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Critiques sur Murène (52)
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Cancie
  04 novembre 2019
Février 1956, un hiver sibérien sévit à Paris. François Sandre, un grand et beau jeune homme de vingt-deux ans a la vie devant lui. Il vient de rencontrer Nine et ne rêve qu'à la serrer dans ses bras. Il rejoint ce jour-là, Porte de Clichy, Toto, un camionneur qui doit le conduire dans une scierie près de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, pour aider Georges, un cousin. Mais le camion se retrouve immobilisé sur la route gelée et François part dans la neige chercher de l'aide. Toto attendra en vain... le corps de François est retrouvé inanimé au pied d'un wagon désaffecté au lieu-dit hameau de Bayle, près des rails d'une voie ferrée, sous une caténaire. Grièvement brûlé, il ne devra sa survie qu'à l'amputation de ses membres supérieurs.
Magnifique écriture de Valentine Goby qui réussit à nous faire entrer dans la tête de François et à nous faire ressentir les souffrances de ce corps mutilé, à une époque où la chirurgie et la médecine en étaient encore à leurs balbutiements de même que les appareillages et prothèses, même si, avec les guerres, des progrès avaient été faits. Elle brosse également un très beau portrait de cette infirmière Nadine qui saura accompagner chacun de ses gestes de paroles lors de son hospitalisation.
Puis, ce sera le retour à Paris, chez ses parents. François va devoir combattre pour affronter cette nouvelle vie où " Il ne pourra plus se brosser les dents, boutonner une chemise, se raser, cirer-lacer-délacer ses chaussures, enduire un mur, pincer la joue de Sylvia, boire une chope, attraper un ballon, écrire une lettre, sculpter un bâton, glisser la clé dans la serrure, déplier le journal, rouler une cigarette, tirer la luge, décrocher le téléphone, se peigner, changer un pneu de vélo, ceinturer son jean, se torcher, payer à la caisse, couper sa viande, se suspendre aux branches, tendre un ticket de métro, héler le bus, applaudir, mimer Elvis à la guitare, signer, serrer une fille contre lui, danser avec une fille, donner la main à une fille, passer les cheveux d'une fille derrière son oreille, dénouer un ruban, toucher l'oreille d'une fille, la cuisse d'une fille, le ventre d'une fille, le sexe d'une fille, son sexe à lui, se pendre, s'ouvrir les veines, se tirer une balle, même se foutre en l'air il ne peut pas." Terrible, bouleversant, les mots me manquent pour exprimer ce que j'ai ressenti à l'évocation de l'avenir qui lui est réservé.
Mais une métamorphose, une mutation profonde va s'opérer lorsque, grâce à l'Amicale sportive des mutilés de France, il va pouvoir profiter de séances en piscine. Il faut dire que lors d'une visite à l'aquarium avec sa soeur Sylvia, la rencontre derrière une vitre, d'une murène, cette silhouette grossière, sans écailles ni nageoires pectorales et ventrales, d'apparence monstrueuse mais si gracieuse va le happer. À la suite de cette vision, il n'aura de cesse d'apprendre à nager. Cette murène va en quelque sorte lui réinventer un avenir. le sport va être pour lui l'occasion de se dépasser bien sûr, mais aussi de rencontrer d'autres gens, de discuter, de se trouver un travail... Ce sera une voix de salut, l'eau lui permettant de découvrir une nouvelle forme de sociabilité, ce sera une véritable renaissance. Il va de nouveau vivre, c'est à dire adhérer à l'existence.
Valentine Goby, à travers ce roman va retracer tous les balbutiements du handisport, un pari incertain pour ces sportifs, avec toutes les difficultés rencontrées pour être crédibles, jusqu'aux jeux paralympiques de Tokyo en 1964. Cette dimension historique contribue beaucoup à la force de ce roman.
Si ce roman est une totale fiction, Valentine Goby que j'ai eu la chance de rencontrer aux Correspondances de Manosque dit avoir été frappée par la beauté insolite de ce nageur chinois Tao Zheng triomphant aux jeux paralympiques de Rio en 2016. C'est cette image qui a tout déclenché !
Quel magnifique roman que Murène ! C'est un roman très riche, d'une grande sensibilité, d'une grande justesse de ton, dans un style dense et puissant sur un sujet pas facile qui sait nous faire partager la moindre émotion, le moindre découragement, le moindre espoir de François. C'est un roman qui continue à m'habiter, même une fois achevé.
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Jeanfrancoislemoine
  17 septembre 2019
Un roman que l'on peut aimer ou non mais qui , en tout état de cause ne peut laisser personne indifférent. Personnellement , j'avoue en avoir eu une approche favorable dans la mesure où j'ai déjà lu et apprécié certains ouvrages de Valentine Goby et où j'ai suivi avec intérêt son interview par Marina Carrère d'Encausse dans le magazine de la santé sur la 5 . Enfin , les critiques des ami(e)s babeliotes et des chroniques dans des revues spécialisées ont levé mes derniers doutes ( d'autant plus facilement que je n'en n'avais aucun .... mais le dire ajoute à votre curiosité , non ? )
Bon , pour la présentation, c'est fait .
Passons aux choses sérieuses : François , 22ans , beau mec , toute la vie devant lui ....le drame , la perte des membres supérieurs, à pleurer, à se dire que , parfois , la " faucheuse " est d'une cruauté diabolique , parce que , vivre sans bras ....il aurait mieux valu que....
Il y a l'hôpital , le retour à la maison , les humiliations de la dépendance, l'amour maladroit des proches , l'amour , l'autre , qui s'en va ...Terrible.....Émouvant...A pleurer....
L'enfermement dans un ghetto où chacun observe l'autre , le jalouse ou le plaint , les rencontres , valorisantes ou ...désespérantes, l'alcool.....
