AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782253122111
160 pages
Le Livre de Poche (28/09/2007)
4.1/5   2253 notes
Résumé :
En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de "Baise-moi" conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie.
Manifeste pour un nouveau féminisme.
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (233) Voir plus Ajouter une critique
4,1

sur 2253 notes

palamede
  27 juin 2017
Virginie Despentes ose les mots pour le dire. Dire quoi au fait ? La King Kong théorie, c'est-à-dire la réalité des rapports hommes-femmes directement liés au formatage, dès le plus jeune âge, des uns et des autres par une société fondamentalement patriarcale. Ainsi l'homme se doit d'être viril et dominer la femme qui ne connaît qu'une posture : la soumission.
Ceux ou celles qui tentent d'agir autrement, par exemple une femme qui veut être libre doit prendre le risque d'être violée, et si viol il y a, elle doit prouver qu'elle n'était pas d'accord. le viol est donc perçu par la société, et souvent par la femme elle-même, comme un mal inévitable parce que lié à la virilité masculine.
Prenant son expérience personnelle de la prostitution, Virginie Despentes estime aussi que comme la pornographie, celle-ci ne doit plus être organisée par et pour les mâles. Elle revendique pour les femmes le droit de disposer de leur corps pour gagner de l'argent si c'est leur volonté, et ce sans être ostracisées et mises au ban de la société.
Un discours féministe qui peut paraître radical, la forme l'est souvent, qui est une réflexion argumentée, sensible et bien formulée de la condition féminine (et masculine) et de sa nécessaire évolution.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1179
Ziliz
  31 octobre 2013
Virginie Despentes présente ici ses réflexions sur la féminité, les femmes et le sexe, dans notre société encore bien stéréotypée.
Elle juge l'Etat trop restrictif, maternant - et par là-même infantilisant - qui écarte tout danger (alcool, tabac...) du citoyen, comme si celui-ci ne pouvait faire ses choix lui-même.
L'auteur évoque aussi le viol, traumatisme dont elle-même a été victime, et insiste sur la position ambigue de notre société à cet égard.
Sans le moindre exhibitionnisme ni misérabilisme, Virginie Despentes relate son expérience de la prostitution, le regard nouveau que cela lui a fait porter sur les hommes, ses clients souffrant pour la plupart de solitude. Elle en donne sa version personnelle, moins sordide selon elle que les reportages télévisés qui stigmatisent les difficultés du "métier".
De la même façon, l'auteur nous confronte à sa théorie de la pornographie.
Virginie Despentes est sensible, touchante, sincère, pas vulgaire comme je le craignais, même si son langage est souvent cru. Elle porte un regard acéré et pertinent sur les femmes et le sexe dans notre société. Même si on ne partage pas toutes ses théories, le propos est suffisamment sérieux et intéressant pour être écouté et respecté. Un petit essai qui fait réfléchir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9212
iris29
  05 juillet 2018
King Kong Théorie n'est pas un roman mais un manifeste féministe , un témoignage . Et ce qu'elle a vécu est assez trash ...
Au commencement, il y a un viol…
La jeune Virginie aimait beaucoup les concerts, et avec une amie , elle sillonnait la France en auto-stop pour s'y rendre, quand soudain , c'est la voiture de trop… 3 gars/deux filles …
♫ C'est comment qu'on freine, j'voudrais descendre de là ♫.
[ " J'imagine toujours pouvoir un jour en finir avec ça. Liquider l'événement, le vider, l'épuiser. Impossible Il est fondateur. de ce que je suis en tant qu'écrivain, en tant que femme qui n'en est plus tout à fait une. C'est en même temps ce qui me défigure , et ce qui me constitue" ].
[ " Je suis plutôt King Kong que Kate Moss, comme fille " ]
C'est violent à lire , c'est la vérité brute, une vérité qu'on n'a pas l'habitude d'entendre.
A quel niveau de traumatisme, tu situes le viol, quand tu crains pour ta vie ?
Comment tu (sur)vis en tant que victime , quand pendant tout le viol, tu sais que tu as un couteau dans ta poche et que n'oses pas le sortir ?
Après il y a la prostitution… le chapitre : " Coucher avec l'ennemi"
Les petits boulots l'ennuient et ne rapportent pas assez , la prostitution sera un moyen de gagner plus d'argent , plus rapidement.
[ Ça m'a plu, dans un premier temps de devenir cette fille-là. Comme de faire un voyage. Sur place, mais dans une autre dimension."]
Sur la prostitution, je ne suis pas totalement d'accord avec elle, avec sa vision. Il me semble qu'elle 'bisounourse" un peu ce métier qu'elle a pratiqué dans les années 90. Elle n'a jamais eu de problèmes avec un client violent, jamais eu maille à partir avec un proxénète, même plus tard en travaillant dans un salon de massage . Je pense que ce n'est pas le cas de toutes les prostituées.
