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EAN : 9782266289818
528 pages
Éditeur : Pocket (21/02/2019)

Note moyenne : 4.47/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ?
De la préhistoire à l'époque contemporaine, une passionnante histoire du féminin et du masculin qui réinterprète de façon originale le thème de la guerre des sexes.
Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l'homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé sa supériorité en construisant le mythe de la virilité. Un discours fondateur qui n'a pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Jean-Daniel
  23 juillet 2019
A l'origine, Olivia Gazalé souhaitait écrire sur les femmes, mais alors que le féminisme a remporté une bataille idéologique importante dans la plupart des démocraties occidentales, il subsiste toujours des violences et des discriminations. Olivia Gazalé s'est attelée à une tâche bien difficile : retracer les origines culturelles, politiques, sociales et mythologiques de la « virilité », en remontant de la préhistoire à nos jours. Ainsi, Olivia Gazalé expose de manière simple, mais avec de multiples détails et précisions, les constructions culturelles et sociales liées aux injonctions qui pèsent sur les hommes.
Le mythe de la virilité part du postulat d'une hiérarchie des sexes, d'une supériorité naturelle du masculin sur le féminin. « Sois un homme », « Arrête de pleurer », les injonctions sexistes qui entourent la virilité montrent que celle-ci n'est pas innée, mais construite. Pas plus qu'on ne « naît femme », on ne « naît homme », on le devient par une affirmation constante de cette virilité, par des actes parfois violents physiquement ou psychologiquement. L'homme doit être fort et courageux, volontaire et conquérant, alors que la femme ne peut être que passive, faible et inconstante.
Toutefois, en faisant de la supériorité mâle le fondement de l'ordre social, religieux et sexuel, en valorisant la force, le goût du pouvoir et l'instinct guerrier, l'homme a justifié la domination masculine sur le « sexe faible », mais il s'est aussi condamné à réprimer ses émotions, à redouter l'impuissance et à détester l'effémination, tout en cultivant le goût de la violence et de la mort héroïque.
Dans cet essai, Olivia Gazalé s'attache à déconstruire les clichés associés à l'identité masculine et interroge les injonctions qui pèsent sur les hommes qui se sont enfermés dans des notions de domination et de puissance. La hiérarchie entre les sexes, fondement millénaire de l'ordre social, a implosé, mais l'homme s'est piégé lui-même en se condamnant à devoir sans cesse prouver sa puissance et sa réussite sous peine d'être méprisé ou moqué en raison de son manque de virilité.
Pour que les hommes changent le regard qu'ils portent sur les femmes, il faut qu'ils changent le regard qu'ils portent sur eux-mêmes. Et vice versa. Mais pour qu'ils modifient l'image qu'ils ont d'eux-mêmes, il faut qu'ils modifient l'image qu'ils ont des femmes. Il y a donc un énorme travail éducatif à mener pour faire comprendre dès l'enfance que le sexisme est un fléau pour les deux sexes. Aussi, l'originalité du propos d'Olivia Gazalé est de montrer que les hommes ont tout à gagner dans la déconstruction des assignations sexuées qui pèsent sur eux comme sur les femmes, et que l'avenir du féminisme repose autant sur la capacité de la femme à lutter contre les préjugés sexistes que sur la capacité de l'homme à s'émanciper des assignations sexuées qui entretiennent, souvent de manière inconsciente, la misogynie et l'homophobie.
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Commenter  J’apprécie          334
Apoapo
  09 août 2019
Ce volume traite des discriminations de gendre conçues comme le résultat d'une idéologie historiquement construite, le virilisme, qui se différencie de ce que nous avons coutume d'appeler le « patriarcat » par un moindre déterminisme et par la présence, tout au long de l'Histoire, d'une dialectique entre soi-même et d'autres modèles d'identité masculine antagonistes, laquelle a produit des systèmes de domination différents et d'inégale férocité. le virilisme ainsi identifié opprime les femmes tout en constituant aussi un piège pour la majorité des hommes, car il institue un système hiérarchique fondé sur la dichotomie : puissance/impuissance. le XXe et XXIe siècles sont en train de déconstruire enfin ce mythe, non pas ou pas principalement par les féminismes, mais par une « crise de civilisation » qui, dans ce contexte particulier, est appelée de ses voeux par l'auteure qui, dans la conclusion, prévoit et invoque une réinvention des « masculinités ».
