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Critiques sur LoveStar (36)
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fabienne2909
  12 avril 2015
Attention à l'objet non identifié qu'est ce « LoveStar », et que nous propose l'Islandais Andri Snaer Magnason !

Dans un futur non identifié et qui pourtant semble très proche, le monde tel que nous le connaissons a pris fin avec le dérèglement climatique : Paris a été envahi par les sternes arctiques, Chicago, envahie par les mouches à miel, n'est plus qu'une immense jungle suintante de miel.
Dans cet univers, Istar, l'entreprise islandaise gérée par LoveStar, a pris le dessus en ayant anticipé le changement et travaillé sur la communication et la transmission de données via les ondes. Un nouvel homme moderne est donc né, un homme connecté, presque télépathe, mais asservi par les trouvailles marketing de LoveStar (gare à ceux qui oseraient ne pas y recourir, l'exclusion sociale est garantie) : pour quelques couronnes islandaises, des hommes sont programmés pour vous couvrir de compliments, d'autres le sont pour aboyer des publicités (d'où leur nom d'aboyeurs), d'autres sont des hébergeurs clandestins qui, sous couvert de l'amitié, sont en fait chargés de vous faire acheter des biens dont vous n'avez pas besoin, regarder des navets tout en faisant des compte-rendu détaillés de vos goûts. L'application ReGret vous permet de vous rassurer sur vos choix en vous informant de ce qui serait advenu (en bref, que des horreurs) si d'aventure vous en aviez fait un autre… le service LoveMort quant à lui permet d'envoyer votre dépouille dans les airs pour qu'elle revienne dans la couche d'ozone sous forme de feu d'artifice (et ainsi débarrasser la Terre des cimetières et faire oublier le pourrissement des corps). Il n'y a pas un domaine que LoveStar ne couvre pas, même celui de l'amour, puisque le service inLove calcule, à partir des ondes émises par les êtres humains, qui est leur âme soeur (soit l'application à la lettre du concept « peace and love » : une fois que le monde sera dominé par l'amour, il n'y aura plus de guerre, et la félicité règnera).

Dans cette société connectée, les jeunes Indriði et Sigríður s'aiment d'un amour fou et absolu. Problème : ils s'aiment en dehors de l'application inLove, et un beau jour Sigríður reçoit une lettre l'informant qu'elle a été « calculée » et que son seul et unique n'est pas Indriði… Les amoureux décident de se dérober à l'obligation faite à Sigríður d'aller dans le Nord rencontrer son promis, et là la machine à broyer qu'est Istar se met en place : harcèlement, intimidations, déclassement social… Tout est fait pour qu'Indriði et Sigríður se déchirent, et se séparent.

Parallèlement à cette histoire d'amour contrariée, LoveStar est dans un avion, une graine dans la main, ce qui le rend passablement perplexe, d'autant plus qu'il est annoncé qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Suspense, suspense… Que va-t-il se passer ?

Il y a du George Orwell et de l'Aldous Huxley dans cet ouvrage (et probablement d'autres auteurs de science-fiction/anticipation, mais mes limites en ce domaine sont vite rencontrées !) inclassable et foisonnant. Trop peut-être (voire même sûrement). En effet, l'auteur a mille idées à la minute, qu'il case toutes soigneusement dans son roman. le résultat est un monde futuriste plutôt cohérent, gérée d'une main dictatoriale par LoveStar. le message de l'ultra-communication, du marketing débridé qui mène à la dictature et à la déshumanisation, ainsi passé à l'aide de modèles dézingués (les Mickeys de compagnie agressifs qui dévorent les enfants, le Grand Méchant Loup qui n'a pas réussi à être programmé pour être méchant, etc.) finit par être bien compris.
De plus, certaines idées sont plutôt drôles, d'autres beaucoup moins. Mais une grande froideur règne sur l'ensemble, et surtout… qu'est-ce que c'est long et compliqué ! Déjà, l'auteur met 140 pages à aborder l'histoire qui est présentée comme étant la principale (celle d'Indriði et Sigríður) pour raconter en premier lieu, et dans le détail, celle de son monde, ce qui peut se justifier, mais il introduit des concepts qu'il explique toujours quelques pages après les avoir introduits, ce qui fait qu'on ne comprend rien pendant ces passages-là.