Et puis des projets , des projets fous en 1962 , retrouver une dignité , envers soi , tout d'abord ..... car il est là le gros problème...la résilience....
Le parcours de François m'a ému comme rarement , je n'ai pas pleuré comme certains , mais j'ai revu des images , des situations . Dans ce roman , vous irez déjeuner dans un restaurant avec François et un ami qui mange ...avec ses pieds .Une image que j'ai vécue dans un restaurant de Limoges il y a une vingtaine d'années...On nous a placés plus loin....nous n'avons pas demandé une table plus proche....J'ai revu aussi cette voiture garée sur le seul accès possible aux handicapés alors que le parking était quasi vide...Evidemment , une jeune femme en fauteuil roulant s'est présentée...elle n'a pas pu rejoindre ses ami(e)s au gymnase voisin ....( depuis , la municipalité a interdit le stationnement à cet endroit , suite à notre coup de fil ...) et on doit aujourd'hui menacer de 135 euros d'amende ....Tout ça , on le retrouve , on le devine dans ce roman sans pathos mais humaniste , un roman fort , très bien écrit et très bien documenté, mêlant habilement espoir et désespoir, insistant sur l'importance ,humaine et matérielle ,d'un environnement pas toujours disponible et souvent égoïste et maladroit......
Certes , je vous l'accorde , certains passages peuvent sembler un peu longs , voire un peu techniques mais peut - on reprocher à l'auteure d'avoir " fouillé " un sujet dont il est encore bien difficile de parler sereinement? Pour ma part , je suis sorti " lessivé " de ce roman lu pratiquement d'une traite . François m'a profondément marqué et au moment où je clos mon modeste propos , je l'imagine l' écrivant ....avec le pied ....Vous auriez ce courage , vous ? Moi , sûrement pas ...Mais l'être humain a de telles ressources...
Un coup de coeur , assurément.
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Fandol
  07 novembre 2019
Quel roman extraordinaire !
Je sors de cette lecture passionnante et émouvante complètement bouleversé. de la première à la dernière page, Valentine Goby que j'avais déjà appréciée dans Un paquebot dans les arbres, m'a fait vivre une histoire d'une importance primordiale pour celles et ceux qui se disent valides et j'ajoute que ce roman est aussi essentiel – une formidable bouffée d'oxygène – pour celles et ceux qui souffrent d'un handicap.
Avec François Sandre, grand jeune homme, sportif, amoureux, qui adore l'escalade, j'ai vécu des moments si intenses que j'ai de la peine à trouver les mots justes, ces mots que l'auteure a si bien su agencer et faire vivre avec un souci de la documentation d'une précision remarquable.
Tout débute au cours du terrible hiver 1956 dont je me souviens. L'intérieur des fenêtres était complètement gelé malgré les couvertures et les protections installées par mes parents… François part de Paris, passager d'un camion qui l'emmène chez un cousin, dans les Ardennes. Tombés en panne sur une route déserte, le chauffeur du camion l'envoie chercher du secours. François part, suit des rails, trouve des wagons immobilisés par le gel, grimpe sur l'un d'eux pour tenter de voir où il peut trouver de l'aide et une déflagration électrique le propulse sur le sol, un arc de 25 000 volts depuis la caténaire qui aurait pu le tuer ! C'est une fillette qui trouve ce corps brûlé au deuxième et au troisième degré. Un bras est carbonisé complètement, l'autre presque autant.
Commence alors une période terrible tellement bien racontée par Valentine Goby, avec des déferlantes de mots, de phrases qui prennent aux tripes. Il faut vraiment lire tout ça ! Je dois tout de même révéler que François s'en sort, revient dans sa famille qui tient un atelier de couture mais il n'a plus de bras. Nous sommes à la fin des années 1950 et l'appareillage qu'on lui propose, il ne le supporte pas.
Lui qui est très attiré par l'eau – quelle scène dans ce lac du col de la Loze, au-dessus de Méribel, où le Tour de France 2020 arrivera pour la première fois !… - découvre une murène, poisson sans nageoires, lors de la visite d'un aquarium en compagnie de Sylvie, sa soeur. Au passage, il faut que je salue Mum, sa mère, anglaise, qui fut d'une admirable patience durant son hospitalisation.
Insensiblement, j'ai découvert les débuts de ce que nous appelons aujourd'hui le handisport, mal vu, pas accepté au début des années 1960. Ce qui était, au début, en France, réservé aux mutilés de guerre, s'étend peu à peu. C'est en regardant les Jeux Paralympiques de Rio, en 2016, que l'auteure a été épatée par Zheng Tao qui bat le record du monde du 100 m dos. Depuis 1960 et Rome, que de chemin parcouru !
Hommage vibrant s'il en est, Murène est un livre qui fait honneur à la littérature française, un livre qui redonne dignité et humanité à toutes celles et à tous ceux qui souffrent dans leur corps et trouvent dans le sport, à condition qu'on regarde comme des sportifs, une occasion de se sublimer et d'oublier leur différence.
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montmartin
  05 octobre 2019
Pour François, ce jour de février 1956 s'est changé en trou noir. Les journaux ne parlent que du gel qui glace la France. Une déflagration, le corps de François qui s'arque, le corps allongé sur le dos, foudroyé, des brûlures profondes, un accident électrique. le corps moulé par la neige fait un excellent conducteur, une ligne de 25 000 volts qui vous grille en quelques secondes. Il n'est pas mort, c'est miraculeux. Il faut amputer ses deux bras, sa vie en dépend. Il continue à ne pas mourir, il cherche ses bras, ne les trouve pas.

