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EAN : 9782253122111
160 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (28/09/2007)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 1327 notes)
Résumé :
En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.
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Critiques, Analyses et Avis (157) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  27 juin 2017
Virginie Despentes ose les mots pour le dire. Dire quoi au fait ? La King Kong théorie, c'est-à-dire la réalité des rapports hommes-femmes directement liés au formatage, dès le plus jeune âge, des uns et des autres par une société fondamentalement patriarcale. Ainsi l'homme se doit d'être viril et dominer la femme qui ne connaît qu'une posture : la soumission.
Ceux ou celles qui tentent d'agir autrement, par exemple une femme qui veut être libre doit prendre le risque d'être violée, et si viol il y a, elle doit prouver qu'elle n'était pas d'accord. le viol est donc perçu par la société, et souvent par la femme elle-même, comme un mal inévitable parce que lié à la virilité masculine.
Prenant son expérience personnelle de la prostitution, Virginie Despentes estime aussi que comme la pornographie, celle-ci ne doit plus être organisée par et pour les mâles. Elle revendique pour les femmes le droit de disposer de leur corps pour gagner de l'argent si c'est leur volonté, et ce sans être ostracisées et mises au ban de la société.
Un discours féministe qui peut paraître radical, la forme l'est souvent, qui est une réflexion argumentée, sensible et bien formulée de la condition féminine (et masculine) et de sa nécessaire évolution.
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Ziliz
  31 octobre 2013
Virginie Despentes présente ici ses réflexions sur la féminité, les femmes et le sexe, dans notre société encore bien stéréotypée.
Elle juge l'Etat trop restrictif, maternant - et par là-même infantilisant - qui écarte tout danger (alcool, tabac...) du citoyen, comme si celui-ci ne pouvait faire ses choix lui-même.
L'auteur évoque aussi le viol, traumatisme dont elle-même a été victime, et insiste sur la position ambigue de notre société à cet égard.
Sans le moindre exhibitionnisme ni misérabilisme, Virginie Despentes relate son expérience de la prostitution, le regard nouveau que cela lui a fait porter sur les hommes, ses clients souffrant pour la plupart de solitude. Elle en donne sa version personnelle, moins sordide selon elle que les reportages télévisés qui stigmatisent les difficultés du "métier".
De la même façon, l'auteur nous confronte à sa théorie de la pornographie.
Virginie Despentes est sensible, touchante, sincère, pas vulgaire comme je le craignais, même si son langage est souvent cru. Elle porte un regard acéré et pertinent sur les femmes et le sexe dans notre société. Même si on ne partage pas toutes ses théories, le propos est suffisamment sérieux et intéressant pour être écouté et respecté. Un petit essai qui fait réfléchir.
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iris29
  05 juillet 2018
King Kong Théorie n'est pas un roman mais un manifeste féministe , un témoignage . Et ce qu'elle a vécu est assez trash ...
Au commencement, il y a un viol…
La jeune Virginie aimait beaucoup les concerts, et avec une amie , elle sillonnait la France en auto-stop pour s'y rendre, quand soudain , c'est la voiture de trop… 3 gars/deux filles …
♫ C'est comment qu'on freine, j'voudrais descendre de là ♫.
[ " J'imagine toujours pouvoir un jour en finir avec ça. Liquider l'événement, le vider, l'épuiser. Impossible Il est fondateur. de ce que je suis en tant qu'écrivain, en tant que femme qui n'en est plus tout à fait une. C'est en même temps ce qui me défigure , et ce qui me constitue" ].
[ " Je suis plutôt King Kong que Kate Moss, comme fille " ]
C'est violent à lire , c'est la vérité brute, une vérité qu'on n'a pas l'habitude d'entendre.
A quel niveau de traumatisme, tu situes le viol, quand tu crains pour ta vie ?
Comment tu (sur)vis en tant que victime , quand pendant tout le viol, tu sais que tu as un couteau dans ta poche et que n'oses pas le sortir ?
Après il y a la prostitution… le chapitre : " Coucher avec l'ennemi"
Les petits boulots l'ennuient et ne rapportent pas assez , la prostitution sera un moyen de gagner plus d'argent , plus rapidement.
