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ISBN : 2355221227
Éditeur : Zones (13/09/2018)

Note moyenne : 4.52/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Qu'elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l'Europe de la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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  27 septembre 2018
Une vie à soi. L'autonomie comme condition de l'émancipation
Pour maintenir son pouvoir, dans des formes historiques et situées – il n'y a pas de tout temps -, le groupe social des hommes, lui-même hiérarchisé, a tenté et tente de s'approprier les savoirs-faire, de limiter la capacité de jouissance et la puissance des femmes…
Les enfants et les sorcières. Un souvenir de Mona Chollet, « Restée dans ma mémoire comme un talisman, une ombre bienveillante, Floppy m'avait laissé le souvenir de ce que pouvait être une femmes d'envergure ». Pour ma part, j'ai été fasciné par le personnage de Rebecca incarnée par Elisabeth Taylor accusée de sorcellerie dans Ivanhoé. Quoiqu'il en soit, des sorcières représentées souvent de manière bien inquiétantes mais pour certain·es un « plus d'excitation que de répulsion ».
Le mot sorcière, « Il renvoie à un savoir au ras du sol, à une force vitale, à une expérience accumulée que le savoir officiel méprise ou réprime », mais aussi à des marques d'infamie, de constructions mensongères, d'accusations extravagantes, qui ont valu « la torture et la mort à des dizaines de milliers de femmes ».
La diabolisation des femmes qualifiées de sorcières eut beaucoup en commun avec l'anti-judaïsme (terme qui me paraît plus approprié qu'antisémitisme pour l'époque évoquée). L'exemple de Rebecca, déjà cité en est une illustration. L'autrice nous rappelle, contre les responsabilités assignées à « la populace grossière » que c'est bien « venue d'en haut, des classes cultivées » que la haine et la répression se déchaine. Il fallait éliminer les têtes féminines qui dépassaient, s'approprier les savoirs des guérisseuses, ces magiciennes aux pouvoirs incompréhensibles… sans oublier l'obsession des chasseurs de sorcières pour la sexualité féminine (quelque soit le nom utilisé à l'époque). Haine et obscurantisme qu'il ne faut pas simplement situer dans les siècles reculés. Car c'est bien de la place des femmes dans les espaces sociaux qu'il s'agissait hier, qu'il s'agit aujourd'hui… et d'égalité dans les savoirs et les capacités d'être et de faire…
Dans son introduction, « Les héritières », l'autrice revient aussi sur les utilisations contemporaines, « Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n'avez pas réussi à bruler », « Tremblez, tremblez, les sorcières sont revenues ! », la revue « Sorcières », la très belle chanson d'Anne Sylvestre, Strahawk, les groupes « WITCH »…
S'il est juste de critiquer la prétention « occidentale » à une rationalité suprême, déniant à d'autres savoirs des rationalités réelles, je reste plus que dubitatif sur les références de certain·es aux pratiques néo-païennes, aux mondes invisibles. Il me semble qu'il faut aborder les contradictions réelles de la « raison », les subterfuges contre l'historicisation et la politique, la désincarnation enchantée des êtres hors des rapports sociaux.
Mona Chollet est intéressée par l'exploration de « la postérité des chasses aux sorcières en Europe et aux Etats-Unis ». Elle se penche, entre autres, sur les coups portés aux velléités d'indépendance des femmes, la place des célibataires et des veuves dans les accusations de sorcellerie, la réintroduction de l'incapacité juridique des femmes – et l'incapacité sociale de la femmes mariée consacrée en France par le code civil de 1804 (un des méfaits du trop célébré Napoleon Bonaparte) -, la criminalisation de la contraception et de l'avortement, les « sabbats » des « anti-mères », les femmes libres d'avoir des enfants ou pas… « à condition de choisir d'en avoir », les images négatives des vieilles femmes, la course à la jeunesse, l'asservissement des femmes et celles des peuples déclarés « inférieurs », les nouvelles conceptions du savoir, la glorification d'une certaine conception de la raison, les injonctions sexuées et les sanctions sociales pour celles qui refusent « de renoncer au plein exercice de leurs capacités et de leur liberté »…
Idées et discours accumulés, strates d'images sédimentées, il faut donc « mettre en évidence le caractère arbitraire et contingent des représentations qui nous emprisonnent à notre insu », construire contre la déprime et la paralysie les chemins qui permettent à nos ailes de se déployer.
