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EAN : 9782854522761
Plein Chant (01/01/2006)
3.83/5   3 notes
Résumé :
La poésie de Voronca est tout entière contenue dans ces
espaces d'où parlerait une âme que nous ne connaissons
pas face à un corps que nous savons prêt à nous abandonner.
Que nous sommes prêts à abandonner. Expérience
du passage. Poésie insolite où espoir et non-espoir se
mêlent ; s'unissent et que seul le langage semble pouvoir
réunir encore. Parfois.

Sur les bords d'unincertain rivage, le coeur est «l'ancre<... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Ilarie VORONCA


Un poète demandait,
nous n'avions pas entendu,
les avions nous seulement ouverts
ces livres de poèmes qu‘il nous adressait ?
En faisant notre choix de quelques livres de poésie,
passe-temps bien agréable entre le tennis,
Le golf
et les gens de lettres,
nous n'avions pas vu l'homme,
celui là, oui,
lui,
qui n'avait pour tout vêtement
que la lumière et la pluie,
nous passions à côté de lui,
en lui accordant moins de regard qu'à l'arbre
du bord de ce chemin
des collines des Karpathes,
dans le feu de l'arc en ciel des mots
du poète qui voulait
seulement
être des nôtres,
et dont par hasard, un jour de novembre,
nous avons retrouvé les mots inachevés
dans une malle
abandonnée dans un grenier.



Alors surgira à nouveau le poète oublié, sur l'île fantôme de Patmos où nous l'écouterons dire la justice de l'avenir, en buvant le vin des poètes à s'en désespérer.


Les poèmes dont les mots se mêlent aux miens: la Poésie commune, Contre-solitude, Permis de Séjour, Ulysse dans la Ville (traduction de Roger Vailland), Amitié du Poète.


effleurements livresques, épanchements maltés http://holophernes.over-blog.com © Mermed

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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Campagne



extrait 2

Dois-je fermer les yeux ? Dois-je tourner la tête ?
Ô bêlements peureux ! Ô plaintes des agneaux !
Où sont donc les chansons et où donc sont les fêtes ?
Peut-être une maison sur pilotis dans l’eau

S’est élevée ici sur la joie engloutie
La tendresse l’amour dorment aux profondeurs
Peut-être sous la bouche assoiffée de l’ortie
Résonne encore le mot désaltérant du cœur.

Peut-être ne sont-ils enlaidis de blasphèmes
Ces paysans bourrus derrière leurs chevaux
Peut-être de leurs doigts de bitume qui sèment
Avec les grains s’échappera un jour nouveau.

A la table soudain, de la soupe servie
Montera la vapeur de l’amitié. L’aboi
des bêtes sera doux au-dehors et la vie
Revêtira sa robe en velours d’autrefois.

Chacun retrouvera sa beauté. Plus légère
La peine sous le ciel comme un arbre plié
Sous le poids de ses fruits de clarté vers la terre
L’offense pardonnée et l’effort oublié.
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VIII


Extrait 3

Peu à peu les contours se préciseront. Ce sera
Cette promenade un soir dans le quartier de Paris
Nous voici dans le parc Montsouris sur un banc
La ville autour de nous déploie ses voiles

La mort n’aura connu nulle eau royale
Pour altérer l’or de ta face
Nulle destruction n’aura touché ton corps
C’est en vain que la mort demandera son salaire

Et pareilles aux bonnes qui devisent tranquillement
En surveillant les enfants qui jouent sur l’allée
De loin nos âmes regarderont indulgentes nos corps
Enlacés sur un banc dans l’éternel instant.
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Quand nos âmes seront réunies depuis des milliers d’années

Et que nous pèserons moins que des nuages sur la cime des montagnes

Quand, même la faible lumière du couchant fera frissonner les feuilles

Plus que ne le feront nos souffles aériens dans les branches.



Sans espace et sans temps. Transparents l’un dans l’autre

Chacun de nous étant l’autre enfin et lui-même

Je t’implorerai soudain : montre-moi un instant

En la forme que j’adorais autrefois sur la terre.



Oui, reprends pour un instant l’apparence visible

Ton visage qui était le parfum de ton âme

Ton rire dessinant ta bouche en ma mémoire

L’air aimait tant ton corps qu’il en gardait l’empreinte.



Ce que ton âme a pu oublier, mon amour se le rappelle

Et ainsi voletant parmi l’immense brume

Tes cheveux tes épaules sortiront de ton âme

Comme un insecte aux ailes inachevées d’une chrysalide.



Peu à peu les contours se préciseront. Ce sera

Cette promenade un soir dans le quartier de Paris

Nous voici dans le parc Montsouris sur un banc

La ville autour de nous déploie ses voiles



La mort n’aura connu nulle eau royale

Pour altérer l’or de ta face

Nulle destruction n’aura touché ton corps

C’est en vain que la mort demandera son salaire



Et pareilles aux bonnes qui devisent tranquillement

En surveillant les enfants qui jouent sur l’allée

De loin nos âmes regarderont indulgentes nos corps

Enlacés sur un banc dans l’éternel instant.
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BEAUTÉ DE CE MONDE

à Léon-Paul Fargue

Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Les pleurs peuvent inonder toute la vision. La souffrance
peut enfoncer ses griffes dans ma gorge. Le regret,
l’amertume, peuvent élever leurs murailles de cendre,
la lâcheté, la haine, peuvent étendre leur nuit,
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Nulle défaite ne m’a été épargnée. J’ai connu
le goût amer de la séparation. Et l’oubli de l’ami
et les veilles auprès du mourant. Et le retour
vide, du cimetière. Et le terrible regard de l’épouse
abandonnée. Et l’âme enténébrée de l’étranger,
mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Ah ! On voulait me mettre à l’épreuve, détourner
mes yeux d’ici-bas. On se demandait : « Résistera-t-il ? »
Ce qui m’était cher m’était arraché. Et des voiles
sombres, recouvraient les jardins à mon approche
la femme aimée tournait de loin sa face aveugle
mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Je savais qu’en dessous il y avait des contours tendres,
la charrue dans le champ comme un soleil levant,
félicité, rivière glacée, qui au printemps
s’éveille et les voix chantent dans le marbre
en haut des promontoires flotte le pavillon du vent
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Allons ! Il faut tenir bon. Car on veut nous tromper,
si l’on se donne au désarroi on est perdu.
Chaque tristesse est là pour couvrir un miracle.

Un rideau que l’on baisse sur le jour éclatant,
rappelle-toi les douces rencontres, les serments,
car rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Il faudra jeter bas le masque de la douleur,
et annoncer le temps de l’homme, la bonté,
et les contrées du rire et la quiétude.
Joyeux, nous marcherons vers la dernière épreuve
le front dans la clarté, libation de l’espoir,
rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
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VIII


Extrait 1

Quand nos âmes seront réunies depuis des
  milliers d’années
Et que nous pèserons moins que des nuages
  sur la cime des montagnes
Quand, même la faible lumière du couchant
  fera frissonner les feuilles
Plus que ne le feront nos souffles aériens dans
  les branches.

Sans espace et sans temps. Transparents l’un
   dans l’autre
Chacun de nous étant l’autre enfin et lui-même
Je t’implorerai soudain : montre-moi un instant
En la forme que j’adorais autrefois sur la terre.
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