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EAN : 978B01D96YSDQ
Éditeur : (20/03/2016)
3.85/5   295 notes
Résumé :
Rouen, occupé par les Prussiens, durant la guerre de 1870. Des bourgeois tentent de fuir la ville en diligence. Parmi eux se trouve une prostituée, celle qu'on surnomme Boule de suif. Tous vont abuser de sa générosité et la forcer à céder au chantage sexuel d'un Prussien. Maupassant dresse ici un portrait inégalé de l'hypocrisie et de la lâcheté humaines. Il condamne sans appel la guerre et la classe dirigeante, paternaliste et profiteuse. Il nous communique toute s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
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sur 295 notes
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Jmlyr
  30 décembre 2019
Je n'avais pas encore lu ce livre pourtant connu, mais j'ai voulu réparer cet oubli...
Boule de suif m'a « foutu les boules ».
Le contexte est historique, certes, mais ce que j'ai lu, c'est du mépris pour la femme.
Une prostituée surnommée « Boule de graisse », et qui servira de monnaie d'échange pour la liberté, utilisée à tous les sens du mot et pour les sens d'un indélicat.
Même une prostituée a le droit de dire non hors de son carcan.
Hypocrisie telle qu'on peut la voir encore aujourd'hui, malheureusement.
Manipulation
Coalition
Collusion
SUIF...FUIS

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Winter-
  27 décembre 2017
Maupassant a été témoin de la guerre qui opposa la France et la Prusse (1870-1871). L'Alsace et la Lorraine furent rapidement annexées par l'armée prussienne. Les allemands envahissement la Normandie, ce qui leur permet alors d'assiéger Paris. La nouvelle Boule de Suif se situe dans le contexte. Un groupe de voyageurs fuit la ville de Rouen occupée par les Prussiens. Ensemble, ils représentent toutes les classes sociales : clergé, petit commerce, petite noblesse et grande bourgeoisie. Parmi ces personnages, Elisabeth Rousset, appelée Boule de Suif en raison de son apparence physique est méprisée par tous, car elle est une prostituée bien connue dans la petite ville. Elle sera forcée par ses compagnons de voyage de céder aux avances d'un officier prussien pour assurer leur fuite. Boule de Suif est une nouvelle réaliste faisant partie du recueil de nouvelles "Les Soirées de Médan" (1880) considéré comme le manifeste du réalisme. le style simple et précis De Maupassant permet de créer d'authentiques personnages. La nouvelle se concentre sur l'ingratitude et l'égoïsme des personnages "bien-pensants" qui méprisent jusqu'au bout la jeune fille qui se sacrifie pour eux. L'indifférence et la lâcheté des hommes en société font de Boule de Suif une véritable victime. Ce texte incontournable De Maupassant est à lire de toute urgence pour sa vivacité et son réalisme.
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Zazaboum
  20 février 2021
J'ai écouté cette longue nouvelle ce matin et avec la voix que j'avais apprécié la première fois, et je n'ai pas vu passer le temps !
J'aime beaucoup Maupassant, cette façon de condamner les travers de la société et des hommes sans avoir l'air d'y toucher ! L'histoire se passe au moment de l'entrée des Prussiens dans Rouen en 1870. 10 personnes prennent place dans une diligence : un couple de commerçants, un couple de bourgeois, un couple de nobles, deux religieuses, un démocrate et enfin, une prostituée, la patriotique Élisabeth Rousset, surnommée “Boule de Suif”. Les dialogues sont suffisamment explicites pour qu'on se les imagine tous.
Dans la précipitation seule "Boule de Suif”, que tout le monde connait de vu et de réputation, a pris des vivres et partage avec les autres. La diligence fait halte pour la nuit dans une auberge déjà occupée par les Prussiens. le lendemain matin elle ne repart pas, l'officier prussien l'interdisant tant que Boule de Suif ne couchera pas avec lui, ce qu'elle refuse.
Le premier matin, tous sont d'accord avec elle, choqués par le chantage de l'officier mais les jours passent, l'ennui augmente et petit à petit les passagers font pression sur elle pour qu'elle accepte.
C'est là que toute la dextérité et le doigté De Maupassant apparaissent pour décrire l'hypocrisie de la bonne compagnie, le mépris dont elle fait preuve envers celle sans qui le voyage aurait pris fin. C'est brillant, finement amené, le dégoût des méchantes gens et la peine ressentie pour Elisabeth nous parlent au coeur.
Challenge RIQUIQUI 2021
Challenge SOLIDAIRE 2021
Challenge XIXème SIECLE 2020
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valsing
  02 mars 2018
Elisabeth Rousset, « Boule de Suif » est une fille de joie, généreuse tant par ses formes que par ses qualités de coeur ! Embarquée dans une diligence, elle partage le trajet avec des « gens de la haute » pour fuir Rouen assiégée par les Prussiens (en 1870). Très vite, elle va se confronter à leur égoïsme, leurs gouailleries, leur... petitesse d'esprit.
Une fille de joie est censée faire fi de sa dignité, n'est-ce pas ? ! Alors qu'importe si une fois de plus Boule de Suif devra donner de sa personne ! Surtout si cette fois l'intérêt commun est en jeu !
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yves1901
  06 mai 2019
Marxiste sans finesse lisant Maupassant

