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ISBN : 223407536X
Éditeur : Stock (21/08/2013)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.16/5 (sur 277 notes)
Résumé :
Ma fille était belle, ma fille était intelligente, ma fille était drôle…
Mais elle a rencontré Monseigneur. Il a des bottines qui brillent et des oreilles pointues comme Belzébuth. Il lui a fait rencontrer Jésus. Depuis, ma fille n’est plus la même.
Elle veut être sainte.
Rose comme un bonbon, bleue comme le ciel.
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Critiques, Analyses & Avis (92) Voir plus Ajouter une critique
marina53
28 août 2014
Un véritable cri d'amour? Un appel au secours? Une bouée jetée à la mer? Toujours est-il que cette lettre ouverte et à coeur ouvert a trouvé écho, preuve en est la réponse de l'intéressée en fin de roman...
Depuis que sa fille Marie (un prénom prédestiné?) a rencontré Monseigneur (comme il l'aime l'appeler), elle a surtout rencontré Jésus. Cela fait maintenant dix (longues) années qu'elle est entrée dans les ordres et ne donne guère souvent de nouvelles à son papa, Jean-Louis Fournier. Graphiste à l'avenir prometteur, elle a tout laissé tomber. Charmante, drôle, tout en couleur, elle est devenue sérieuse, autoritaire et grise. Aussi, il lui écrit, indirectement dans ce roman. Et ce sont des souvenirs joyeux, des petites choses ici et là de l'enfance, des espoirs pleins la tête et des étoiles dans les yeux, l'espoir d'un retour possible vers lui dont nous parle l'auteur. Où il est inévitablement question de sa fille, il n'oublie pas de parler de lui, de sa vie et de ses erreurs.
L'on pourrait s'insurger devant ce déballage si personnel, ce témoignage par roman interposé, se moquer tout simplement de lui et de ses états d'âme ou au contraire reconnaître non pas seulement ses talents d'écrivain mais aussi l'homme blessé qu'il est encore aujourd'hui. Chacun aura son propre ressenti à la lecture de ce témoignage. Cette lecture touchante, sincère, directe, à la fois triste et drôle, emplie d'une profonde détresse, légère et pourtant lourde de sens m'aura touchée et interpellée. Ne manquait que son humour bien noir et caustique, pourtant si présent dans ses précédents romans.
La servante du Seigneur... Ave Marie...
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Cioran
27 avril 2014
Après la lecture de quelques critiques, très négatives et dures pour certaines, je me jette à l'eau... La mienne sera douce, car ce livre m'a tenue en haleine du début à la fin... Très vite lu, je n'ai pas vu le temps passer. A vrai dire, c'est le temps lui-même qui m'a dépassé.
Fidèle à lui-même, Fournier, par l'écriture, cherche à évacuer un malheur qu'il a du mal à supporter... Il faut dire que sa vie est parsemée d'embûches et qu'il est bien nécessaire de transfigurer un réel qui fait mal...
Ici, le lecteur apprend que sa fille, avec laquelle la connivence était totale, s'en remet à la religion, prie pour lui, s'est radicalement transformée depuis qu'elle partage sa vie avec un théologien... Difficile réalité pour celui qui a écrit le CV de Dieu, Satané Dieu... Celui dont l'humour décapant n'épargne pas la religion. Comment, alors, accepter que sa fille prenne le parti de ce dont on se moque ? Comment débattre avec celle qu'on aime si elle refuse la contradiction et préfère la foi aveugle à un doute, rationnel ?
J'aime ce livre de Fournier, quand bien même il révèle la nostalgie d'un père. Car ici, la nostalgie n'est pas seulement amère... Elle est l'amour d'un être exaspéré qui veut retrouver cet amour... le père veut retrouver sa fille. Ses moqueries ne visent pas à la salir, mais à retrouver ce lien si fécond qui les unissait, et qui peut encore les unir... Ce livre est un appel à l'amour.
