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EAN : 9791022611619
304 pages
Editions Métailié (14/10/2021)
3.91/5   17 notes
Résumé :
Magdalena a quitté le Venezuela pour Madrid, elle est devenue une enquêtrice réputée, tout va bien pour elle, à l’exception d’un amant envahissant et indiscret.
On lui propose une nouvelle affaire : un homme politique madrilène lui demande de retrouver sa fille et de la lui ramener, elle aurait été enlevée et retenue à Caracas.
Magdalena est sûre de ses compétences et elle a une arme secrète : des dons que lui a accordés María Lionza, la déesse guerriè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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« J'ai la foi, ce qui veut dire que je crois ce que je vois, mais surtout ce que je ne vois pas » dit Magdalena Yaracuy, connue comme sorcière détective à Madrid . – Enquêtrice, elle préfère ce terme, car « se faire attribuer deux métiers, pourrait compliquer mes rapports avec le fisc » dit la Mme Soleil vénézuélienne 😆! N'empêche ses méthodes d'enquête sont plutôt originales. Qui veut louer ses services, une fois le thème de l'enquête et son prix conclus, doit se soumettre à poil à des rituels comme le baptême du feu 😁…… Ici la victime du rituel étant une huile de la politique madrilène qui lui demande d'aller chercher sa fille disparue au Venezuela. Vu le rite du début , la suite étant encore plus particulière, il ne nous reste plus qu'à nous embarquer sur le tapis volant de notre enquêtrice….

Comment trouver une jeune fille dans le chaos de la ville la plus dangereuse du monde, Caracas, capital du Venezuela ? Ce pays qui subit la crise économique qui a commencé à être remarquée dans les principaux indicateurs macroéconomiques de l'année 2012 et qui se poursuit aujourd'hui, couplée d'une crise financière et monétaire, qui étendues dans le temps et dans la société provoquent une grave crise politique, sociale, humanitaire et migratoire, particulièrement palpable dans sa capitale . « Ici, tout est épouvantable, et donc plus rien n'a d'importance. Comment te dire ? Il n'y a pas un jour sans qu'il se passe un truc très grave, mais le lendemain il y en a un autre et le précédent s'efface….». Une ville où il est plus facile de trouver un 9mm qu'un kilo de café.
Le Caracas qu'a connue Magdalena partie 15 ans auparavant n'existe plus, il n'y reste que le fantôme de ce qu'il a été. Une ville et un pays où survivre implique se taire ou garder un demi-silence, d'où retrouver une espagnole qui s'est mise dans le pétrin va être très dure pour notre « enquêtrice », adepte du culte de María Lionza, une déesse représentée nue chevauchant un tapir, dont l'aide est bien utile pour résoudre les enquêtes dont elle est chargée.

Un roman noir trépidant avec une fin à la Hollywood , où le personnage de Magdalena, une Calamity Jane qui ne boude aucun plaisir par commencer , les hommes et les pâtisseries, mène tambour battant une recherche rocambolesque entre rafales de mitraillette, cadavres aux quatre coins de rue, indics et agents à double jeu, dans l'abysse d'une ville sans foi ni loi. Comme dans son roman précédent « Les valises » que j'avais beaucoup aimé, l'histoire policière n'est que prétexte pour l'auteur pour une satire féroce d'un pays corrompu jusqu'à la moelle et où la violence est monnaie courante. L'humour est toujours au rendez-vous, ici couplée d'un surnaturel trompe l'oeil 😁 , et toujours à Caracas, une ville fidèle à sa légende , « Une immense trombe marine s'apprêtait à engloutir la ville, ses habitants demandèrent de l'aide. C'est alors que le dieu Amalikawa pétrifia l'eau et arrêta la vague, qui depuis lors protège Caracas tout en restant à côté comme une menace durable ; le souvenir permanent que la ville aurait toujours près d'elle la beauté, mais aussi la possibilité de la catastrophe. » Inutile d'ajouter, si le sujet vous plaît, lisez-le 😁!