En outre, il choisit d'alterner les histoires de LoveStar et d' Indriði et Sigríður, mais de manière non chronologique, ce qui n'aide pas non plus à se retrouver dans l'histoire. Ce sentiment de confusion, entretenu sur toute la longueur du roman, devient à la longue assez désagréable. On a le sentiment que l'auteur en fait trop, veut trop bien faire, sans toutefois réussir à insuffler suffisamment d'humanité (peut-être était-ce voulu, au final), ce qui rend la lecture malaisée. Une fin bâclée ne vient pas rattraper ces défauts, faisant de LoveStar un roman au sujet trop ambitieux par rapport au traitement qui en est fait.
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traversay
  08 février 2015
Imaginez un monde où l'homme, désormais sans fil, ne communique plus que par des connexions invisibles, débarrassé de tout appareillage électronique (à l'image des oiseaux, si l'on veut). L'oeuvre d'un savant fou et visionnaire qui ouvre la voie d'une société qui ressemble à un "paradis" infernal lequel n'a pas grand chose à envier à Orwell dans sa monstruosité fasciste au service du bonheur de l'humanité. LoveStar, de l'islandais Andri Snær Magnason est une dystopie abracadabrante qui, treize ans après sa parution d'origine est enfin traduite en français. Pourquoi tant de temps ? Trop dingue, trop barrée, trop visionnaire ? Euh, non, trop conceptuelle peut-être malgré tous les efforts de l'auteur pour y insuffler un brin d'humanité. LoveStar est un objet très brillant qui fourmille d'idées, certaines déjà contenues dans d'autres romans de SF, mais on n'y est jamais vraiment très à l'aise et en étant bien en peine d'en expliquer la raison. Déjà, Magnason adopte une construction bancale où alterne le portrait évolutif du dénommé LoveStar (celui qui est à l'origine de tout), dépassé par les applications pratiques de ses théories, avec la description d'un couple mis en péril par la désignation d'une âme soeur pour l'un des deux; à laquelle il est impossible de s'opposer sous peine de désocialisation. Pour être honnête, le livre contient des moments hilarants avec des personnages devenus des publicités vivantes, conditionnés à "aboyer" à chaque coin de rue des slogans pour une marque de bière ou de lessive à des individus ciblés. C'est absurde mais il y a bien davantage dans ce roman où l'on peut "rembobiner" son enfant s'il se montre trop rebelle et susceptible de mal tourner. Malgré l'ironie et l'humour noir, LoveStar a quelque chose d'agressif et de corrosif dans sa forme quand il ne se perd pas dans des explications longuettes et parfois peu compréhensibles sur les différents systèmes qui régissent cet univers. Peut-être, pour l'apprécier pleinement, faut-il être en pleine forme et se laisser totalement aller ? Peut-être. C'est tout de même une bizarrerie que ce LoveStar.

PS : cette chronique est un peu confuse, désolé, elle est à l'image de ma lecture, à vrai dire.





Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Olivia-A
  09 mars 2015
Des hommes sans fil, une entreprise toute puissante capable de pénétrer l'esprit de chacun et d'utiliser les gens à des fins purement commerciales, des individus sans aucune prise sur leur destin mais finissant leur vie comme étoiles filante: si le monde décrit ici par l'auteur est d'abord fascinant, ce n'est que petit à petit que les failles se révèlent. La moralité des agissements d'ISTAR, l'entreprise créée par LoveStar se révèle de plus en plus douteuse, les personnages tombent bien facilement dans les excès (de folie, de paranoia, mais parfois aussi d'humanité).
Au milieu des inventions en tous genres, d'un monde qui ne cesse d'évoluer vers plus de servitude, une histoire d'amour peine à tenir debout depuis que Sigridur a été "calculée" comme seule et unique d'un autre homme.
Le dénouement, bien que surprenant, reste tout de même assez attendu, et la chronologie du roman perd parfois le lecteur dans ses méandres entre le passé, l'avenir, le présent, les inventions actuelles de LoveStar, les idées encore embryonnaires et celles déjà mises en place depuis longtemps.
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Nepenthes
  01 septembre 2017
Lovestar fut une belle découverte. Ce roman est une dystopie, dans laquelle la société s'est affranchie des nouvelles technologies : les hommes sont devenus "sans fil" et reçoivent directement leurs appels, messages etc. dans leurs cerveaux, via des ondes. Ce nouveau mode de communication a été développé par un homme : LoveStar, qui a étendu son empire sur le monde entier. Son entreprise a mis au point des services qui ont révolutionné la vie des hommes : LoveMort permet de ne plus enterrer ses proches mais de leur offrir un spectaculaire dernier voyage dans les étoiles, ReGret permet à chacun de se rassurer sur ses choix, et InLove entreprend de calculer votre amour parfait. Dans ce monde, on peut même rembobiner ses enfants si leur personnalité tend à devenir ingérable !

