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Critiques sur Une vie (264)
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lecassin
  26 novembre 2013
« Une vie ». Il s'agit bien là de la narration d'une vie : celle de Jeanne le Perthuis des Vauds, fille de bonne famille, de sa sortie du couvent du Sacré-Coeur – elle a dix-sept ans – aux vieux jours, enfin apaisée.
Une vie, certes, mais aussi et surtout, un mariage… raté… Un mariage avec Julien de Lamare , fils d'une noblesse déchue qui s'avèrera un piètre et brutal amant, ainsi qu'un mari infidèle et avare. Et bien pire encore…

Dans cette fin de XIXème siècle si prolixe – « Une vie » a paru en 1883, la même année que « Au bonheur des dames » de Zola Maupassant nous livre son analyse de la noblesse de terre, dans sa Normandie si chère. Une noblesse à l'image du climat de la région, jamais ni chaud ni froid : bon.
Autour du Baron Simon-Jacques le Perthuis des Vauds ; on voit évoluer domestiques, journaliers, paysans, tous croqués avec une grande justesse. Et le Curé ? Peut-être un peu caricatural, mais en même temps tellement vrai !
Enfin, et c'est devenu un lieu commun : la Nature, véritable personnage du roman, magnifiée par la plume si belle de l'auteur.

Je persiste et je signe ( et pas seulement pour faire plaisir à Nastasiabuergo qui partage mes origines normandes et un goût certain pour Maupassant ) : Maupassant, n'est pas du « sous-Zola campagnard » ; c'est du grand ! du très grand !

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isabelleisapure
  30 mai 2016
Tout a déjà été dit, de façon souvent très brillante sur ce roman De Maupassant.
Je ne parlerai donc que de mon ressenti de lectrice.
Lorsque j'ai ouvert ce livre pour la première fois, je devais avoir quinze ou seize ans, un âge où l'on croit qu'amour rime avec toujours et qu' « Une vie » ne peut être que belle.
En découvrant le tragique destin de Jeanne, j'ai versé bien des larmes sur l'injustice de son sort.
Quelques décennies plus tard, je sais que tout n'est pas rose dans « Une vie », mais qu'elle peut-être magnifiée par des romans intemporels à lire et relire.
Maupassant est un ami, il a toujours été auprès de moi tout au long de ma vie.
J'ai une préférence pour ses nouvelles et j'aime m'y plonger régulièrement avec chaque fois le même plaisir.

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scarlett12
  30 novembre 2017
C'est le premier roman que je lis De Maupassant, j'avais déjà lu des nouvelles ("le Horla", "les contes de la bécasse" que j'avais appréciés.

Mais ce roman m'a enveloppée d'une couverture de tendresse et de révolte.

Jeanne, qui a passé 5 ans au couvent en sort avec des rêves de jeune fille : rencontrer le grand amour comme dans les contes de fées, vivre intensément, être choyée par ses parents qui l'adorent. Une jeune fille très sage avec des espoirs et souhaits aussi sages qu'elle.

Lorsqu'elle rencontre le beau Julien de Lamare, elle croit que ses rêves sont désormais réalisés. Dès la nuit de noces, Julien se comporte en goujat et Jeanne n'est pas revenue de ses désillusions, Julien se révélant avare, infidèle, sans coeur et tyrannique ... Jeanne voit s'effondrer tous ces rêves et illusions.

De plus, elle s'ennuie dans la campagne normande où il lui semble désormais vivre sans projet, sans autre avenir qu'une routine perpétuellement recommencée.

Elle ne trouvera un peu de paix qu'au seuil de la vieillesse mais au prix de quels renoncements ! ... Et se remémorera désormais les beaux instants de sa vie passée, oubliant le pire pour ne garder que le meilleur.

Ce roman m'a bien souvent évoqué "Madame Bovary", non pas dans les réactions des personnages, Emma se révolte alors que Jeanne est résignée, Charles est un brave homme un peu balourd alors que Julien est une fripouille sans états d'âme mais dans leurs rêves de jeunes filles qui s'avèrent la déception de leurs vies.
Cela n'est pas très étonnant quand on sait que Flaubert était en quelque sorte le père spirituel De Maupassant.

L'écriture est magnifique et je me suis laissée bercer par cette atmosphère sans hâter ma lecture afin de profiter au maximum de sa beauté.

Un livre qui est donc, à mes yeux, un véritable chef d'oeuvre, tout en douceur, on glisse sur les mots comme sur une barque tranquille.