En pleine planification quinquennale de la découverte littérature française (un peu triste de connaître davantage, bien que sans doute peu, la littérature Russe ou Étasunienne, que celle de son propre pays) et suite à un échange avec un Auguste membre de la communauté senscritienne, je me suis mis en tête de reprendre une dose De Maupassant, après l'avoir abandonné (lâchement) au lycée avec Bel Ami (sans doute une des seules lectures agréables de cette période scolaire ceci étant dit) et le recueil contenant le Horla plus récemment. Cela après avoir été subjugué par la puissance Balzacienne et ses Illusions Perdues (c'est normal non ?), en qui je voyais une sorte de sociologue (littéraire) avant l'heure, et gonflé par le romantisme emphatique de Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris.

Preuve de l'ampleur de mon ignorance, j'avais complètement oublié son statut d'oeuvre si populaire, étudiée dans le Secondaire parait-il et connue globalement de tous (sauf de ma personne ?). J'ai d'ailleurs appris à cette occasion que boule de suif signifie boule de graisse et que le personnage centrale de l'histoire est une prostituée...

Pour résumer l'intrigue (certes, c'est du spoil, mais elle n'est pas en soi l'élément le plus important du récit, et j'en suis tombé sous le charme en ayant eu connaissance au préalable de la lecture de son contenu !), débutant comme une sorte de Chevauchée fantastique Fordienne, Maupassant installe l'action en 1870 lors de l'affrontement entre la France et les forces germaniques coalisées, future Allemagne de Bismarck. A Rouen, ville occupée par les Prussiens, une diligence doit partir pour la Manche afin d'y amener une dizaine d'individus. Parmi ceux-ci, deux religieuses, un aristocrate (Comte orléaniste) et sa femme, un couple de riche bourgeois (commerce dans le coton) et de petits bourgeois (marchand de vin), un républicain-démocrates et une boucanière (en simili Claire Trevor). Sur le trajet, les différents personnages seront retenus dans un village par un officier Prussien ayant une idée bien arrêtée du service que pourrait lui rendre la péripatéticienne...qui finira par se sacrifier sur l'insistance de ces camarades d'aventure.

