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Karine Laléchère (Traducteur)
ISBN : 2752909829
Éditeur : Libretto (28/08/2014)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 364 notes)
Résumé :
En cette année 1831, Mary, une fille de 15 ans entame le tragique récit de sa courte existence : un père brutal, une mère insensible et sévère, en bref, une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset.

Simple et franche, lucide et impitoyable, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu'on l'a envoyée travailler chez le pasteur Graham, afin de servir et tenir compagnie à son épouse, femme fragile et pleine de douceur.

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Critiques, Analyses & Avis (145) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
29 juin 2015
Je dois bien avouer que l'écriture, au début, m'a un peu refroidie : pas de majuscules, des répétitions, une syntaxe incorrecte... j'avais l'impression d'être encore en train de corriger des copies. Mais je m'y suis faite au final car l'histoire l'a emporté sur l'écriture.
La petite Mary (Cabrel, sort de ce corps !) est la narratrice de ce court roman. Elle n'a pas été à l'école, a vécu dans la misère... et bien plus que cela d'ailleurs. Car on peut être sans le sou et avoir tout l'amour de sa famille. Mais la pauvre enfant devait subir des parents comme on n'en souhaite même pas à son pire ennemi : un père complètement c**, brutal à souhait (il m'est avis qu'il devait bien lever le coude celui-ci) et une mère vide de sentiments qu'on a envie de secouer comme un prunier en lui rappelant qu'elle l'a enfantée sa gamine ! Heureusement qu'il y a le grand-père à qui elle peut parler et qui, lui aussi, est obligé de se taire et de subir. On est loin de la famille de paysans (ne voyez rien de péjoratif dans ce terme) se réunissant à table au coin du feu et partageant la soupe. le pauvre homme, paralysé des jambes depuis un accident doit être certainement considéré comme un parasite, un bon à rien qui ne rapporte pas d'argent, puisqu'on l'a placé dans la remise, au milieu des pommes. J'ai prononcé le mot : "argent". Alors cela ne vous étonnera pas si je vous dis que le paternel va tout faire pour en gagner, quitte à placer sa gamine de 15 ans chez le révérend pour une durée indéterminée... tant qu'il paie. Il s'en fiche de toute façon, Mary ayant une "patte folle", elle ne lui sert à rien dans les travaux de la ferme. Et puis il lui reste les trois autres, Béatrice, Violette et Hope... sans compter sa femme bien sûr. Argent / amour, un duel dans lequel le premier gagne toujours dans cette famille ! Mais Mary n'est pas comme les autres. Rien ne sera plus fort que son amour-propre, ce qui pourrait la perdre. Je m'arrête là pour ne pas dévoiler l'histoire. Sachez que vous serez surpris.
Roman d'une noirceur absolue au titre si doux, La couleur du lait est également un livre dénonçant une société corrompue.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Sando
02 septembre 2014
Fille cadette d'un paysan anglais, Mary, alors âgée de quatorze ans, est envoyée malgré elle chez le pasteur Graham afin de prendre soin de sa femme dont la santé fragile se dégrade chaque jour. Commence alors pour la jeune fille, jusque-là accoutumée à la dureté du travail de la ferme, un apprentissage d'une nouvelle sorte. Habituée à toujours dire ce qu'elle pense, Mary a du mal à réfréner l'ardeur de ses paroles, mais loin de s'en offusquer, la famille Graham semble apprécier la franchise et la pertinence de la jeune fille. Elle apprendra à leurs côtés ce qu'est la bienveillance, mais aussi et surtout à lire et à écrire aux côtés du pasteur. Cependant, derrière cet apparent humanisme se cache un désir bien moins noble et Mary l'apprendra à ses dépens…

Ecrit sous la forme d'une confession, « La couleur du lait » se présente comme le témoignage d'une jeune fille de quinze ans soucieuse de tenir sa promesse et de livrer son histoire le plus fidèlement possible. le récit se fait donc à la première personne et nous plonge directement au coeur des évènements. Difficile alors de ne pas ressentir de l'empathie à l'égard de cette jeune fille atypique à la chevelure blanche et à la patte folle qui, malgré son ignorance et son manque d'instruction, fait preuve d'une lucidité admirable. Dotée d'un caractère bien trempé, elle nous dépeint avec un franc-parler à la limite de l'insolence, le monde dans lequel elle évolue avec ses codes, sa rudesse et ses vices. On y découvre la vie dans la campagne anglaise des années 1830, une vie proche de la terre et des bêtes.

