?
Oui j'aime beaucoup ce cynisme libérateur, cet humour noir thérapeutique qui accompagne ces pages.
Non je n'aime pas cette accumulation de billets (chapitres du livre, pas les critiques des lecteurs) redondants qui finissent par me laisser penser qu'on veut nous prendre dans les filets de la pitié.
Oui je comprends que l'auteur s'allège d'un poids qu'on ne peut même pas imaginer et j'aime ce coté impudique et cru des mots prêts à choquer les grenouilles de bénitier et autres associations de familles bien pensantes.
Non je n'ai pas aimé ce sentiment qui plane en avançant dans la lecture. Cette impression que sans en avoir l'air, s'installe un nouveau mousquetaire, le sieur Pathos, un brin travesti en madame dérision.
Oui j'ai aimé pouvoir rire des handicapés sans culpabilité ni méchanceté.
Non je n'aime pas l'idée que si le père d'enfants non handicapés écrit le même bouquin, 90% des billets seront lapidaires.
Oui j'ai été touché.
Non je n'ai pas aimé qu'on me titille le bon sentiment aussi peu subtilement, qu'on me cherche la larmichette à l'usure.
Où on va papa?
En plein coeur de toute façon même si tous les « artifices » n'étaient pas nécessaires.
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rabanne
  14 octobre 2017
La question aurait pu être : "On arrive quand, papa ?"...
Celle que les gosses serinent dans la voiture à peine partis pour un long trajet, et qui nous agace tant ! Mais alors, où il va, ce papa ?
Un homme, qui plus est un père, c'est pudique, par essence. Alors ce témoignage est d'autant plus fort qu'il est exutoire.
C'est une confession intime, un court récit autobiographique, l'hommage de l'auteur à ses deux garçons "pas comme les autres" : des regrets, des remords, des souvenirs tronqués, la dure réalité quotidienne, un regard juste et lucide, la colère, la connerie des gens, les poncifs horripilants, le malaise que le handicap mental suscite.
Le tout sans langue de bois, sans pathos, avec un humour teinté de cynisme salvateur, dédramatisant.
J'ai craqué. Oui, j'ai fondu en larmes en plein milieu de ma lecture (ça ne m'était pas arrivé ainsi depuis "Mon bel oranger", lu à 11 ans), face à cette plume épurée, sans détour, authentique, douce-amère, poignante, brutale et tendre à la fois.
Ce père a aimé et protégé, comme il le pouvait, sans vaines illusions, sans projections concrètes, ses deux "oiseaux" fragiles, déposés là par le hasard du sort, sachant que leurs ailes ne pourraient jamais se déployer (!)
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jeunejane
  22 janvier 2019
Jean-Louis Fournier nous raconte son vécu avec ses deux garçons atteints d'un handicap très profond qui entrave même leur communication sauf peut-être le petit qui vivra le plus longtemps ,Thomas, qui dit quelques mots dont les fameux "Où on va papa ?".
Ils sont tous deux placés en IMP et en contact avec leurs familles régulièrement, presque chaque week-end si j'ai bien compris.
Heureusement, on apprend qu'une fille naîtra, sans handicap, mais ce n'est pas le sujet du livre.
Ce sont ses deux petits garçons pas comme les autres dit-il lorsqu'il cherche un terme pour les nommer.
Le court chapitre qui m'a le plus ému, c'est quand il ne reçoit et ne recevra rien pour la fête des pères. Là, j'ai craqué.
Sinon, l'auteur s'efforce de garder une grande dignité, je n'irai pas jusqu'à dire de l'humour car dans ce cas, ce serait trop.
On sent qu'il ne peut pas communiquer beaucoup avec ses garçons et pire, il ne peut pas échanger ce qu'il vit avec ses collègues ou le parrain qui ne fera plus de cadeaux aux petits.
Un bien beau témoignage et une expérience très lourde où le papa se demande si au moins ses petits ne souffrent pas.



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kouette_kouette
  09 août 2012
C'est la première fois que je lis en pleurant et riant à la fois.
C'est dommage que certaines personnes pensent que ces lignes sont pleines de cynisme, pour moi il est évident qu'elles sont pleines d'amour avec une bonne dose d'humour noir pour essayer de dédramatiser. Et quand on est adepte du genre, on ne peut y voir qu'un livre poignant.
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