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EAN : 9782359100594
180 pages
Éditeur : Ankama Editions (18/03/2010)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Destinée aux amateurs d'arts comme aux curieux, aux artistes comme aux collectionneurs, la revue Hey ! propose de découvrir une vision artistique graphique moderne à dominante urbaine. Feuilletez cette revue communautaire bilingue (français/anglais), unique en Europe, pour découvrir en images les tendances actuelles mondiales. Un format original et sans publicité que vous retrouverez tous les trois mois en librairie et sur Ankama Shop !
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Musardise
  10 avril 2019
C'est pas évident de parler de ce genre de publication, parce que c'est un objet qu'on doit absolument voir, regarder, feuilleter. Les fondateurs et concepteurs, le duo Anne & Julien, aiment tout ce qui est en marge de l'art contemporain officiel - et quand je dis tout, c'est pas trop exagérer, parce qu''ils vont vraiment fouiller partout, mais aussi parce qu'ils pourraient presque avoir comme leitmotiv "C'est en marge, c'est beau, c'est bien". Forcément, il y a du bon et du moins bon qui ressort d'une telle démarche. Et forcément, la revue est foutraque, avec ses planches de BD, ses articles et entretiens avec les artistes, évidemment assorties de nombreuses reproductions, ses stickers à coller où on veut, ses objets à découper. Je me souviens d'ailleurs qu'ils avaient raconté, lorsqu'il avaient monté leur première expo à la Halle Saint-Pierre, qu'ils voulaient tout exposer, toutes les oeuvres, tous les artistes qu'ils avaient sous la main, et que Martine Lusardy, la directrice du lieu, avait dû les calmer.
Je possède très peu de numéros de Hey !, et je les ai tous achetés en fonction d'un artiste en particulier. Pour celui-ci, c'était à cause de Kris Kuksi - je ne sais même plus comment j'avais entendu parler de lui (par la suite j'ai trouvé un bouquin plus fourni sur lui). Mais je me suis contentée de feuilleter ce numéro, comme les trois autres ; je les regardais de temps à autre, sans lire les textes. Jusqu'à ces jours-ci. Et je suis étonnée de voir qu'il y a pas mal de texte à lire. Cela dit, j'ai la nette impression qu'on tourne en rond avec les entretiens des artistes, qui ont bizarrement (mais c'est pas si bizarre que ça, malheureusement) des propos très convenus, pour la plupart. "J'aime à penser que je fais...", "J'aime à penser que je suis...", sont le genre de formules qui reviennent dans leur bouche et qui leur donne un air un brin prétentieux. Un exemple avec Turf One, pour que ce soit clair : "Je crois que ma peinture aurait beaucoup à livrer à l'esprit analytique d'un psychanalyste."
Je suis en fait partagée entre le plaisir de découvrir des artistes qui me plaisent vraiment et l'agacement devant d'autres que je trouve paradoxalement bien conventionnels, entre le plaisir de tomber sur des pépites et la déception de tomber ensuite sur des stickers que je trouve franchement moches (question de goût), le plaisir de regarder des reproductions des sculptures de Kris Kuksi et la grosse déconvenue qui m'assaille quand je m'aperçois qu'il n'a pas grand-chose à dire d'intéressant.
Bref, il y a dans ce numéro de Hey !, comme dans les suivants, à boire et à manger. Il y est question de pop culture, c'est-à-dire de lowbrow (ou pop surréalisme), d'art brut ou d'art modeste, de graffiti, de la BD, de peinture, de dessin, de sculpture, et de pleins d'autres choses. C'est agréable à regarder, à feuilleter, c'est, comme je le disais, de belles découvertes et de belles déconvenues, c'est beau et moche à la fois, ça vous sort de vos habitudes, mais pas toujours suffisamment, ça donne envie de découper des images dedans (ce qu'Anne & Julien ne manqueront pas de vous inciter à faire), mais vu que vous avez payé 17,90€ le numéro, vous ne le ferez sans doute pas. Parce que Hey !, c'était déjà un peu cher pour le premier numéro (cela dit, ça fait 140 pages, c'est conséquent en volume, la qualité est là, et on peut considérer que c'est un "beau livre"), et ça s'est pas arrangé depuis (c'est devenu n'importe quoi, avec un numéro numérique à 7,90€ mais dans lequel on perd tout le côté plastique et original, ou un gros numéro papier à 44,50€, donc bien moins abordable).
Dans ce numéro 1, j'ai aimé Kris Kuksi, forcément - même si je me serais bien passée de lire son entretien -, JR et ses immenses photos de vieillards sur de vieux bâtiments en ruine de Cartagena, les dessins de Ichiba, la série de dessins"L'étonnant Picasso", drôles et délirants (avec un petit côté lovecraftien) de Stéphane Rosse, et les étonnantes affiches de cinéma peintes du Ghana (un coup de coeur). Et d'autres. Les artistes qui relèvent purement du pop surréalisme, comme Turf One, c'est moins mon truc, j'ai tendance à trouver qu'on en revient toujours à la même chose.
À vous maintenant de picorer dans ce numéro, s'il vous tombe un jour entre les mains ou que vous vous laissiez tenter par son achat. J'ajoute que c'est un magazine d'une très belle qualité plastique, sans une seule page de publicité. Chaque opus, je le rappelle tout de même, est un très joli objet, qui présente des oeuvres que vous verrez difficilement - et c'est rien de le dire - ailleurs.
https://www.kuksi.com
https://www.smartcucumber.com/07_calaveras/calav_01_nw.htm
http://www.acatus-media.com/laplatine/img/realisations/affiches/Hollywoodoo2/Age-of-Iniquity-400.jpg
https://www.jr-art.net/fr/projets/los-surcos-de-la-ciudad
http://galerie-e2.org/daisuke-ichiba
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
MusardiseMusardise   06 avril 2019
Dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, le cinéma a toujours revêtu une importance considérable pour la population locale. Les grandes villes comme Kumasi ou Accra, la capitale, possédaient de magnifiques salles héritées de la colonisation britannique. Mais face à la pénurie de pièces de rechange pour les projecteurs 35mm, elles ont périclité les unes après les autres et l'invasion de la vidéo dans les années quatre-vingts a scellé définitivement leur sort.
La consommation de cassettes pirates qui en a découlé a engendré, au royaume de la microentreprise, une multitude de vidéoclubs proposant dans l'ordre : le catalogue B hollywoodien, les films d'action asiatiques et les inénarrables productions locales tournées au caméscope. Les films étaient projetés dans d'improbables salles de quartier plus ou moins obscures, équipées de téléviseurs/magnétoscopes antédiluviens où, contre une modique somme d'argent, on pouvait assister à une séance dans une ambiance franchement survoltée.
Étant donné les faibles ressources du pays et les conditions d'exploitation fantaisistes, ces productions n'ont jamais bénéficié du moindre soutien promotionnel. C'est donc par défaut qu'une poignée de peintres d'enseigne, activité très populaire au Ghana et pas seulement pour les coiffeurs (quelques centaines de worshops à Accra), va réaliser les affiches originales pour vanter ces projections. Dépourvus de matériel publicitaire quasi-inexistant sur le continent africain, ces artistes d'un genre inédit vont se spécialiser dans ce type de représentation et inventer leurs propres images, à la différence des peintres affichistes du siècle dernier qui pratiquaient la technique des petits carrés sur les frontons de nos cinémas, technique encore utilisée aujourd'hui à Bollywood. Leur fantastique capacité de récupération relève ici du détournement artistique et ce qui ne devait être qu'un support publicitaire deviendra une authentique création, une œuvre d'art à part entière.
Aujourd'hui, faute de moyens, les artistes ghanéens les plus doués ont abandonné la production de movie posters, cet art singulier unique au monde.

