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EAN : 9782348037146
544 pages
La Découverte (03/01/2019)
4.05/5   28 notes
Résumé :
Comment Rome est-elle passée d’un million d’habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s’est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l’histoire de la chute de Rome en faisant comme si l’environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L’Empire tardif a été le moment d’un changement décisif : la fin de l’Optimum climatique romain qui, pl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Frederic524
  13 décembre 2019
"Comment l'Empire romain s'est effondré", une question qui a suscité débats et controverses chez les historiens depuis très longtemps déjà. Auparavant, les facteurs politiques, militaires et économiques prédominaient dans l'analyse des faits. Depuis une quinzaine d'années, les progrès fantastiques de l'archéologie alliés à une approche pluridisciplinaire, permettent d'analyser un faisceau d'éléments qui ne pouvaient l'être auparavant. Kyle Harper est professeur d'histoire à l'université d'Oklahoma (États-Unis) et il nous convie à une nouvelle histoire de la chute de l'Empire le plus puissant jamais constitué. Kyle Harper rajoute aux facteurs traditionnels, celui du climat, des éruptions et des maladies, des bactéries. L'Empire tardif a vu un changement décisif : la fin de l'OCR ou Optimum climatique romain, qui plus humide avait favorisé le développement des cultures notamment celle des céréales. de façon concomitante, des germes ont muté comme celui de la peste bubonique transmise par le biais des puces. Les égouts qui stagnaient en ville, les bains publics, les greniers à blé étaient autant de facteurs susceptibles de provoquer des épidémies catastrophiques sur le plan démographique. Les rats étaient parmi les vecteurs principaux eux aussi de pandémies au niveau encore jamais atteint jusque là. Cette réflexion alliant analyse du climat et des maladies est passionnante et érudite. C'est une somme bien écrite sur un sujet dont on pensait connaître les tenants et les aboutissants. Force est de reconnaître que ce que l'on nous enseignait en fac d'histoire il y a quinze - vingt ans doit être sérieusement compléter par ces nouvelles avancées de la recherche. Mais il y a un mais.. Kyle Harper m'a paru pousser un peu trop loin sa théorie de l'impact du changement climatique et des maladies lorsqu'il aborde dans sa dernière partie sur les VIème et VIIème siècle, la question des religions. En effet, il y défend l'idée que face aux catastrophes qui se multipliaient, les habitants de l'Empire, croyant la fin du monde approchée à grand pas, se seraient réfugiés dans le christianisme et l'islam parce qu'elles sont des religions eschatologiques. C'est oublié le lent processus qui a permis la conversion de l'empereur Constantin et des élites à la religion chrétienne pour des raisons multiples et complexes magnifiquement expliquées par Marie Françoise Baslez. C'est ma seule réserve sur ce livre qui par ailleurs se lit très bien. Si vous aimez les approches différentes sur ce sujet, je ne peux que vous inviter à lire le dernier livre de Kyle Harper qui a le mérite de susciter le débat.
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JulienL0710
  05 octobre 2021
L'essai de Kyle Harper, de manière inévitable, agit sur nous comme un miroir face aux temps que nous traversons.
Jusqu'à présent la chute de l'Empire romain nous était contée comme la conséquence de la décadence de ses dirigeants et de son goût immodéré pour la luxure. Une vision un peu romancée et certainement moralisatrice de nos vices.
Kyle Harper va plus loin que la vision humaine de ce déclin. Il nous l'explique en y intégrant des forces qui nous dépassent et qui pourtant sont le fruit de notre expansion, économique certes mais également territoriale et démographique. Car l'Empire romain s'est étendue jusqu'aux confins du monde connu et a entraîné avec lui l'ensemble de l'humanité, exceptée, cela va de soi, ceux d'Amérique échappant ainsi aux bouleversements provoqués par l'appétit romain.
Ces forces sont celles que nous percevons de loin comme un bruit sourd qui nous accompagne dans chacune de nos actions. Ces bruits dérangeants sont les changements climatiques et les maladies pandémiques qui déjà du temps des Romains étaient perceptibles en arrière fond d'un monde de plus en plus interconnecté. Ainsi la peste antonine du IIIème siècle qui a vue éclore, de manière irrévocable, le Christianisme comme réponse religieuse face à un mal qui nous semblait incurable et venu de loin. Nos rapports ont dès lors été bouleversés pour affronter une mort de masse qui n'épargnait personne, pas même nos dirigeants que l'on pensait semi-divins. Seule réponse possible, la fraternité qu'offrait cette religion basée sur l'amour de son prochain.