"La vie n'est même pas un songe / Tout n'est que terre / Tout n'est que rien, rien, rien."
Miguel di Unamuno
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Lecture de "La vague arrêtée" de Juan Méndez Guédez grâce à Babelio et les éditions Métailié Noir lors de la Masse Critique mauvais genre du 9 mars 2022.

En m'excusant pour le retard dans l'édition de mon avis 😇. Retard dû, non pas à ma vitesse de lecture, car j'ai englouti ce livre, mais j'ai été bousculée par mon séjour en Italie qui m'a accaparé loin du net.
Ce livre est un excellent polar vénézuélien. J'ai passé ma lecture au côté de la très "femme" Magdalena.

Avec ses dons de sorcière donnés par la Déesse Marià Lionza, Magdalena travaille comme enquêtrice indépendante. Elle est recrutée par un homme politique madrilène qui souhaite retrouver sa fille qui ne donne plus signe de vie depuis Caracas où elle est partie.

Ah Magadlena !!! C'est tout un personnage et si on suit son enquête avec intérêt pour retrouver Begonà dans les méandres tortueuses de la ville de Caracas, c'est bien elle qui a accaparé toute mon attention.

Une maîtresse femme, jouissant de dons capricieux, nous plongeant dans ce côté irrationnel qui est très présent dans la vie des Vénézuéliens.

Elle n'a pas froid aux yeux Magdalena et elle prend en général tout ce qui lui fait envie. Elle se l'offre.

Elle attire les hommes et pas que, elle prend quand elle en a envie. Elle est sacrément "couillue" Magdalena ! Une vraie guerrière, un fort personnage féminin crée par Juan Méndez Guédez.

J'ai vous pouvez le constater, adoré ce personnage.

Magdalena est Vénézuélienne et elle revient grâce ou à cause de son enquête à Caracas, ville de sa jeunesse.

Caracas est un autre personnage de ce roman, tant elle est troublante et inquiétante.

L'enquête que mène Magdalena, nous plonge dans tout un imbroglio.

Si on se perd un peu dans toutes les parties : espionnages, contre-espionnages, politique de tout bord, groupes activistes, militaires, paramilitaires.

Une bonne lecture, trépidante que j'ai apprécié surtout grâce à son héroïne : Magdalena.

Elle est la force de ce roman, elle le porte à bout de bras. Elle nous embarque dans son univers pour notre plus grand plaisir.

Un roman mettant le Venezuela en avant, mais pas pour une version touristique de sa découverte.

Magdalena est déçue de ne pas retrouver le Caracas de son enfance et de son adolescence et de ses pas de jeune adulte. le pays est à terre, victime de hautes violences, de comportements extrêmes, de corruption…

Merci à l'auteur, pour cette lecture trépidante et pour la création de cette Femme qui a su me conquérir et que j'ai pris plaisir à suivre dans Caracas au milieu des dangers multiples et des hommes de sa vie et/ou de passage.

N'ayez pas froid aux yeux amis lecteurs ! Foncez dans ce chaud Caracas en compagnie de la chaude Magdalena
et des forces puissantes de Marià Lionza !