Sommaire :
Une vie à soi. le fléau de l'indépendance féminine
Le désir de la stérilité. Pas d'enfant, une possibilité
L'ivresse des cimes. Briser l'image de la « vielle peau »
Mettre ce monde cul par-dessus tête. Guerre à la nature, guerre aux femmes
Comme une valse à quatre temps, qui prends le temps de refuser le comptage horloger si indifférent aux possibles émancipateurs. Quelques analyses et quelques éléments, abordés ou non par l'autrice.
Au premier temps, une vie à soi, un temps à soi, une chambre à soi. Contre l'obligation du couple et la maternité, Mona Chollet cite Gloria Steinem : « Je n'arrive pas à m'accoupler en captivité ». Elle aborde la critique du mariage, le travail des femmes, l'infantilisant « mademoiselle », le conditionnement à chérir, la valeur de l'objectification, le modèle interdit de l'aventurière, le droit de vivre seule, la « féminité traditionnelle » comme affaiblissement et appauvrissement, les réfractaires, l'incapacité des dominants à comprendre l'expérience des dominé·es, la stigmatisation au nom d'une fantasmatique horloge biologique, « de toutes parts, on conjure les femmes de prendre garde au rapide déclin de leur fertilité, d'abandonner leurs ridicules plans sur la comète et de faire des enfants le plus tôt possible », les femmes indépendantes et les discours réprobateurs, la réappropriation de son corps et l'apprentissage du plaisir pour soi contre les rappels aux normes sociales promues au rang de contrainte naturelle, les injonctions à la soumission et au renoncement, l'ordre des buchers et aujourd'hui ce « qui exclut, qui cogne et qui mutile »…
A la question « mais qui était le diable ? », l'autrice répond « Et si le Diable, c'était l'autonomie ? » et plus explicitement « L'histoire de la sorcellerie, pour moi, c'est aussi l'histoire de l'autonomie ». Des béguines aux sorcières. Aujourd'hui, des femmes tuées par leur compagnon ou ex-compagnon. Contre les enfermements, l'autonomie comme « possibilité de nouer des liens qui respectent notre intégrité, notre libre arbitre, qui favorisent notre épanouissement ». Une vie à soi, un temps à soi, une chambre à soi, comme reconquête de ce qui a été volé. La réalisation plutôt que le don de soi. Reste un boulet au pied, l'institution de la maternité…
« Une grève des ventres : c'était là la grande crainte exprimée lors des débats (entre hommes) qui ont précédé l'autorisation de la contraception, ce qui constitue un singulier aveu – car enfin, si la maternité dans notre société est une expérience merveilleuse, pourquoi les femmes s'en détourneraient-elles ». le ventre des femmes comme obsession des hommes, un contrôle revendiqué au nom d'une hiérarchie masculiniste. Impossible, à mes yeux de penser la sexualité (Voir par exemple, le livre d'Andrea Dworkin : le coït dans un monde d'hommes, à paraître enfin en français, andrea-dworkin-le-coit-dans-un-monde-dhommes/) et la maternité hors des rapports sociaux de sexe, des rapports de pouvoir et de domination. Des sorcières, des pouvoirs politiques obsédés « par la contraception, l'avortement et l'infanticide ». Comme l'écrit justement Mona Chollet, « le natalisme est une affaire de pouvoir, et non d'amour de l'humanité ». Et l'interdiction de l'avortement pour certaines est inséparable des avortements et des stérilisations forcées pour d'autres. Encore et toujours le refus de l'autonomie, du choix des femmes. Je rappelle la phrase récente de Margaret Atwood, l'autrice de la servante écarlate, je-suis-pour-elle-un-reproche-et-une-necessite/ : « Impose les naissances si tu le veux, Argentine, mais nomme au moins cette obligation par son nom. C'est de l'esclavage ».
La maternité n'est pas un passage obligé pour les femmes, « Décider de rompre la chaîne des générations peut être une manière de redonner du jeu à sa condition, de rebattre les cartes d'un rapport de force, de desserrer l'étau de la fatalité, d'élargir l'espace de l'ici et du maintenant ». L'autrice parle de sa colère autour de la procréation et de la non acceptation de son refus, un « non » comme envers d'un « oui » qui « autorise l'excès, la démesure : une orgie de temps à soi et de liberté, que l'on peut explorer, dans lesquels on peut se rouler à en perdre le souffle, sans crainte d'en abuser, avec l'intuition que les choses intéressantes commencent là où d'ordinaire on juge raisonnable de les arrêter ».
