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3,84

sur 176 notes

Critiques filtrées sur 4 étoiles  
“Au fond de lui, il se doutait que sa présence sur cette île était à l'image de toute l'histoire de l'humanité, le fruit du hasard, que ça ne signifiait rien du tout, que ça n'avait aucun sens.” p.166

Projection scientifique ou expression d'une angoisse existentielle : Rocky, dernier rivage est-il un récit d'anticipation ou de science-fiction ? C'est en tout cas un livre qui fait du bien, parce qu'il nous rappelle combien on est chanceux d'avoir une petite vie confortable et un monde qui tient debout. Thomas Gunzig a imaginé la fin de l'humanité d'une manière très réaliste, comme si ça pouvait arriver du jour au lendemain.

Et pourtant, ses personnages vivent dans un cocon luxueux. Famille riche de 4, ils ont déménagé dès les premiers signes de la catastrophe sur une île à plusieurs centaines de kilomètres des côtes. Ils ont réuni tout ce dont ils avaient besoin : nourriture, loisirs, médicaments. C'est littérairement étrange que de lire la vie agréable de ce qui semble être la dernière famille humaine. C'est comme s'il y avait un retour en arrière vers l'apparition des premiers hommes ; comme si un dernier sursaut d'humanité résistait, confiné dans une maison, avant la fin.

L'anxiété et l'absurde infusent petit à petit. La richesse de cette famille et leur opulence insolente n'a pas de sens, car plus personne n'est là pour la regarder. On voit l'arrivée de l'implacable solitude qui les éloigne les uns des autres et fait d'eux une famille dysfonctionnelle. A travers plusieurs chapitres entre passé et présent, menés d'une main de maître, dans l'esprit de chaque personnage, on assiste à la perte progressive de la raison et de l'envie de vivre. Il y a du déni, du désespoir, des rêves et de l'abandon, on sent le temps qui s'échappe, d'une vie qui ne pourra pas être rattrapée et qui semble gâchée.
Thomas Gunzig écrit d'une perspicacité affolante sur la psychologie humaine ; mais il est aussi brillant dans sa description de la lente agonie du monde après la catastrophe, comment il a imaginé les émeutes et leurs répressions, la fermeture des supermarchés, la disparition des chaînes d'information…

C'est un roman terrifiant, asphyxiant et cruel d'anticipation lucide. C'est un huis-clos brillant qui nous alerte et nous permet de comprendre combien notre vie actuelle est superficielle et instable. Nous nous attachons à un monde intellectuel et matériel, or nous avons surtout besoin des autres pour vivre. Nous avons surtout besoin de revenir à la réalité primaire.
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L'apocalypse selon Saint Gunzig...
Dans un futur proche, les catastrophes naturelles, les politiques militaristes et un étrange virus ont fini par mettre l'humanité au tapis. Heureusement, Fred, informaticien et entrepreneur au succès financier incontestable, a pu mettre sa famille à l'abri sur une petite ile all-inclusive où la survie est assurée. Mais le temps est long quand on est les derniers représentants d'une espèce...
Tout dans ce roman est fait pour nous déprimer. C'est l'angoisse d'un futur bouché et une critique virulente de notre société capitaliste et individualiste. Heureusement, on peut compter sur le cynisme sautillant de Thomas Gunzig pour rire au fil des pages et surtout sur son bon fond pour garder une lueur d'espoir.
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Fred, Hélène, Jeanne et Alexandre. Des prénoms somme toute banals, mais qui cependant représentent peut-être les quatre derniers êtres humains sur Terre.
Vous êtes-vous déjà imaginé devoir vous réfugier sur une île déserte, éloignée de toute autre civilisation car le monde autour de vous est en train de s'effondrer ?

Certains y ont cru, comme Fred, et sont partis le plus rapidement possible. D'autres, ont nié ou douté, et ils ont été pris au piège. Mais quel piège exactement ? Qu'est devenu le monde à l'horizon impénétrable de Fred et de sa famille ? Comment tourne le monde pour les malheureux qui n'ont pas eu le privilège d'acquérir une habitation saine et sereine sur une île déserte privatisée à l'abri de tout ?

À quel moment précisément la planète a basculé dans une torpeur sans précédent, annihilée par une violence gratuite, extrême, sans aucune limite ? Quelle crise a submergé en premier ? La chaleur ? le froid ? La faim ? La soif ? le monde est-il devenu fou ou a-t-il seulement révélé sa vraie nature ?