Au cours de la lecture, j'ai d'abord craint qu'elle soit trop « légère » : l'hypothèse du « matriarcat primitif » pré-indo-européen - pourtant aujourd'hui réfutée par la majorité des spécialistes (de même que par Gazalé, d'un revers de main, sans explication) constitue le début de l'ouvrage, dans une première partie : « Au commencement était le féminin » qui, du coup, ne semble pas très justifiée, sinon pour faire ressentir l'aspect historique du « système viriarcal », connu toutefois de tout historien matérialiste ayant lu ou pris connaissance de Engels... La deuxième partie, « La virilisation du monde », examine le « viriarcat » selon six axes (cf. cit. infra) dont les deux premiers - « la parenté confisquée » et « l'appropriation des femmes » - ne me convainquent pas ; je suis persuadé dans ces sujets par l'explication socio-biologique sur les conséquences de l'asymétrie de l'investissement parental entre les sexes. Mais là – à la p. 70 donc – s'arrêtent mes réticences et dorénavant mon adhésion et mon enthousiasme lectoral vont croissant.
La troisième partie s'intitule : « L'essentialisation de la femme : la trinité vierge-mère-pute » ; beaucoup d'arguments sont assez classiques et donc connus et acceptés, hormis deux dans lesquels je me suis retrouvé entièrement avec l'auteure : celui sur le refus de l'interdiction du voile des musulmanes et du burkini (dans le ch. « La pudeur et le voile », v. p. 158-159), ce celui sur le « traitement politique » de la question de la prostitution (dans le ch. « La putain ou le "mal nécessaire" » v. p. 193).
Suivent les trois parties du livre d'où j'ai appris le plus : celles qui traitent des conséquences néfastes du virilisme sur les hommes. La quatrième partie, « La construction du mythe viril », toujours historique, prend comme point de départ l'Antiquité grecque et avance jusqu'aux fascismes. La cinquième partie, « Puissance et impuissance », s'articule elle aussi sur six axes relatifs à la sexualité masculine indiqués par autant de verbes à l'infinitif : « Prouver, dresser, entrer, mouiller, fanfaronner, sublimer ». La sixième partie, « La déconstruction du monde viril », en partant du « spectre de la dévirilisation », retrace, tantôt historiquement, tantôt dans le présent, les effets de la montée en puissance de modèles alternatifs au virilisme, notamment dans la sphère de la paternité, par l'influence des féminismes, et ensuite des modifications sociologiques du champ du travail et de la guerre.
La conclusion, je l'ai évoquée, est un hymne optimiste qui n'envisage même pas l'éventualité de la régression qui pourtant pourrait être invoquée sur plusieurs domaines, comme l'IVG, peut-être les violences domestiques, la résurgence d'insultes homophobes « décomplexées » peut-être par telle ou telle autre « manif pour tous »... Il se peut que, eu égard à l'ampleur des durées prises en compte par la philosophe, elle ne se soucie de ces « minima » et confie dans des tendances à plus long terme...
De toute manière, ce livre a une telle envergure qu'il ressemble davantage à une étude générale, un état des lieux des connaissances en matière de virilisme qu'à un essai ponctuel ou à une monographie. Sa prose très lisible et ses notes bibliographiques – suffisantes sans être surabondantes – en font la lecture idéale, par exemple, pour des étudiants ou comme ouvrage de référence.
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MademoiselleBouquine
  28 mai 2018
Les ouvrages s'intéressant à la question du genre forment un univers incroyablement enrichissant et exquis, mais néanmoins très vaste, et ce de plus en plus. Si l'on ne peut que se réjouir de la multiplication des titres autour de cette question cruciale, on peut se sentir dépassé et ne plus savoir par où commencer ou comment poursuivre.

Ne cherchez plus. Voici la réponse : lisez le Mythe de la Virilité.

