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ISBN : 2253122114
Éditeur : Le Livre de Poche (28/09/2007)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 620 notes)
Résumé :
En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.
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Critiques, Analyses & Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  27 juin 2017
Virginie Despentes ose les mots pour le dire. Dire quoi au fait ? La King Kong théorie, c'est-à-dire la réalité des rapports hommes-femmes directement liés au formatage, dès le plus jeune âge, des uns et des autres par une société fondamentalement patriarcale. Ainsi l'homme se doit d'être viril et dominer la femme qui ne connaît qu'une posture : la soumission.
Ceux ou celles qui tentent d'agir autrement, par exemple une femme qui veut être libre doit prendre le risque d'être violée, et si viol il y a, elle doit prouver qu'elle n'était pas d'accord. le viol est donc perçu par la société, et souvent par la femme elle-même, comme un mal inévitable parce que lié à la virilité masculine.
Prenant son expérience personnelle de la prostitution, Virginie Despentes estime aussi que comme la pornographie, celle-ci ne doit plus être organisée par et pour les mâles. Elle revendique pour les femmes le droit de disposer de leur corps pour gagner de l'argent si c'est leur volonté, et ce sans être ostracisées et mises au banc de la société.
Un discours féministe qui peut paraître radical, la forme l'est souvent, qui est une réflexion argumentée, sensible et bien formulée de la condition féminine (et masculine) et de sa nécessaire évolution.
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canel
  31 octobre 2013
Virginie Despentes présente ici ses réflexions sur la féminité, les femmes et le sexe, dans notre société encore bien stéréotypée.
Elle juge l'Etat trop restrictif, maternant - et par là-même infantilisant - qui écarte tout danger (alcool, tabac...) du citoyen, comme si celui-ci ne pouvait faire ses choix lui-même.
L'auteur évoque aussi le viol, traumatisme dont elle-même a été victime, et insiste sur la position ambigue de notre société à cet égard.
Sans le moindre exhibitionnisme ni misérabilisme, Virginie Despentes relate son expérience de la prostitution, le regard nouveau que cela lui a fait porter sur les hommes, ses clients souffrant pour la plupart de solitude. Elle en donne sa version personnelle, moins sordide selon elle que les reportages télévisés qui stigmatisent les difficultés du "métier".
De la même façon, l'auteur nous confronte à sa théorie de la pornographie.
Virginie Despentes est sensible, touchante, sincère, pas vulgaire comme je le craignais, même si son langage est souvent cru. Elle porte un regard acéré et pertinent sur les femmes et le sexe dans notre société. Même si on ne partage pas toutes ses théories, le propos est suffisamment sérieux et intéressant pour être écouté et respecté. Un petit essai qui fait réfléchir.
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michfred
  24 juin 2017
Le double langage du jeu social, la double contrainte pesant sur les femmes comme sur les hommes, la binarité commode, homme/ femme, à laquelle on tente de renvoyer tout, et qui ne résout rien, Virginie Despentes les balaie d'un grand revers de perfecto clouté…
Place à l'hybride d'avant le chaos!
Place à King Kong, bienheureuse créature d'avant la généralisation de la pensée générique! Et vive le rock punk qui célèbre ce chaos à sa façon!
Soyons sérieux, et revenons à nos moutons..
Son essai – ou plutôt son autobiographie élargie aux concepts d'une condition féminine revisitée par l'expérience- je l'ai dévoré en quelques jours : il m'a fait rire, réfléchir, bondir aussi, mais plus par empathie que par désaccord !
Dans sa langue simple, crue, parfois trash- toujours percutante, souvent caustique et même réjouissante - Virginie Despentes revisite les étapes marquantes de sa propre expérience et même si elle interroge, au passage, les grandes penseuses de la condition féminine- Virginia Woolf, Simone de Beauvoir, Lydia Lunch, Camille Paglia, etc…- ce sont ces étapes qui impriment à l'essai sa structure , déterminent ses chapitres : le viol, la prostitution, le métier de hardeuse, la « conversion » homosexuelle.
