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ISBN : 2843047005
Éditeur : Zulma (08/01/2015)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 140 notes)
Résumé :
"Peu de temps après que les mouches à miel eurent colonisé Chicago, les papillons monarques furent saisis d'un étrange comportement. [...] Au lieu d'aller vers le sud rejoindre leurs quartiers d'hiver, ils se dirigèrent vers le nord." C'est ainsi que s'ouvre le roman, fable imaginative et pourtant étrangement familière, tenant à la fois de Calvino et des Monty Python. Face à la soudaine déroute de toutes sortes d'espèces volantes, le génial LoveStar, vibrionnant et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
fabienne2909
  12 avril 2015
Attention à l'objet non identifié qu'est ce « LoveStar », et que nous propose l'Islandais Andri Snaer Magnason !
Dans un futur non identifié et qui pourtant semble très proche, le monde tel que nous le connaissons a pris fin avec le dérèglement climatique : Paris a été envahi par les sternes arctiques, Chicago, envahie par les mouches à miel, n'est plus qu'une immense jungle suintante de miel.
Dans cet univers, Istar, l'entreprise islandaise gérée par LoveStar, a pris le dessus en ayant anticipé le changement et travaillé sur la communication et la transmission de données via les ondes. Un nouvel homme moderne est donc né, un homme connecté, presque télépathe, mais asservi par les trouvailles marketing de LoveStar (gare à ceux qui oseraient ne pas y recourir, l'exclusion sociale est garantie) : pour quelques couronnes islandaises, des hommes sont programmés pour vous couvrir de compliments, d'autres le sont pour aboyer des publicités (d'où leur nom d'aboyeurs), d'autres sont des hébergeurs clandestins qui, sous couvert de l'amitié, sont en fait chargés de vous faire acheter des biens dont vous n'avez pas besoin, regarder des navets tout en faisant des compte-rendu détaillés de vos goûts. L'application ReGret vous permet de vous rassurer sur vos choix en vous informant de ce qui serait advenu (en bref, que des horreurs) si d'aventure vous en aviez fait un autre… le service LoveMort quant à lui permet d'envoyer votre dépouille dans les airs pour qu'elle revienne dans la couche d'ozone sous forme de feu d'artifice (et ainsi débarrasser la Terre des cimetières et faire oublier le pourrissement des corps). Il n'y a pas un domaine que LoveStar ne couvre pas, même celui de l'amour, puisque le service inLove calcule, à partir des ondes émises par les êtres humains, qui est leur âme soeur (soit l'application à la lettre du concept « peace and love » : une fois que le monde sera dominé par l'amour, il n'y aura plus de guerre, et la félicité règnera).
Dans cette société connectée, les jeunes Indriði et Sigríður s'aiment d'un amour fou et absolu. Problème : ils s'aiment en dehors de l'application inLove, et un beau jour Sigríður reçoit une lettre l'informant qu'elle a été « calculée » et que son seul et unique n'est pas Indriði… Les amoureux décident de se dérober à l'obligation faite à Sigríður d'aller dans le Nord rencontrer son promis, et là la machine à broyer qu'est Istar se met en place : harcèlement, intimidations, déclassement social… Tout est fait pour qu'Indriði et Sigríður se déchirent, et se séparent.
Parallèlement à cette histoire d'amour contrariée, LoveStar est dans un avion, une graine dans la main, ce qui le rend passablement perplexe, d'autant plus qu'il est annoncé qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Suspense, suspense… Que va-t-il se passer ?
Il y a du George Orwell et de l'Aldous Huxley dans cet ouvrage (et probablement d'autres auteurs de science-fiction/anticipation, mais mes limites en ce domaine sont vite rencontrées !) inclassable et foisonnant. Trop peut-être (voire même sûrement). En effet, l'auteur a mille idées à la minute, qu'il case toutes soigneusement dans son roman. le résultat est un monde futuriste plutôt cohérent, gérée d'une main dictatoriale par LoveStar. le message de l'ultra-communication, du marketing débridé qui mène à la dictature et à la déshumanisation, ainsi passé à l'aide de modèles dézingués (les Mickeys de compagnie agressifs qui dévorent les enfants, le Grand Méchant Loup qui n'a pas réussi à être programmé pour être méchant, etc.) finit par être bien compris.
