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EAN : 9782253039075
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1986)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 12 notes)
Résumé :
La biologie moderne fait renaître de vieux cauchemars. Elle a un parfum de savoir défendu. Elle réveille de vieux mythes. Elle dérange. Particulièrement scandaleuse apparaît la preuve qu'on peut facilement jouer avec la substance qui est à la base de toute vie sur cette planète. Spécialement impardonnable l'idée qu'il faut bien considérer l'évènement le plus extraordinaire de ce monde, la formation d'un être humain à partir d'un oeuf, comme le résultat d'un bricolag... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Belem
  11 avril 2013
Ce petit essai de vulgarisation scientifique date de 1979, mais le propos est intemporel, puisqu'il s'agit d'une réflexion philosophique sur le statut de la science et plus particulièrement de la connaissance en sciences naturelles, « d'un dialogue entre le possible et le réel », comme le dit l'auteur. (Bien sûr, son propos entre dans le cadre des connaissances de l'époque, mais il faut dire que François Jacob est plutôt clairvoyant sur ce qu'apporteront les découvertes ultérieurs – notamment, il pointe du doigt la biologie du développement, qui apportera effectivement beaucoup...)
En biologie, la théorie de l'évolution tient une place à part dans le domaine des sciences, puisqu'il s'agit d'une science historique, qui ne prédit pas ce qui va se passer, ni ne produit aucun résultat, mais tente d'expliquer ce qui est (en l'occurrence, un organisme vivant ou qui le fût, avec une structure et une histoire).
En ce sens, elle donne une explication du monde à la fois complexe et simple, bien que l'écueil soit de trop la simplifier, à la fois précise et incertaine, à la fois sur le possible et le réel... toutes choses paradoxales. Et puis, le hasard y tient une grande place, mais un hasard là-aussi paradoxal, puisque contraint. «  En matière d'organismes, tout n'est pas possible », dit Jacob.
Cette explication du monde est donc pleine d'incertitudes et c'est pourquoi il lui arrive d'être rattachée au domaine du mythe plutôt qu'à celui de la science (prêtant ainsi le flanc aux attaques des religieux, des créationnistes encore aujourd'hui).
Pour François Jacob, la victoire du hasard et de la sélection naturelle sur la création divine est justement consacrée par l'imperfection des organismes vivants. Dans un monde parfait, crée par un dieu, nous aurions des cheveux verts à la chlorophylle, afin de tirer du rayonnement solaire une autre source d'énergie, au lieu de passer notre temps à chercher bêtement de la nourriture.
La deuxième partie du livre est donc consacrée à ce qu'est le vivant : bien plus un bricolage à partir de matériaux hérités du passé, qu'une réalisation optimale réalisée par un ingénieur ou un architecte divin. Et cela, que ce soit au niveau moléculaire, au niveau cellulaire, ou au niveau de l'organisme.
La troisième partie est encore une réflexion, autour de la sexualité comme source de diversité, autour des horloges biologiques et de la perception du temps, autour des représentations du monde transmises par les organes des sens et réalisées par le cerveau, images du monde qui se projettent chez l'homme dans la culture, qui est, elle aussi, à la fois universelle et diverse...
A noter que, par petites touches, au détour d'un paragraphe, François Jacob remet les idées en place, en réponse à quelques âneries servies comme arguments par son co-récipiendaire du prix Nobel de Médecine en 1965, Jacques Monod, dans son très mauvais livre qu'est « Le hasard et la nécessité »...
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scaalaire68
  21 janvier 2013
Je l'ai lu 2 fois d'une traite il y a fort longtemps et j'espère pouvoir en faire une présentation plus convenable dans un futur proche...
En lisant un livre de François Jacob même une personne non scientifique comme moi a le sentiment d'être intiée aux mystères de la création...
J'ai relu récemment quelques pages de ce livre, petit par le format, grand par le sujet et les idées. Ce qui me frappe en tout premier lieu, c'est la pointe d'humour qui s'en dégage, ce n'est pas si courant pour un essai !
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
BelemBelem   22 avril 2013
« Ce qui paraît le plus vraisemblable, c'est que le programme génétique met en place ce qu'on pourrait appeler des structures d'accueil qui permettent à l'enfant de réagir aux stimulus venus de son milieu, de chercher et repérer des régularités, de les mémoriser puis de réassortir les éléments en combinaisons nouvelles. Avec l'apprentissage, s'affinent et s'élaborent peu à peu ces structures nerveuse. C'est par une interaction constante du biologique et du culturel pendant le développement de l'enfant que peuvent mûrir et s'organiser les structures nerveuses qui sous-tendent les performances mentales. Dans ces conditions, attribuer une fraction de l'organisation finale à l'hérédité et le reste au milieu n'a pas de sens. Pas plus que de demander si le goût de Roméo pour Juliette est d'origine génétique ou culturelle. Comme tout organisme vivant, l'être humain est génétiquement programmé, mais il est programmé pour apprendre. »
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BelemBelem   11 avril 2013
« ...il faut bien considérer comme le résultat d'un bricolage cosmique ce qui reste à la fois le problème le plus déconcertant et le conte le plus étonnant : la formation d'un être humain ; le processus qui, par la fusion d'un spermatozoïde et d'un ovule, met en route la division de la cellule-oeuf, qui devient deux cellules, puis quatre cellules, puis une petite boule, puis un petit sac. Puis, quelque part, dans ce petit corps en croissance, s'individualisent quelques cellules qui se multiplient jusqu'à former une masse de quelques dizaines de milliards de cellules nerveuses. Et c'est grâce à ces cellules qu'il devient possible d'apprendre à parler, à lire, à écrire et à compter. C'est avec ces cellules qu'il est possible de jouer du piano, de traverser une rue sans se faire écraser, ou d'aller faire une conférence à l'autre bout du monde. Toutes ces capacités sont contenues dans notre petite masse de cellules, toute la grammaire, la syntaxe, le géométrie, la musique. Et nous n'avons pas la moindre idée sur la manière dont tout cela se construit. Pour moi, c'est l'histoire la plus étonnante qu'on puisse raconter sur cette Terre. Beaucoup plus étonnante que n'importe quel roman policier ou de science-fiction. »
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scaalaire68scaalaire68   22 juin 2013
Tout enfant normal possède à la naissance la capacité de grandir dans n'importe quelle communauté, de parler n'importe quelle langue, d'adopter n'importe quelle religion, n'importe quelle convention sociale.
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BelemBelem   11 avril 2013
« Car contrairement à ce qu'on croit souvent, la démarche scientifique ne consiste pas simplement à observer, à accumuler des données expérimentales pour en déduire une théorie. On peut parfaitement examiner un objet pendant des années sans jamais en tirer la moindre observation d'intérêt scientifique. Pour apporter une observation de quelque valeur, il faut déjà, au départ, avoir une certaine idée de ce qu'il y a à observer. Il faut déjà avoir décidé ce qui est possible. »
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BelemBelem   11 avril 2013
« Contrairement à ce qu'on croit souvent, l'important dans la science, c'est autant l'esprit que le produit. (…) Ils savent maintenant devoir se contenter du partiel et du provisoire. Une telle démarche procède souvent à l'encontre de la pente naturelle à l'esprit humain qui réclame unité et cohérence dans sa représentation du monde sous ses aspects les plus divers. »
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Video de François Jacob (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Jacob
Odile Jacob : Hommage à François Jacob, Compagnon de la Libération, prix Nobel de médecine. Collège de France, septembre 2015
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