Sa vision du mariage (ou du couple hétéro ), en France , à notre époque me parait datée … [ "quand on affirme que la prostitution est "une violence faite aux femmes", on veut nous faire oublier que c'est le mariage qui est une violence faite aux femmes, et d'une manière générale, les choses telles que nous les endurons. Celles qu'on baise gratuitement"...]
Bon, une chose est sûre, les hommes ne sont pas à la fête dans ce livre… Considérer que , seul l'homme a une sexualité, des "besoins" , me fait rire et date un peu. N'a t'elle jamais entendu parler de sex friends ? Les hommes ne sont pas nos ennemis ; je comprend qu'avec ce qu 'elle a subi , elle le pense mais sa vision est un peu binaire.
Il reste que le livre de madame Despentes nous interroge, nous éclaire, nous fait réfléchir . Viol, prostitution, maternité, précarité, sexualité, place de la femme : tous ces sujets passent à la moulinette Despentes !
Je m'attendais à quelque chose de brouillon , pas du tout . Ça bouillonne et c'est plein d'énergie, une énergie qu'on retrouve dans tous ses livres. C'est très agréable à lire : ce livre ne m'a duré qu'une petite soirée...
J'ai adoré.
(merci canel !)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7913
kouette_kouette
  14 avril 2018
Ceci n'est pas un roman.
C'est la vision de Virginie Despentes sur ce qu'implique la sexualité au sein des rapports homme-femme.
Vision en lien direct avec sa propre vie.
Son viol, sa prostitution, son taf de critique de films pornographiques.
Une vie trash, à l'image de sa plume. Ou plutôt à l'origine de sa plume. En parlant de son viol elle dit d'ailleurs : « J'imagine toujours pouvoir un jour en finir avec ça. Liquider l'événement, le vider, l'épuiser. Impossible. Il est fondateur. de ce que je suis en tant qu'écrivain, en tant que femme qui n'en est plus tout à fait une. C'est en même temps ce qui me défigure, et ce qui me constitue. »
C'est toujours un peu gênant pour moi d'apprécier une plume dont l'origine est violemment dégueulasse, mais j'aime lire pour comprendre mon voisin au même titre que la personne vivant aux antipodes. Virginie Despentes est donc à mes yeux un écrivain utile, nous jetant en pleine face ce qu'on se refuse parfois à admettre.
Pour la première fois, je n'ai pas soufflé de désintérêt en lisant un texte féministe.
Pour la première fois, j'ai envie d'arrêter d'user de l'expression «paire de couilles» pour parler de courage. Arrêter cette association systématique du courage avec le masculin. Parce que comme le dit Virginie : « Il y a des hommes plutôt faits pour la cueillette, la décoration d'intérieur et les enfants au parc, et des femmes bâties pour aller trépaner le mammouth, faire du bruit et des embuscades. »
Évidemment le lecteur n'est pas obligé d'être en accord avec toutes les réflexions énoncées, mais je vous promets que c'est autrement plus pertinent que le discours de la femme qui se croit au top de l'humour revendicatif en faisant imprimer le mot « connasse » sur son T-shirt.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          768
ordinary_reader
  11 mars 2020
Je reviens vers Virginie Despentes avec délectation, et non sans une certaine émotion. Bien que datant de 2006, cet essai autobiographique détonne et résonne parfaitement bien à mes oreilles aujourd'hui, en 2020.
L'auteure témoigne de son parcours personnel, avant de devenir une écrivaine reconnue, à travers le prisme du regard social porté sur la féminité et la virilité, leurs représentations faussées, leurs rapports de force sur le plan de la réussite, de la séduction et de la sexualité (chapitres consacrés au viol, à la prostitution, à la pornographie).
Sociologique, psychologique, philosophique, cet essai s'adresse aux femmes ET aux hommes - pas qu'en filigrane - frontalement, crûment, dans un langage à la fois extrêmement percutant, lucide et éclairé (références littéraires à l'appui).
Je ne l'ai pas lu comme un pamphlet "féministe", brutal ou dogmatique, mais comme une contestation de tous les diktats (éducatifs, moraux, sociaux, religieux) qui pèsent depuis la nuit des temps sur notre inconscient collectif.
Le "courage" est à la une du Printemps des Poètes, et cet écrit est bel et bien un acte de courage, même si dénué de poésie : le courage de se positionner sans ménagement contre la bien-pensance et les tabous ancestraux, contre la lâcheté et l'hypocrisie du système (politique, économique, médiatique) sur la "marchandisation" du corps, contre la soumission du "sexe faible" face à la domination du "sexe fort" (plus que d'actualité ! CF : #metoo, féminicide, Matzneff, Polanski...).
Bref, le courage d'engager sa parole, d'affronter ses démons, de risquer de déplaire, de ne pas "être belle et se taire" !!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7625