Comme de nombreux de ses contemporains, Maupassant délivre avec Boule de Suif une oeuvre à forte connotations sociales et politiques (une sorte de théâtre socio-politique), en attaquant (ou en tout cas portraiturant) principalement cette fameuse “bourgeoisie” (ou aux classes dominantes/supérieures, selon les usages plus viables ?) et notamment ce qu'on peut appeler le mépris de classe, l'hypocrisie et l'exploitation de cette classe sociale (évidemment diverse).
Mépris de classe, pour l'attitude dédaigneuse, moralisatrice, paternaliste envers Boule de Suif, qui semble représenter finalement les classes dominées. Hypocrisie, pour la faculté de ces individus à modifier/adapter leurs discours et leurs attitudes selon les circonstances, toujours évidemment avec doigté et l'usage du pouvoir des mots (la haute bourgeoisie/aristocratie représentée par le Comte excellant évidemment dans ce domaine). C'est finalement dans les moments importants que se révèle la nature et des individus et la lâcheté humaine. Exploitation enfin, car c'est sur le sacrifice et le labeur des plus démunis que vivent et prospèrent cette classe sociale.
Néanmoins, Maupassant paraît critiquer aussi de manière assez virulente ce que j'appelle les petits bourgeois progressistes, incarnés par Cornudet dans le récit, qui est sans doute le personnage le plus pathétique de la nouvelle, toujours prompte à s'enflammer devant les injustices, incapable de passer des paroles aux actes, mais qui reste passif et finalement, se range, peut être inconsciemment, du côté de ceux qu'ils pensent ses adversaires. Témoignage d'une opposition critique qui s'avère inoffensive pour l'ordre établit.
Enfin, même si plus discrète, de manière plus insidieuse, l'Église en prend aussi pour son grade. En effet, à travers ces deux religieuses apathiques, c'est l'illustration de l'institution religieuse comme indifférente à l'exploitation des masses et des miséreux sous le joug des classes dominantes. Elle qui doit théoriquement s'occuper des plus démunis mais qui préfère détourner son regard. “Cachez ce réel que je ne saurais voir !” On peut même aller plus loin, le discours religieux servirait les classes dominantes ! C'est grâce à leur "soutien" que leur position se maintient, telle la religieuse qui appuie le discours de la Comtesse pour faire plier Boule de Suif. La religion comme caution d'une société inégalitaire.

Au-delà des éléments susmentionnés qu'on pourrait extraire du récit (et ceux non mis en avant notamment ceux non abordés) le lecteur est aussi conquis par la plume De Maupassant, d'une précision clinique et redoutable qui sait habilement jouer sur plusieurs tableaux en maniant son vocabulaire tantôt sur un registre humoristique tantôt dramatique, le lecteur alternant phases d'amusement et de profond malaise.
Maupassant, c'est aussi un créateur d'ambiance, aux frontière du fantastique dans un écrit réaliste où l'on perçoit l'auteur du Horla, en particulier au début du récit où il installe une atmosphère crépusculaire comme l'illustrent ces quelques extraits : ““un calme profond, une attente épouvantée et silencieuse avait plané sur la cité ; la vie semblait arrêtée, les boutiques étaient closes, la rue muette ; l'angoisse de l'attente faisait désirer la venue de l'ennemi ; il y avait cependant quelque chose dans l'air, quelque chose de subtil et d'inconnu, une atmosphère étrangère intolérable, comme une odeur répandue, l'odeur de l'invasion. Elle emplissait les demeures et les places publiques, changeait le goût des aliments, donnait l'impression d'être en voyage, très loin, chez des tribus barbares et dangereuses”.

Au niveau de la construction du récit, celui-ci se découpe, après une phase de mise en contexte (occupation Prussienne de la ville), en 3 principaux actes : le premier trajet collectif, jusqu'à la ville de Tôtes, le temps passé à l'auberge de la ville en étant retenu par le soldat prussien (aux accents du huis clos Tarantinien), enfin, le deuxième trajet groupé jusqu'à Dieppes. Finalement, ce découpage permet à Maupassant de faire jouer les différents protagonistes de l'histoire, l'intérêt des personnages du récit étant d'incarner des idéaux-types d'individus de la société française, chacun avec son ethos de classe, et se sont leurs attitudes, leurs interactions qui créeront l'intérêt de fond du roman.