De plus, certaines idées sont plutôt drôles, d'autres beaucoup moins. Mais une grande froideur règne sur l'ensemble, et surtout… qu'est-ce que c'est long et compliqué ! Déjà, l'auteur met 140 pages à aborder l'histoire qui est présentée comme étant la principale (celle d'Indriði et Sigríður) pour raconter en premier lieu, et dans le détail, celle de son monde, ce qui peut se justifier, mais il introduit des concepts qu'il explique toujours quelques pages après les avoir introduits, ce qui fait qu'on ne comprend rien pendant ces passages-là.
En outre, il choisit d'alterner les histoires de LoveStar et d' Indriði et Sigríður, mais de manière non chronologique, ce qui n'aide pas non plus à se retrouver dans l'histoire. Ce sentiment de confusion, entretenu sur toute la longueur du roman, devient à la longue assez désagréable. On a le sentiment que l'auteur en fait trop, veut trop bien faire, sans toutefois réussir à insuffler suffisamment d'humanité (peut-être était-ce voulu, au final), ce qui rend la lecture malaisée. Une fin bâclée ne vient pas rattraper ces défauts, faisant de LoveStar un roman au sujet trop ambitieux par rapport au traitement qui en est fait.
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Walkyrie29
  12 octobre 2017
Dans un monde futuriste où les sternes arctiques ont élues domicile à Paris et les mouches à miel colonisées Chicago, notre monde n'est plus. Un génie aux idées aussi révolutionnaires qu'incongrues, Lovestar, a bâti son entreprise Istar à partir de l'étude des ondes de communication des oiseaux. Un univers d'anticipation où la profusion des ondes ont pris le pas sur l'ensemble des moyens de communication, l'homme est connecté, oublié les fils et l'électronique, tout un système est né et les aboyeurs, des crieurs de publicité et de compliments, avec. Mais, il n'y a malheureusement pas que ça. Dans ce monde régi d'idées folles de l'homme qui se fait appeler "Lovestar", l'entreprise islandaise Istar domine le monde par de multiples "sous-entreprises" ; LoveMort, envoie votre dépouille dans l'espace et le projette dans l'atmosphère brûlant ainsi en étoile filante, des obsèques incroyables ayant pour but de cantonner les obsèques traditionnelles et la putréfaction des corps au rang obsolète, ReGret, vous permet entre autre de vous rassurer quant à une décision qui vous turlupinerait, quelles seraient les conséquences si vous ne l'aviez pas prise ? Les réponses sont évidemment toujours funestes ou du moins horribles, InLove, vous permet entre autre via un calcul scientifique de trouver votre "seul et unique", l'amour et le bonheur vous y attendent ceci afin d'amener la population a une symbiose loin des discordances politiques et raciales, le tout est bien évidemment promu et vanté par Ambiance, le pôle communication et publicitaire de l'entreprise.
Dans ce contexte riche et extraordinaire d'imagination, l'auteur embarque son lectorat à travers deux histoires distinctes. Celle de Lovestar d'abord, l'homme par qui ce monde peut exister, démarre dans un avion, seul, une graine à la main, il ne lui reste que quelques heures à vivre mais la graine doit être sauvée. Que va t-il se passer ? Qu'est réellement cette graine ? A travers ce personnage, l'auteur nous ballade dans le temps, entre passé et présent du personnage, l'omniprésence d'une idée bien ancrée, la concrétisation de ses idées grandioses et tout le système qu'il a créé qui en découle. On a ainsi le regard du créateur de ce monde. Celle d'Indridi et de Sigridur ensuite, un couple vivant un amour passionnel hors conception d'InLove, persuadés d'être l'un et l'autre le "seul et unique" de l'autre, pourtant un jour, une lettre d'InLove arrive pour Sigridur, un certain Per Moller lui est destiné et peut lui être présenté rapidement dans le Nord au siège d'Istar. Sigridur refuse cette rencontre mais s'opposer au système va vite se révéler très difficile et nuisible pour le couple. On a ainsi le point de vue de victimes de cette société quasiment dictatoriale si vous n'entrez pas dans le moule.