Et je me demande, nonobstant la différence d'époque et l'évolution des moeurs qui en découle si la plupart des jeunes filles actuelles n'ont pas encore les mêmes rêves, souhaits et aspirations de Jeanne ou d'Emma
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experyoshi
  17 janvier 2013
Une vie. Un titre simple, pour un roman initiatique, dense et cruel.
A sa majorité, Jeanne sort du couvent et revient vivre auprès de ses parents dans la propriété familiale nommée « les Peuples » sur la cote normande. Les parents de Jeanne sont issus de la noblesse et possède beaucoup de biens.
Jeanne est une jeune fille naïve et rêveuse. Elle découvre l'amour auprès du beau Julien, fils de nobles déchus. le mariage s'en suit rapidement et les jeunes gens partent en voyage de noces en Corse. Ce voyage annonce le début de la désillusion et du chagrin.
Jeanne découvre le vrai visage de son mari. Julien est vénal, infidèle, égoïste et violent. Jeanne semble subir sa vie mais trouve du réconfort auprès des parents. Jeanne accouche alors d'un petit garçon que son père renie...
Il n'est pas bon être une femme au XIXe siècle.
Certains personnages sont attachants, notamment les parents de Jeanne, d'autres personnages se révèlent être des gens hypocrites voire odieux comme Rosalie la bonne, la comtesse ou encore le prêtre Tolbiac.
Certaines scènes sont violentes comme l'accident de Julien ou encore le massacre du chien par le prêtre.
J'ai beaucoup aimé le style d'écriture De Maupassant, les descriptions sont très belles et emplies d'une certaine mélancolie.
Ce 1er roman De Maupassant m'a marquée et est un coup de coeur.
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MissMarty
  08 mai 2012
Cruel ! Poignant ! Tel est ce roman de Guy de Maupassant, paru en 1883 ! La triste histoire de cette jeune fille trop inexpérimentée, trop passive comme beaucoup de femmes à cette époque !

Ce livre m'est tombé dans les mains l'année dernière par la prof de français. Elle distribuait des livres (différents) empruntés au CDI du lycée et il fallait faire une fiche de lecture pendant les vacances.

Le début n'est pas très accrocheur, voire décourageant : énormément de description et peu d'action. J'aurais sûrement lâché si je n'étais pas obligé de le lire (pardonnez mon manque de courage !) et j'avais tendance à penser à autre chose quand je lisais le début et quand j'ai lu le passage où la jeune Jeanne rêvait d'amour et de romanesques promenades avec l'élu de son coeur, j'ai cru que la prof s'était moquée de moi ! Pourtant, je pensais que cela n'allait pas durer longtemps (en connaissant le pessimisme De Maupassant).

Les descriptions étaient certes, très longues, mais certains montraient la beauté de la Normandie et sa poésie, l'attachement de Jeanne pour ses parents etc.

Puis, tout change au moment où elle rencontre le séduisant et noble vicomte Julien de Lamare. Il se rencontrent, s'aiment, se fiancent et se marient. Que rêver de mieux quand on est une jeune fille de bonne famille, sortant du couvent ?

Hélas, Jeanne commença à déchanter lors de la nuit de noces où elle découvre chez Julien, une brutalité sexuelle inconvenante ! Cependant, la passion revient pendant le voyage de noces en Corse mais s'éteint définitivement au retour. Les jours deviennent mornes et Jeanna verra en Julien, un homme impitoyable et avare et égoïste et adultère ! Il lui fera cependant un fils à qui elle donne tout son amour mais celui-ci ressemblera à son père en tous points et ne sollicitera sa mère que pour payer ses dettes !

De nombreux thèmes sont évoqués : innocence, passion, trahison, avarice, infidélité, brutalité, fanatisme religieux (avec l'abbé Tolbiac), le libertinage (de nombreuses jeunes femmes étaient enceintes quand elles s'étaient mariées), l'anticléricalisme (avec le père de Jeanne), l'assassinat passionnel, la jalousie, l'ingratitude de la progéniture, la passivité de la femme de l'époque (pas toutes pourtant, il faut prendre du recul), tristesse, pessimisme etc.

La seule chose que l'on ne pourrait pas reprocher au fanatique abbé Tolbiac est le fait qu'il avait exhorté à Jeanne de quitter son mari infidèle mais celle-ci ne le fera pas par pure passivité !
( Info : l'abbé Tolbiac qui a succédé au laxiste abbé Picot, nous voyons alors deux extrêmes religieux : le fanatique et le laxiste.)