Cette société, qui ne cesse d'inventer de nouveaux services visant à rendre le monde plus lisse et vivable, a bien sûr le revers de sa médaille. Ceux qui refusent de se "mettre à jour" sont marginalisés, les entreprises exploitent avidement les zones langagières du cerveau pour utiliser les hommes comme des publicités ambulantes, et les personnes qui tentent d'aller à l'encontre de tous ces services devenus "la norme" sont mal vus. Pour ceux qui connaissent la série "Black Mirror", on retrouve un peu cette thématique d'une société complétement dévoyée par les technologies et les réseaux sociaux.

Très vite, l'atmosphère devient lourde dans ce roman. La plume de l'auteur rend parfaitement cette pression subie par tous les individus. Au point où on se demande quelle liberté les hommes de cette société possèdent encore. le roman dépeint une véritable descente aux enfers pour les deux protagonistes amoureux, qui tentent coûte que coûte d'aller à contre courant. Les dérives que prend cette nouvelle société ne laissent plus la place au libre arbitre, et les inventions des dirigeants de iStar vont toujours plus loin. Au fil des pages, on devient convaincu que tout cela ne peut pas bien finir... (mais je vous laisse découvrir ce qu'il en est).

La quatrième de couverture qualifiait LoveStar de roman entre "1984" et "L'écume des jours". J'y ai en effet un peu retrouvé de cet univers fou et onirique du roman de Boris Vian que j'aime tant. Si vous aimez ce genre d'histoire, entre rêve et cauchemar, se déroulant dans des univers un peu décalés, je ne saurai que trop vous le recommander.
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liliaza
  21 mai 2017
Comment parler de ce livre? C'est juste une pure merveille. J'en ai même eu les larmes aux yeux. Mais faisons les choses dans l'ordre.

Malgré ce que le résumé laisse entendre il ne s'agit pas juste d'une histoire d'amour. Il s'agit de l'histoire d'une vie : celle de Lovestar. C'est l'histoire du monde qu'il a créé et sa répercussion à la fois sur les habitants de notre planète mais aussi sur lui-même. Lovestar est un homme qui voulait améliorer les choses. C'est un génie qui va regarder un oiseau et inventer les lentilles "internet". Et pour mieux nous plonger dans cet univers l'auteur a choisit de nous offrir comme point de départ une histoire d'amour tragique. Que faire quand l'homme que vous pensiez être votre âme soeur ne l'est pas? Mais au delà de cela, est-ce que le système vous permettra de ne pas lui obéir? L'intérêt de ce livre est justement le fait qu'il ne se focalise pas sur une histoire d'amour. Nous suivons différents personnages évoluer, interagir dans ce monde qui n'est désormais que fiction et faux-semblants. Votre voisin peut être un spammeur ou un aboyeur c'est à dire qu'il crie des publicités. Quand vous rencontrez une femme (ou un homme) vous pouvez (devez?) faire un contrat comme quoi vous partirez une fois qu'Inlove aura trouvé votre âme soeur. C'est cette ambiance oppressive et tragique que j'ai adoré. On ne sait pas comment les choses vont évoluer, quel personnage va apparaitre.

L'auteur, inconnu en France, est très célèbre en Islande pour son livre/reportage en 2006 avec Dreamland. Manuel de survie pour une nation terrifiée où il donne la crise écologique et la surconsommation. On peut retrouver ces thèmes dans ce premier roman. Cette dystopie fait peur. Il n'y a pas d'autres mots. A l'heure où la technologie prend la place des choses simples, ce roman fait aussi figure d'anticipation.

Que ce soit pour l'écriture (très bien traduite au passage) ou pour l'histoire il n'y a pas de raison de passer à côté de ce petit bijou. A découvrir. Je ne souhaite qu'une chose : qu'il ne soit PAS adapté au cinéma. Ce serait un horrible gâchis.
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UnCurieux
  20 juin 2018
Imaginez un monde plus proche de la nature, un monde où l'homme, débarrassé des appareils électroniques, peut se connecter n'importe où, n'importe quand, avec n'importe qui.

Un monde où un génie, surnommé LoveStar, est consumé par ses idées, idées qui ont changé la face du monde.

Un monde où un couple vit un amour des plus mièvres dans la félicité la plus totale.

