AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253122114
Éditeur : Le Livre de Poche (28/09/2007)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 750 notes)
Résumé :
En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  27 juin 2017
Virginie Despentes ose les mots pour le dire. Dire quoi au fait ? La King Kong théorie, c'est-à-dire la réalité des rapports hommes-femmes directement liés au formatage, dès le plus jeune âge, des uns et des autres par une société fondamentalement patriarcale. Ainsi l'homme se doit d'être viril et dominer la femme qui ne connaît qu'une posture : la soumission.
Ceux ou celles qui tentent d'agir autrement, par exemple une femme qui veut être libre doit prendre le risque d'être violée, et si viol il y a, elle doit prouver qu'elle n'était pas d'accord. le viol est donc perçu par la société, et souvent par la femme elle-même, comme un mal inévitable parce que lié à la virilité masculine.
Prenant son expérience personnelle de la prostitution, Virginie Despentes estime aussi que comme la pornographie, celle-ci ne doit plus être organisée par et pour les mâles. Elle revendique pour les femmes le droit de disposer de leur corps pour gagner de l'argent si c'est leur volonté, et ce sans être ostracisées et mises au banc de la société.
Un discours féministe qui peut paraître radical, la forme l'est souvent, qui est une réflexion argumentée, sensible et bien formulée de la condition féminine (et masculine) et de sa nécessaire évolution.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          677
canel
  31 octobre 2013
Virginie Despentes présente ici ses réflexions sur la féminité, les femmes et le sexe, dans notre société encore bien stéréotypée.
Elle juge l'Etat trop restrictif, maternant - et par là-même infantilisant - qui écarte tout danger (alcool, tabac...) du citoyen, comme si celui-ci ne pouvait faire ses choix lui-même.
L'auteur évoque aussi le viol, traumatisme dont elle-même a été victime, et insiste sur la position ambigue de notre société à cet égard.
Sans le moindre exhibitionnisme ni misérabilisme, Virginie Despentes relate son expérience de la prostitution, le regard nouveau que cela lui a fait porter sur les hommes, ses clients souffrant pour la plupart de solitude. Elle en donne sa version personnelle, moins sordide selon elle que les reportages télévisés qui stigmatisent les difficultés du "métier".
De la même façon, l'auteur nous confronte à sa théorie de la pornographie.
Virginie Despentes est sensible, touchante, sincère, pas vulgaire comme je le craignais, même si son langage est souvent cru. Elle porte un regard acéré et pertinent sur les femmes et le sexe dans notre société. Même si on ne partage pas toutes ses théories, le propos est suffisamment sérieux et intéressant pour être écouté et respecté. Un petit essai qui fait réfléchir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          5411
kouette_kouette
  14 avril 2018
Ceci n'est pas un roman.
C'est la vision de Virginie Despentes sur ce qu'implique la sexualité au sein des rapports homme-femme.
Vision en lien direct avec sa propre vie.
Son viol, sa prostitution, son taf de critique de films pornographiques.
Une vie trash, à l'image de sa plume. Ou plutôt à l'origine de sa plume. En parlant de son viol elle dit d'ailleurs : « J'imagine toujours pouvoir un jour en finir avec ça. Liquider l'événement, le vider, l'épuiser. Impossible. Il est fondateur. de ce que je suis en tant qu'écrivain, en tant que femme qui n'en est plus tout à fait une. C'est en même temps ce qui me défigure, et ce qui me constitue. »
C'est toujours un peu gênant pour moi d'apprécier une plume dont l'origine est violemment dégueulasse, mais j'aime lire pour comprendre mon voisin au même titre que la personne vivant aux antipodes. Virginie Despentes est donc à mes yeux un écrivain utile, nous jetant en pleine face ce qu'on se refuse parfois à admettre.
Pour la première fois, je n'ai pas soufflé de désintérêt en lisant un texte féministe.
Pour la première fois, j'ai envie d'arrêter d'user de l'expression «paire de couilles» pour parler de courage. Arrêter cette association systématique du courage avec le masculin. Parce que comme le dit Virginie : « Il y a des hommes plutôt faits pour la cueillette, la décoration d'intérieur et les enfants au parc, et des femmes bâties pour aller trépaner le mammouth, faire du bruit et des embuscades. »
Évidemment le lecteur n'est pas obligé d'être en accord avec toutes les réflexions énoncées, mais je vous promets que c'est autrement plus pertinent que le discours de la femme qui se croit au top de l'humour revendicatif en faisant imprimer le mot « connasse » sur son T-shirt.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          374
michfred
  24 juin 2017
Le double langage du jeu social, la double contrainte pesant sur les femmes comme sur les hommes, la binarité commode, homme/ femme, à laquelle on tente de renvoyer tout, et qui ne résout rien, Virginie Despentes les balaie d'un grand revers de perfecto clouté…
Place à l'hybride d'avant le chaos!
Place à King Kong, bienheureuse créature d'avant la généralisation de la pensée générique! Et vive le rock punk qui célèbre ce chaos à sa façon!
Soyons sérieux, et revenons à nos moutons..
Son essai – ou plutôt son autobiographie élargie aux concepts d'une condition féminine revisitée par l'expérience- je l'ai dévoré en quelques jours : il m'a fait rire, réfléchir, bondir aussi, mais plus par empathie que par désaccord !
Dans sa langue simple, crue, parfois trash- toujours percutante, souvent caustique et même réjouissante - Virginie Despentes revisite les étapes marquantes de sa propre expérience et même si elle interroge, au passage, les grandes penseuses de la condition féminine- Virginia Woolf, Simone de Beauvoir, Lydia Lunch, Camille Paglia, etc…- ce sont ces étapes qui impriment à l'essai sa structure , déterminent ses chapitres : le viol, la prostitution, le métier de hardeuse, la « conversion » homosexuelle.