Qu'on ne se méprenne pas, cependant : pas la moindre complaisance à la confidence scandaleuse. Ce récit d'une vie est filtré par une réflexion ferme, argumentée, convaincante qui lève un à un les faux-semblants de l'auto-proclamée « révolution sexuelle ».
Merci à Canel qui m'en a recommandé la lecture…même si j'avais déjà dévoré les trois Vernon Subutex et avais une petite idée de ce qui m'attendait. Mais dans son essai, VD m'a mis les points sur pas mal de « i » .
Et dans viol, prostitution, pornographie, féminisme…il y en a, des « i » , si on compte !
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aaahhh
  16 août 2012
Bien sûr c'est osé, c'est provocateur et c'est scandaleux! Mais ça n'est pas que ça... Contre toutes (mes) attentes, c'est aussi nouveau, intelligent et libérateur!
C'est vrai que certains des propos tenus par Virginie Despentes peuvent choquer, et je conseille aux âmes trop sensibles ou trop conservatrices de s'abstenir de lire "King Kong Théorie", mais passé le premier état de choc, c'est une nouvelle théorie du féminisme très éclairée et quelques idées originales et profondes sur la condition féminine actuelle que nous offre l'auteur avec son roman-essai-autobiographie. Sur des thèmes aussi chargés que la pornographie, la prostitution et le viol, elle propose un regard neuf qui vaut le détour car certaines de ses remarques ouvrent vraiment l'esprit et invitent à la réflexion.
J'ai beaucoup aimé plusieurs parties du roman qui m'ont intellectuellement vraiment marquées, mais dans certaines, et je pense notamment à certains passages sur le viol, le bouchon était poussé un peu trop loin pour moi et je les ai donc nettement moins appréciées. Je garde néanmoins un bon souvenir de ma lecture et je recommande le livre à toutes celles mais aussi tous ceux qui ont envie de réfléchir à la place de la femme et du féminisme dans le monde d'aujourd'hui.
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colimasson
  11 août 2012
Certaines réflexions sont intéressantes, leur crédit étant renforcé par le passé de Virginie Despentes qui a réellement vécu ce dont elle parle.
Je déplore toutefois le fait qu'elle soit obligée de rappeler, toutes les dix pages, son appartenance au mouvement punk-rock qu'elle se sent obligée de lier à un comportement "rebelle" surfait. On a l'impression que Virginie Despentes essaie sans cesse de ramener à sa cause toute une jeunesse en rupture avec les valeurs "traditionnelles". Est-elle vraiment obligée de rappeler à chaque page qu'elle adore les concerts de punk, qu'autrefois elle avait les cheveux verts, qu'elle s'habillait avec des jupes courtes et des Doc Martens ? La cause féministe a-t-elle forcément rapport à cette "marginalité" de pacotille? Et finalement, Virginie Despentes ne rabaisse-t-elle pas les ambitions de ce mouvement en le limitant à un combat superficiel qui se concentre dans les apparences ?
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Citations & extraits (117) Voir plus Ajouter une citation
TaediumlitteraeTaediumlitterae   16 octobre 2017
J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m'excuse de rien, je ne viens pas me plaindre.
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TaediumlitteraeTaediumlitterae   16 octobre 2017
(…) je te tiendrai dans ma main et nous patinerons ensemble, comme pour une valse. Et tu riras comme un enfant dans un manège enchanté.
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Patsy_StonePatsy_Stone   21 décembre 2007
Parce que l'idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l'esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d'école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu'un homme, cette femme blanche heureuse qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l'effort de ressembler, à part qu'elle a l'air de beaucoup s'emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l'ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu'elle n'existe pas.