Merci à Babelio et aux Editions Métailié Noir !
Lien : https://imagimots.blogspot.c..
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Juan Carlos Mendes Guédez choisit Caracas comme ville où va se dérouler son thriller, Caracas réputée être la ville la plus dangereuse du monde. Les fusillades ne font, il est vrai, pas défaut dans ce roman. Toutefois l'intrigue est tout à fait prenante et si je ne suis pas une fan des romans où il y a surenchère d'actions, de tueries, je me suis complètement laissé embarquer auprès de Magdalena, enquêtrice un peu sorcière.
Originaire du Venezuela elle est mandatée par un homme d'affaires Madrilène pour aller retrouver sa fille partie à Caracas et sans doute en danger car il n'y a plus aucune trace d'elle.
L'auteur ne fait pas de publicité pour le Venezuela, la violence urbaine et la corruption semblent omniprésentes et ne font donc pas de ce pays et particulièrement de Caracas une destination de rêve. Il sait en revanche retenir son lecteur et nous faire passer quelques heures dans une bulle hors de notre quotidien. Bulle peu accueillante et pourtant on n'a pas envie d'en sortir avant d'avoir retrouver Madrid.
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Magdalena est une détective privée efficace qui n'hésite pas à recourir au paranormal pour résoudre les cas qu'on lui soumet. Alors qu'elle est née et a grandi Caracas, c'est à Madrid qu'elle s'est peu à peu construit sa réputation : au moment où tous les autres limiers ont échoué, c'est souvent elle qui donne une impulsion décisive aux enquêtes.
Alors, quand un politicien castillan de haut vol fait appel à elle pour retrouver sa fille aînée disparue... à Caracas, elle n'est pas surprise. Elle saute dans le premier avion à destination du Venezuela et se met au travail. Or, ce qu'elle ignore encore en survolant l'Atlantique, c'est que sa mère patrie a beaucoup changé depuis son départ au crépuscule des années 1990.
A peine arrivée sur place, elle prend contact avec quelques ex-copains de fac qui la mettent rapidement au parfum : désormais ici chaque service, même minime, se monnaie en dollars. Rien d'étonnant à cela puisque le salaire mensuel moyen (payé en bolivars) équivaut à environ 26 euros...
Même si l'enquête de Magda amène son lot de surprises et de rebondissements de dernière minute, là n'est pas l'intérêt principal du livre et c'est tant mieux. Pourquoi ? Parce que l'auteur né en 1967 à 350 km de Caracas a vécu et étudié dans cette ville avant l'an 2000. Lorsqu'il a lui-même quitté momentanément Madrid où il a élu domicile pour plonger dans la moiteur de cette agglomération de 5 millions d'habitants, le choc a été rude.
Et c'est tout l'intérêt de cette histoire : elle restitue à merveille les sentiments contradictoires qui se manifestent à celui qui retourne dans sa communauté deux décennies plus tard : souvenirs dorés du bon vieux temps, amours et amis perdus de vue, lieux qui se sont dégradés ou qui n'existent carrément plus, valeurs dominantes qui ont changé...
Le récit de Juan Carlos Mendez Guedez est émouvant, car on sent poindre sa propre nostalgie à travers le regard de Magda sur un passé aboli. Aujourd'hui, Caracas est une ville violente où la police est moins bien équipée que les milices de motards au service du gouvernement « révolutionnaire » de Nicolás Maduro Moros. Alors qu'il y a vingt ans, les courroies de transmission du pouvoir demeuraient déchiffrables pour la majorité des citoyens, actuellement il faut presque fréquenter les arcanes du palais présidentiel de Miraflores pour flairer d'où vient le vent. Comme durant le stalinisme en URSS, celui qui jouit à l'instant « t » des faveurs du clan dominant peut très vite perdre de sa superbe et finir abandonné dans un égout à ciel ouvert, les tripes à l'air...
Vous l'aurez compris, ce récit révèle probablement mieux la situation sociopolitique contemporaine de ce pays exportateur de pétrole que les brillants rapports de la Banque mondiale ou de la CIA. Si l'Amérique latine et ses dirigeants fantasques vous ont toujours fasciné, vous ne serez pas déçu !
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Merci aux éditions Métailié et à Babelio pour ce partenariat.
Vous allez rire (ou pas) : je n'avais lu que de manière très superficielle le quatrième de couverture avant de solliciter ce livre pour la dernière masse critique proposée par Babelio. J'ai simplement retenu la maison d'édition (que j'apprécie énormément), l'auteur (Les valises, son précédent roman, m'avait surprise) et le contexte : le personnage principale est une enquêtrice. J'avais complètement occulté le fait qu'elle possédait des dons « que lui a accordés María Lionza, la déesse guerrière vénézuélienne » et je n'avais pas vraiment regardé la couverture. Vous l'aurez compris, la sorcellerie me met mal à l'aise. La question n'est pas d'y croire ou non, la question est qu'il est des personnes qui y croient, qui pratiquent – et cela suffit à ne pas me rendre sereine face à cette lecture. Et j'ai aimé quand Magdalena met les points sur les i, quand elle retrouve celle qui l'a initié, formé : pas de sacrifices, quels qu'ils soient. Faire couler du sang, c'est faire souffrir, et l'on n'obtient pas ce que l'on veut en faisant souffrir autrui, fût-ce des animaux. A méditer, et pas seulement en cas de sorcellerie.