Qu'on ne se méprenne pas, cependant : pas la moindre complaisance à la confidence scandaleuse. Ce récit d'une vie est filtré par une réflexion ferme, argumentée, convaincante qui lève un à un les faux-semblants de l'auto-proclamée « révolution sexuelle ».
Merci à Canel qui m'en a recommandé la lecture…même si j'avais déjà dévoré les trois Vernon Subutex et avais une petite idée de ce qui m'attendait. Mais dans son essai, VD m'a mis les points sur pas mal de « i » .
Et dans viol, prostitution, pornographie, féminisme…il y en a, des « i » , si on compte !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          299
colimasson
  11 août 2012
Certaines réflexions sont intéressantes, leur crédit étant renforcé par le passé de Virginie Despentes qui a réellement vécu ce dont elle parle.
Je déplore toutefois le fait qu'elle soit obligée de rappeler, toutes les dix pages, son appartenance au mouvement punk-rock qu'elle se sent obligée de lier à un comportement "rebelle" surfait. On a l'impression que Virginie Despentes essaie sans cesse de ramener à sa cause toute une jeunesse en rupture avec les valeurs "traditionnelles". Est-elle vraiment obligée de rappeler à chaque page qu'elle adore les concerts de punk, qu'autrefois elle avait les cheveux verts, qu'elle s'habillait avec des jupes courtes et des Doc Martens ? La cause féministe a-t-elle forcément rapport à cette "marginalité" de pacotille? Et finalement, Virginie Despentes ne rabaisse-t-elle pas les ambitions de ce mouvement en le limitant à un combat superficiel qui se concentre dans les apparences ?
Commenter  J’apprécie          320
Citations et extraits (162) Voir plus Ajouter une citation
charly38charly38   13 juin 2018
Etre keupone, c'est forcément réinventer la féminité puisqu'il s'agit de traîner dehors, taper la manche, vomir de la bière, sniffer de la colle jusqu'à rester les bras en croix, se faire embarquer, pogoter, tenir l'alcool, se mettre à la guitare, avoir le crâne rasé, rentrer fracassée tous les soirs, sauter partout pendant les concerts, chanter à tue-tête en voiture des hymnes hypermasculins, t'intéresser de près au foot, faire des manifs en portant la cagoule et voulant en découdre... Et tout le monde te fout la paix. Il y aura même plein de mecs pour trouver ça formidable, être de bons amis et ne pas chercher à te recadrer. C'est tout le concept du punk, ne pas faire comme on vous dit de faire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
charly38charly38   13 juin 2018
Mais boire : viril. Avoir des potes : viril. Faire le pitre : viril. Gagner plein de thunes : viril. Avoir une grosse voiture : viril. Se tenir n'importe comment : viril. Ricaner en fumant des joints : viril. Avoir l'esprit de compétition : viril. Etre agressif : viril. Vouloir baiser avec plein de monde : viril. Répondre avec brutalité à quelque chose qu vous menace : viril. Ne pas prendre le temps de s'arranger le matin : viril. Porter des fringues parce qu'elles sont pratiques : viril. Tout ce qui est marrant à faire est viril, tout ce qui permet de survivre est viril, tout ce qui fait gagner du terrain est viril.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
charly38charly38   13 juin 2018
Dans le porno, on sait que les hommes bandent, que les femmes jouissent. On ne peut pas vivre dans une société spectaculaire envahie par les représentations de la séduction, du flirt, du sexe, et ne pas saisir que le porno est un lieu de sécurité. On n'est pas dans l'action, on peut regarder les autres le faire, savoir le faire, en toute tranquillité. Ici, les femmes sont contentes du service rendu, les hommes bandent dur et éjaculent, tout le monde parle le même langage, pour une fois, tout se passe bien.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
charly38charly38   13 juin 2018
A quel moment les femmes se connectent-elles avec leurs propres fantasmes, si elles ne se touchent pas quand elles sont seules ? Qu'est-ce qu'elles connaissent de ce qui les excite vraiment ? Et si on ne sait pas ça de soi, qu'est-ce qu'on connaît de soi, au juste ? Quel contact établit-on avec soi-même quand son propre sexe est systématiquement annexé par un autre ?
Commenter  J’apprécie          00
charly38charly38   13 juin 2018
C'est ainsi qu'en 2006, on entend de très jeunes filles raconter qu'elles attendent qu'un homme les fasse jouir. Comme ça, tout le monde est mal à l'aise : les garçons qui se demandent bien comment s'y prendre, et les filles, frustrées de ce qu'ils ne connaissent pas mieux qu'elles-mêmes leurs propres anatomies, et leurs domaines fantasmagoriques.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Virginie Despentes (67) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginie Despentes
Fishbach lit ?King Kong Théorie? de Virginie Despentes .C?est parce que ?King Kong Théorie? est un essai qui commence comme un morceau de rap. « pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. », que nous avons demandé à Fishbach de vous en lire l?introduction. le sixième livre et premier essai publié par Virginie Despentes, est un manifeste féministe moderne et ravageur qui dynamite l?ordre social tenant le corps des femmes à disposition des hommes.
autres livres classés : féminismeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox



Quiz Voir plus

Virginie Despentes

Virginie Despentes est un pseudonyme. A quoi fait-il référence ?

au nom de jeune fille de sa mère
à l'anagramme du nom de son chanteur préféré
au quartier des pentes de la Croix-Rousse à Lyon

10 questions
171 lecteurs ont répondu
Thème : Virginie DespentesCréer un quiz sur ce livre
. .