Par moments d'ailleurs, l'auteur se remet en cause lui aussi : "On est tous les deux orgueilleux et pudiques" : certains défauts de sa fille sont aussi présents chez ce père, un être très émotif, doté d'une sensibilité aiguë qui l'amène à toujours vouloir se réconcilier avec un passé chaleureux. Un passé qui pourrait devenir présent, et avenir...
En somme, ce livre paraît être un combat, une demande exacerbée à Marie d'écouter ce coeur qui souffre de n'être pas entendu...
"Tu es encadrée dans le bureau vert, une vielle photo, tu dois avoir douze ans. je te regarde souvent. Tu es très charmante, tu fais jeune fille de bonne famille, coiffure classique, beau sourire.
Tu me souris chaque fois que je passe dans la pièce. J'y passe souvent, exprès.
J'ai la nostalgie du passé.
On s'entendait bien avant.
Pourquoi maintenant c'est si difficile ?
(...). On ne dit rien. On ne montre rien.
Nos sentiments sont classés secret défense."
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domisylzen
20 février 2017
Un cri, une douleur … D'un père qui a perdu sa fille. Mais elle n'a pas disparu. Elle est ici-bas mais n'est plus visible. Elle est rentrée dans les ordres. Une servante de Dieu. Les règles sont strictes. Impossible de communiquer avec. Et quand cela est possible, les conversations n'ont pas de sujet commun, un mur d'incompréhension se dresse alors. Nous ne sommes plus dans la même réalité. Chacun campe sur ses certitudes. J'ai raison, tous les autres ont tort. : principe fondamental de l'être humain.
L'auteur s'adresse à sa fille, prend le lecteur à témoin. La déchirure est tellement importante qu'il n'y a plus d'amour propre : juste crier au monde cette blessure à l'âme, qui fait divaguer l'humain sur les flots de sa bile.
Beaucoup de semblables ne sont pas écrivain et meurent de ce renoncement, de cette différence, de cette incompréhension, de ce manque de bienveillance.
Pourquoi ? Pourquoi n'est-elle pas telle que je l'ai élevé ? Qui l'a changé ? Qui lui a bourré le crane ?
Sur le final il lui laissera la parole.
Je suis l'heureux père d'une ado magnifique. Je suis à même de comprendre ce genre de sentiments.
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fanfanouche24
10 septembre 2013
Toujours très sensible au style, à l'humour noir, aux pirouettes déjantées... de Jean-Louis Fournier pour conjurer la peine, la douleur ...J'ajoute mes impressions après avoir lu en une soirée le dernier texte de cet auteur, que j'affectionne tout particulièrement.
Ouvrage bouleversant qui a provoqué à juste raison de nombreux coups de coeur des uns et des autres...dont le mien
Ce dernier livre est un vibrant hommage d'amour à Marie, sa fille, qui s'est éloignée, amoureuse d'un homme plongé dans la théologie...la spiritualité. le père n'adhère en rien à ce choix et ce changement radical de vie et d'engagement lui est étranger et insupportable...
Peu importe si le choix de cette fille unique, chérie , adorée par son père est judicieux ou non...
Ce qui pose question, c'est son éloignement d'avec ce père, leur incompréhension mutuelle...après une complicité, des moments heureux; du moins c'est le ressenti du papa envers leur passé commun.
Ce texte met sous un ton toujours drôle, plein d'auto- dérision, un cri de désarroi face à une fille aimée, brillante, complice... qui est devenue un étrangère. Sentiment doublement ressenti lorsque Jean-Louis Fournier
choisit de mettre en fin de volume une lettre de Marie, sa fille, que l'on sent blessée et en colère. La difficulté de se comprendre en dépit de l'amour immense qui circule entre ce père désemparé et sa fille; Celle -ci raconte un passé différent de ce que le papa semble avoir compris.
