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ISBN : 2227325046
Éditeur : Bayard (03/01/2001)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Dans la perspective de Shankara, [le] salut est compris comme un retour, un rapatriement en un lieu que le sujet, d'une certaine manière, n'avait jamais quitté. Se profile déjà ici l'idée d'une liberté éternelle constituant l'essence même de l'homme et ne prenant qu'en apparence ? en tant que "délivrance" ? l'allure d'un événement dans le temps. Enfant prodige, Shankara vécut une existence fulgurante et enflammée par ses convictions au début du VIIIe siècle en Inde... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
colimasson
20 juin 2017
Shankara, c'est un peu le mec qui a inventé l'Advaita Vedanta. Par chez nous, avec notre béret sur la tête, on appelle ça la non-dualité, et c'est pas si faux que ça. Ça dit que y a pas de séparation entre moi et l'Univers. Si je m'en rends pas compte, c'est que ma vie sous cette forme terrestre humaine est gouvernée par la nescience. Un peu comme le fait que de pas avoir conscience de notre activité cellulaire, c'est pas mal pour vivre tranquillement tous les jours. Même si forcément, on rate des trucs du coup. le but qui se propose alors dans l'AV pour surmonter toute cette merde c'est de changer son attitude, de s'éloigner des activités mondaines et de méditer les Grandes Paroles upanishadiques jusqu'à ce qu'elles foudroient d'un coup notre caboche et produisent l'ILLUMINATION. A partir de là, on devient un délivré-vivant et c'est le kif.

Michel Hulin nous fait la biographie de Shankara même si c'est difficile parce que le personnage est à moitié mythologisé, genre on ne sait même pas vraiment quand il a vécu. Tout en dynamisme, Hulin nous fait le topo des concepts développés par Shankara dans un sens personnel, genre le Soi (atman), le brahman comme être parfait et béatitude, l'illusion, la création, la délivrance, en comparant sans cesse ces notions shankariennes à ce qu'on avait eu jusqu'alors l'habitude de se faire préchi-prêcher, ici ou dans d'autres courants. On aura même droit à une petite anthologie de Shankara sur la condition humaine, le brahman comme être-conscience-béatitude, le Suprême Seigneur et l'ordre du monde, l'âme individuelle, les voies de la délivrance, et les passages chauds de polémique contre le bouddhisme et le Samkhya (qui sera finalement absorbé par le Vedanta, LOL).

Ensuite, la question c'est un peu : qu'advint-il de tout ce bordel ? Car Shankara, tout malin qu'il soit, a laissé beaucoup de questions non résolues, des trucs vagues qui font miroiter une certaine inconsistance de son projet et ça, ses disciples ne voulaient pas trop que ce soit dit, alors ils ont rafistolé et on a eu deux écoles un peu opposées qui se sont distinguées. Et puis, avec la colonisation anglaise, c'est toute la philosophie occidentale qui vient rajouter une couche de bordel supplémentaire. On imagine alors qu'une forme de néo-Vedanta émerge, incarné par Nissargadatta Maharaj, Shri Aurobindo, Swami Prajnananda, et d'autres quoi.

Pour résumer, voici ce qu'on peut dire aujourd'hui du phénomène :

« Parce qu'il cherche moins à « sauver les phénomènes » qu'à dissoudre le sentiment de la finitude humaine, le Vedanta ne s'est jamais présenté comme une explication rationnelle du monde, une cosmologie. Il n'a jamais -pas plus que le bouddhisme mais à la différence du christianisme- comporté de dogmes relatifs au moment et aux circonstances de la création du monde, à la fixité des espèces vivantes, etc. Par là même, son image contemporaine ne saurait être celle d'une pseudo-science ou d'une vision préscientifique du monde, mais plutôt celle d'une discipline spirituelle jouant le rôle d'un indispensable contrepoids à l'expansion illimitée de la science et de la technique. Enfin, sur un plan plus strictement philosophique, le Vedanta non dualiste se présente comme un intermédiaire entre, d'une part, la tradition de la métaphysique occidentale enracinée en Grèce et, d'autre part, les disciplines spirituelles, délibérément non conceptuelles et rebelles à toute formulation ontologique de l'Extrême-Orient (taoïsme, bouddhisme, zen). Lié organiquement à la langue sanskrite, soeur de la langue grecque, il exprime lui aussi l'être comme substance, action, sujet, etc., mais demeure en même temps ouvert à tout un régime d'expériences spirituelles dans lequel ces catégories ontologiques perdent leur pertinence. »

