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EAN : 9782277217404
377 pages
J'ai lu (21/03/2001)
3.95/5   37 notes
Résumé :
Qui sont les Plouffe ? Une famille du peuple québécois, famille qui abonde en personnages colorés, depuis Théophile, le chef, typographe de l'Action chrétienne et ancien champion cycliste, jusqu'au romantique Ovide, en passant par Napoléon et Guillaume, tous deux sportifs comme leur père. Leurs démêlés donnent lieu à de multiples épisodes, souvent bouffons, tendres parfois, et composent une peinture fidèle de la vie canadienne dans les années quarante. Ce roman plei... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Tout d'abord, je vois ce livre comme un roman historique, même s'il était contemporain à son époque. C'est un témoignage fort intéressant de la vie et des moeurs de la Basse-Ville des années 1930-1940s. Aucun historien ne saura reconstituer ladite époque à un tel niveau.

Ensuite, c'est un roman sur Québec, la ville que j'aime beaucoup, et encore sur les plus vivants de ses quartiers.

Finalement, le roman et vachement drôle. L'auteur a un excellent sens d'humour, son ironie nous fait rire souvent.

L'auteur se moque, tout doucement et sans méchanceté aucune, de son entourage, avec leurs petits problèmes, faiblesses et préjugés. Ses personnages, quoique naïfs et imparfaits, sont tout à fait aimables.

Je constate que certains lecteurs ont trouvé les personnages trop grotesques et trop infantiles pour leur âge. Il est vrai, qu'ils sont loin des supermans et superwomans tout réussis qui peuplent certains romans. Les Plouffe, eux, sont bourrés de faiblesses humaines – comme tous les gens réels le sont. Et l'auteur exhibe ses faiblesses sans pitié, mais avec une certaine compassion.

Au début, le roman a l'air d'une oeuvre humoristique. Mais plus il progresse, plus il devient sérieux. Ça se voit qu'il était écrit par un jeune homme pendant trois ans : les personnages gagnent en maturité, leurs problèmes aussi.

Pourquoi Joséphine est-elle si naïve? Parce que, mariée tout jeune, elle n'a rien vu à part de sa cuisine (et son église). Pourquoi est-elle si folle de ses enfants en refusant d'admettre qu'ils sont désormais adultes? Parce que de 22 grossesses, seuls 4 bébés ont survécu et atteint l'âge adulte. Pourquoi Ovide est-il si égoïste et complexé? Il est gêné par son apparence physique. Pourquoi Guillaume est-il si superficiel et immature? Parce qu'il était gâté par sa mère et traité en bébé même à 20 ans. Et quoi dire de l'amour de Napoléon qui fait guérir Jeanne, pourtant condamnée à mourir?

En effet, le roman est plus profond qu'il ne paraît au début. Car les « Plouffe » sont parmi nous, dans chaque pays ou société. On peut reconnaître des éléments de leurs caractères chez les amis, les parents et parfois chez nous-mêmes (quoique c'est plus commode de ne pas l'admettre :) ).
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Alors en voyage au Québec, je suis entrée dans une librairie et me suis dirigée vers le rayon "littérature québécoise", évidemment ! C'est la pierre angulaire de mes voyages, une façon de m'immerger, de comprendre. Bref, c'est ainsi que "Les Plouffe" sont arrivés entre mes mains.
Du pur bonheur ! Les Plouffe, patronyme réunissant deux parents et quatre enfants (déjà bien adultes), ayant chacun des traits de caractères singuliers. le récit suit leur histoire familiale au gré des actualités mouvementant le pays et la ville de Québec. Tantôt grotesques, tantôt attendrissants, les personnages composent une fresque vivante, presque théâtrale. Il y a sans aucun doute un regard posé sur la société d'alors, mais c'est avant tout un magnifique portrait de famille.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
C'est le 2 septembre 1939 que l'Amérique fut de nouveau éclaboussée par une Europe qui venait de se replonger dans le sang.

Hitler avait envahi la Pologne au nez de la France et de l'Angleterre qui décrétaient la mobilisation générale. Un long règne de barbarie et de mort commençait.