Valentine Goby nous plonge à l'intérieur du handicap à travers l'histoire de François, elle va décortiquer avec une plume rude parfois glaçante tout ce que ressent ce jeune homme, ses souffrances, ses doutes, ses désirs, ses amours. Elle ne nous épargne aucune des difficultés qu'il rencontre et cela fait la force de ce récit.

Les amputations, le corps qui le torture, l'odeur de charogne, ses doigts qui n'existent plus et qui fourmillent, sa montre qui est comme une enclume sur un poignet qui n'est plus là. Les premiers jours décisifs, le besoin de morphine, les nausées. Il ne peut plus accomplir les gestes d'un enfant de quatre ans. Lui qui aimait grimper, défier les lois de la gravité, il refait les gestes d'un nourrisson.

« Il ne pourra plus se brosser les dents, boutonner une chemise, se raser, cirer-lacer-délacer ses chaussures, enduire un mur, pincer la joue de Sylvia, boire une chope, attraper un bâton, glisser la clé dans la serrure, déplier le journal, rouler une cigarette, tirer la luge, décrocher le téléphone, se peigner, changer un pneu de vélo, ceinturer son jean, se torcher, payer à la caisse, couper sa viande, se suspendre aux branches, tendre un ticket de métro, héler un bus, applaudir, mimer Elvis à la guitare, signer, serrer une fille contre lui, danser avec une fille, donner la main à une fille, passer les cheveux d'une fille derrière son oreille, dénouer un ruban, toucher l'oreille d'une fille, la cuisse d'une fille, le ventre d'une fille, le sexe d'une fille, son sexe à lui, se pendre, s'ouvrir les veines, se tirer une balle, même se foutre en l'air il ne peut pas. »

Il est devenu un buste sans bras comme les mannequins de l'atelier de couture De Robert son père. L'inéluctable pitié qu'il lit dans les regards.

