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Critiques sur Relire : Enquête sur une passion littéraire (12)
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Kittiwake
  14 mai 2019
Lire bien sûr! Mais relire? Alors que chaque année littéraire nous propose mille ouvrages de plus, et qu'ainsi se creuse le fossé des possibles. Et pourtant, la nouveauté n'est pas le garant de de la félicité attendue. le bouche-à-oreilles non plus. Alors se replonger dans un récit qui vous a enchanté jadis ou naguère, ou tenter une fois de plus de vaincre les obstacles qui rendent une lecture absconse, malgré les dithyrambes d'admirateurs inconditionnels?

C'est cette démarche qu'a voulu étudier Laure Murat. de façon méthodique, avec un questionnaire adressé à des spécialistes des mots écrits, qu'ils soient éditeurs, comédiens, écrivains ou universitaires.

Que relisez-vous? 'que relisiez vous lorsque vous étiez enfant? Quid de Proust ? (qui fait partie de ces classiques qu'on n'avoue jamais lire, mais toujours relire). Quel est le but de parcourir à nouveau les lignes déjà connues? Quel livre a pu vous décevoir après avoir été culte quinze ou vingt ans plutôt? Et réciproquement.

Ce sont toutes ces questions et bien d'autres encore qui sont soumises aux quelques dizaines de lecteurs triés sur le volet.

Et c'est intéressant, par le jeu des différences et ressemblances exposées. L'on se retrouve ou non en tant que re-lecteur, dans ces témoignages.

C'est aussi remarquable que les mêmes livres d'enfance puis les mêmes classiques soient cités. il est vrai que pour les lectures d'enfance, le marché offrait peu de choix : on a tous lu la comtesse de Ségur et les ancêtres du polar dans la bibliothèque verte. C'est à l'adolescence que se crée la frontière et que se dessine le profil du futur gros lecteur.

Un essai réussi sur cette passion solitaire qui ne demande qu'à être partagée. A lire (et relire?)
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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fanfanouche24
  14 février 2016
"Patrick Chamoiseau

Relire c'est l'âme du lire, son accomplissement. "(p. 139)

Si on m'avait dit que je me plongerai avec délice dans cet essai sur la relecture, j'aurais "ricané"... tant l'idée de la relecture durant des années a été dans ma tête un gâchis de temps...tant de livres nouveaux et classiques non lus... m'attendaient !

Il aura fallu un einième déménagement... des bouleversements de vie... et puis mon inscription pour Babelio... qui m'ont franchement incitée à "reparcourir" ou "relire" les textes qui étaient fortement restés dans mon souvenir, et que j'avais envie de partager ou de faire découvrir ....

Et devinez !! eh bien j'y ai trouvé de nouvelles saveurs et parfois j'ai re-découvert véritablement le texte, l'ayant lu trop superficiellement, ou dans une disponibilité médiocre,
sans oublier les changements , les évolution de pensée de tout un chacun.

Une première partie d'analyse sur la relecture, et la présentation des auteurs les plus relus... s'ensuit la partie la plus conséquente et la plus vivante du livre qui présente les réponses de dizaine d'auteurs à cette enquête sur la "relecture"...

Parmi ceux-ci: - Marianne Alphant , Christine Angot, Stéphane Audeguy, Patrick Chamoiseau, Eric Chevillard, julia Deck, Agnès Desarthe, Jean Echenoz, Annie Ernaux, Philippe Forest,
Cécile Guilbert, Bernard Hoepffner, Luc Lang, Linda Lê, Céline Minard, Dominique Noguez, Olivier Rolin, Thiphaine Samoyault, Philippe Sollers, Cécile Wajsbrot.

Un ouvrage épatant que l'on peut lire d'une traite, ou piocher selon l'envie, l'humeur et l'attirance du jour... et ne vous affolez pas. Votre PAL augmentera inévitablement !!!
Par contre, parmi les incontournables des relus et relus..il y a "La recherche"..... et j'avoue humblement ...que ce monument de la littérature... me reste à découvrir...
J'ai un mal fou à comprendre mes "résistances"...J'espère , un jour, parvenir à les dépasser... Mais d'autres oeuvres m'attendent, comme celle de Faulkner... jamais
abordée !

Par contre un petit mouvement d'humeur de ne pas voir cité Albert Camus !!!(ou trop peu; 3 malheureuses fois) un cruel manque, à mes yeux ! Cela n'enlève rien à la qualité de cette enquête ...