Cette lecture est d'une richesse assez incroyable, on sent le foisonnement des idées et de l'imagination de l'auteur, si on met du temps à rentrer dans l'histoire, le temps de s'imprégner de l'univers, dense et étoffé, des différentes structures qui le régissent mais aussi de son origine, des personnages, une fois les bases posées, on s'immerge rapidement dans le délire de l'auteur. On peut très honnêtement parler de délire imaginatif et romantique, parce que ça part un peu dans tous les sens, mais cela reste néanmoins structuré et très détaillé, le lien entre le cartésianisme scientifique, l'incongruité de certaines idées et la naïveté des personnages, peut être difficile à assimiler, et tout cela mélangé donne quelque chose d'à la fois intelligent, magique et parfois même complètement absurde. Il faut le lire pour comprendre le fond de ma pensée, mais l'auteur a vraiment une imagination de dingue. On est clairement dans une espère de satire d'une société et d'une humanité en devenir : sur-consommation, dépendance d'un système, dictature, oppression, déshumanisation et crise écologique sont certainement les fléaux qui nous attendent, conséquence d'une société où la technologie, la sur-consommation, la sur-production, et la sur-exploitation prennent le pas sur les bases de la vie humaine et de son environnement. Il y a donc énormément d'idées et de réflexions cachées dans cet ouvrage qui est soit dit en passant très soigneusement écrit, la plume est poétique et maîtrisée, très riche, parfois soporifique mais le fond est vraiment génial.
En bref, un ouvrage de science-fiction bluffant d'imagination et intelligent d'idées foisonnantes et anticipatives où l'amour trône au coeur. A titre personnel, si c'est le monde qui attend les générations à venir, il est effrayant par cette omniprésence de contrôle, ce manque de spontanéité si propre à notre espèce. Un regard certes extrémiste mais qui mérite qu'on y réfléchisse. Une lecture à conseiller !
Je remercie Louve du forum Mort Sure et son partenaire les éditions J'ai lu pour ce partenariat original.
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UnCurieux
  20 juin 2018
Imaginez un monde plus proche de la nature, un monde où l'homme, débarrassé des appareils électroniques, peut se connecter n'importe où, n'importe quand, avec n'importe qui.
Un monde où un génie, surnommé LoveStar, est consumé par ses idées, idées qui ont changé la face du monde.
Un monde où un couple vit un amour des plus mièvres dans la félicité la plus totale.
Un monde idyllique en somme? Pas vraiment.
Ce premier roman d'Andri Snaer Magnason, un auteur islandais que je ne connais guère, m'a laissé une impression forte et durable. L'imagination y est grande, foisonnante, les idées nombreuses et originales. Ici, point de hard-SF : soyez prévenus. Ce n'est pas l'objet de ce livre.
Son objet? Il ne se donne pas facilement. Une fable grinçante, un miroir déformé, une satire féroce : indubitablement. Mais encore? Une dystopie? Probablement. Mais une dystopie qui a de l'humour.
L'hypothèse de départ peut surprendre : à la suite de divers changements climatiques, ma foi assez surprenants (Chicago ensevelie sous le miel !), et d'une découverte tout aussi extraordinaire, l'humanité a pu se libérer des clés USB, fils, Wi-Fi et autres machins et bidules électroniques.
Libéré de cette technologie asservissante, l'humanité n'en a été que plus heureuse. Mais à quel prix?