Nulle trace de narcissisme – ni de l'entrepreneur/entrepreneuse de soi de l'idéologie libérale – chez Mona Chollet. Mais bien une réflexion et un choix, une « alchimie subtile du (non)désir d'enfant ». L'autrice analyse, entre autres, l'augmentation de l'« infécondité », la rupture pour certaines avec l'idée que « réussir sa vie implique d'avoir une descendance », l'« amour comme couverture aux gardiens de l'ordre, le rapport fécondant comme réalité de la sexualité, la « nature » et la fameuse horloge biologique pour stigmatiser des femmes incomplètes ou ratées, la négation des femmes comme « personnes singulières dotées de caractères et de désirs distincts » et l'invention d'une essence féminine, les possibilités de bonheur insoupçonnées…
Le temps du mademoiselle et le temps du madame, les conceptions bien genrées du vieillissement, les « vielles peaux » et les hommes « matures », « On dit souvent que le vieillissement et la mort sont tabous dans notre société ; sauf que c'est seulement le vieillissement des femmesqui est caché », le jeunisme ambiant et la « péremption » des femmes, l'énormité routinière des écarts d'âge entre amant et amante sur le grand écran, le méprisant terme « cougar », les séparations et les familles monoparentales – euphémisme pour parler de femmes qui élèvent seules les enfants -, les hommes qui refont leur vie avec de (très) jeunes femmes, les inégalités des sexes face à l'âge, le corps vieillissant des seules femmes considérés comme laid, le souci renforcé de l'apparence…
Il est plus que « curieux » que les hommes, y compris militants radicaux, ne s'interrogent pas sur le regard qu'ils portent sur les corps, sur la valorisation de l'apparence, sur ce que signifie l'écart d'âge dans les rapports amoureux, sur les masques érotisés de la domination… C'est bien là, un privilège pour les membres d'un groupe social dominant, une matérialisation du sexisme, le rappel de la force de la hiérarchie dans les rapports sociaux de sexe.
Mona Chollet aborde « les faux-semblants et la honte d'elles-mêmes », la focalisation érotique sur le seul corps féminin jeune, les questions que posent des femmes et leurs réponses résistantes à la privation « de l'essentiel de sa puissance et de son plaisir de vivre », le confort mental des hommes et l'« érotisme de ventriloques », la valeur sociale de la fertilité, le mépris genré des cheveux blancs, la présomption de négligence pour les unes et la valorisation des tempes grisonnantes pour les autres, le vieillissement des femmes et de leur corps et ces hommes qui eux ne semblent pas avoir de corps, les objets et les sujets, « Occuper une position dominante dans l'économie, la politique, les relations amoureuses et familiales, mais aussi dans la création artistique et littéraire, leur permet d'être des sujets absolus et de faire des femmes des objets absolus », les désirs socialement valorisés pour les mâles et diabolisés pour les autres, les conditions de vie des retraitées aux pensions inférieures de 40% à celles des hommes, la disqualification des femmes, « le vieillissement a le pouvoir de ravir l'identité toute entière des femmes, de les vider de leur substance » et de les transformer en inconnue asexuée…
Le cul par-dessus la tête. « le sexisme se manifeste à tous les bouts de l'échelle sociale, vous offrant en un délicieux effet stéréo le rappel permanent de votre débilité profonde », ce que les femmes affrontent au quotidien, les conceptions essentialistes de l'intelligence. Mona Chollet insiste sur la nécessité de « contester les critères dominants d'évaluation de l'intelligence », les autres façons d'appréhender le monde, les interrogations envers les contenus de l'enseignement, « Voilà peut-être pourquoi j'écris des livres : pour créer moi-même des lieux où je suis compétente (enfin… j'espère) ; pour faire émerger des sujets qui n'étaient parfois même pas constitués ou identifiés comme tels, en affirmant leur pertinence, leur dignité ». Je reste saisi par ces innombrables publications « scientifiques » d'où les femmes sont niées ou expulsées, le refus maintenu par beaucoup d'interroger leur discipline au prisme du genre, la dénégation de la politique, le refus de prendre en compte le point de vue toujours situé, « c'est précisément parce que les femmes et les hommes ne constituent pas des essences figées dans un espace abstrait, mais deux groupes qui entretiennent des relations prises dans le mouvement et les vicissitudes de l'histoire, qu'on ne peut pas considérer le savoir universitaire comme objectif et le doter de valeur absolue ».