[ Ça m'a plu, dans un premier temps de devenir cette fille-là. Comme de faire un voyage. Sur place, mais dans une autre dimension."]
Sur la prostitution, je ne suis pas totalement d'accord avec elle, avec sa vision. Il me semble qu'elle 'bisounourse" un peu ce métier qu'elle a pratiqué dans les années 90. Elle n'a jamais eu de problèmes avec un client violent, jamais eu maille à partir avec un proxénète, même plus tard en travaillant dans un salon de massage . Je pense que ce n'est pas le cas de toutes les prostituées.
Sa vision du mariage (ou du couple hétéro ), en France , à notre époque me parait datée … [ "quand on affirme que la prostitution est "une violence faite aux femmes", on veut nous faire oublier que c'est le mariage qui est une violence faite aux femmes, et d'une manière générale, les choses telles que nous les endurons. Celles qu'on baise gratuitement"...]
Bon, une chose est sûre, les hommes ne sont pas à la fête dans ce livre… Considérer que , seul l'homme a une sexualité, des "besoins" , me fait rire et date un peu. N'a t'elle jamais entendu parler de sex friends ? Les hommes ne sont pas nos ennemis ; je comprend qu'avec ce qu 'elle a subi , elle le pense mais sa vision est un peu binaire.
Il reste que le livre de madame Despentes nous interroge, nous éclaire, nous fait réfléchir . Viol, prostitution, maternité, précarité, sexualité, place de la femme : tous ces sujets passent à la moulinette Despentes !
Je m'attendais à quelque chose de brouillon , pas du tout . Ça bouillonne et c'est plein d'énergie, une énergie qu'on retrouve dans tous ses livres. C'est très agréable à lire : ce livre ne m'a duré qu'une petite soirée...
J'ai adoré.
(merci canel !)
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rabanne
  11 mars 2020
Je reviens vers Virginie Despentes avec délectation, et non sans une certaine émotion. Bien que datant de 2006, cet essai autobiographique détonne et résonne parfaitement bien à mes oreilles aujourd'hui, en 2020.
L'auteure témoigne de son parcours personnel, avant de devenir une écrivaine reconnue, à travers le prisme du regard social porté sur la féminité et la virilité, leurs représentations faussées, leurs rapports de force sur le plan de la réussite, de la séduction et de la sexualité (chapitres consacrés au viol, à la prostitution, à la pornographie).
Sociologique, psychologique, philosophique, cet essai s'adresse aux femmes ET aux hommes - pas qu'en filigrane - frontalement, crûment, dans un langage à la fois extrêmement percutant, lucide et éclairé (références littéraires à l'appui).
Je ne l'ai pas lu comme un pamphlet "féministe", brutal ou dogmatique, mais comme une contestation de tous les diktats (éducatifs, moraux, sociaux, religieux) qui pèsent depuis la nuit des temps sur notre inconscient collectif.
Le "courage" est à la une du Printemps des Poètes, et cet écrit est bel et bien un acte de courage, même si dénué de poésie : le courage de se positionner sans ménagement contre la bien-pensance et les tabous ancestraux, contre la lâcheté et l'hypocrisie du système (politique, économique, médiatique) sur la "marchandisation" du corps, contre la soumission du "sexe faible" face à la domination du "sexe fort" (plus que d'actualité ! CF : #metoo, féminicide, Matzneff, Polanski...).
Bref, le courage d'engager sa parole, d'affronter ses démons, de risquer de déplaire, de ne pas "être belle et se taire" !!
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kouette_kouette
  14 avril 2018
Ceci n'est pas un roman.
C'est la vision de Virginie Despentes sur ce qu'implique la sexualité au sein des rapports homme-femme.
Vision en lien direct avec sa propre vie.
Son viol, sa prostitution, son taf de critique de films pornographiques.
Une vie trash, à l'image de sa plume. Ou plutôt à l'origine de sa plume. En parlant de son viol elle dit d'ailleurs : « J'imagine toujours pouvoir un jour en finir avec ça. Liquider l'événement, le vider, l'épuiser. Impossible. Il est fondateur. de ce que je suis en tant qu'écrivain, en tant que femme qui n'en est plus tout à fait une. C'est en même temps ce qui me défigure, et ce qui me constitue. »
C'est toujours un peu gênant pour moi d'apprécier une plume dont l'origine est violemment dégueulasse, mais j'aime lire pour comprendre mon voisin au même titre que la personne vivant aux antipodes. Virginie Despentes est donc à mes yeux un écrivain utile, nous jetant en pleine face ce qu'on se refuse parfois à admettre.