Ainsi, Kyle Harper détourne notre vision humano-centrée sur un événement majeure de notre histoire. Et son essai résonne comme un avertissement ou mieux, comme une préparation face à ce qui va inexorablement se produire. Comme la montée d'un extrémisme religieux pour répondre à des problèmes qui semblent échapper aux hommes. Et comment ne pas voir un préambule à ce qui nous attend quand Kyle Harper nous évoque l'invasion des Huns vus comme les premiers réfugiés climatiques de l'Histoire, poussés vers l'Ouest afin d'échapper au « Dust Bowl », ces fameuses tempêtes de poussière ? Ces « barbares » pour les Romains porteurs de la civilisation sont intervenus dans leurs affaires, non pas uniquement par opportunisme mais avant tout par nécessité afin de fuir la fatalité.
Enfin, comment ne pas voir comme un message évident nous étant lancés à la page 403 :« Les hiérarchies bien distinctes caractéristiques de la structure sociale romaine se sont embrouillées, cédant la place à une opposition drastiquement simplifiée entre les possédants et ceux qui n'avaient rien » ? À méditer…

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Marie987654321
  05 décembre 2019
Les recherches historiques disposent de moyens scientifiques et techniques qui ont été longtemps inimaginables, ceux issus de sciences de la vie et du climat. On peut séquencer l'ADN des restes biologiques issus des fouilles archéologiques et suivre l'évolution des virus; on peut déterminer les maladies qu'a connu un homme à partir de son squelette. Les cernes de croissance d'un arbre ou les carottes glaciaires nous renseignent sur l'évolution du climat. On peut dater des explosions volcaniques à partir de minuscules résidus archéologiques. Ecrire cette histoire nécessite de croiser de nombreuses données issues de sciences que l'historien classique ne maîtrise pas . Cela nécessite prudence et modestie. Mais combien cela est fascinant.
L'histoire n'est pas que le fait des hommes et des structures qu'il a placé à la surface du globe, l'histoire est aussi celle de Yersinia pestis et de l'oscillation nord atlantique. La grandeur de Rome est survenue pendant une période climatique appelé l'optimum climatique romain, un climat chaud et humide qui a favorisé les cultures et l'expansion romaine. La crise du IIIème siècle est corrélée avec une épidémie dite "peste de Cyprien" (une forme de fièvre hémorragique). Attila et ses hommes ont déferlé sur l'Empire peut être en raison d'une forte sécheresse dans les grandes plaines centrales liée à l'oscillation nord atlantique. Il a finalement quitté Rome pour protéger ses hommes des maladies et infections qui sévissaient dans ce bouillon de culture et contre lesquelles ils n'étaient pas immunisés.
Une relecture fascinante et très instructive de l'histoire romaine !
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Anne578869
  13 décembre 2019

L'évolution des sciences et techniques a permis aux historiens d'avoir accès à de nouvelles données fiables, encore peu ou pas utilisées : les archives naturelles.
Kyle Harper et son équipe ont analysé ces données, puis, les ont confrontés avec les faits connus. Ainsi, propose-il cette nouvelle théorie sur la fin de l'empire romain d'occident : des changements climatiques et des maladies pandémiques comme source et / ou amplificateur de crise.
Un livre qui fait débat au sein des universitaires, pour certain, ce ne sont que des hypothèses farfelues et pour d'autres de nouvelles pistes à travailler,
Faite votre idée, lisez le !
Un livre passionnant, prenant
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Sachalex
  22 août 2019
Une Nième analyse de la fin de l'empire romain (chute est un terme peu approprié pour décrire les soubresauts de sa lente dissolution, qui couvre une vaste période si on compte depuis la fin de son apogée -IIIe siècle-, jusqu'à la chute de Byzance en 1453). L'originalité est de l'examiner sous un prisme écosystémique (très dans l'air du temps, mais néanmoins fort pertinent), en y incluant l'épidémiologie et la climatologie, jusqu'à lors négligés. Hé oui, quand, par exemple, passe la peste qui tue 40 à 50% de la population, c'est un évènement du genre à secouer un peu une structure sociale! Et à dépeupler sévèrement les rangs de l'armée face à de potentiels envahisseurs!
Les sources examinées sont larges : documents écrits de toute nature (récits, documents marchants, inscriptions monumentales..), étude des squelettes, dendrochronologie, étude de carottes glaciaires, archéobotanique, recherche de pathogènes anciens...
