AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 102090576X
Éditeur : Les liens qui libèrent (07/03/2018)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Bien sûr, une main baladeuse dans une rame de métro, une remarque désobligeante en pleine rue, le harcèlement au travail et un viol caractérisé n'ont pas la même gravité. Mais ces actions s'enracinent dans la même culture virile. Le plafond de verre, l'infériorité des revenus à compétences égales, toutes ces inégalités de traitement n'en sont que les effets dérivés. Le mouvement #MeToo, loin d'être une chasse aux mâles, pose une seule question, décisive entre toutes... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Ziliz
  26 mars 2018
Le sociologue et philosophe Raphaël Liogier s'interroge sur le phénomène #MeToo consécutif à l'affaire Weinstein, qui a d'abord 'secoué' Hollywood, et rapidement pris une ampleur internationale.
Ce mouvement va-t-il permettre de faire bouger les choses, de redéfinir la place des femmes dans les sociétés, de remettre en question les rapports de force entre les sexes instaurés depuis tellement longtemps que la plupart nous paraissent immuables ? La sexualité 'dominante' du mâle (harcèlement, viol...) n'est qu'un des aspects de ce déséquilibre - mais l'un des plus violents...
Rappels historiques, littéraires, mythologiques à l'appui, l'auteur nous montre comment la domination masculine est affirmée dans les différentes sociétés (y compris celles dites 'matriarcales'). On trouve davantage de constats que de propositions dans cet essai, mais comprendre aide à trouver les leviers du changement.
Je n'aurais sans doute pas lu un tel ouvrage écrit par une femme, j'aurais craint une approche féministe revendicatrice, tartinée de mauvaise foi.
Ce qui est intéressant, ici, c'est que l'auteur interroge son propre trouble d'homme hétéro, de fils, de père de fille(s) adolescente(s), face aux attitudes masculines intégrées depuis 'toujours' :
► « A mesure que je me plongeais dans les témoignages de femmes harcelées, voire violées, qui se sont accumulés depuis octobre 2017, j'éprouvais une sensation de dégoût. Le dégoût s'est progressivement transformé en malaise. Ces hommes sont dégueulasses, certes. Souvent pitoyables. Beaucoup sont des salauds sans vergogne. Mais surtout, ce sont des hommes tout comme moi. Et c'est aussi en tant que tels que ce sont des salauds. Même si je n'ai pas voulu me l'avouer immédiatement, une partie de mon identité 'virile' m'était renvoyée en plein visage. Il serait hypocrite de le nier. Quand bien même l'on n'aurait pas à se reprocher d'actes de harcèlement caractérisés. Je voyais s'ébaucher, vaguement, à l'arrière-plan de ces peintures de situations accablantes, la façon dont j'avais été, moi aussi, conditionné à voir et à désirer les femmes. »
J'apprécie cette honnêteté. Et, si je n'ai pas forcément appris grand chose à la lecture, j'ai aimé réfléchir de cette façon, suivre le cheminement de l'auteur, percevoir par exemple différemment des contes traditionnels grâce à son éclairage...
J'ai particulièrement adhéré aux arguments de Liogier réfutant les 'Cinq manières de détourner le sens de #MeToo' (oh, les pauvres petits 🐷 innocents qui se voient insultés par le slogan 'Balance ton porc' - pour ne citer que cette façon de détourner le problème et de noyer le poisson)...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          303
LennyLit
  13 décembre 2018
Une relecture du phénomène #metoo qui met en perspective la fabrique du patriarcat et les rapports de domination qui en découlent.