Les femmes et leur auto-dénigrement construit socialement, l'utilitarisme des recherches, les objets comme détachés des conditions matérielles de leur production et appréhension, la religion du progrès et la linéarité de l'histoire, le refus des tensions et des contradictions, les conceptions idéalisées et non historiques de nos relations à la « nature », cette extériorité construite situant les êtres humains hors de la « nature » (par prudence, j'utilise les guillemets contre les visions naturalisantes, a-historiques et dépolitisantes)…
L'autrice analyse, entre autres, la connaissance hyper-masculinisée, les assignations sur les poils et les cheveux, la construction de la médecine et le sexisme de ses praticiens, les affabulations prêtées aux femmes, les mille ruses pour minimiser les violences faites aux femmes, les travaux de Marie-Hélène Lahaye.
Des critiques et des subversions, des aspirations émancipatrices aussi. Mona Chollet parle de la révolte des « bonnes femmes hystériques », la nécessaire prise en compte des émotions, l'écoféminisme, les luttes contre leur monde qui ne nous convient pas, l'espérance d'un autre agencement des rapports sociaux « où la libre exultation de nos corps et de nos esprit ne serait plus assimilée à un sabbat infernal »
Une invitation féministe au débat, à la construction de vies à soi, au refus des assignations, au droit de faire et de jouir de sa puissance potentielle…

Lien : https://entreleslignesentrel..
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majero
  12 décembre 2018
« Quand on dit “Rien ne vaut le sourire d'un enfant”, c'est du pipeau. Ce n'est pas vrai du tout, assène Sunny, mère de quatre enfants.» fait partie des centaines et des centaines de témoignages et références racontant les brimades subies par les femmes au cours des âges dans le but d'en faire des épouses soumises alors que pour Mona Chollet, la seule manière de pouvoir se réaliser c'est d'être une 'sorcière' qui n'a besoin de personne pour tenir debout, une femme célibataire et sans enfant....
Elle s'insurge également contre le machisme du milieu obstétricien français et prône l'éco-féminisme à la place des valeurs de nos sociétés patriarcales.
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FleurDuBien
  12 novembre 2018
Attention, ce livre n'est pas, comme je l'ai cru niaisement, un livre sur les sorcières à proprement parler. Non, il s'agit d'une étude fort intéressante sur les sorcières modernes, qui sont chassées, bousculées, mises à mal, réduites à néant, encombrantes et j'en passe.
Et oui, de nos jours, il ne fait pas bon vivre d'être une femme, et qui plus est, une femme avec du talent et intelligente.
Dans cet essai sociologique, Mona Chollet, s'exprime très bien sur le sujet, son sujet. L'écriture est fluide et passionnante, pas difficile pour un sou.
La sorcière d'antan ne se trouve pas bloquée au Moyen-Âge, que nenni ; elle ne fut pas persécutée uniquement par les catholiques, les protestants s'y sont mis également avec une joie toute enfantine. de même, on a souvent comparé la sorcière avec le juif, en en faisant une figure d'un antisémitisme forcené. Enfin, le démonologue est très souvent, pour ne pas dire toujours, un homme.
Quatre parties dans ce livre ; tout d'abord la femme qui a des velléités d'indépendance, les célibataires et les veuves principalement. Elles seront exclues de certaines professions et menacées, intimidées et en proie au chantage. Point de salut pour les femmes indépendantes.
Dans la seconde partie, elle nous parle des femmes qui ne veulent pas d'enfants, qui font le choix de la stérilité. Attention ! Menace ! Ces femmes-là sont assurément des sorcières car elles n'aiment pas les enfants.
La troisième partie nous montre toute la haine et le dégoût qu'inspirent les vieilles femmes, les ménopausées, enfin toutes celles qui sont sur le déclin, ou devrais-je plutôt dire incapable de procréer et que les hommes quittent pour une plus jeune.
Enfin, il sera question de la médecine face aux femmes, de l'appropriation du corps de celles-ci par les médecins, et la misogynie des docteurs face aux infirmières, aux sage-femmes etc. La partie sur l'accouchement est un petit bijou.
Bref, vous l'aurez compris, tout cela est passionnant, et Mona Chollet régle ses comptes à toutes ces persécutions qui, encore de nos jours, en 2018, fragilisent la femme, les femmes mais également les petites filles, femmes en devenir.
Ce qui ressort de ce livre ? Les hommes ont une peur bleue de ces femmes libres, faisant fi d'un désir d'enfant ou d'un compagnon. Et de cette peur découlent toutes les injustices faites à ces femmes, ces "sorcières" des temps modernes.
En refermant ce livre, je me suis interrogée : mais quand donc finira cette effrayante "chasse aux sorcières" qui nous fait reculer plutôt qu'avancer ?
Mystère.