Des critiques que j'ai pu survoler, LoveStar serait un roman dénonçant le consumérisme. Indubitablement, il y a de cela : le Service Ambiance prend le pas sur d'autres services ; LoveStar est trop occupé à avoir de nouvelles idées et à les faire accoucher pour se soucier véritablement des implications de ses créations ; la technique remplace le libre-arbitre, l'individu s'efface et s'en remet à des algorithmes qui ne disent pas leurs noms ; les hommes deviennent des outils pour les stratégies de communication des uns ou des autres (et pas que des entreprises).
Mon impression, c'est que l'auteur ne critique pas la technologie en soi, ni la consommation en soi : notre technologie moderne est d'ailleurs mise de côté dès le départ, tout comme nos modes de consommation. le problème, ce n'est pas la technique, c'est ce qu'on en fait et surtout la place qu'on veut bien lui donner : subordonner votre liberté la plus fondamentale à une machine, à un algorithme, à un procédé dont vous ne comprenez rien, c'est abdiquer quelque chose de fondamental.
Loin d'être technophobe, ce roman me paraît être un appel à la sagesse dans l'usage et la place laissée à telle ou telle technologie. Prenez inLove, par exemple, qui vous choisit votre âme soeur selon des critères scientifiques incontestables (et le résultat est là, ce n'est pas du charlatanisme) : que faire face à cela? Accepter? Se rebeller? Pour ceux qui regardent la série Black Mirror, c'est là le thème de l'épisode 4 de la saison 4 (et je ne peux m'empêcher de penser que les créateurs de Black Mirror ont lu LoveStar pour réaliser cet épisode…).
Islande, Sumer, même combat?
Une autre critique que je vois revenir est l'invraisemblance des technologies déployées dans le roman. Sans entrer dans le détail, il s'agit avant tout d'une technologie fondée sur la transmission des données s'inspirant « des ondes des oiseaux« .
C'est, à mon avis, une critique qui rate quelque peu sa cible : la vraisemblance n'est pas du tout un objectif de ce livre. Il s'agit, de toute évidence, d'une fable, d'un conte. Pour tout vous dire, je ne peux m'empêcher de penser à Pinocchio : serait-il juste ou pertinent de juger de la qualité de Pinocchio en se fondant surtout sur le fait qu'un pantin de bois ne peut vivre sa vie? Ni devenir un petit garçon?
Comment classer cette oeuvre? Il s'agit de littérature de l'imaginaire, c'est certain, mais encore? de la science-fiction? Certes, les procédés scientifiques y tiennent une place, mais ne sont au fond que le prétexte à des idées, des concepts, qui sont explorés dans le détail. Il ne s'agit pas d'anticipation, ni de SF d'anticipation : personne ne pense sérieusement que ce qui est décrit dans le livre puisse advenir de la façon dont cela est décrit -cela étant dit, je rappelle que ce livre a été publié en 2002, soit avant Google, Facebook, Twitter & consorts, les réseaux sociaux n'existaient pas : bien que ne relevant pas, à proprement parler, de la SF d'anticipation, il reste que ce livre contient en son sein des intuitions fulgurantes-. Si je devais classer cette oeuvre, je la rangerai du côté des contes futuristes, à mi-chemin entre la dystopie et la SF humoristique. Mais au fond, doit-on classer ce roman? Je vous laisse y réfléchir.
L'intrigue est, je le crains, le point faible de cette histoire. Je vous le dis franchement : je n'ai pas accroché à l'histoire de ce jeune couple islandais qui essaie de surmonter la fatalité algorithmique d'inLove pour vivre son amour en toute authenticité. Est-ce de mon fait? Je ne crois pas : cette histoire d'amour me paraît être un accessoire : on y revient de temps en temps, la chose se met en place très doucement, et la conclusion n'a rien de spectaculaire pour cet arc narratif-ci. Si vous cherchez une fresque épique mettant en scène deux amoureux transis triomphant d'un monde froid et indifférent, c'est clair, vous allez être déçu.