Commenter  J’apprécie          00

critiques presse (1)
Bibliobs   09 mars 2018
Ebranlé par la déflagration #MeToo, le sociologue Raphaël Liogier propose une plongée dans les racines archaïques du système patriarcal. Dans le percutant "Descente au cœur du mâle", il appelle ses frères humains à une prise de conscience.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   22 mars 2018
[ attention, contient du Michel Sardou inside ! 😲😉 ]
Les mots de sorcière, d'hystérique et de salope désignent des femmes 'insupportables' parce qu'elles se montrent autonomes. L'usage de ces mots voudrait pourtant faire passer leur liberté pour une dépossession. N'appartenant à aucun homme particulier, la sorcière serait possédée par le diable, l'hystérique par sa maladie, la salope par tous ceux qui profiteraient de sa débauche. L'homme refuse obstinément de réaliser qu'une femme puisse désirer jouir du monde indépendamment de son emprise. Autrement dit, qu'elle puisse désirer d'être elle-même. Acculés à reconnaître l'orgasme des femmes après mai 1968, les hommes se sont escrimés à en faire un nouveau signe de leur puissance. L'orgasme au féminin devient le résultat d'une performance virile. L'homme se réinvente en maître absolu du plaisir féminin. Bourreau des corps et des coeurs, c'est lui qui reste aux manettes. Il suffit de réécouter 'Je vais t'aimer' du ténébreux Michel Sardou, qui date de 1975, pour réaliser que, à travers la libération sexuelle, l'homme peut chercher à exprimer une nouvelle promesse dominatrice, jusqu'à « faire crier grâce à tous les échos ». Le désir et le plaisir féminins restent dépendants ; l'homme devient le héros de la relation amoureuse, emportant la femme en l'aimant « plus loin que [ses] rêves ont imaginé ».
(p. 93-94)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
ZilizZiliz   20 mars 2018
Parce que [le sport] est l'activité virilisante par excellence, pour l'individu comme pour la collectivité, les filles ont encore aujourd'hui le plus grand mal à s'imposer dans le milieu sportif. L'équipe de football féminine de l'OM, l'Olympique de Marseille, a eu pendant plusieurs années beaucoup plus de réussite que l'équipe masculine. Et pourtant, personne ne connaît ces sportives exceptionnelles. Les matchs dans lesquels elles se battent avec brio n'intéressent presque personne. Même pas le public féminin. La place d'une femme est à la maison, pas au champ de bataille ni au stade. A la rigueur peuvent-elles être des pom-pom girls sexy pour encourager les mâles. A la rigueur peuvent-elles se distinguer dans les épreuves qui leur permettent d'exprimer leurs qualités 'naturelles', de charme, de grâce, de finesse, comme le patinage artistique ou la danse acrobatique.
(p. 62-63)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          183
ZilizZiliz   19 mars 2018
[ version originale de 'La Belle au Bois dormant', de Giambattista Basile, qui date du début du XVIIe siècle, intitulée 'Soleil, Lune et Thalie', version elle-même issue de contes populaires remontant à la première moitié du XIVe siècle ]
On y raconte les aventures d'un roi qui s'enfonce dans la forêt alors qu'il chasse, et qui découvre une princesse endormie et solitaire dans une demeure perdue. C'est la princesse Thalie. Le roi l'aime aussitôt, et, dans le même mouvement, la viole dans son sommeil. La belle, complètement passive (endormie), objet du désir LÉGITIME de l'homme et de son assouvissement nécessaire, ne se réveille ni pendant, ni après l'acte. Elle n'éprouve ni douleur ni plaisir. Elle sera fécondée et accouchera neuf mois plus tard, toujours en état de léthargie. Lorsqu'elle s'éveille enfin, suite à la succion d'un de ses enfants qui lui retire l'écharde soporifique en tentant de la téter, elle s'extasie face à la découverte de sa progéniture. Le viol est une bénédiction. Par le viol, elle a pu s'éveiller à sa vraie vie. Et d'abord devenir mère. Il ne vient pas à l'esprit de la princesse qu'il ait pu y avoir une atteinte à son intégrité. C'est une chance d'avoir été violée. Ce n'est d'ailleurs pas vraiment un viol, car la question de l'existence de la volonté n'est pas posée. L'idée même qu'elle eut pu ne pas consentir à l'acte sexuel est dépourvue de signification dans la logique de la fable. La morale de l'histoire est saisissante : « À qui a de la chance, le bien vient même en dormant. »
(p. 43-44)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
ZilizZiliz   29 mars 2018
La tribune du 9 janvier parue dans Le Monde, signée par cent femmes, dont l'actrice Catherine Deneuve et la romancière Catherine Millet, témoigne d'une surprenante ignorance. Je crois que les signataires, qui s'inquiètent d'une régression puritaine, ne sont pas allées lire ce qui s'écrit réellement sur #MeToo. Elles confondent, de surcroît, l'insistance importune et le vrai flirt. Dans le premier cas, on ne respecte pas le consentement d'autrui ; dans le second, on le cherche, au contraire ; mieux, on se plaît à l'obtenir. C'est tout l'agrément du vrai jeu de séduction.
