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Citations sur La maison des soeurs (79)

nameless
nameless   10 septembre 2015
En ce qui me concerne, l'écriture a de toute façon atteint son but : écrire contraint à la précision. Des souvenirs incertains ont retrouvé leurs contours, leurs vraies couleurs. J'ai été obligée de faire l'effort de me souvenir. Et ça m'a permis de me réconcilier. Avec moi, avec ma vie, avec le destin. J'ai pardonné aux hommes, et surtout, je me suis pardonné à moi-même.

Page 9 - J'ai lu
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nameless
nameless   12 septembre 2015
La lutte des femmes pour le droit de vote se confondit avec les luttes ouvrières. Partout dans le pays les travailleurs se révoltaient : dans les mines, les chemins de fer, les usines. Grèves et affrontements violents avec les autorités rythmaient le quotidien. L'Angleterre si longtemps paisible, si satisfaite d'elle-même, si fière de sa puissance et de sa politique, de sa société bien structurée, si solidement hiérarchisée, vacillait sur ses fondations. Toute une époque, avec ses règles, ses lois et ses traditions d'un autre âge, s'effondrait avec fracas. Le mouvement était irréversible. Trop de choses qui allaient mal depuis longtemps explosaient au même moment.

Page 271 - J'ai lu
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nameless
nameless   11 septembre 2015
Bien sûr qu'elle connaissait de nom la WSPU, ou plus précisément la Women's Social and Political Union, l'association d'Emmeline et Christabel Pankhurst, des militantes féministes qui se battaient, et avec des moyens de plus en plus radicaux, pour le droit de vote des femmes. On en parlait beaucoup, la plupart du temps de façon négative. Surtout les hommes, qui dans leur grande majorité n'avaient pas de mots assez méprisants pour se moquer d'elles : viragos, vicieuses, insatisfaites, laiderons, pauvres folles...

Page 97 - J'ai lu
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nameless
nameless   11 septembre 2015
C'était le 18 novembre 1910. Un vendredi qui devait devenir le "vendredi noir" de l'histoire du féminisme anglais. Ce jour-là, cent quinze femmes furent jetées en prison. La police réprima la manifestation féministe avec une violence exceptionnelle. Christabel Pankhurst accusa le Premier ministre, Winston Churchill, d'avoir donné l'ordre à sa police de ne pas ménager les manifestantes.

Page 174 - J'ai lu
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ladesiderienne
ladesiderienne   23 avril 2016
Les mourants criaient.
C'est un cauchemar, se dit Frances, un abominable cauchemar. Dieu tout-puissant, faites que je me réveille !
C'était un cauchemar de sang de pus, d'excréments, de vomissures qui attiraient des nuées de mouches, de pansements noirs et raides de sang séché, de visages hâves vibrant de fièvre, de regards fous d'avoir vu tant d'horreurs, de joues creusées par des barbes naissantes, de mains implorant un peu d'eau, un peu de morphine pour apaiser une douleur intolérable. Et dans la réserve à bois transformée en salle d'opération il y avait les cris du blessé dont le chirurgien épuisé par tant de nuits blanches fouillait le ventre pour en extraire la balle meurtrière.
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ladesiderienne
ladesiderienne   22 avril 2016
Il grimaça un sourire, sortit un étui en argent et le lui tendit, ouvert.
- Tiens, sers-toi. Je constate que les années n'ont pas émoussé ton caractère.
Il lui donna du feu. Elle tira une longue bouffée.
- On passe à côté de trop de choses quand on ne pense qu'à respecter toutes les règles, dit-elle.
Son sourire disparut.
- Parfois, répliqua-t-il, on passe aussi à côté de choses décisives pour l'avenir quand on en prend trop à son aise avec les règles.
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ladesiderienne
ladesiderienne   24 avril 2016
Mais quand on est jeune, souvent on ne sait pas encore pour quoi son cœur bat. On vit dans la peur de passer à côté de quelque chose et, bien qu'on ait toute la vie devant soi, on a l'impression que le temps nous file comme du sable entre les doigts. On croit qu'on ne fera jamais ce qu'on ne fait pas immédiatement.
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ladesiderienne
ladesiderienne   21 avril 2016
- Une femme, mademoiselle, commença-t-il lentement, de par son essence, ses dispositions naturelles, ne raisonne pas politiquement. De ce fait, elle n'est pas non plus en mesure de comprendre l’organisation, les buts et les idées d'un parti. elle voterait sur la foi de vagues émotions, de concepts irrationnels. Je considère qu'il est extraordinairement dangereux de confier pour moitié l'avenir politique d'un pays à des personnes qui n'ont pas la moindre idée de ce dont il s'agit !
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ladesiderienne
ladesiderienne   21 avril 2016
Vivre enfermée dans une lugubre maison de ville, partager un dortoir avec neuf autres filles, et en silence parce qu'il était interdit de parler, lui avait été insupportable. Quand elles sortaient, elles devaient se tenir en rang par deux, elles n'avaient pas le droit de courir - excepté pendant les heures d'éducation sportive -, pas le droit de rire fort, pas le droit de raconter le genre d'histoires un peu lestes que Frances connaissait grâce aux ouvriers de la ferme. Une fois, Mlle Parker, la directrice, l'avait surprise assise en tailleur sur son lit. Hors d'elle, elle avait traité Frances de fille perdue, de dévergondée aux mœurs dissolues, et lui avait prédit le plus sombre des avenirs car une dame qui ne gardait pas toujours les genoux serrés incitait les hommes à d'inavouables pensées, et il était même possible, dans les cas extrêmes, qu'ils en arrivent à passer aux actes.
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ladesiderienne
ladesiderienne   23 avril 2016
- J'ai vu tellement de chevaux mourir... Ils hennissaient. Et ils pleuraient. Je ne savaient pas que les chevaux pleuraient. Ils étaient tombés et ne pouvaient plus se relever. Ils luttaient contre la mort, leurs flancs éventrés, ils se vidaient de leur sang par tellement de blessures... Certains avaient baissé les armes et attendaient la fin sans bouger, les yeux grands ouverts. De temps à autre, leurs naseaux frémissaient un peu plus fort. Il y avait tant de tristesse dans leur expression... Pour moi, ce sont les victimes les plus innocentes de toute cette guerre.
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