Mon avis? Prenez ce livre pour ce qu'il est : une parabole, un conte relevant de l'imaginaire mais qui n'en reste pas moins ancré dans certains aspects du réel, que ce soit notre relation à autrui ou à la technologie. N'y cherchez pas de la hard-SF ou une histoire d'amour, et tout ira bien.
Pour une critique (un peu) plus complète, vous pouvez aller sur mon blog !
Lien : https://journalduncurieux.co..
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Nepenthes
  01 septembre 2017
Lovestar fut une belle découverte. Ce roman est une dystopie, dans laquelle la société s'est affranchie des nouvelles technologies : les hommes sont devenus "sans fil" et reçoivent directement leurs appels, messages etc. dans leurs cerveaux, via des ondes. Ce nouveau mode de communication a été développé par un homme : LoveStar, qui a étendu son empire sur le monde entier. Son entreprise a mis au point des services qui ont révolutionné la vie des hommes : LoveMort permet de ne plus enterrer ses proches mais de leur offrir un spectaculaire dernier voyage dans les étoiles, ReGret permet à chacun de se rassurer sur ses choix, et InLove entreprend de calculer votre amour parfait. Dans ce monde, on peut même rembobiner ses enfants si leur personnalité tend à devenir ingérable !
Cette société, qui ne cesse d'inventer de nouveaux services visant à rendre le monde plus lisse et vivable, a bien sûr le revers de sa médaille. Ceux qui refusent de se "mettre à jour" sont marginalisés, les entreprises exploitent avidement les zones langagières du cerveau pour utiliser les hommes comme des publicités ambulantes, et les personnes qui tentent d'aller à l'encontre de tous ces services devenus "la norme" sont mal vus. Pour ceux qui connaissent la série "Black Mirror", on retrouve un peu cette thématique d'une société complétement dévoyée par les technologies et les réseaux sociaux.
Très vite, l'atmosphère devient lourde dans ce roman. La plume de l'auteur rend parfaitement cette pression subie par tous les individus. Au point où on se demande quelle liberté les hommes de cette société possèdent encore. le roman dépeint une véritable descente aux enfers pour les deux protagonistes amoureux, qui tentent coûte que coûte d'aller à contre courant. Les dérives que prend cette nouvelle société ne laissent plus la place au libre arbitre, et les inventions des dirigeants de iStar vont toujours plus loin. Au fil des pages, on devient convaincu que tout cela ne peut pas bien finir... (mais je vous laisse découvrir ce qu'il en est).
La quatrième de couverture qualifiait LoveStar de roman entre "1984" et "L'écume des jours". J'y ai en effet un peu retrouvé de cet univers fou et onirique du roman de Boris Vian que j'aime tant. Si vous aimez ce genre d'histoire, entre rêve et cauchemar, se déroulant dans des univers un peu décalés, je ne saurai que trop vous le recommander.
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Satheynes
  25 mai 2015
Love Star est un monde effarant où l'amour de « Love » décide de tout. « Love » vous indique, -par le biais d'une programmation scientifique implacable car tellement probante-, qui aimer afin de connaître le vrai bonheur, celui écrit selon Love Star... Dans ce système, rien n'est laissé au hasard, c'est dire que le libre-arbitre n'a plus de raison d'être, et l'on peut même se connecter aux zones langagières de votre cerveau pour vous imposer les mots à vomir, les slogans à promulguer, surtout pour ceux qui sont contraints de devenir une machine à meugler de la publicité, sans compter les hébergeurs clandestins, qui sous couvert de bonnes intentions, (exit la noblesse de l'amitié), vous incitent à vous dévoiler, afin de dresser le rapport qui pourra inventorier vos goûts, habitudes, relations, et ce, dans le but ultime de généreusement vous proposer les produits qui sauront vous plaire à goût sûr…
Quant à Love Mort, il s'occupe de votre mort, et donne à cette dernière étape une majesté inédite en faisant exploser dans l'espace feu votre enveloppe corporelle, puisque les chairs ne sont bien évidemment plus vouées à se décomposer sous terre ; la nouvelle humanité étant vouée à se défaire au maximum de ses liens avec ses origines et avec la putréfaction qui lui est inhérente. La Science nouvelle a fait l'Homme Nouveau… Et la nouvelle chair de l'homme réside dans la connexion et le sans fil. La marginalité reste pourtant officiellement permises, il suffit pour ce faire de s'exclure de tout ce qui fait un monde ultra-relié et ultra-connecté, et d'accepter d'en subir les contraintes comme de devoir composer un numéro de téléphone (plus ou moins certain et plus ou moins « trouvable ») afin que votre chasse d'eau puisse être enclenchée… Exemple fort prosaïque, mais à peine problématique et emblématique de ce qui menace les libertaires résistants…
Pourtant, au départ, Love Star était un homme amoureux de sa femme et des oiseaux, il choyait l'une et étudiait les modes de communication des autres ; sauf qu'au final, il a trouvé… Dieu… Où disons qu'il réalise l'Apocalypse !!!