(p. 34)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
PeteplumePeteplume   08 octobre 2018
À mesure que je me plongeais dans les témoignages de femmes harcelées, voire violées, qui se sont accumulés depuis octobre 2017, j’éprouvais une sensation de dégoût. Le dégoût s’est progressivement transformé en malaise. Ces hommes sont dégueulasses, certes. Souvent pitoyables. Beaucoup sont des salauds sans vergogne. Mais, surtout, ce sont des hommes tout comme moi. Et c’est aussi en tant que tels que ce sont des salauds. Même si je n’ai pas voulu me l’avouer immédiatement, une partie de mon identité virile m’était renvoyée en plein visage. Il serait hypocrite de le nier. Quand bien même l’on n’aurait pas à se reprocher d’actes de harcèlement caractérisés. Je voyais s’ébaucher, vaguement, à l’arrière-plan de ces peintures de situations accablantes, la façon dont j’avais été, moi aussi, conditionné à voir et à désirer les femmes. Je n’ai pas la prétention de lancer une nouvelle théorie du genre, et encore moins de donner des leçons de féminisme. Au fond, à y bien réfléchir, c’est en priorité aux hommes que je m’adresse. Et c’est d’ailleurs essentiellement aussi sur eux que je vais écrire. Je m’adresse à eux en tant qu’homme, à partir de mon propre trouble. Parce que j’ai la conviction que, au-delà du battage médiatique, les femmes sont aujourd’hui plus claires avec elles-mêmes que «nous». Au moins sur ce qu’elles veulent et ce qu’elles ne veulent plus. En revanche, derrière une contenance de façade de plus en plus fragile, mes frères les hommes ont du mal à accepter l’écroulement de leur empire viril, dont le succès planétaire de #MeToo est un indéniable signe annonciateur. Ils ont du mal, j’ai du mal, nous avons du mal à redéfinir nos ambitions d’hommes, nos fantasmes d’hommes, nos comportements d’hommes, nos désirs d’hommes. Bref notre place dans le monde. Notre relation aux femmes. Notre identité. Même si la plupart d’entre nous savent pertinemment que nous ne pouvons pas ne pas changer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Lire un extrait
Videos de Raphaël Liogier (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raphaël Liogier
Intervenants : Julie Clarini, Olivier Gazalé, Raphaël Liogier, Phia Ménard CC-BY-NC-ND 2.0 Que ce soit dans la série d?albums dédiée à Pascal Brutal comme dans ses films, Les beaux gosses et Jacky au royaume des filles, Riad Sattouf a joué sur les stéréotypes de la virilité pour les questionner. Depuis quelques années, le mythe de l?éternel masculin est interrogé au travers des études sur le genre. Récemment, l?affaire #MeToo a sévèrement remis en cause les présupposés hégémoniques et violents du sexe fort. le masculin implique-t-il des codes et lesquels? Peut-on distinguer masculinité et virilité? L?injonction virile a-t-elle un coût aussi pour les hommes ?
+ Lire la suite
autres livres classés : #metooVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Charade-constat

Première saison d'une épopée

Iliade
Bible
Saga
Genji

6 questions
31 lecteurs ont répondu
Thèmes : sociologie , météorologie , vacancesCréer un quiz sur ce livre