Pour la première fois, je n'ai pas soufflé de désintérêt en lisant un texte féministe.
Pour la première fois, j'ai envie d'arrêter d'user de l'expression «paire de couilles» pour parler de courage. Arrêter cette association systématique du courage avec le masculin. Parce que comme le dit Virginie : « Il y a des hommes plutôt faits pour la cueillette, la décoration d'intérieur et les enfants au parc, et des femmes bâties pour aller trépaner le mammouth, faire du bruit et des embuscades. »
Évidemment le lecteur n'est pas obligé d'être en accord avec toutes les réflexions énoncées, mais je vous promets que c'est autrement plus pertinent que le discours de la femme qui se croit au top de l'humour revendicatif en faisant imprimer le mot « connasse » sur son T-shirt.
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critiques presse (1)
LeMonde   27 juillet 2018
Il était temps de secouer le vieux monde, Despentes l’a fait.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (233) Voir plus Ajouter une citation
KowSydKowSyd   25 mai 2020
Elle proposait de penser le viol comme un risque à prendre, inhérent à notre condition de filles.
[...] et plutôt qu'avoir honte d'être vivantes on pouvait décider de se relever et de s'en remettre le mieux possible.
[...] il s'agissait de faire avec.
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KowSydKowSyd   25 mai 2020
Le regard du père sur l'enfant constitue une révolution en puissance. Ils peuvent notamment signifier aux filles qu'elles ont une existence propre, en dehors du marché de la séduction, qu'elles sont capables de force physique, d'esprit d'entreprise et d'indépendance, et de les valoriser pour cette force, sans crainte d'une punition immanente. Ils peuvent signaler aux fils que la tradition machiste est un piège, un sévère restriction des émotions, au service de l'armée et de l'Etat.
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KowSydKowSyd   25 mai 2020
On entend encore souvent dire "grâce aux putes, il y a moins de viols", comme si les mâles ne pouvaient pas se retenir, qu'ils doivent se décharger quelque part.
[...]
Si la testostérone faisait d'eux des animaux aux pulsions indomptables, ils tueraient aussi facilement qu'ils violent.
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KowSydKowSyd   25 mai 2020
Le problème que pose le porno, c'est d'abord qu'il tape dans l'angle mort de la raison. Il s'adresse directement aux centres des fantasmes, sans passer par la parole, ni par la réflexion.
[...] c'est tout le danger de ce même cinéma, si justement on a peur de ne pas tout contrôler.
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KowSydKowSyd   25 mai 2020
"Soulignons que celles qui demandent de l'argent en échange de services sexuels sont définis de par leur activité comme "prostitués", un statut illégitime, voire illégal, alors que ceux qui paient pour le sexe sont rarement distingués de la population masculine générale"
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Videos de Virginie Despentes (72) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginie Despentes
LES GUÉRILLÈRES DE MONIQUE WITTIG Avec Rébecca Chaillon, Virginie Despentes, Anne Garréta, Laure Murat & Suzette Robichon
« LES CRIS LES RIRES LES MOUVEMENTS ELLES AFFIRMENT TRIOMPHANT QUE TOUT GESTE EST RENVERSEMENT… … Elles disent qu'elles ont appris à compter sur leurs propres forces. Elles disent qu'elles savent ce qu'ensemble elles signifient. Elles disent, que celles qui revendiquent un langage nouveau apprennent d'abord la violence. Elles disent, que celles qui veulent transformer le monde s'emparent avant tout des fusils. Elles disent qu'elles partent de zéro. Elles disent que c'est un monde nouveau qui commence… » Extrait de Les Guérillères de Monique Wittig
À lire – Monique Wittig, aux éditions de Minuit, Les Guérillères, 1969. L'Opoponax, 1964, le Corps lesbien, 1973,Virgile, non, 1985. le Chantier littéraire, éd. iXe/P.U.L. 2010.
Samedi 21 septembre 2019
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