Viennent ensuite les questionnements face à nos perceptions vis à vis des êtres qui nous sont les plus proches. La question est là, vivace, éternelle et sans réponse. Nous n'aimons pas toujours que nos proches changent, prennent d'autres directions.
Jean-Louis Fournier... l'exprime très justement dans les mots suivants : "Qu'ai-je le mieux réussi dans ma vie ,
pour quelle oeuvre aurais-je pu être nommé meilleur ouvrier de France ?
Quel film, quel livre ?
J'ai regardé les photos de famille, je crois que j'ai trouvé.
C'est toi, mon chef- d'oeuvre. (...)
je veux que tu reste fidèle à l'original. (p.144-145)

Et comme le souligne aussi fort bien l'auteur, nous pensons les êtres que nous aimons, heureux , et ce n'est jamais une certitude ?
"Etre heureux ne devrait être conjugué qu'à la première personne du singulier et par le principal intéressé. Il n'y a que lui qui sait s'il est heureux ou pas.
Conclure que quelqu'un est heureux est toujours risqué. . (...)
Les symptômes comme le rire, l'humour, la bonne humeur, ne sont pas suffisants pour diagnostiquer le bonheur ".(p.117)
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litolff
22 octobre 2013
Et bien pour quelqu'un qui se prétend victime de sa pudeur, il a franchi un grand pas dans l'impudeur, JL Fournier, et visiblement, sans se poser la question des victimes collatérales...
Il semblerait que sa fille, Marie, a eu besoin de prendre l'air, de s'éloigner de son père, et qu'elle a trouvé du réconfort dans la foi. Soit. Que le monsieur qui lui a fait découvrir la foi ne plaise pas au papa de Marie, cela peut se comprendre : mais ce qui est beaucoup moins compréhensible c'est l'amertume d'un père envers sa fille qui, quoi qu'il en dise, se manifeste tout de même assez souvent et est présente en cas de coup dur.
Car ce qui transparaît, c'est le formidable égoïsme d'un père qui voudrait que sa fille soit si possible à son image, et surtout à sa dévotion et non pas à celle d'un "gourou"...
Alors certes, la vie de JL Fournier n'est pas une vallée de roses, mais est-ce une raison pour pourrir celle de sa fille et étaler leurs différends sur la place publique ? Elle aussi, a du avoir une enfance épouvantable, avec deux frères lourdement handicapés et des parents qui ne s'entendaient pas, alors qu'il lui fiche la paix...
La réponse de Marie en fin de livre est parfaitement explicite : "Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un père qui offre sa propre fille au monde entier après l'avoir défigurée....»
Et puis c'est facile de publier ça alors que sa fille s'est convertie, car il y a fort à parier et il se l'est probablement dit, que du coup, elle va lui pardonner...
Bref, assez pathétique tout ça !
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Les critiques presse (6)
LaPresse04 novembre 2013
Malgré la sincérité de l'émotion, on se demande ici encore pourquoi on nous convie à une scène de famille à l'issue incertaine, sinon pour admirer l'esprit et le sens de la formule de l'auteur.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte08 octobre 2013
Jean-Louis Fournier souffle le chaud et le froid, crie son amour et feule d'impatience, dégaine l'humour cynique pour mieux hurler son incompréhension et sa souffrance.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeFigaro21 août 2013
Ce récit fragmenté évoque sur quelque 120 pages cette fille tombée entre les mains d'un gourou, «devenue une femme grise, sérieuse comme un pape». Gageons que cette confession séduira ceux qui avaient aimé les précédents livres très personnels de l'auteur.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox20 août 2013
Jean-Louis Fournier recourt comme à son habitude à l'humour, cette "politesse du désespoir" qu'affectionnait tant son complice Pierre Desproges.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress12 août 2013
Cette sorte d'épître filiale entre tendresse et rage, affection et incompréhension, où Jean-Louis Fournier alterne le "tu" et le "elle", témoigne avec éloquence de son désarroi.[...]l'écrivain ne renonce pas pour autant à son sens de l'humour ni à faire son autocritique
Lire la critique sur le site : Lexpress
LePoint29 juillet 2013
Fournier souffre. Il essaie sincèrement d'être léger, mais sa détresse étreint à chaque page de ce petit joyau en forme d'acte de contrition. Triste et drôle, drôlement triste.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations & extraits (105) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina5328 août 2014
Quand rentres-tu?