En déroulant depuis la fin les fils du récit, on peut penser finalement que la substance de ce qui va arriver par la suite se trouve dans la première confrontation entre les différents protagonistes. A chacune de présentations à grands traits des personnages est rapidement accolé une ou plusieurs caractéristiques : Loiseau, le petit bourgeois arriviste, rusé, plaisantin, fourbe, d'où le surnom “Loiseau vole” ; Carré Lamadon, grand bourgeoise calculateur qui est “resté tout le temps de l'Empire chef de l'opposition bienveillante, uniquement pour se faire payer plus cher son ralliement à la cause qu'il combattait avec des armes courtoises” ; le Comte Hubert de Bréville, l'aristocrate de la bande, superficiel et si attaché à son image et sa réputation qu'il “s'efforçait d'accentuer par les artifices de sa toilette sa ressemblance naturelle avec Henri IV” et qui, étant rentier, tire l'essentiel de sa fortune d'activités non productive, accompagnés chacun de leur femme (un peu moins mises en avant je trouve) ; deux religieuses ; Cornudet le “démoc” républicain, sorte de transfuge de classe, “terreur des gens respectables” qui dilapide sa fortune familiale en agissant comme un révolutionnaire de salon (ou plutôt dans le cas présent, de bistro) ; et bien entendu notre chère Elisabeth Rousset, alias Boule de Suif.
Une forme de séparatisme social est d'entrée perceptible dans l'occupation même de la diligence. Comme l'indique Maupassant, les couples de la bonne société occupent “le fond de la voiture, la côté de la société rentrée, sereine et forte, des honnêtes gens autorisés qui ont de la Religion et des Principes”. Ainsi, dans l'occupation physique de l'espace semble se matérialiser une forme séparation entre le nous et le eux (avec une sous séparation entre hommes et femmes, les femmes étant assises les unes à côté des autres “par un étrange hasard” pointe ironiquement l'auteur), voire même d'hygiène sociale séparant les purs et les impurs. de même, cette présence d'un agitateur et d'une prostituée provoque d'elle même le rapprochement complice des gens de la bonne société, instinctivement les femmes se rapprochent à la vue de la dame à petite vertue, de même que les trois notables “rapprochés par un instinct de conservateur à l'aspect de Cornudet (...) et tous les trois se jetaient des coups d'oeil rapides et amicaux. Bien que de conditions différentes, ils se sentaient frère par l'argent”. On le voit, les quelques points communs (différence de degré mais non de nature) permettent, dans une situation inconfortable, de se souder en (relatifs) égaux et se distinguer des figures d'épouvantes. L'appartenance à un groupe, c'est déjà la volonté de se différencier d'un autre.

Le premier événement, la première rupture dans le récit survient lorsque la faim tiraille les ventres douillets des différents protagonistes, et la mise devant l'évidence de la dépendance des mets de la prostituée (la seule ayant pensé à voyager “équipée”) ! Infâme situation où c'est le “petit peuple” qui doit nourrir les possédants (par un étrange hasard pourrait ajouter Maupassant …). C'est d'ailleurs avec une bien grande souffrance, une intense humiliation, un tiraillement existentiel brûlant que les dames de la Haute (bien plus haineuses envers la prostituée que les hommes) acceptent de se soumettre à la dépendance (momentanée) de la fille de petite vertue, dont Maupassant exposait que “le mépris des dames pour cette fille devenait féroce, comme une envie de la tuer, ou de la jeter en bas de la voiture, dans la neige, elle, sa timbale, son panier et ses provisions”. Pyramide inversée, c'est bien dans ce sens que chaque protagoniste se voit “contraint” d'accepter la nourriture, du bas vers le haut. Première rupture donc à travers laquelle les relations et les places s'inversent, comme une forme de bouleversement social des préséances dans la société (même si du coup une forme de réalisme s'y perçoit …).

Elément caustique, durant ce repas collectif, les attitudes envers la prostituée évoluent lorsqu'on se rend compte que cette digne représente de la lie de la société partage finalement des valeurs constitutives de la vertu bourgeoise ! Primo, être un minimum distingué, “Comme elle se tenait fort bien, on s'abandonna davantage”, secundo faire preuve de courage, à l'instar de Boule de Suif qui a attaquée un Prussien, raison pour laquelle elle cherche à fuir Rouen (le nationalisme du petit peuple). C'est en devant prouver sa valeur (envers les références de l'identité bourgeoise) que l'on accède à la considération des bonnes gens, en apportant la preuve que l'on a pu s'extraire quelque peu de sa condition. En passant, Maupassant ne manque pas à cette occasion d'illustrer que les tenants de l'attitude bourgeoise ont eux fuit pour leurs intérêts matériels, alors que c'est bien celle “d'en bas” qui a mis en pratique leurs (supposées) valeurs (“Elle grandissait dans l'estime de ses compagnons qui ne s'étaient pas montrés si crânes”).