S'il est bien une question qui obsède tous ceux qui ont choisi de se battre contre les dominations liées au genre, c'est celle de l'origine du sexisme, des stéréotypes de genre, de la hiérarchie entre masculin et féminin. Et la réponse que vient proposer cet ouvrage est d'autant plus révolutionnaire qu'elle tient en quelques mots : si les femmes se sont vues progressivement oppressées, c'est avant tout parce que les hommes se sont fixé des idéaux de virilité impossibles à atteindre, une prison viriliste qui les condamne à demeurer dans un malaise permanent... qu'ils ont dès lors cherché à exorciser en dévaluant le genre féminin pour finalement le dominer.

L'ouvrage, extrêmement clair, et même captivant, va ainsi exposer puis analyser les stéréotypes et les pressions liées à chacun des deux genres, en se concentrant sur le masculin, ainsi que sur les relations entre les genres mais également au sein même des genres. L'approche est philosophique, historique, anthropologique, politique et sociologique, et le résultat brillant. L'auteure fait preuve d'une grande pédagogie, illustrant son propos par des exemples qui parleront à chaque lecteur, et son point de vue assumé, celui d'une femme féministe, n'est en aucun cas un obstacle ou un biais gênant, mais au contraire un cap, une colonne vertébrale qui donne à l'essai toute sa cohérence. Et c'est brillant.

Voici donc un ouvrage que l'on peut sans hésiter qualifier d'utilité publique, tant il fait écho non seulement à l'histoire de l'humanité mais aussi à notre actualité brûlante, dans un débat où l'on perd souvent de vue l'essentiel, à savoir la nécessité de lutter enfin pour une égalité politique, économique et sociale entre les genres, pour se disperser avec des arguments fallacieux tels que "les féministes entretiennent la haine des hommes", "le féminisme va à l'encontre de l'ordre naturel des choses" ou "tous les hommes ne sont pas mauvais" - le fameux #NotAllMen. Avec le Mythe de la Virilité, on dispose d'éclairages exhaustifs qui parlent d'eux-mêmes sur ces enjeux, de références de qualité, et surtout des outils appropriées pour enfin débattre intelligemment sur la façon dont on pourra en finir avec le patriarcat.

Le Mythe de la Virilité s'adresse à tous et toutes, parce qu'il révèle mieux qu'aucun autre ouvrage le mal que le patriarcat fait aux hommes. Evidemment, les hommes jouissent de privilèges dans l'ordre actuel des choses, et ne connaîtront jamais de façon systémique le harcèlement sexuel, la peur du viol, ou encore les inégalités au travail, mais ils souffrent aussi à leur façon des préjugés et des injonctions de genre. le féminisme est un mouvement qui oeuvre pour le bien commun, et cherche à émanciper tous les genres, y compris ceux qui ne rentrent pas dans une typologie encore très binaire aujourd'hui.
N'hésitez donc pas à vous jeter sur cet ouvrage, qui est, plus qu'un livre à lire, un livre à relire et à faire lire !
Lien : https://mademoisellebouquine..
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sandrine68
  06 janvier 2019
Ce livre a été certes écrit par une femme et son point de vue est bien féministe, puisqu'Olivia Gazalé a à coeur de défendre les droits des femmes. Son plus: elle adopte un point de vue historique et documenté, dans un premier temps, elle explique pourquoi les femmes ont été si longtemps considérées comme inférieures aux hommes; elle remonte à la nuit des temps pour expliquer que les femmes, surement respectées dans un premier temps pour leur accord avec la nature et leur pouvoir d'enfantement, ont pu ensuite effrayer les hommes car elles perdaient un sang jugé impur qui les affaiblissait (surtout quand la période des règles s'accompagnait de mise à l'écart et de sous-nutrition!) ; les femmes se sont retrouvées prisonnières d'un rôle maternel, effacé, sommées de devenir une vierge, une mère ou une putain. Leur plaisir faisait peur aux hommes et plusieurs discours pseudo scientifiques sont venus justifier les préjugés sur les femmes. Entre parenthèses, je me demande de quel discours soit-disant scientifique nous continuons à être tous prisonniers aujourd'hui, puisqu'il me semble que l'homosexualité n'est plus une perversion mentale dans le DSM depuis peu d'années...