En effet, la violence est omniprésente au Vénézuéla. La police ? Peu fiable. le gouvernement ? Tant que l'on est dans ses petits papiers, tant mieux. J'ai eu l'impression qu'être vénézuélien, c'est chercher à se faire le plus discret possible, tenter de trouver tous les moyens pour survivre – ne pas se prendre une balle perdue, ne pas se retrouver au milieu d'un règlement de compte ou pire, ne pas servir de bouc émissaire. Quand Magdalena, pour enquêter, retourne dans son pays, elle ne le reconnaît plus, elle ne se reconnaît plus vraiment, elle ne se sent plus capable de faire ce qu'elle faisait quand elle était jeune – elle ne se sent plus aussi combattive, plus aussi prête à prendre tous les risques pour protéger autrui. Qui est-ce, d'abord, autrui ? Begona, la jeune femme qui n'a plus donner de nouvelles depuis un mois ? Ou tous ceux qui vont croiser sa route et l'aider à la retrouver ?
Begona est une jeune fille née dans une famille extrêmement traditionaliste, catholique pratiquante et elle a ressenti, semble-t-il, le besoin de se rebeller. Son père peut le comprendre, lui aussi a été rebelle dans sa jeunesse : il n'est pas allé à la messe pendant six mois. Là, c'est nettement plus grave, puisque la jeune fille s'est envolée pour le Vénézuela, pays où être un touriste étranger est tout sauf une garantie contre les fusillades et les enlèvements.
Magdalena enquête, oui, elle doute, elle doute de ses pouvoirs, elle craint aussi de passer à côté d'un fait, d'un indice qui lui permettrait de retrouver la jeune fille avant qu'il ne soit trop tard. Pour la ramener au pays, vivante. Pour s'en sortir sans trop de dommage et rentrer au pays elle aussi, ce serait mieux. A ce moment, son amant encombrant qui multiplie les messages amoureux au pays n'est plus vraiment sa préoccupation !
Un roman pendant la lecture duquel il vaut mieux toujours être sur le qui-vive.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Ils se mirent d’accord pour se retrouver à midi et, connaissant la ponctualité de ses compatriotes, elle descendit au restaurant à midi et demi. Ce qui ne l’empêcha pas d’attendre quarante minutes.
( Nous sommes en Amérique du Sud:))
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Impossible de retourner à la ville que l'on avait aimée. les villes partaient avec vous. Y retourner, c'était retrouver la photocopie froissée de ce qu'on avait aimé un jour
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Magdalena avait fait de la patience et la lecteur un art. Elle avait couché deux fois avec des hommes magnifiques mais souffrant d'éjaculation précoce ; elle était parvenue à leur enseigner l'art de la lenteur et de l'attente, et surtout, elle leur avait appris le trucs des tables de multiplication. Chaque fois qu'elle voyait qu'ils étaient sur le point d'éjaculer, elle leur murmurait à l'oreille : "Doucement, doucement, pense aux tables de multiplication ; récite-les dans ta tête sans t'arrêter, pense à la table de 9, et puis celle de 1, et encore celle de 9, et à celle de 1, et ainsi de suite...
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Cette ville n’est pas simple. En ce moment, ici, pas besoin de gratter beaucoup pour arriver aux égouts et à la merde. Pas besoin de plonger pour atteindre les bas-fonds. Caracas elle-même est le bas-fond pourri où il faut se boucher le nez et faire semblant de vivre.
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Nous , les Vénézuéliens, il nous arrive de temps à autre de nous emballer pour un type à cheval qui va nous sauver, et on se retrouve plus dans la merde qu'avant.
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