Je t'ai préparé un très bon goûter, avec tout ce que tu aimes. J'ai choisi des fruits rares. J'ai mis sur la table une nappe brodée, des petits couverts à dessert en argent, des assiettes du XVIIIe peintes à la main. Des carafes en cristal taillé, des jus de fruits de toutes les couleurs, une chocolatière qui fume, des brioches tièdes. Encore de la brioche...
Quand rentres-tu?
Dépêche-toi, tout va refroidir.
A tes chats qui vont pleurer de te voir partir, tu diras à bientôt, je reviens. Tu garderas ta résidence au bord de la mer, elle sera secondaire.
Quand tu rentreras, on fera une grande fête, avec une chorale d'oiseaux et des singes bleus qui t'applaudiront à quatre mains.
Je t'attends pour goûter.
Dépêche-toi, tout va refroidir.
Quand tu rentreras, il y aura un immense bonheur.
Je t'attends depuis plus de dix ans.
Pour une fois, j'ai de la patience. Tu vas revenir.
On a plein de choses à se dire, tu as des nouvelles chansons à m'apprendre, j'ai de nouvelles histoires à te raconter pour te faire rire...
Dépêche-toi, tout va refroidir.
Je voudrais te voir agiter ton mouchoir et rire quand je vais partir.
Reviens,
avant que je m'en aille.
+ Lire la suite
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miladomilado16 décembre 2013
L'humour bleu ciel et rose bonbon, ça n'existe pas.
L'humour c'est noir.
L'humour, c'est une parade, un baroud d'honneur devant la cruauté, la désolation, la difficulté de l'existence.
L'existence , ce n'est pas un grand lac de lait tiède dans lequel une humanité rose barbotte en échangeant des gentillesses, des confiseries et en chantant des cantiques. C'est plein de sang, de boue noire, de bruit et de fureur.
Je me méfie des gentillesses sucrées, ça fout le diabète.
+ Lire la suite
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OreaneOreane20 août 2013
"Quand rentres-tu? Je t'ai préparé un très bon goûter, avec tout ce que tu aimes. J'ai choisi des fruits rares. J'ai mis sur la table une nappe brodée, des petits couverts à dessert en argent, des assiettes du XVIIIe peintes à la main. Des carafes en cristal taillé, des jus de fruits de toutes les couleurs, une chocolatière qui fume, des brioches tièdes. Encore de la brioche… Quand rentres-tu? Dépêche-toi, tout va refroidir (…) Reviens avant que je m'en aille".
+ Lire la suite
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PtitgateauPtitgateau18 avril 2014
J'ai égaré ma fille.
Je suis retournée à l'endroit où je l'avais
laissée, elle n'y était plus.
J'ai cherché partout.
J'ai fouillé les forêts, j'ai sondé les lacs,
j'ai passé le sable au tamis, j'ai cardé les nuages, j'ai filtré la mer...
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CioranCioran27 avril 2014
Il faut se méfier des certitudes.
Je me souviens d'une Minute nécessaire de monsieur Cyclopède. Pierre Desproges présentait un personnage qu'il appelait "le con à champignon". Le con à champignon répétait sans arrêt : "Moi, les champignons, je connais ; moi, les champignons, je connais...". Et il croquait dans un champignon.
A la séquence suivante, on découvrait Desproges en deuil dans un cimetière, un bouquet de fleurs à la main. Il disait : 'Lui, les champignons, il connaissait." Étonnant, non ?
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