Sous les soudaineté de ce choc depuis longtemps prévu, l'Amérique s'était tapie derrière ses océans. Mais ce peuple de spectateurs, de sportifs, de reporters et de champions, aguiché par l'essaim vrombissant des nouvelles sensationnelles qui s'abattaient sur lui, reprenait vite sa place dans l'estrade. Quelle série mondiale! Quel beau match! Battrait-on les records de la première Grande Guerre? On pouvaient sans crainte allumer son cigare, manger son hot-dog, l'Atlantique et l'ombre de Monroe veillaient. Babbitt se réjouissait tellement de sa sécurité, qu'il n'apercevait pas le grand Roosevelt qui tâtait l'arène d'un pied discret.

Les Canadiens étaient plus nerveux, la tradition et les intérêts économiques du pays voulant qu'ils fussent les substituts des équipes en lice. En face de cet état d'urgence ou chacune des neuf provinces devait céder plusieurs de ses droits au gouvernement fédéral afin de consolider l'unité nationale, les différentes factions provincialistes du pays bilingue qu'est le nôtre, étaient en proie aux derniers spasmes qui leur fussent encore permis. Les ultra-impérialistes de l'Ontario réclamaient la participation à outrance, et les séparatistes québécois vociféraient leur refus total d'endosser l'uniforme des Alliés.

Le 4 septembre au matin, le Premier Ministre annonçait que le Canada déclarait la guerre à l'Allemagne.

Québec était en fièvre. C'était le lundi de la Fête du Travail. Il faisait un fort vent que réchauffait un soleil ardent. L'air bourdonnait de rumeurs angoissées. L'Athenia avait été coulée la nuit précédente, l'Allemagne martyrisait la Pologne et les Québecois se rendaient à la foire de l'Exposition Provinciale pour oublier leurs soucis dans le brouhaha des crieurs de cirque, des trompettes, des courses de chevaux et dans l'odeur des patates frites. Cette foule-là, impressionnée par le geste du Premier Ministre, était presque fière d'appartenir à un pays brave. La ligne Maginot protégeait la France (qui avait la malchance d'être l'alliée de l'Angleterre), et le parti libéral avait promis qu'il n'y aurait pas de conscription. Et tournez, petits chevaux de bois! On pouvait s'amuser tranquillement
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Au mot protestant, prononcé pour la première fois, les Plouffe eurent un geste de frayeur inconsciente. Ovide même y passa. Cécile pensait : - Je me le disais bien qu'il avait des yeux pas catholiques !
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[…] Les occupations du religieux, ce n'est pas votre métier, mon vieux.

- Alors, quoi? Que me reste-t-il? gémissait Ovide, la société ne m'offre pas d'autres refuge!

Le rire du père Alphonse éclata si fort que Napoléon retira son oreille de la serrure.

- Gagner votre vie et vous marier. Vous marier! D'ailleurs vous montrez pour cet état d'excellentes dispositions, si j'en juge par ce que vous m'avez raconté.

Le père Alphonse continuait de rire et Ovide devait en faire autant, les yeux baissés de façon modeste. La voix d'Ovide prenait déjà un ton plus dégagé :

- Vous croyez? Ce qui me fait peur cependant, c'est que je serai obligé de me contenter tout ma vie d'un petit salaire, et de tellement trimer pour gagner la vie de ma famille, que je ne trouverai pas de temps à donner aux belles choses. La musique, la littérature, les grandes idées.

- Mon vieux, la plus belle chose du monde est de faire son devoir. Et vous savez, les Arts, si ça a tant d'importance, c'est parce que des millions d'être comme vous, qui triment, qui font leur devoir, les aiment. Voyons, cessez d'être compliqué et ayez confiance en Dieu si vous voulez retrouver la paix.
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.... Ivre de détresse, Ovide se dirigeait en titubant vers la maison paternelle.

------ Que vais-je devenir ? Mon Dieu, marmottait-il, qui me pardonnera .

Page 319 dans l'édition 'CLF poche canadien ' Donc un format de poche .
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Quant à elle, le temps s'employait à déposer de la grisaille dans ses cheveux. Mais Cécile ne voyait pas son teint vieilli et ses cheveux décolorés. Elle répétait souvent, presque soucieuse :
-C'est drôle, maman, comme il y a moins de garçons qu'avant
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Video de Roger Lemelin (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roger Lemelin
Film de Gilles Carle selon le livre La Famille Plouffe de Roger Lemelin. On trouve dans cette célèbre scène: Gabriel Arcand, Juliette Huot, Serge Dupire, Pierre Curzi, Denise Filiatrault et Émile Genest.
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