Un monde idyllique en somme? Pas vraiment.

Ce premier roman d'Andri Snaer Magnason, un auteur islandais que je ne connais guère, m'a laissé une impression forte et durable. L'imagination y est grande, foisonnante, les idées nombreuses et originales. Ici, point de hard-SF : soyez prévenus. Ce n'est pas l'objet de ce livre.

Son objet? Il ne se donne pas facilement. Une fable grinçante, un miroir déformé, une satire féroce : indubitablement. Mais encore? Une dystopie? Probablement. Mais une dystopie qui a de l'humour.

L'hypothèse de départ peut surprendre : à la suite de divers changements climatiques, ma foi assez surprenants (Chicago ensevelie sous le miel !), et d'une découverte tout aussi extraordinaire, l'humanité a pu se libérer des clés USB, fils, Wi-Fi et autres machins et bidules électroniques.
Libéré de cette technologie asservissante, l'humanité n'en a été que plus heureuse. Mais à quel prix?

Des critiques que j'ai pu survoler, LoveStar serait un roman dénonçant le consumérisme. Indubitablement, il y a de cela : le Service Ambiance prend le pas sur d'autres services ; LoveStar est trop occupé à avoir de nouvelles idées et à les faire accoucher pour se soucier véritablement des implications de ses créations ; la technique remplace le libre-arbitre, l'individu s'efface et s'en remet à des algorithmes qui ne disent pas leurs noms ; les hommes deviennent des outils pour les stratégies de communication des uns ou des autres (et pas que des entreprises).

Mon impression, c'est que l'auteur ne critique pas la technologie en soi, ni la consommation en soi : notre technologie moderne est d'ailleurs mise de côté dès le départ, tout comme nos modes de consommation. le problème, ce n'est pas la technique, c'est ce qu'on en fait et surtout la place qu'on veut bien lui donner : subordonner votre liberté la plus fondamentale à une machine, à un algorithme, à un procédé dont vous ne comprenez rien, c'est abdiquer quelque chose de fondamental.

Loin d'être technophobe, ce roman me paraît être un appel à la sagesse dans l'usage et la place laissée à telle ou telle technologie. Prenez inLove, par exemple, qui vous choisit votre âme soeur selon des critères scientifiques incontestables (et le résultat est là, ce n'est pas du charlatanisme) : que faire face à cela? Accepter? Se rebeller? Pour ceux qui regardent la série Black Mirror, c'est là le thème de l'épisode 4 de la saison 4 (et je ne peux m'empêcher de penser que les créateurs de Black Mirror ont lu LoveStar pour réaliser cet épisode…).
Islande, Sumer, même combat?

Une autre critique que je vois revenir est l'invraisemblance des technologies déployées dans le roman. Sans entrer dans le détail, il s'agit avant tout d'une technologie fondée sur la transmission des données s'inspirant « des ondes des oiseaux« .

C'est, à mon avis, une critique qui rate quelque peu sa cible : la vraisemblance n'est pas du tout un objectif de ce livre. Il s'agit, de toute évidence, d'une fable, d'un conte. Pour tout vous dire, je ne peux m'empêcher de penser à Pinocchio : serait-il juste ou pertinent de juger de la qualité de Pinocchio en se fondant surtout sur le fait qu'un pantin de bois ne peut vivre sa vie? Ni devenir un petit garçon?

Comment classer cette oeuvre? Il s'agit de littérature de l'imaginaire, c'est certain, mais encore? de la science-fiction? Certes, les procédés scientifiques y tiennent une place, mais ne sont au fond que le prétexte à des idées, des concepts, qui sont explorés dans le détail. Il ne s'agit pas d'anticipation, ni de SF d'anticipation : personne ne pense sérieusement que ce qui est décrit dans le livre puisse advenir de la façon dont cela est décrit -cela étant dit, je rappelle que ce livre a été publié en 2002, soit avant Google, Facebook, Twitter & consorts, les réseaux sociaux n'existaient pas : bien que ne relevant pas, à proprement parler, de la SF d'anticipation, il reste que ce livre contient en son sein des intuitions fulgurantes-. Si je devais classer cette oeuvre, je la rangerai du côté des contes futuristes, à mi-chemin entre la dystopie et la SF humoristique. Mais au fond, doit-on classer ce roman? Je vous laisse y réfléchir.