Et dans cet enfer de nouveautés technologiques, pavé de bonnes intentions (comme il se doit), il y deux amants qui tentent de nager à contre-courant de tous les autres ; et de ceux-là mêmes qui justifient à eux-mêmes la probité de leurs décisions en se servant d'un autre outil implacable mis à leur disposition, à savoir : Love Regret. Celui-ci est un service qui vous indique à coup sûr que vous avez fait le bon choix, et que toute autre décision vous aurait inéluctablement conduit à la mort….
Alors, dans ce monde pré et pro-formaté, deux amants, deux résistants, Ingridur et Sigridur se retrouveront Adam et Eve dans un nouveau jardin d'Eden, lequel leur échoit en partage, en récompense de leur ténacité à ne pas vouloir pour eux ce que d'autres avaient décidé… Ils n'auront succombé ni à la voix, ni à la voie de Love Star, ils auront fait le choix du libre choix, et le Paradis sera leur nouveau terreau…
Bouleversant récit à la croisée de « 1984 » et de « L'écume des jours » (pour toute la folle inventivité de l'auteur), drôle parce que cruel et onirique à la fois, et terrible car il pousse à l'excès toutes nos tendances à la « servitude volontaire »... La preuve est faite que l'on ne se méfie jamais assez des rêves que l'on veut nous faire rêver, et que l'on ne cultive jamais assez notre propre jardin… La soumission intellectuelle est pire qu'une fainéantise, c'est un crime commis contre soi-même…
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critiques presse (4)
LaPresse   28 mai 2015
Cette brillante dystopie islandaise et son héros rebelle rappelleront à plusieurs l'univers globalien de Rufin.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   26 mai 2015
Cette brillante dystopie islandaise et son héros rebelle rappelleront à plusieurs l'univers globalien de Rufin.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   02 février 2015
C'est drôle, absurde, fou : les loups se font agneaux, les Mickey, agressifs et méchants, des coureurs font tourner les éoliennes, le maître se fait déborder par l'un de ses sbires. Et le lecteur ne rêve plus que d'aller fouler à son tour ce pays futuriste empli de volcans et de trolls millénaires.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Chro   28 janvier 2015
L’Islandais Andri Snaer Magnason réussit ici une très jolie satire poétique : drôle, grinçant, surprenant, intelligemment outré, LoveStar recèle également quelques moments d’une surprenante douceur, cachés là où on ne les attendrait pas.
Lire la critique sur le site : Chro
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   06 mars 2015
Face à la bêtise de la population, les savants hochaient tristement la tête. Il n’avait jamais été prouvé que les ondes eussent le moindre effet sur la santé, déclaraient les médecins. Quant aux scientifiques sérieux, ils refusaient de se laisser entraîner sur un terrain réservé aux hurluberlus.