L'acte 2, celui des quelques jours passés à l'auberge est aussi particulièrement intéressant du point de vue de l'évolution des attitudes-positionnements des différents personnages-types. Arrivés sur place, Boule de Suif est convoquée chez le militaire prussien maître des lieux. Celle-ci refusant tout d'abord de s'y rendre (se doutant de l'objet de cette “invitation”), le Comte se permet de la sermonner (figure paternaliste du grand bourgeois) en lui indiquant telle une maxime qu'“il ne faut jamais résister aux gens qui sont les plus forts”, de laquelle on peut interpréter une vision plus générale de la société et une justification de l'ordre établit, emprunt d'une forme de darwinisme social mal digéré. Boule de Suif finit par se plier à la demande, revient furieuse de ce bref entretien et révèle avec colère ce qu'elle subororait à ses comparses d'aventure. Ni une ni deux, c'est l'indignation qui s'exprime parmi eux ! Un véritable scandale que cette demande ! C'est ainsi que tous semblent se serrer les coudes face à ce goujat étranger. Alliance de classe face à l'infamie.
Nonobstant cet état de fait, rapidement, nos vertueux représentants de la digne société comprennent qu'ils ne pourront quitter les lieux tant que la demande du Prussien n'aura pas été assouvie. C'est à cet instant là que la “solidarité compréhensive” (d'apparence, de mots et de posture) envers Boule de Suif disparaît, lorsque la défense de sa situation (refuser qu'elle se livre) rentre en opposition avec l'objectif poursuivi par chacun : arriver à destination. A partir de là, le but sera de faire plier Boule de Suif. Comble du manque d'humanisme et de solidarité ainsi que de la facilité de retournement de position des protagonistes, notre cher Loiseau propose même, avec l'aval des autres, de l'abandonner sur place à l'occupant ! Refusé par le Prussien.
Seule solution donc, convaincre Boule de Suif de céder. C'est alors que la conspiration bourgeoise se met en place. A cette occasion, une des dames avança même que Boule de Suif n'avait point de justification à refuser la demande du Prussien, étant donné son activité professionnelle. Une prostituée met à disposition son corps contre de l'argent, pourquoi donc refuser à cet instant étant donné que le prussien est un “client” comme un autre ! On le voit, la personne qu'est Boule de suif est finalement d'abord une prostituée avant d'être une femme. Son métier passant avant son être, c'est une forme de libre arbitre qu'on lui refuse.
Après avoir tenté en vain d'illustrer à Boule de suif les nombreuses femmes s'étant “sacrifiées pour la bonne cause” dans l'Histoire (réelle ou inventée) pour lui montrer cette généalogie du sacrifice et du sens du devoir, la Comtesse trouve l'angle qui fera craquer notre pieuse Boule de Suif : la Religion. En effet, en s'appuyant sur le discours et la caution des religieuses le stratagème toucha sa cible et Boule de suif finit par “accepter” la demande du soldat.
Le “contrat” remplit, les différents protagonistes peuvent donc repartir. Nouveau retournement de situation, après les rapports de proximité, de considérations envers Boule de suif, les relations s'inversent à nouveau et celle-ci redevient officiellement méprisée de tous, renvoyée à son statut, entre remarques assassines, jugements et surtout ignorance. La prostituée étant indigne d'attention, la barrière sociale apparaît et elle n'existe plus aux yeux des notables. Inversement du premier acte, c'est Boule de suif qui se retrouve sans nourriture, au milieu des victuailles consommées par ses voisins, sans un seul déniant partager ses mets avec elle.
Et comme termine Maupassant : “ Boule de suif pleurait toujours; et parfois un sanglot qu'elle n'avait pu retenir passait, entre deux couplets, dans les ténèbres”
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
CarlmariaBCarlmariaB   28 mai 2020