L'intrigue est, je le crains, le point faible de cette histoire. Je vous le dis franchement : je n'ai pas accroché à l'histoire de ce jeune couple islandais qui essaie de surmonter la fatalité algorithmique d'inLove pour vivre son amour en toute authenticité. Est-ce de mon fait? Je ne crois pas : cette histoire d'amour me paraît être un accessoire : on y revient de temps en temps, la chose se met en place très doucement, et la conclusion n'a rien de spectaculaire pour cet arc narratif-ci. Si vous cherchez une fresque épique mettant en scène deux amoureux transis triomphant d'un monde froid et indifférent, c'est clair, vous allez être déçu.

Mon avis? Prenez ce livre pour ce qu'il est : une parabole, un conte relevant de l'imaginaire mais qui n'en reste pas moins ancré dans certains aspects du réel, que ce soit notre relation à autrui ou à la technologie. N'y cherchez pas de la hard-SF ou une histoire d'amour, et tout ira bien.

Pour une critique (un peu) plus complète, vous pouvez aller sur mon blog !
Lien : https://journalduncurieux.co..
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bykiss
  09 mars 2015
Partez pour un voyage complètement déjanté ! La jaquette nous prévient que « rien n'arrête une idée » et c'est le moins qu'on puisse dire… Des idées, l'auteur en a à la pelle et il va jusqu'au bout de ses pensées, complètement folles, mais parfois cruellement plausibles !

La première partie du roman est consacrée à l'exploration de ce monde hors du commun : un futur débarrassé des câbles, où les gens restent néanmoins constamment connectés à tout et à tout le monde via les ondes. Cette nouvelle société futuriste fait marrer autant qu'elle fait peur : la publicité omniprésente, la possibilité de visionner en direct dans sa tête n'importe quel endroit sur terre, le rembobinage des enfants mal embarqués dans la vie, le calcul des âmes soeurs, et j'en passe. Tous les aspects de la vie (la mort, l'amour, la famille) sont passés au crible pour « améliorer » la société grâce à de nouvelles technologies révolutionnaires… qui finissent par ôter tout libre-arbitre.

Une fois cet univers mis en place, on rencontre enfin nos deux héros, Sigridur et Indridi, fous amoureux, jusqu'au jour où on les prévient qu'ils ne sont pas des âmes soeurs. Bien au contraire, Sigridur a été « calculée » et son véritable amour l'attend bien sagement dans le département de LoveStar. Comment se révolter contre une machine qui entend bien avoir le dernier mot, coûte que coûte ? Leur histoire est désopilante et révèle bien des surprises.

Le roman souffre malheureusement de grosses longueurs, notamment lors des passages sur LoveStar, le créateur de tout ce cirque, et il faut attendre une bonne centaine de pages pour découvrir l'histoire d'Indridi et de Sigridur. Il faut parfois s'accrocher pour comprendre tout cet univers et les nombreuses digressions, mais il vaut vraiment la peine, ne serait-ce que pour rencontrer « les aboyeurs », ces personnes débitant en rue des publicités ciblées en fonction des gens qu'ils croisent.

On tombe plus d'une fois dans l'absurde, en se disant « Non, il n'a pas osé, quand même… ». Mais si ! Dans ce roman, il faut accepter de se laisser happer par cet univers délirant et il devient une vraie mine d'or tant on passe de découvertes en découvertes. L'auteur parvient à nous faire rire tout en pointant le doigt de façon très judicieuse sur les dérives possibles d'une société hyper-connectée, vers laquelle nous tendons de plus en plus.
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Walkyrie29
  12 octobre 2017
Dans un monde futuriste où les sternes arctiques ont élues domicile à Paris et les mouches à miel colonisées Chicago, notre monde n'est plus. Un génie aux idées aussi révolutionnaires qu'incongrues, Lovestar, a bâti son entreprise Istar à partir de l'étude des ondes de communication des oiseaux. Un univers d'anticipation où la profusion des ondes ont pris le pas sur l'ensemble des moyens de communication, l'homme est connecté, oublié les fils et l'électronique, tout un système est né et les aboyeurs, des crieurs de publicité et de compliments, avec. Mais, il n'y a malheureusement pas que ça. Dans ce monde régi d'idées folles de l'homme qui se fait appeler "Lovestar", l'entreprise islandaise Istar domine le monde par de multiples "sous-entreprises" ; LoveMort, envoie votre dépouille dans l'espace et le projette dans l'atmosphère brûlant ainsi en étoile filante, des obsèques incroyables ayant pour but de cantonner les obsèques traditionnelles et la putréfaction des corps au rang obsolète, ReGret, vous permet entre autre de vous rassurer quant à une décision qui vous turlupinerait, quelles seraient les conséquences si vous ne l'aviez pas prise ? Les réponses sont évidemment toujours funestes ou du moins horribles, InLove, vous permet entre autre via un calcul scientifique de trouver votre "seul et unique", l'amour et le bonheur vous y attendent ceci afin d'amener la population a une symbiose loin des discordances politiques et raciales, le tout est bien évidemment promu et vanté par Ambiance, le pôle communication et publicitaire de l'entreprise.