Dans un hangar désaffecté de l’aéroport de Reykjavík s’était en revanche réuni un groupe international constitué d’ornithologues, de spécialistes en aérodynamique et en chimie organique qui s’était fixé pour objectif de se pencher d’un peu plus près sur les ondes. Jour et nuit, ils travaillaient à disséquer et analyser des sternes, des
colombes, des frelons, des saumons et des papillons monarques. Animés d’une foi inébranlable, ils avaient la certitude qu’il était possible de découvrir le secret régissant le sens de l’orientation. L’entreprise avait été baptisée LoveStar. C’est
également sous ce nom qu’on connaissait son directeur. Aucune précision ne fut communiquée sur le choix de cette dénomination.
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sophroniesophronie   02 octobre 2016
Jamaguchi projeta sur le mur une kyrielle de conclusions. Quand le cobaye avait faim, la ligne restait immobile. Elle l'était également quand il recevait un stimulis sexuel, elle ne bougeait pas non plus quand il était plongé dans le silence et qu'il avait envie d'un peu de musique, et rien ne se produisait quand il avait peur, quand il se mettait en colère ou qu'il ressentait du dégoût. Lovestar parcourut la liste des conséquences ou plutôt l'absence de conséquences produites sur la ligne par toutes sortes de stimuli.
- Captivant, répéta-t-il.
Jamaguchi le regarda droit dans les yeux.
- Non, cela n'a rien de captivant, corrigea-t-elle. ce qui est passionnant ne vient que maintenant.
Elle s'approcha du cobaye.
- Puis-je vous demander encore une petite chose ? Essayez de faire ce que votre grand-mère vous a enseigné. Essayez de prier.
- dans quel but ?
- Faites une prière, priez pour nous, priez pour votre grand-mère.
L'homme ferma les yeux et se concentra.
la ligne se mit soudain à onduler. Lovestar s'approcha du mur bleu et promena son index au sommet de la courbe en un geste élégant.
- Cette courbe ne se forme que quand il prie ?
- En effet, confirma Jamaguchi.
- Et alors ?
- Nous pensions qu'il s'agissait peut-être de vestiges d'une aire du cerveau dont les êtres humains se servaient il y a un milliard d'années, à l'époque où l'homme était un poisson ou une paramécie, des restes de quelque chose qui aurait disparu au fil de l'évolution.
....
Nous avons d'abord pensé qu'il s'agissait d'un système primitif, puis nous nous sommes penchés sur le phénomène de la prière. les animaux sont incapables de prier. La prière est le propre de l'homme.
- Je vois.
- Et une partie du genre humain continue de recourir à ces ondes. Aux quatre coins du monde, des vieilles femmes apprennent à leurs petits enfants comment émettre ce type d'ondes. Il doit bien exister une raison à ça, non ?
- J'ai une théorie.
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Charybde2Charybde2   15 mai 2017
L’amour imbécile et contraire aux lois de la science était en jeu. Toutefois, l’instinct maternel du Grand Méchant Loup était si puissant que l’animal sentait Indriði s’éloigner. Il avait l’impression qu’on tirait un élastique depuis les profondeurs de son cœur. Si cet élastique lâchait, il lui reviendrait comme un boomerang en un claquement affreusement douloureux. L’animal se tordait et écumait tandis que l’élastique s’allongeait, mais bientôt, il n’y tint plus et se mit à hurler à la mort, à souffler, à gratter et à mordre la paroi d’acier tandis que les renards aqqaqaqqaient, que les Mickey s’affolaient et mickeyaient comme s’il en allait de leur vie. Mikkamikk ! Mikkamikk ! Le chef de la sécurité rampa, tremblant comme une feuille, sur la passerelle d’acier et lui décocha une dose d’anesthésiant. Le calme revint, un expert suédois en ingénierie animalière accourut et les deux hommes entreprirent d’attacher la bête en la fixant au sol, ignorant que la drogue avait manqué sa cible. Couchée sur le dos, langue pendante, la louve attendit que l’occasion se présente et arracha le bras du chef de la sécurité qui se mit à hurler. Elle bondit sur la passerelle, traversa la salle des pluviers et sortit dans la rue. N’écoutant que son instinct maternel, elle détala droit vers le nord.