La langue employée est brute, mal dégrossie, comme l'éducation de Mary, tout juste commencée et trop vite interrompue. Les phrases sont courtes, simples, dépourvues de majuscules et néanmoins percutantes, non dénuées de charme et de poésie. le ton de la confidence donne une saveur particulière au texte, presque solennelle, vitale. C'est avec beaucoup de simplicité et de sincérité que la narratrice nous confie l'injustice dont elle a été victime et contre laquelle elle ne peut rien faire. Un texte magnifique et poignant, qui m'a profondément émue.
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tynn
30 septembre 2014
"ceci est mon livre, et je l'écris de ma propre main"
En l'an de grâce mille huit cent trente, Mary a 15 ans et quitte la ferme familiale, ses trois soeurs et un père, seigneur en son misérable royaume, pour devenir petite bonne au presbytère.
C'est une Bécassine d'un autre temps, esprit simple et frondeur, pipelette à la langue bien pendue, et sa nouvelle vie de domestique lui pèse autant qu'elle l'étonne. Son intelligence est vive en dépit de son peu d'instruction et son humanité à fleur de peau. Cette place sera le "commencement" d'une nouvelle vie, à l'image du premier mot qu'elle apprendra à lire et écrire.
Il faudra aussi en payer le prix...
J'ai beaucoup aimé ce petit livre insolite. C'est une petite pépite d'humour et de fantaisie, saupoudré d'une pincée de Dickens. C'est aussi une peinture sociale intense et dérangeante, et un personnage féminin entre soumission et révolte.
En décrivant son quotidien, la petite paysanne a le langage rural de son époque, la maladresse des apprentissages et la répartie bien affûtée. L'auteur a très bien su rendre l'écriture de la jeune illettrée d'hier, besognant sur sa page blanche: une phrase par retour à la ligne, aucune majuscule, erreur de syntaxe, répétitions.
Un texte spontané, un thème touchant, une destinée glaçante.
"Dieu me pardonne, j'suis la bonn' du curé"
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Annette55
29 janvier 2015
Voici un texte écrit sous forme de " confession" avec une " apparente" maladresse : en fait, une oeuvre " intense" qui contourne avec habileté la saga populaire et le mélodrame pour se situer d'une façon atypique du côté de la fiction sociale rigoureuse,brute et désarmante : le quotidien des paysans du Royaume Uni au 19°siécle.Mary, la narratrice âgée de quinze ans, n'espère rien de mieux qu'une vie de paysanne dure au mal. Nous sommes dans la campagne Anglaise en mille huit cent trente et un, l'héroïne, cette " fille de ferme",vit dans le comté pauvre du Dorset avec trois soeurs ainées,une mére apeurée et soumise, un pére fruste et brutal. Mais elle ignore tout du mensonge, elle a un sacré caractére ....ne mâche pas ses mots, ne s'en laisse pas conter , tient tête aux menteurs, affublée qu'elle est d'une jambe folle.Elle n'est pas présentée comme une victime à sauver de l'ignorance: elle est sincére, détachée et surtout , ne s'humilie jamais. La tendresse de son grand- pére devenu impotent à la suite d'une chute, l'odeur forte de la vache qu'il faut traire avant les premières lueurs de l'aube, la promiscuité familiale qui tient chaud.... La jeune fille y tient. Envoyée chez le pasteur Graham, elle va apprendre la tendresse et la bienveillance d'une patronne à la santé fragile, un peu de confort et de douceur de vivre en compagnie des livres......dans ce roman singulier, à l'écriture puissante, directe et maladroite , oú les phrases sont courtes, dépourvues de majuscules, on ressent pourtant charme et poésie, intensément! Nelly Leyshon nous enchaîne avec conviction à son personnage à la fois ordinaire et exceptionnel et nous glisse dans les mots fraîchement appris qui constituent son seul trésor : "ceci est mon livre et je l'écris de ma propre main", l'humble récit confession de Mary, cette jeune servante désarmante de franchise et d'obstination dont la pureté et la générosité n'ont d'égal que la souffrance et l'obéissance...En s'ouvrant à la lecture et à l'écriture Mary ne trouve pas le bonheur mais l'humiliation, l'avilissement et la perte.....
Sa parole est fière, brute, intarissable, franche : " ma langue va comme celle du chat qui lape le lait dans le seau".
Un ouvrage qui invente une voix qui ne s'est jamais fait entendre.... Un texte sombre, nu, spontané, rude ,sec, percutant, vibrant de poésie et d'émotion paradoxalement...Une parole poignante qui m'a profondément émue et bouleversée....dans sa nudité ....Mary, la soumise et fière....
À lire.....
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LePamplemousse
30 novembre 2014
Ce roman très court est de toute beauté.
Le style très particulier est en totale adéquation avec l'histoire, puisqu'il s'agit du récit d'une jeune fille d'à peine quinze ans, Mary, fille de paysans dans le sud de l'Angleterre en 1830.
C'est elle qui nous raconte sa vie, faite de besognes continuelles mais aussi d'échanges avec ses parents, ses soeurs, son grand-père...car Mary est un sacré numéro qui, bien que privée d'instruction, a un sens très aigu de la répartie, ce qui lui attire bien des problèmes...
Son regard à la fois lucide, désabusé et drôle sur le monde nous la rend très attachante et c'est avec un serrement de coeur qu'on la quitte au bout de 170 pages à peine.
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Les critiques presse (1)
Liberation22 septembre 2014
La Couleur du lait se déroule en quatre temps, celui du rythme de la nature. Et c’est très modestement un grand moment de poésie.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
tilditatildita25 mai 2017
tu dois aller t'occuper du lit de madame. il faut le changer.
pourquoi ? ce lit lui convient point?
qu'est-ce que tu racontes ? il s'agit seulement de mettre des draps propres.
c'est quoi des draps?
edna a fait les gros yeux et elle a demandé mais qu'est-ce que vous mettez sur vos lits à la ferme?
des couvertures. et des manteaux s'il fait froid.
c'est à croire que tu as grandi dans une étable.
non. j'habitais dans une maison.
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LydiaBLydiaB29 juin 2015
je les ai lus.
mes deux premiers mots.
j’ai passé mon doigt sur la couverture du petit livre noir. je sentais les lettres gravées dans le cuir et je les lisais tout haut. la. bible, j’ai dit. la bible.
il a frappé dans ses mains. félicitations. tu vas progresser vite. il a montré le livre que je tenais. c’est pour toi. et chaque fois que tu souhaiteras te souvenir de ce que tu as appris tu n’auras qu’à le regarder.
il est à moi ?
mais oui. tu peux le garder.
j’ai serré le livre de cuir. je l’ai serré contre moi.
ne le perds pas.
ça risque pas et si vous croyez une chose pareille, vous êtes un foutu imbécile.
mary !
pardon. pardon révérend. je voulais pas dire ça. c’est sorti parce que je suis trop enthousiasmée.
enthousiaste.
enthousiaste. oui. je me suis levée. merci. merci. je me suis dirigée vers la porte.
mary. le plateau.
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LydiaBLydiaB01 juillet 2015
alors nous nous sommes mis à table. mais avant que j’avale une bouchée il a fait un signe pour m’arrêter.