critiques presse (2)
Elle   29 novembre 2021
Œuvre majeure de l’écrivaine, ce livre est un coup de poing qui fait voler en éclats les idées reçues sur le viol, la pornographie, ou la prostitution. Virginie Despentes raconte son histoire sans concession, et nous invite à repenser notre féminisme. Un incontournable.
Lire la critique sur le site : Elle
LeMonde   27 juillet 2018
Il était temps de secouer le vieux monde, Despentes l’a fait.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (355) Voir plus Ajouter une citation
MarionatiMarionati   06 mai 2022
Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing, pas une vague promotion de la fellation ou de l'echangisme, il n'est pas seulement question d'améliorer les salaires d'appoint. Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution, bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
MarionatiMarionati   06 mai 2022
Jamais en sécurité, jamais les mêmes qu'eux. Nous sommes du sexe de la peur, de l'humiliation, le sexe étranger. C'est sur cette exclusion de nos corps que se construisent les virilité, leur fameuse solidarité masculine, c'est dans ces moments qu'elle se noue. Un pacte reposant sur notre infériorité. Leurs rires de mecs entre eux, le rire du plus fort, en nombre
Commenter  J’apprécie          20
MarionatiMarionati   05 mai 2022
Conseils de femmes, entre elles. Cachez vos plaies, mesdames, elles pourraient gêner le tortionnaire. Être une victime digne. C'est à dire qui sait se taire. La parole toujours confisquée. Dangereuse, on l'aura compris. Dérangeant le repos de qui ?
Commenter  J’apprécie          80
MarionatiMarionati   04 mai 2022
Les hommes dénoncent avec virulence injustices sociales ou raciales, mais se montrent indulgents et compréhensifs quand il s'agit de domination machiste.
Commenter  J’apprécie          80
MarionatiMarionati   05 mai 2022
Il n'y a pas pire qu'être une femme jugée par des mecs. Tous les coups sont permis. On n'est même pas des étrangères : on est sous titrées, tout le temps, parce qu'on ne sait pas ce qu'on a à dire. On ne le sait pas aussi bien que les mâles dominants, qui sont habitués depuis des siècles à écrire des livres sur la question de notre féminité et de ce qu'elle implique.
Commenter  J’apprécie          00

Videos de Virginie Despentes (69) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginie Despentes
Virginie Despentes accompagnée par le groupe Zëro : Éric Aldea (guitare), Ivan Chiossone (claviers), Frank Laurino (batterie) Son : Wilo
Depuis Baise-moi en 1994, Virginie Despentes s'est imposée comme une écrivaine majeure avec notamment Les Jolies Choses (prix Flore 1998), Teen Spirit, Apocalypse bébé (prix Renaudot 2010) ou encore son essai King Kong Théorie. C'est qu'il y a chez elle une énergie d'écriture salutaire et sans concession, mais aussi une intelligence rare. L'acuité de son regard sur le monde contemporain (tantôt hilarant, tantôt glaçant de vérité), on la retrouve dans la « série » Vernon Subutex, fresque incroyable en trois tomes. Personne n'échappe à Virginie Despentes et, en même temps, elle sait très bien qu'il est jouissif de canarder à tous crins. Elle s'efforce donc de prendre à bras-le-corps, et d'aimer aussi, cette galerie de personnages ultramodernes qu'elle met en scène.
Ce soir elle vient accompagnée du groupe de rock Zëro pour payer une dette littéraire : celle qu'elle doit au mythique Requiem des innocents de Louis Calaferte.
À lire – Virginie Despentes, Vernon Subutex 3, Grasset, 2020. À écouter – Zëro, « Requiem des Innocents » (avec Virginie Despentes), 2LP Ici d'Ailleurs, 2020.
+ Lire la suite
autres livres classés : féminismeVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Virginie Despentes

Virginie Despentes est un pseudonyme. A quoi fait-il référence ?

au nom de jeune fille de sa mère
à l'anagramme du nom de son chanteur préféré
au quartier des pentes de la Croix-Rousse à Lyon

10 questions
226 lecteurs ont répondu
Thème : Virginie DespentesCréer un quiz sur ce livre