Ensuite, l'auteure démontre combien les injonctions à la prétendue supériorité masculine, loin de libérer ces messieurs, les écrase autant que leurs compagnes: sommés d'être des hommes, des vrais, de démontrer constamment cette puissance virile, de l'afficher, ils sont en crise depuis longtemps. Les modèles parentaux sont aussi remis en question puisque les dits de la morale bourgeoise hérités du 19e siècle, douce femme au foyer et père froid et autoritaire sont loin d'être les canons de toutes les civilisations. On apprend par exemple que les écrits du Moyen Age montrent des pères affectueux, que Martin Luther était fier de donner le biberon à ses enfants. Au passage, l'écrivaine valorise les hommes engagés aux côté de leurs compagnes, au détriments des misogynes antiféministes.
Bref, un livre qui mérite bien son sous-titre, montrant combien les préjugés sont un piège pour les deux sexes.
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Harioutz
  20 avril 2018
Excellent ouvrage, emprunté à la médiathèque, et que je vais acheter pour le relire tranquillement.
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   14 décembre 2017
Une révolution anthropologique majeure avec la brillante Olivia Gazalé.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   19 août 2019
Les idées émancipatrices portées par un Poullain de La Barre, un Diderot ou un Condorcet mettront encore du temps à s'imposer dans les consciences et dans la loi. Le Code civil napoléonien privera les femmes de toute sorte d'autonomie et les frappera d'incapacité juridique. A l'ère postrévolutionnaire, le clivage social majeur ne sépare plus une aristocratie dotée de tous les privilèges et un peuple opprimé , mais des mâles élevés au rang de citoyens libres et égaux et une masse silencieuse de femmes toujours privées d'éducation, reléguées dans la sphère domestique et vouées à leur "destin biologique" de reproductrices.
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Jean-DanielJean-Daniel   23 mai 2019
... il est possible que ce thème recouvre une réalité beaucoup plus complexe à analyser : celle de la détresse morale et spirituelle de l'homme contemporain, parfois livré à l'anomie identitaire, sociale et sexuelle absolue, celle dans laquelle se morfondent les personnages des romans de Philip Roth, de Michel Houellebecq ou encore, de David Lodge.
(Par exemple"Portnoy et son complexe" de Philip Roth, "Thérapie" de David Lodge et "Les Particules élémentaires" de Michel Houellebecq)
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Jean-DanielJean-Daniel   23 juin 2019
L'idéal viril ne se définit pas tant par l'exercice de la puissance que par la haine de l'impuissance. Il se pourrait même qu'au fond des conduites les plus agressivement viriles il y ait, davantage que la passion de la victoire, la hantise primordiale de la défaite - guerrière, sportive, professionnelle ou sexuelle. C'est ce qui expliquerait que la virilité, vertu vulnérable et fragile, ait toujours besoin de se "régénérer" en ressuscitant les modèles du chasseur, du chevalier et du guerrier, parfois de manière caricaturale en confondant virilité et violence sadique...
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Jean-DanielJean-Daniel   23 juin 2019
La virilité est tombée dans son propre piège, un piège que l'homme, en voulant y enfermer la femme, s'est tendu à lui-même. En faisant du mythe de la supériorité mâle le fondement de l'ordre social, politique, religieux, économique et sexuel, en valorisant la force, le goût du pouvoir, l'appétit de conquête et l'instinct guerrier, il a justifié et organisé l'asservissement des femmes, mais il s'est aussi condamné à réprimer ses émotions, à redouter l'impuissance et à honnir l'effémination, tout en cultivant le goût de la violence et de la mort héroïque.
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Jean-DanielJean-Daniel   22 juillet 2019
Qui plus est, ce mythe du guerrier n’est pas seulement coercitif, il est également discriminatoire : il a nourri des politiques violemment homophobes, il est à l’origine de la xénophobie, du racisme, du fascisme, de l’impérialisme, du mépris de classe et de toutes les formes d’exploitation et d’anéantissement de l’homme par l’homme.
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Vidéo de Olivia Gazalé
Retrouvez la conférence de Belinda Cannone & Olivia Gazalé autour des thèmes "Apprendre, éduquer, transmettre". Entretien par Sylvie Hazebroucq.
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