« Elle avait eu pour lui cette pitié dangereuse qu'on peut un temps confondre avec l'amour. »

Vivre exige un effort colossal. Il revient d'entre les morts. le goût de la confiture qui convoque des images. La promesse d'un appareillage. L'amour d'une mère, la main invisible qui le précède, qui marche à ses côtés, qui débroussaille le chemin, mince et légère, mais solide comme le diamant. Il ne se souvient plus de Nine son amoureuse, ni de son visage, ni de son nom. Nadine l'infirmière qui le sauve du plongeon. Les médecins, les soignants qui sont décidés à lui rendre son corps, même s'il ne fait aucun effort. L'anxiété de quitter l'hôpital et de retrouver un monde dont il ne fait plus partie le grand silence de la montagne pour se retrouver. Et puis la rencontre derrière la vitre d'un aquarium, une tête grise, un bec-moignon, une silhouette grossière sans nageoires pectorales, il veut devenir une murène, apprendre à nager. Il s'y attelle de soir en soir à la piscine. L'inverse de la théorie de l'évolution de Darwin, il veut revenir à l'eau. le sport va être pour lui l'occasion de rejoindre le monde des gens normaux. Il a une vie à raconter, un travail, des projets.

Un roman émouvant, car profondément humain, des personnages forts avec leur faiblesse et leur amour sans fin. Il y a bien sûr Mum, sa maman, Robert le papa, Sylvia la petite soeur qui lutte contre l'OAS quand lui lutte pour survivre. Bertrand, 15 ans, né sans bras, malin, drôle, dégourdi et provocateur, Joào le collègue de travail le compagnon de grève, condamné à être dans un fauteuil roulant après une chute d'un échafaudage et qui boit, joue sa pension, grossit et détruit sa famille.

Valentine Goby nous décrit cette lutte quotidienne, cette envie de tout abandonner et puis il y a les balbutiements du handisport, le dépassement de soi, les limites de la chirurgie et des appareillages à la fin des années 50.
J'ai été profondément touché par ce roman l'histoire d'un homme qui veut se métamorphoser en murène.