On y apprend plein de choses, parfois à contre courant des idées établies. Comme par exemple, que malgré leurs imposantes infrastructures urbaines notamment en matière d'"hygiène" (adduction d'eau, toilettes, bains, égouts...), les romains étaient globalement en fort mauvaise santé... La mini-mondialisation provoquée par l'extension de leur aire de domination a aussi été celle des maladies!
A lire!
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critiques presse (1)
Liberation   11 avril 2019
Déchets urbains, pandémies à répétition, refroidissements climatiques : l’historien américain analyse le déclin de l’Empire romain au microscope.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
FifrildiFifrildi   24 février 2020
La Méditerranée au début de l'époque classique appartenait aux Grecs et aux Phéniciens. Tandis que Rome restait un village de voleurs de bétail illettrés, les Grecs composaient des épopées et de la poésie lyrique, expérimentaient la démocratie, inventaient le théâtre, la philosophie et l'histoire dont nous avons hérité. Sur des rivages voisins, à Carthage, le peuple punique construisait un empire ambitieux avant même que les Romains n'eussent appris à naviguer. Dix kilomètres à l'intérieur des terres, le long des rives détrempées du Tibre, Rome était un coin perdu, simple spectatrice d'un premier monde classique au sommet de sa créativité.
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Anne578869Anne578869   20 avril 2019
Mais, moins d’un an après la célébration festive du millénaire de Rome, l’Empire commença à se disloquer.
Il avait déjà connu une instabilité dynastique, souffert de pertes qui étaient une leçon d’humilité et survécu à des années de pénurie. Mais ce qui allait s’imposer progressivement, dès la fin des années 240 apr. J.-C, était sans précédent : une rupture complète du système des frontières, un écroulement total de l’ancien système monétaire, des empereurs en rivalité pour une période qui n’était pas seulement transitoire. Au cours des années suivantes, on allait assister à une cascade de changements qui détruiraient toutes les institutions de contrôle centralisées. La crise fut « si extrême que la survie de l’Empire est presque surprenante. ». Il est vrai que la marge de résilience avait été réduite par le temps et les circonstances. Mais les contemporains avaient conscience des changements environnementaux soudains et catastrophiques comme source de crise. A la liste déjà bien longue des motifs du désastre, on doit ajouter les secousses de la perturbation climatique et des maladies pandémiques.

p. 198
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Anne578869Anne578869   20 avril 2019
Le règne de Constantin a modelé ce que serait l’Antiquité tardive. Il n’a pas mis fin à un âge de réformes et d’expérimentations, mais désormais, pour la première fois depuis que l’ordre datant d’Auguste s’était brisé au milieu du IIIe siècle, les relations entre l’armée, l’aristocratie et l’administration impériales se sont stabilisées. Dernière ressemblance avec le premier fondateur de l’Empire romain, lorsque Constantin mourut, peu de personnes pouvaient encore se remémorer l’ancien ordre des choses.

p. 246
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perla1digiacomoperla1digiacomo   03 août 2020
C’est dans un tel cadre que le grand historien anglais
de la chute de Rome, Edward Gibbon, s’inscrivait.
Pour reprendre un passage célèbre, « la chute de Rome fut l’effet naturel et
inévitable de l’excès de sa grandeur. Sa prospérité mûrit, pour ainsi dire, les
principes de décadence qu’elle renfermait dans son sein ; les causes de
destruction se multiplièrent avec l’étendue de ses conquêtes ; et, dès que le
temps ou les événements eurent détruit les supports artificiels qui soutenaient ce
prodigieux édifice, il succomba sous son propre poids ». La ruine de Rome est,
ici, un exemple parmi d’autres du caractère éphémère de toutes les créations
humaines.
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perla1digiacomoperla1digiacomo   11 août 2020
Si l’Empire a survécu, le vent glacé d’un
nouvel âge se manifeste dans les réflexions stoïques de l’empereur que nous
lisons grâce à son remarquable journal. « Celui-ci menant le deuil de celui-là, et
bientôt enseveli lui-même par tel autre, qui succombe à son tour ; et tout cela en
quelques instants ! Pour le dire en un mot, il faut toujours considérer les choses
humaines comme éphémères et de bien peu de prix […]. Se rendre ferme comme
le roc que les vagues ne cessent de battre. Il demeure immobile, et l’écume de
l’onde tourbillonne à ses pieds97. »
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