Dans ce contexte riche et extraordinaire d'imagination, l'auteur embarque son lectorat à travers deux histoires distinctes. Celle de Lovestar d'abord, l'homme par qui ce monde peut exister, démarre dans un avion, seul, une graine à la main, il ne lui reste que quelques heures à vivre mais la graine doit être sauvée. Que va t-il se passer ? Qu'est réellement cette graine ? A travers ce personnage, l'auteur nous ballade dans le temps, entre passé et présent du personnage, l'omniprésence d'une idée bien ancrée, la concrétisation de ses idées grandioses et tout le système qu'il a créé qui en découle. On a ainsi le regard du créateur de ce monde. Celle d'Indridi et de Sigridur ensuite, un couple vivant un amour passionnel hors conception d'InLove, persuadés d'être l'un et l'autre le "seul et unique" de l'autre, pourtant un jour, une lettre d'InLove arrive pour Sigridur, un certain Per Moller lui est destiné et peut lui être présenté rapidement dans le Nord au siège d'Istar. Sigridur refuse cette rencontre mais s'opposer au système va vite se révéler très difficile et nuisible pour le couple. On a ainsi le point de vue de victimes de cette société quasiment dictatoriale si vous n'entrez pas dans le moule.

Cette lecture est d'une richesse assez incroyable, on sent le foisonnement des idées et de l'imagination de l'auteur, si on met du temps à rentrer dans l'histoire, le temps de s'imprégner de l'univers, dense et étoffé, des différentes structures qui le régissent mais aussi de son origine, des personnages, une fois les bases posées, on s'immerge rapidement dans le délire de l'auteur. On peut très honnêtement parler de délire imaginatif et romantique, parce que ça part un peu dans tous les sens, mais cela reste néanmoins structuré et très détaillé, le lien entre le cartésianisme scientifique, l'incongruité de certaines idées et la naïveté des personnages, peut être difficile à assimiler, et tout cela mélangé donne quelque chose d'à la fois intelligent, magique et parfois même complètement absurde. Il faut le lire pour comprendre le fond de ma pensée, mais l'auteur a vraiment une imagination de dingue. On est clairement dans une espère de satire d'une société et d'une humanité en devenir : sur-consommation, dépendance d'un système, dictature, oppression, déshumanisation et crise écologique sont certainement les fléaux qui nous attendent, conséquence d'une société où la technologie, la sur-consommation, la sur-production, et la sur-exploitation prennent le pas sur les bases de la vie humaine et de son environnement. Il y a donc énormément d'idées et de réflexions cachées dans cet ouvrage qui est soit dit en passant très soigneusement écrit, la plume est poétique et maîtrisée, très riche, parfois soporifique mais le fond est vraiment génial.

En bref, un ouvrage de science-fiction bluffant d'imagination et intelligent d'idées foisonnantes et anticipatives où l'amour trône au coeur. A titre personnel, si c'est le monde qui attend les générations à venir, il est effrayant par cette omniprésence de contrôle, ce manque de spontanéité si propre à notre espèce. Un regard certes extrémiste mais qui mérite qu'on y réfléchisse. Une lecture à conseiller !

Je remercie Louve du forum Mort Sure et son partenaire les éditions J'ai lu pour ce partenariat original.
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JoyeuxDrille
  13 août 2017
Un roman d'anticipation qui réussit à être profond et drôle, satirique et poétique, inventif et visionnaire, jusqu'à l'absurde, parfois. Une version 3.0 du "Meilleur des mondes", où la domination vient d'une entreprise commercial. Magnason dénonce avec force la société de consommation et le capitalisme effréné qui recherche le contrôle absolu. Et pourtant, il ne fait pas de LoveStar un monstre, mais un personnage plus complexe.
Lien : http://appuyezsurlatouchelec..
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Charybde2
  15 mai 2017
Fable faustienne apocalyptique et sommet de noirceur humoristique.

Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2017/05/15/note-de-lecture-lovestar-andri-snaer-magnason/
Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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