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lucia-lilas
  17 septembre 2019
Je n'ai jamais été déçue par les romans de Valentine Goby, non, jamais. Ils sont assez rares ces auteurs qui ont suffisamment de talent pour se lancer dans une VRAIE histoire avec de VRAIS personnages, forts, puissants, éblouissants même, en tout cas impossibles à oublier et que l'on suit comme s'ils étaient un ami ou un frère : en tremblant, en espérant, en pleurant.
Extrêmement documentés, les romans de Valentine Goby nous projettent dans une époque précise et nous placent au coeur d'un problème de société qui soudain va nous surprendre puis, très vite, nous passionner, devenir essentiel et mettre en lumière tout un monde qui nous était jusqu'à présent inconnu.
C'est simple, on est embarqué par la prose dynamique, vivante, l'écriture riche, dense, ardente, qui fouille, donne à voir, à sentir, à entendre. La puissance, la force d'évocation et la sensualité qui s'en dégagent ont peu d'équivalent dans la littérature actuelle.
Quelle conteuse que cette écrivaine !
Allez, je vous dis deux mots de François. Il est beau François, il a la beauté fulgurante de ses vingt-deux ans, le visage de l'amour, le corps d'un dieu : il a la vie devant lui, la vie et ses belles promesses, là, à portée de main… Il a hâte de se jeter à corps perdu dans cette vie bouillonnante qui l'attend, avec Nine, celle qu'il aime, celle qu'il rêve de tenir serrée dans ses bras, tandis qu'en cet hiver extrêmement froid de 1956, il se trouve dans un camion avec un certain Toto qu'il vient de rejoindre porte de Clichy. Ils partent pour les Ardennes : il doit donner un coup de main à un cousin, dans une scierie, près de Charleville-Mézières.
Très vite, ils sont obligés de ralentir, la route est gelée, le brouillard de plus en plus dense. S'ils calent, ils ne redémarreront pas, c'est certain. le pire (qui n'est jamais sûr) arrive soudain : le dix tonnes s'immobilise net. Toto envoie François chercher de l'aide, lui reste garder la ferraille qu'il transporte. C'est tout droit, tu trouveras. Un paysage tout blanc s'étend à perte de vue.
François n'aura pas le temps de rencontrer quelqu'un, non. Sa vie va soudain basculer. Il y aura un avant la panne et un après, deux vies en une, deux hommes en un.
Et l'on assistera à la métamorphose magnifique de François...
Je n'en dis pas plus, vous conseille (comme d'habitude) de ne pas lire la quatrième de couverture et de vous plonger dans ce roman au sujet passionnant (je dis, je ne dis pas ? Non, franchement, pour le plaisir du lecteur, mieux vaut laisser tout cela intact), un roman profondément émouvant : les personnages sont décrits avec tant de finesse, de précision, sur un mode si nuancé, qu'ils évoluent, là, devant nous ! Oui, Valentine Goby les rend vivants et on les aime tellement, tellement, vous verrez…
Et puis, l'écriture, pleine, serrée, rythmée, saisit le lecteur, l'emporte, l'arrache à son présent : nous sommes François, nous sommes ce personnage magnifique et nous avançons dans le silence profond de cette grande étendue de neige, nous marchons vers notre destin.
C'est parti.
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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letilleul
  11 août 2019
Hiver 56, François a 22 ans quand un accident le prive de ses bras. Valentine Goby s'empare une nouvelle fois d’une tragédie de la vie pour offrir à travers son personnage principal un représentant emblématique pour l'appropriation du handicap. Ce livre puissant raconte le combat de ce garçon, sa force et ses difficultés pour se créer un autre vie. le désespoir de François est finement retranscrit à travers ses dialogues intérieurs, l'expression de ses émotions et de ses sensations et fait savourer cette rédemption trouvée. En effet vient le jour où, par-delà la vitre d'un aquarium, une murène lui réinvente un avenir et va lui ouvrir les portes d'une aventure singulière : les balbutiements du handisport. A travers cette résilience, murène marque aussi en tant que roman d’amour matérialisant si bien le combat et la résilience.
Lien : http://www.liresousletilleul..
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myriampele
  14 septembre 2019
Quand on possède deux bras, deux jambes et que notre corps répond aux sollicitations quotidiennes d'une vie somme toute " ordinaire", peut-on un instant se mettre dans la "peau" d'un jeune homme soudain privé d'autonomie? Eh bien Valentine Goby l'a osé, et à mon sens, c'est plutôt réussi. Tout au long des pages son écriture mène un vrai combat contre l'apitoiement, la médiocrité et aux côtés de François, des ses parents, de sa soeur Sylvia, j'ai tenté de comprendre, mais surtout de ressentir. Valentine Goby a su mettre des mots sur les sensations, la douleur, la révolte.
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isabelleisapure
  01 novembre 2019
Un soir d'hiver 1956, François, 22 ans, est victime d'un terrible accident. Les médecins pensent qu'il ne survivra pas. On l'ampute des bras : c'est l'effroi. le moindre geste est à réinventer.
Rééducation, appareillage ? Entre refus et désir de poursuivre, le combat du jeune « épouvantail » ne fait que commencer.
Jusqu'au jour où, à travers la vitre d'un aquarium, sa vision d'une murène lui réinvente un avenir et le pousse vers l'aventure singulière du handisport.

L'histoire de cet homme sans bras est terrible et magnifique à la fois. François est l'homme aux deux métamorphoses. L'une est extrêmement tragique et l'entrave, l'autre le délivre. Au-delà des progrès et des limites de la médecine et des appareillages de l'époque, François souffre, résiste, se métamorphose grâce au sport, aux rencontres bienveillantes et à l'amour de ses proches.

Dans ce roman puissant, documenté et sensible, Valentine Goby dessine un personnage d'exception et explore avec acuité sa force et ses difficultés pour réintégrer non pas sa vie, mais une autre vie.