Debout sur la passerelle de verre entre son bureau et l’usine à pluviers, Grímur la regarda partir.
– Adieu le loup ! marmonna-t-il en allumant sa pipe. Il fallait s’y attendre. Les Mickey sont méchants, le loup est gentil et tout converge vers ce trou noir dans le nord, soupira-t-il tristement, le front plaqué contre la vitre.
Le ciel s’assombrissait étrangement sur le mont Esja.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   28 mars 2015
Chaque occasion inexploitée pesait sur le présent, mais ce n'était pas tout. Le futur recelait des millions d'options possibles qui en engendraient elles-mêmes des million d'autres et pour finir, lorsque les gens avaient fait un choix au profit d'un autre, une chose étrange se produisait. La kyrielle d'options qu'ils avaient écartées se transformait en regrets. Ainsi, constamment comprimés dans le présent, les gens ployaient sous le poids d'un futur et d'un passé conjugués, ce qui n'arrangeait rien. Les options se multipliaient, les regrets augmentaient proportionnellement jusqu'à ce que les individus se voient figés sur place, enferrés dans une toile aussi invisible qu'inextricable. C'est alors que ReGret entrait en scène pour les secourir et les aider à faire table rase du passé. D'après ReGret, chacune de leurs décisions était l'UNIQUE choix ADEQUAT. Le moindre écart les aurait conduit à une mort certaine ou aurait provoqué la fin du monde. Chaque individu c'était trouvé en danger de mort il en avait échappé parce qu'il avait pris la SEULE ET UNIQUE BONNE décision. Voilà pourquoi on avait toutes les raisons de se réjouir, après tout, on était vivant.
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mr-malchancemr-malchance   07 août 2018
L'idée monopolise l'ensemble de l'activité cérébrale, elle met à l'écart les sentiments et les souvenirs, vous conduit à négliger votre famille et vos amis en vous poussant vers un but unique : sa mise en oeuvre. Elle s'empare de sphères langagières du cerveau et prend toute la place. Elle vous prive d'appétit, diminue vos besoins en sommeil, déclenche dans votre cerveau la fabrication d'une hormone plus puissante que les amphétamines et peut vous maintenir en éveil des mois durant. Lorsqu'une idée voit le jour, l'homme dont elle s'empare se vide de sa substance. Même si, nimbé par sa lumière, il essaie de s'y accrocher et s'emploie à l'associer à sa personne, voir la baptise de son propre nom, il n'en tire aucune satisfaction. Celui qui a senti en lui une idée grandir et se préciser, celui qui en a été l'esclave pendant des mois, voir des années, sait que l'idée en soi ne vaut rien. Avoir eu une idée un jour et s'en satisfaire reviens à se satisfaire d'avoir connu la jouissance une seule fois, assouvi sa faim ou étanché sa soif une seule fois. Celui qui a connu le goût d'une idée ne désir rien plus ardemment que d'en voir arriver une nouvelle, qui le réduira une fois de plus en esclavage. Rien n'est aussi triste qu'un homme qui a inventé une seule chanson, une seule histoire, trouvé une seule idée, puis plus rien. Il ne sera jamais rien d'autre qu'une douille de cartouche vide. Dans ce cas, mieux vaut n'avoir jamais goûté à rien. Les idées sont une drogue. Celui qui y est sensible est condamné à négliger ses filets ou son ordinateur, à sacrifier l'ensemble de ses richesses et de ses biens. Lorsqu'une idée lui ordonne : Suis-moi ! Il va jusqu'au bout.
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Recommandation #18 LoveStar d'Andri Snaer Magnason
Science-fiction (Islande) - 3,53/5
"Peu de temps après que les mouches à miel eurent colonisé Chicago, les papillons monarques furent saisis d'un étrange comportement. [...] Au lieu d'aller vers le sud rejoindre leurs quartiers d'hiver, ils se dirigèrent vers le nord." La première phrase d'un roman déroutant !
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