Isolés à quatre pour la vie entière, si l'on ne compte pas le gentil couple de domestiques que le riche père de famille a recruté, comment cette nouvelle sorte de solitude va fonctionner à l'écart de toute vie sociale extérieure ? Comment gérer tout ce vide après avoir vécu de riches privilèges ? Fred compare sa vie à celle d'un oiseau. Son existence a-t-elle encore un sens ? Une utilité ?

Le destin de cette famille dysfonctionnelle est passionnant ! On vogue entre thriller et étude psycho-sociologique, et c'est un véritable régal ! Les chapitres sont menés d'une main de maître, addictifs, de plus en plus mystérieux et angoissants, et l'on a qu'une envie, tourner et tourner les pages sans s'arrêter !

À travers la destinée de ce foyer, c'est l'analyse de toute notre civilisation que l'on peut effectuer. le recours à la violence extrême que l'humain aura toujours su justifier à sa manière, sous couvert de ses meilleures excuses…

Quel reflet, quelle image précise laisserons-nous lorsque nous aurons tous disparu à tout jamais ?
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Excellente histoire d'une famille brisée qui met en scène la folie des hommes et l'absurdité de leur civilisation. Un récit juste et psychologique qui s'amuse à écrire, révéler et mettre en évidence des mécanismes de pensée qui mènent l'individu et le collectif à mettre fin à un monde privé de sens.
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Fred est un richissime homme d'affaire. Lorsqu'il sent la fin du monde approcher, au sens propre du terme, il prévoit tout. Jusqu'à acheter une petite île loin de tout et y construire une maison où lui et sa famille pourront vivre tranquillement pendant des années alors que le monde part en sucette.

Au premier abord, on classerait volontiers "Rocky, dernier rivage" dans la catégorie des romans post-apocalyptiques. Mais c'est évidemment bien plus que cela que nous propose l'auteur belge Thomas Gunzig. Il y est question de classes sociales, de famille, d'écologie, une multitude de thèmes sont abordés dans ce huis clos familial.
Comme toujours, l'écriture est à la fois simple et percutante et le tout est saupoudré d'un humour grinçant. Il y a un vrai sens de la formule et l'auteur aime puiser dans la culture populaire pour illustrer son propos. C'est jouissif, seule la fin m'aura laissé un peu perplexe, je ne sais toujours pas quoi en penser ni même si il faut en tirer une espère de morale.

Gunzig continue de nous régaler et de nous embarquer dans ses univers fantaisistes pour notre plus grand bonheur.
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Si mon premier Thomas Gunzig (La vie sauvage) était une lecture en demi teinte, Rocky, dernier rivage m'a vraiment emportée. Bien sûr, c'est une dystopie et c'est un genre que j'aime beaucoup mais, au-delà de ça, c'est avant tout une analyse implacable de la société et des rapports humains. C'est très bien écrit, l'humour, souvent grinçant, est un plus, la psychologie des personnages est parfaitement cernée, le langage est moderne et l'histoire pleine de rebondissements. Ça se lit comme un thriller, on ne lâche pas le livre. Un huis-clos réussi !

Fred et Hélène sont de jeunes entrepreneurs talentueux, qui ont réussi leur carrière. Ils ne se privent de rien et vivent dans le luxe. Ils ont deux enfants, Alexandre et Jeanne, des ados. Quand le monde commence à changer et que la situation devient inquiétante, Fred, en bon père de famille, décide de mettre sa famille à l'abri. Il construit, sur une île, dont la situation géographie a été, bien sûr, étudiée, une maison complètement équipée de la plus haute technologie. Il la remplit de ce qu'il estime être essentiel à leur survie: nourriture, boissons, vêtements, outils, bibliothèque, cinémathèque... Un couple de retraités est même engagé pour les servir.
Mais peut-on tout prévoir, tout acheter ?

Une histoire qui vous amènera à vous poser la question sur ce que vous auriez fait, vous, si... et sur ce qui est vraiment essentiel.