Jeanne devient surtout irritante : son mari la trompe, elle ne fait rien, son fils la rejette, elle ne fait rien, tout s'effondre autour d'elle, elle ne fait toujours rien ! On n'a qu'une envie, la secouer de toutes nos forces !

Finalement, Jeanne autrefois si belle et si remplie de vie, devenue, vieille et précocement fanée, sera recueillie par sa soeur de lait, la paysanne Rosalie qui lui dira de cesser de payer les dettes de son fils. Jeanne retrouvera finalement goût à la vie en prenant avec elle sa petite-fille issue de l'union de Paul, fils de Jeanne et d'une prostituée.

Et voici la phrase finale qui illustre, conclut et résume tout : La vie, voyez-vous, ça n'est jamais ni si bon ni si mauvais qu'on croit.
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Asterios
  13 février 2019
Une vie. Une vie pleine de l'espoir de la jeunesse. Une vie remplie du désir et du rêve de l'amour du partage et de l'amour exclusif. Et puis celle qui montre son visage lorsque les illusions s'effritent, celle de l'on découvre et qui nous était cachée et toute la souffrance du monde dans un seul coeur. Devoir se résigner à vivre pour juste exister et enfin se rattacher à l'amour véritable; celui d'être parent, de tout vouloir donner pour protéger et lui épargner de vivre notre douleur, l'enfant comme un bouclier contre le désespoir. Tout redevient possible et la lumière crève les nuages du ciel de Normandie.

Jeanne la naïve, Jeanne l'espiègle, Jeanne l'écartelée, avec son désir de croire alors que ses yeux ne lui mentent pas. Le doute, quand il s'installe creuse son trou et on ne peut plus le déloger. Elle est bien élevée Jeanne, elle est la proie idéale pour la tromperie et le mensonge. La mer se fracasse contre les falaises, le vent siffle sur le manoir et perce les volets. Les arbres dépouillés de leurs feuilles se balancent et ne savent plus de quel côté pencher. Les longs hivers humides mettent en attente et en sommeil les illusions perdues qui renaissent avec les jours tièdes, mais discrètes et fragiles.
Et quand l'infidélité finit par tuer, c'est toujours le même ciel qui se rapproche encore un peu plus près du château. Il n'y a plus de parents qui consolent, il n'y a plus que lui qui grandit trop vite et qui glisse vers le dehors, cet inconnu si loin du corps. Rien n'est jamais perdu Jeanne, car quand tout n'est réduit qu'a si peu il est toujours possible de se dire "la vie voyez-vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit!".

Une vie c'est la confrontation des idéaux à la réalité. L'enfermement de la femme dans les principes de l'éducation et la force nécessaire d'assister à sa vie en n'ayant pas de prise sur les évènements et les décisions.

Un roman bouleversant que je découvre sur des conseils avisés. le hasard a voulu que je passe un séjour dans une petite maison de pêcheur à Yport, petit port d'échouage de la côte Normande deux semaines avant ma lecture, ce qui m'a permis d'être vite immergé dans l'environnement romantique dans lequel se déroule l'histoire, entre Fécamp et Etretat, région chère à Maupassant pour y avoir vécu pendant son enfance.

Que reste t-il de ma lecture de "une vie"? de la compassion, comme une douleur partagée, un sentiment d'injustice, une atmosphère de tempête... Une envie de relire Maupassant et de revoir le ciel et la mer qui se mélangent au loin des falaises de Normandie.
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jeunejane
  02 janvier 2017
Jeanne, l'héroïne du roman, sort du couvent.
Ses parents, baron et baronne sont appelés respectivement petit père et petite mère.
Une grande affection les lie à leur fille unique;
Ils sont généreux, naïfs. Ils ont l'air d'évoluer dans un monde bien à eux.
Jeanne reçoit un manoir " Les peuples"en héritage .
Elle rêve de rencontrer le grand amour.
Le prêtre de la paroisse leur présente le jeune vicomte Julien de Lamare.
Trois mois après, ils seront mariés et partiront en voyage de noces en Corse.
Jeanne, malgré son ignorance, se révèlera bien sensuelle mais tout cela sera terminé dès son retour.
Le mari se montre avare et s'absente du lit conjugal et pour cause, il couche avec la bonne, Rosalie, la soeur de lait de Jeanne. Il se révèlera un bien piètre mari.
Tous ces évènements sont vécus avec beaucoup de passivité et d'abnégation de la part de Jeanne et de ses parents.
Nous suivrons Jeanne jusqu'à la fin de sa vie .
Le roman porte très bien son nom. Adultère, générosité, avarice, vengeance, amour, affection, hypocrisie.... : tous les aspects d'une vie sont abordés.
La religion y est très présente ainsi que le côté anticlérical du baron.
J'apprends que c'est le premier roman De Maupassant.
Il est magnifique, je n'ai pas manqué une ligne, un mot tant l'écriture est belle.
Il faut dire que j'avais déjà été charmée dans le roman "Pierre et Jean".
Le film finit de passer à l'écran mais je n'ai pas envie d'aller le voir : on m'abîmerait les images que je me suis créée en le lisant.
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ahasverus
  17 avril 2012
"""On pleure parfois les illusions avec autant de tristesse que les morts."""