Hollywoodoo : Les incredibles movie posters du Ghana


http://www.acatus-media.com/laplatine/img/realisations/affiches/Hollywoodoo2/Age-of-Iniquity-400.jpg

http://www.hyaenagallery.com/nollywood/ghoulies.jpg
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MusardiseMusardise   06 avril 2019
On est en Espagne, à Cartagena, une petite ville au charme particulier, avec ses ruines romaines et son histoire : ce fut un des derniers bastions antifranquistes. Maintenant que la démocratie est là, la ville change, elle se dénature. Les petites maisons disparaissent, de grandes tours poussent partout. Puisque la ville est proche du Maroc, la ville brasse touristes et immigrés. On ne reconnaît plus ceux qui ont vécu là, ont tout vu de ce lieu. Ces personnes âgées sont devenues des ovnis, des pions figés dans leur propre ville. Mais ils sont bien vivants. En les croisant, j'ai entendu toute l'histoire de leur pays. Mais je les voyais là, en déconnexion totale avec leur environnement, entourés de façades dégommées par les nouveaux aménagements urbains. J'ai eu envie de mêler leur visage, leurs rides au dernier sillon de la ville, aux façades d'immeubles usées par le temps qui font maintenant figure de monuments.

JR

https://www.jr-art.net/fr/projets/los-surcos-de-la-ciudad
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