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Patsy_StonePatsy_Stone   21 janvier 2009
Plaire aux hommes est un art compliqué, qui demande qu’on gomme tout ce qui relève de la puissance. Pendant ce temps, les hommes, en tout cas ceux de mon âge et plus, n’ont pas de corps. Pas d’âge, pas de corpulence. N’importe quel connard rougi à l’alcool, chauve à gros bide et look pourri, pourra se permettre des réflexions sur le physique des filles, des réflexions désagréables s’il ne les trouve pas assez pimpantes, ou des remarques dégueulasses s’il est mécontent de ne pas pouvoir les sauter. Ce sont les avantages de son sexe. La chaudasserie la plus pathétique, les hommes veulent nous la refiler comme sympathique et pulsionnelle. Mais c’est rare d’être Bukowski, la plupart du temps, c’est juste des tocards lambda. Comme si moi, parce que j’ai un vagin, je me croyais bonne comme Greta Garbo. Etre complexée, voilà qui est féminin. Effacée. Bien écouter. Ne pas trop briller intellectuellement. Juste assez cultivée pour comprendre ce qu’un bellâtre a à raconter.
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mandarine43mandarine43   25 octobre 2011
BAD LIEUTENANTES

J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m'excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n'échangerais ma place contre aucune autre, parce qu'être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n'importe quelle autre affaire.

Je trouve ça formidable qu'il y ait aussi des femmes qui aiment séduire, qui sachent séduire, d'autres se faire épouser, des qui sentent le sexe et d'autres le gâteau du goûter des enfants qui sortent de l'école. Formidable qu'il y en ait de très douces, d'autres épanouies dans leur féminité, qu'il y en ait de jeunes, très belles, d'autres coquettes et rayonnantes. Fran­chement, je suis bien contente pour toutes celles à qui les choses telles qu'elles sont conviennent. C'est dit sans la moindre ironie. Il se trouve simplement que je ne fais pas partie de celles-là. Bien sûr que je n'écrirais pas ce que j'écris si j'étais belle, belle à changer l'attitude de tous les hommes que je croise. C'est en tant que prolotte de la féminité que je parle, que j'ai parlé hier et que je recommence aujourd'hui. Quand j'étais au RMI, je ne ressentais aucune honte d'être une exclue, juste de la colère. C'est la même en tant que femme : je ne ressens pas la moindre honte de ne pas être une super bonne meuf. En revanche, je suis verte de rage qu'en tant que fille qui intéresse peu les hommes, on cherche sans cesse à me faire savoir que je ne devrais même pas être là. On a toujours existé. Même s'il n'était pas question de nous dans les romans d'hommes, qui n'imaginent que des femmes avec qui ils voudraient coucher. On a toujours existé, on n'a jamais parlé. Même aujourd'hui que les femmes publient beaucoup de romans, on rencontre rarement de personnages féminins aux physiques ingrats ou médiocres, inaptes à aimer les hommes ou à s'en faire aimer. Au contraire, les héroïnes contemporaines aiment les hommes, les rencontrent facilement, couchent avec eux en deux chapitres, elles jouissent en quatre lignes et elles aiment toutes le sexe. La figure de la looseuse de la féminité m'est plus que sympathique, elle m'est essentielle. Exactement comme la figure du looser social, économique ou politique. Je préfère ceux qui n'y arrivent pas pour la bonne et simple raison que je n'y arrive pas très bien, moi-même. Et que dans l'ensemble l'humour et l'inventivité se situent plutôt de notre côté. Quand on n'a pas ce qu'il faut pour se la péter, on est souvent plus créatifs. Je suis plutôt King Kong que Kate Moss, comme fille. Je suis ce genre de femme qu'on n'épouse pas, avec qui on ne fait pas d'enfant, je parle de ma place de femme toujours trop tout ce qu'elle est, trop agressive, trop bruyante, trop grosse, trop brutale, trop hirsute, toujours trop virile, me dit-on. Ce sont pourtant mes qualités viriles qui font de moi autre chose qu'un cas social parmi les autres. Tout ce que j'aime de ma vie, tout ce qui m'a sauvée, je le dois à ma virilité. C'est donc ici en tant que femme inapte à attirer l'attention masculine, à satisfaire le désir masculin, et à me satisfaire d'une place à l'ombre que j'écris.
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Vidéo de Virginie Despentes
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Virginie Despentes

Virginie Despentes est un pseudonyme. A quoi fait-il référence ?

au nom de jeune fille de sa mère
à l'anagramme du nom de son chanteur préféré
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