Cependant Loiseau, qui avait observé les choses, fit mettre au lit son épouse, puis colla tantôt son oreille et tantôt son oeil au trou de la serrure, pour tâcher de découvrir ce qu'il appelait: «les mystères du corridor ». (...). Cornudet, en bretelles, la suivait. Ils parlaient bas, puis ils s'arrêtèrent. Boule de Suif semblait défendre l'entrée de sa chambre avec énergie.
—Non, mon cher, il y a des moments où ces choses-là ne se font pas; et puis, ici, ce serait une honte.
Il ne comprenait point, sans doute, et demanda pourquoi. Alors elle s'emporta, élevant encore le ton:
—Pourquoi? Vous ne comprenez pas pourquoi? Quand il y a des Prussiens dans la maison, dans la chambre à côté, peut-être?
Il se tut. Cette pudeur patriotique de catin qui ne se laissait point caresser près de l'ennemi, dut réveiller en son coeur sa dignité défaillante, car, après l'avoir seulement embrassée, il regagna sa porte à pas de loup.
Loiseau, très allumé, quitta la serrure, battit un entrechat dans sa chambre, mit son madras, souleva le drap sous lequel gisait la dure carcasse de sa compagne qu'il réveilla d'un baiser en murmurant: «M'aimes-tu, chérie?»
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LuniverLuniver   20 janvier 2019
La femme, une de celles appelées galantes, était célèbre par son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de Boule de Suif. Petite, ronde de partout, grasse à lard, avec des doigts bouffis, étranglés aux phalanges, pareils à des chapelets de saucisses ; avec une peau luisante et tendue, une gorge énorme qui saillait sous sa robe, elle restait cependant appétissante et courue, tant sa fraîcheur faisait plaisir à voir. Sa figure était une pomme rouge, un bouton de pivoine prêt à fleurir ; et là-dedans s'ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombragés de grands cils épais qui mettaient une ombre dedans ; en bas, une bouche charmante, étroite, humide pour le baiser, meublée de quenottes luisantes et microscopiques.
Elle était de plus, disait-on, pleine de qualités inappréciables.
+ Lire la suite
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LuniverLuniver   22 janvier 2019
Le passé m'attire, le présent m'effraie parce que l'avenir c'est la mort. Je regrette tout ce qui s'est fait, je pleure tous ceux qui ont vécu ; je voudrais arrêter l'heure. Mais elle va, elle va, elle passe, elle me prend de seconde en seconde un peu de moi pour le néant de demain. Et je ne revivrai jamais.
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laure14laure14   27 décembre 2017
Un rideau de flocons blancs ininterrompu miroitait sans cesse en descendant vers la terre ; il effaçait les formes, poudrait les choses d'une mousse de glace ; et l'on n'entendait plus, dans le grand silence de la ville calme et ensevelie sous l'hiver, que ce froissement vague, innommable et flottant de la neige qui tombe, plutôt sensation que bruit, entremêlement d'atomes légers qui semblaient emplir l'espace, couvrir le monde.
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Winter-Winter-   27 décembre 2017
La femme, une de celles appelées galantes, était célèbre par son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de Boule de suif. Petite, ronde de partout, grasse à lard, avec des doigts bouffis, étranglés aux phalanges, pareils à des chapelets de courtes saucisses, avec une peau luisante et tendue, une gorge énorme qui saillait sous sa robe, elle restait cependant appétissante et courue, tant sa fraîcheur faisait plaisir à voir. Sa figure était une pomme rouge, un bouton de pivoine prêt à fleurir; et là-dedans s'ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombragés de grands cils épais qui mettaient une ombre dedans; en bas, une bouche charmante, étroite, humide pour le baiser, meublée de quenottes luisantes et microscopiques.
Elle était de plus, disait-on, pleine de qualités inappréciables.
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