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ErnestLONDON
  21 septembre 2018
En explorant l'histoire des chasses aux sorcières, notamment à partir des analyses des féministes actuelles, Mona Chollet recherchent les origines de la stigmatisation qui touche aujourd'hui les femmes indépendantes, les femmes célibataires, les femmes sans enfants, en particulier celles qui prétendent vouloir contrôler leur fécondité, les femmes âgées et celles qui assument tôt les signes de vieillissement au lieu de se soumettre aux injonctions à paraître jeunes à n'importe quel prix. Elle brise les symboliques misogynes liées aux sorcières en démontrant qu'elles entretiennent une guerre contre les femmes et les renverse en faire surgir une puissance positive : « La sorcière incarne la femme affranchie de toutes dominations, de toutes limitations ; elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie. »
(...)
La grande force de cet ouvrage réside, outre le vaste balayage de connaissances qu’il propose, dans son caractère introspectif. Mona Chollet n’hésite pas à livrer plusieurs éléments biographiques et psychologiques personnels pour donner à son exposé le poids de son propre témoignage. Elle réhabilite la figure de la sorcière pour en faire un modèle d’émancipation et regrette que l’histoire n’ait pu être différente, considérant que le progrès aurait pu prendre un autre visage. Elle encourage toutefois, fort de cette lucidité, à oeuvrer pour enfin en avoir les bienfaits sans les travers.
Article complet sur le blog.
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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mdhennin
  29 novembre 2018
Un ouvrage nécessaire et passionnant. Érudit et accessible, documenté et argumenté : il donne à comprendre au travers de quatre stéréotypes de femmes "qui font peur" le rapport de domination des hommes sur les femmes, depuis le Moyen-Âge à nos jours : la femme seule, la femme sans enfant, la femme âgée et la femme qui pense.
Une lecture indispensable.
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critiques presse (2)
NonFiction   06 novembre 2018
Ce n’est pas un livre d’histoire, ce n’est pas non plus un ouvrage de sociologie. Mona Chollet se pose plutôt comme observatrice avertie de notre temps, éclairant ses expériences quotidiennes par le croisement de ses lectures et de ses recherches.
Lire la critique sur le site : NonFiction
LeMonde   14 septembre 2018
Dans son essai « Sorcières. La puissance invaincue des femmes », Mona Chollet rappelle comment un qualificatif infamant est devenu un symbole féministe.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
arcade_darcade_d   13 décembre 2018
Il m'a fallu du temps pour comprendre que l'intelligence n'est pas une qualité absolue, mais qu'elle peut connaitre des variations spectaculaires en fonction des contextes dans lesquels nous nous trouvons et des personnes que nous avons en face de nous.
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arcade_darcade_d   07 décembre 2018
Près de la moitié des femmes (47%) se concentre toujours dans une dizaine de métiers comme infirmière (87,7% de femmes), aide à domicile ou assistante maternelle (97,7%), agent d'entretien, secrétaire ou enseignante.

Or, au Moyen-âge, les Européennes avaient accès comme les hommes à de nombreux métiers, souligne Silvia Fédéreci : " Dans les villes médiévales, les femmes travaillaient comme forgeronnes, bouchères, boulangères, chandelières, chapelières, brasseuses, cardeuses de laine et détaillantes." En Angleterre "soixante-douze des quatre-vingt-cinq corporations comptaient des femmes dans leur rangs3 et dans certaines d'entre elles, elles étaient dominantes."
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arcade_darcade_d   04 décembre 2018
On sentait soudain que tout était possible, et peut-être que la joliesse inoffensive, la gentillesse gazouillante n'étaient pas le seul destin féminin envisageable. Sans ce vertige l'enfance aurait manqué de saveur.
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AventineAventine   30 novembre 2018
Si vous êtes une femme et que vous osez regarder à l’intérieur de vous-même, alors vous êtes une sorcière.
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ErnestLONDONErnestLONDON   17 septembre 2018
Mimer éternellement l'impuissance et la vulnérabilité de l'extrême jeunesse permet de montrer patte blanche dans une société qui condamne les femmes sûres d'elles ; mais cela oblige à se priver de l'essentiel de sa puissance et de son plaisir de vivre."
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Videos de Mona Chollet (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mona Chollet
Mona Chollet propose une passionnante réflexion sur l?antiféminisme à l??uvre dans l?histoire à travers la figure des?sorcières. Qui sont les sorcières du XXIe siècle ? Celles que l?on dénonce encore sur la place publique ? La femme indépendante, la femme sans enfant et la femme âgée : trois personnages rejetés par la société, aujourd?hui encore. « Sorcières. La puissance invaincue des femmes », est publié chez Zones éditions.
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