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Le monde que l'on connait est en train de disparaître. Une famille, des ultra-riches, se met à l'abri sur une île isolée de tout mais connectée, tant qu'il y a des réseaux et des émissions, et a accès à toutes les bases de données de connaissances existantes, des films, musiques etc... L'auteur nous présente alternativement ce qui se passe dans la tête des quatre principaux personnages : le père Fed qui a tout organisé, la mère Hélène, le fils Alexandre arrivé à quatorze ans, la fille Jeanne arrivée à douze ans.
Thomas Grundiz nous offre un thriller psychologique haletant. Que s'est-il passé pour que la famille ne se parle plus ? Où est passé le couple de serviteurs ? le chien qui les accompagnait ? le suspense est bien mené.
L'auteur nous pose la question de la survie. Survivre, pour vivre quoi ? A quoi sert d'être riche quand le monde s'est écroulé, qu'il n'y a plus de réseau, d'électricité, de contact possible en dehors du microcosme de l'île refuge ?
L'écriture est fluide, efficace... Ce livre se lit d'une traite, les pages défilent et on s'enfonce dans la noirceur des situations, des émotions des membres de cette famille. La fin est bien pensée... A ne pas manquer !
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Thomas Gunzig - Rocky, dernier rivage – 1er novembre 2023 - ****

Livre lu dans le cadre du prix étudiant de France Culture, donc sur tablette. Où je me rends compte que la lecture sur tablette me permet d'aller beaucoup plus vite, mais aussi de ne rien retenir de ce que j'ai lu…une sorte de fast-food littéraire.

En l'occurrence et après avoir été relire quelques pages du livre, je me le suis remis en bouche : on est dans une situation post-apocalyptique, sur une ile déserte…un mélange en quelque sorte de Ravage de Barjavel, de Lost (la série) et de Sa majesté des Mouches de William Golding. Toutes les questions qui se posent sur ce que chacun ferait dans un monde qui n'a plus de sens (car potentiellement il n'existe plus), sur le maintien des hiérarchies sociales dès lors qu'il n'y a plus de salaire, et donc plus d'employés, sur la panne informatique géante qui va entraîner le désastre final et la touche d'espoir sur la reconstruction possible une fois qu'on a plus rien.

Beaucoup de symboles dans ce livre, parfois un peu trop, mais une belle allégorie de notre quotidien.
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Livre lu dans le cadre de la sélection du Prix France Culture Étudiant.

L'histoire aborde plusieurs thèmes comme la fin du monde, l'ennui, l'abondance - matérielle et financière, les relations familiales et professionnelles, etc…

Beaucoup de sujets intéressants et méticuleusement bien traités par l'auteur dans ce livre. J'ai aimé l'histoire de cette famille ultra riche qui s'exile sur une île pour fuir l'apocalypse.

Les personnages sont caricaturaux et détestables à souhait. Il y a Hélène, la mère qui représente le « je m'en foutisme », Alexandre, le fils avec la nostalgie, le père qui est symbolisé par la colère et la fille, Jeanne représente le déni.

L'alternance des points de vues permet aussi de visualiser la fracture totale de cette famille. Ils sont seuls, isolés de l'extérieur et pourtant ne se parlent même plus sur leur île.

Pour ce qui est de l'abondance des listes de marques, séries et exemple - personnellement - ça ne m'a pas tant dérangé. Thomas Gunzig dénonce le trop et inscrit le roman dans son époque.

Le bémol serait plutôt au niveau de l'écriture. J'ai trouvé que l'auteur ne maniait pas subtilement la langue. Il y a énormément de répétions, parfois dans la même phrase. J'ai trouvé ça dommage, comme un sentiment de pas assez travaillé ou remanié… alors qu'à l'évidence vu la qualité du fond, le texte l'est.

Enfin pour ce qui est de la fin du livre, j'ai adoré. Pour moi, ça ne pouvait pas être mieux.



Le but du récit est que les personnages subissent une évolution, que la fin du monde les oblige à changer et à revoir leurs points de vue. Et j'ai refermé ce livre en ayant ce sentiment !

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé l'histoire en elle-même, les personnages sont détestables mais c'est ce qui fait que le roman fonctionne. Malheureusement les répétions faussent un peu mon impression générale.
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A la lecture de "Rocky, dernier rivage" on pourrait se dire : encore une histoire de fin du monde. Cependant comme il y a autant de fin du monde que d'écrivains celle de Thomas Gunzigva va vous captiver et vous n'aurez de cesse d'avancer sa lecture. Alternance de moments de vie de chaque protagoniste, on navigue au fil des pages entre psychologie, thriller et survie.
Adepte de l'humour noir j'ai passé de bons moments.

Il pourrait-y avoir plusieurs moralités à ce livre. L'une d'entres-elles serait " vous avez beau tout prévoir, il y aura toujours un imprévu”.
Et vous qu'auriez-vous fait si vous aviez été Fred, Hélène, Alexandre ou Jeanne ?
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