Murène n'est pas une histoire de malchance, c'est l'histoire d'un corps comme outil d'assujettissement mais aussi de liberté.
L'histoire d'un combat douloureux et tenace, l'épopée d'une métamorphose magnifique.
L'accident de François lui offre la chance d'une transformation profonde d'identité et de rapport au monde. Au-delà de la déficience, il est alors question pour lui de potentiel, d'une révolution du regard et de la pensée.
En nageant, François est d'une beauté insolite, semblable aux murènes, à l'apparence énigmatique et rebutante, qui se révèlent somptueuses et graciles lorsqu'elles se déplacent. Sa mutation, lente et lumineuse, est captivante dans ce roman émouvant où résonne mieux que jamais la promesse d'éclatantes revanches.
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Nadouch
  05 octobre 2019
Un roman forcément touchant, poignant, l'histoire d'un jeune homme amputé des deux bras suite à un accident bête, et sa façon d'essayer de se surpasser dans tous les domaines : le corps, par le sport, l'amour, le travail, la famille... J'ai cru à un moment donné que ce roman allait être centré sur le handisport, et en fait pas seulement (d'ailleurs c'est peut-être un bémol pour moi, ça part un peu dans tous les sens à la fin, alors que la première partie est longue).
Indubitablement bien écrit, un roman incontournable de cette rentrée littéraire.
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Cer45Rt
  26 octobre 2019
Tout lecteur a des aspirations, littéraires, une personnalité propre, une conception personnelle de la littérature, et ce qu'il espère trouver dans un livre, dans un ouvrage, dans une oeuvre, en dépend, en grande partie. Malheureusement, "Murène", est aux antipodes, de ce que je recherche, en littérature, à bien des points de vue.
J'aurais aimé faire partager un avis enthousiaste-comme tant d'autres d'avis sur ce livre le sont, mais cela serait malhonnête de ma part ; je ne le puis. J'aurais aimé aimer ce livre. Je ne l'ai pas aimé. Tentons de pouvoir ce pourquoi, je n'ai pas apprécié cette lecture.
Premièrement, je n'ai pas apprécié le style d'écriture. Autant, jusqu'à présent, je n'avais lu, parmi les livres parus durant cette rentrée littéraire, que des livres fort bien écrits, autant là, le moins que l'on puisse dire, est que, je n'ai absolument pas trouvé, ce texte bien écrit. J'ai trouvé ce style-qui me rappelle, celui de Laetitia Colombani-, bien banal très banal, trop banal. Et, surtout, je n'ai pas ressenti ce style, comme étant de ceux, qui font percé les sentiments, de ces styles qui disent, la force des situations et les émotions des personnages. C'est un grand défaut, d'autant plus que l'histoire s'y prêtait.
Venons-en, justement, à l'histoire. le sujet n'est pas inintéressant, loin de là. C'est d'ailleurs, ce qui me tentait le plus, dans cet écrit. Et je trouve toujours, après avoir lu, ce roman, que le sujet, que la thématique, est tout à fait digne d'intérêt. Malheureusement, je n'ai pas eu l'impression que l'histoire, que la manière dont le sujet est développé, soit aussi intéressante, que le sujet lui-même. Sans doute, d'abord, parce que les personnages ne m'ont pas intéressé ( j'y reviendrai ), mais pas exclusivement. L'histoire piétine, aussi, m'a-t-il semblé, et il m'a semblé qu'il y a de pages, de passages, peu ou pas utiles, n'étant d'aucun apport, à l'histoire, que raconte l'auteur.
Les personnages, m'ont indifféré. Décrits, dans une écriture, que j'ai trouvé lisse, ces personnages m'ont semblé sans intérêt, sans épaisseur. Rien de leurs sentiments, rien de leur intimité intérieure, ne m'a été dévoilé, par l'auteur.
Finalement, le qualificatif, qui correspond le mieux, à ce que j'ai ressenti, concernant l'ensemble de ce roman, est, ce me semble, celui que j'ai utilisé, pour parler du style : lisse. Il m'a semblé que ce roman est un roman lisse, sans audace, sans aspérités, sans émotions, sans originalité, un roman lisse, qui m'a semblé plat, sans ce quelque chose, ce je ne sais quoi, qui doit faire le sel, de toute bonne lecture.
Comme je le disais précédemment, il n'y a rien de ce que je désire découvrir, en lisant, dans "Murène".
Un livre, qui a été écrit pour d'autres lecteurs !
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