Le bouquin est érudit, clair, malgré tout il est dense alors faut serrer le fion, mais on est content d'apprendre plein de trucs sur le sujet parce que c'est vrai, la non-dualité c'est super intéressant à prendre en compte dans notre optique occidentale. Et en plus, maintenant on se dit qu'on a plus besoin de lire Shankara (qui avait l'air un peu chiant quand même).
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charlottelit
27 novembre 2011
essayé de lire La face cachée du temps, livre érudit à propos de l'Imaginaire de l'au-delà mais assez ardu ...
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Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson25 septembre 2017
Dans le Vedanta non dualiste, le brahman joue à créer le monde de la dualité et ensuite se plie lui-même aux règles de ce jeu en parlant le langage de l’homme et en lui proposant dans la première section du Veda ou Section des Rites (karma-khanda) des buts à l’échelle de sa finitude : satisfactions terrestres du plaisir et du pouvoir, honorabilité… ; satisfactions « célestes » des paradis et des bonnes renaissances. Mais, lorsque l’homme, recru d’épreuves, se sera lassé de ce jeu, alors, tout naturellement, la seconde Section du Veda ou Section de la Connaissance (jnana-khanda) qui attend depuis toujours qu’il tourne enfin son attention vers elle, lui montrera la voie de la délivrance.
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colimassoncolimasson21 septembre 2017
Devançant Heidegger de quelque douze siècles, [Shankara] dénonce la naïveté d’une pensée humaine qui s’imagine pouvoir appréhender l’Etre par ses propres forces, sans que ce dernier ait déjà pris l’initiative de susciter cette pensée même et de se dévoiler à elle.
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colimassoncolimasson19 septembre 2017
[La surimposition] revêt à la fois la structure d’un jugement d’attribution du type « je suis ceci ou cela » et celle d’une expérience dans laquelle le sujet prend à son compte les propriétés et le devenir de l’objet, tandis que lui-même « anime » illusoirement l’objet en projetant sur lui sa propre luminosité de conscience.
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colimassoncolimasson15 septembre 2017
En Inde, à la différence de la Grèce, la réflexion philosophique ne prend pas sa source dans l’étonnement mais dans un sentiment douloureux de désorientation (moha) qui prend la forme d’une errance et d’un exil. Elle n’est pas animée au départ d’une curiosité proprement intellectuelle, tournée vers les mystères du cosmos, mais dans le besoin de se comprendre soi-même et de reprendre pied par là même dans la réalité.
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colimassoncolimasson13 septembre 2017
L’apparence d’une connaissance ésotérique, difficile d’accès, provient uniquement du caractère ardu de la tâche consistant à parcourir et reconnaître systématiquement les tortueux labyrinthes tracés par la nescience. C’est la destruction de l’erreur qui est longue et difficile. […]
La connaissance libératrice -à la différence du long cheminement qui la prépare- ne saurait survenir peu à peu, comme à l’aube la lumière du jour. Ressentie […] comme imminente, elle demeure parfaitement voilée, et son intégrale révélation coïncide avec l’instant même de sa première fulguration.
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Video de Michel Hulin (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Hulin
La querelle brahmanes-bouddhistes à propos du Soi Emission Sagesses Bouddhistes du Dimanche 26 juillet 2009
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