Une vie commence devant un tableau : Pyrame, croyant Thisbé morte, se suicide ; Thisbé, découvrant le corps de Pyrame, se tue.

Hors du tableau, les yeux et les bras grands ouverts, Jeanne apelle la vie. Ce n'est pas cette vie là que Jeanne vivra, mais une autre, faite de vide, de désillusions, de déceptions, de profits, de mensonges.

Elle qui avait besoin de "frotter son coeur à des coeurs honnêtes" n'en trouvera point. Elle aura un mauvais mari, un mauvais fils, un mauvais abbé, quelques faux amis, peu de soutien.

Premier roman de Guy de Maupassant, Une Vie brosse le portrait en creux d'une femme arrivée sans savoir dans une vie de plain-pied. On suppose que c'est un peu le cas de sa mère et de sa tante, Subir.

Jeanne attendait l'amour ; elle découvre le sexe. Jeanne attendait la complicité ; elle découvre la trahison. Jeanne a échappé à Zola : il y a toujours autour d'elle quelque personnage protecteur ou arrangeant : le baron, l'abbé Picot, Rosalie, lui évitent les abysses.

Un livre ou, selon Jeanne, il ne se passe rien. Une chûte. Un Bel Ami à rebours parti d'en haut pour tomber sur le pavé. Par l'amour, tout pareil. Sans un rebond.
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Roggy
  02 mars 2018
Ce premier roman de Guy de Maupassant m'a apporté un sentiment encore inconnu lors de mes lectures. Celui de porter des lunettes grossissantes où tout est particulièrement plus intense, plus vif, comme si on avait enlevé les filtres qui brouillent les images et qu'elles nous apparaissaient nettes à en faire mal aux yeux.

La faute au naturalisme parfaitement exécuté dont la force réaliste des descriptions de la nature et des personnages est comme un tableau aux couleurs éclatantes.
La vie de Jeanne nous est servie comme fil conducteur pour traiter des thèmes comme l'éducation des filles, le mariage, la religion, l'adultère, l'argent, les enfants et la famille.
La condition de la femme au 19ème siècle est abordée avec lucidité et une pointe de pessimisme. Une collection de malheurs et de désastres ponctuera la vie de l'héroïne. On pleure ses illusions déçues et ses désillusions de coeur dans sa recherche du bonheur.
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ericlesapiens
  17 janvier 2019
Une femme, à la fin du XIXe siècle, va voir, peu à peu, tous ses rêves et ses espoirs se briser les uns après les autres. Alors que, par sa condition sociale, elle avait tout pour être heureuse. Lu plusieurs fois, il y a longtemps, cette descente dans le malheur m'a toujours interrogé. Maupassant a toujours été fâché avec le bonheur de ses personnages, décrivant plus souvent leurs déboires que leurs réussites. (Ou alors ce sont des réussites douteuses comme « Bel-ami »). Mais avec la déchéance de cette femme, il y va fort. C'est d'ailleurs à peine réaliste, tant elle semble cumuler tous les malheurs du monde. Ce qui est sûr, c'est qu'il décrit le passage d'une société à une autre, la fin de la noblesse et la prédominance de la bourgeoisie qui s'affirme. de plus l'environnement du pays De Caux, est magnifiquement dépeint. J'ai une amie, qui m'a dit arrêter de lire Maupassant, trop « déprimant ». Je comprends. Mais l'analyse de la société qu'il fait est d'une grande justesse. Tout comme les autres auteurs de cette époque, comme Flaubert, Zola ou Balzac...
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