nous allons réciter le bénédicité.

il a fermé les yeux et joint les mains et dit que nous devions remercier le seigneur pour la nourriture qu’il nous donnait.

je l’ai écouté et j’ai pensé à la journée que j’avais passée et aux poireaux que j’avais ramassés sous la pluie.

pourquoi est-ce qu’il faut remercier dieu quand c’est moi qui ai cherché les légumes et qui les ai préparés ?

mary. il a tendu le bras pour me faire taire.

et c’est moi qui nettoierai après manger.

il a ri. tu n’es qu’une mécréante.
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tynntynn30 septembre 2014
il a posé son couteau et sa fourchette sur son assiette.
vous avez mangé autant que notre cochon le matin.
il a souri. mary, permets moi de te donner un conseil. ne compare pas ton employeur à un cochon.
oh. je voulais pas être malpolie. nous aimons beaucoup notre cochon.
ce n'est pas une raison. ton employeur est sensé se situer au-dessus du cochon dans la hiérarchie des êtres vivants.
il s'est essuyé la bouche avec une serviette.
les humains et les animaux sont très differents.
pas tant que ça. y'a des choses qu'ils font pareil.
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VanessaVVanessaV30 octobre 2014
alors de quoi est-ce que vous voulez discuter? vous m'avez pas appelée ici rien que pour boire le thé et causer de la pluie et du beau temps?
tu es vive. je ne parlerais pas d'intelligence parce que tu n'es pas instruite, mais tu as quelque chose.
quoi donc?
une astuce innée peut-être, de l'esprit.
et c'est pas comme un cerveau instruit?
non, je ne crois pas, c'est informe, plus animal, plus primitif.
animal?
je ne voulais pas t'insulter. les animaux sont des survivants, ils n'ont pas besoin qu'on leur enseigne quoi que ce soit. mais ne t’inquiète pas de ça.
je m’inquiète pas. quand je ne peux rien faire pour changer les choses, je n'y pense pas. si je peux les arranger alors je le fais et je n'y pense plus.
le révérend a joint les mains.
tu sais que tu aurais beaucoup à apprendre au reste du monde?
j'ai ri. et moi je crois que j'ai rien à apprendre à personne.
mais si . mary.
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Vidéo de Nell Leyshon

La chronique littéraire de Julien, Dialogues littéraires, décembre 2014
http://www.librairiedialogues.fr/ Julien de la librairie Dialogues, nous propose ses coups de cœur : Portrait d'après blessure de Hélène Gestern (Arléa), La couleur du lait de Nell Leyshon...
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