"Montrez-moi votre bibliothèque, et je vous dirai qui vous êtes. Dites-moi ce que vous relisez, et je recueillerai vos secrets" (p. 274)

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gavarneur
  03 décembre 2017
Ce livre est-il indispensable ?
Le bandeau est accrocheur : « Pourquoi garde-t-on ses livres, sinon pour les relire un jour ». Entre nous, je vois bien d'autre raisons : pour les prêter à ses amis, parce qu'une bibliothèque bien remplie, c'est beau, ça réchauffe le coeur, ça réveille des souvenirs, pour faire parler, pour le plaisir de reclasser, etc.
Le sujet est attirant : pourquoi, comment relit-on, et que découvre-t-on en relisant ? La manière, adresser un questionnaire à environ deux cents personnes (ayant à voir avec la littérature) puis exploiter leurs réponses, est à la fois un gros travail et une facilité : beaucoup de rencontres, de dépouillement, de sélection, mais moins de réflexion personnelle. Les deux tiers du livre sont une sélection de réponses, parfois contradictoires, mais dans lesquelles les interrogés, surtout des auteurs, ont fait l'effort d'argumenter, voire de proposer des points de vue inattendus, avec un certain talent d'écriture. Cette partie, intéressante pour la forme travaillée des réponses (un auteur sachant qu'il sera publié soigne sa réputation), m'a toutefois parue un peu longue, répétitive et contradictoire tout à la fois, quoique semée de jolis cailloux colorés (je ne vais pas jusqu'à pépite, mot d'ailleurs galvaudé).
J'ai préféré la partie rédigée par Laure Murat, qui outre les aspects statistiques (pourquoi si peu d'auteures relues?), explique bien les effets spécifiques de la relecture (lisez vous-mêmes). Surtout, son chapitre sur Proust, près de 25% des relectures et un de mes auteurs fétiches, m'a passionné. J'ai lu la Recherche jeune (comme beaucoup des interrogés), dans l'ordre, et ma relecture à l'âge mûr, toujours dans l'ordre, me permet les mêmes découvertes qu'aux autres, même si elle n'avance pas vite. Ce chapitre a excité mes petits neurones de la relecture, qui sont très bien connectés aux neurones du plaisir.

Un point ne ressort pas de cette enquête, et j'ai du mal à le comprendre : quand on a peu de temps devant soi, et même par principe, il me semble que relire un texte court, nouvelle, et surtout poésie s'impose. J'ai relu bien plus de poésie (et parfois même par volumes entiers, ce qui est hors de ce propos) que de n'importe quoi d'autre, et je suis surpris que ce ne soit pas le cas de ces professionnels de la littérature (guère plus de 10% des relectures). Au point que j'aurais envie de proposer là-dessus un sondage sur ce site. Si on arrivait à l'organiser proprement, ce serait une base de données bien plus riche que cette étude.
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Fifrildi
  14 mars 2017
Je suis allée faire un tour inopiné à la bibliothèque et j'ai trouvé ce livre sur le présentoir des nouveautés. C'est surtout l'accroche qui m'a convaincue : " Pourquoi garde-t-on ses livres, sinon pour les relire un jour?"

Cet essai est basé sur une enquête auprès de 200 personnes (écrivains et gens du livre pour la majorité) sur la relecture.

Dans la première partie intitulée "La relecture en question" l'auteure analyse les résultats de l'enquête (données chiffrées).

La deuxième partie, beaucoup plus intéressante, nous offre le "témoignage" de 20 auteurs (j'en connais un ou deux de nom, j'ai lu un livre d'Agnès Desarthe).

C'est un peu difficile de résumer tous les avis en quelques lignes. J'ai bien envie d'aller l'acheter pour le relire ^^ . Ce serait bien pratique d'avoir mon exemplaire, car pas question de faire des petites notes dans les marges dans un livre de la bibliothèque!

J'ai bien aimé ce qu'a écrit Agnès Desarthe : "Quand j'ai terminé un livre qui m'a plu, je n'ose pas en entamer un nouveau, de peur que ce nouveau livre ne pâtisse de mon enthousiasme." C'est souvent le cas, surtout quand j'ai terminé un David Gemmell :-)

Bref, j'ai passé un bon moment de lecture qui m'a donné envie de quelques relectures.

Challenge multi-défis (62)
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keisha
  12 décembre 2015
"C'est peu dire que ce livre s'inscrit à contre-courant. A l'heure où les réseaux sociaux imposent une vitesse supersonique à nos échanges, de préférence limités à cent quarante caractères, où l'on n'entend que cris et lamentations à propos de la disparition des librairies et de l'érosion du lectorat, un essai sur la relecture, éloge inévitable de la lenteur et hommage à la récidive, passera pour une provocation. Disons plutôt : un défi. Celui d'accéder au noyau dur de la passion littéraire, dont la relecture est à la fois le symbole et la métaphore."

En 2013 Laure Murat envoya un questionnaire sur la relecture à deux cents "grands lecteurs" (écrivains ou gens du livre, français ou francophones). La moitié ont répondu, elle a dépouillé les questionnaires, écrit une intéressante synthèse, et choisi de reproduire les réponses de vingt d'entre eux.

Parmi les auteurs cités comme relus, 93% d'hommes et 7% de femmes. Aucun homme (à une exception près), n'a cité de femmes. 59% des auteurs cités sont francophones et parmi le reste, 45% d'anglophones. Proust arrive largement premier et fait l'objet d'une question particulière, d'ailleurs.

Dans son billet Cuné s'est intéressée plus fortement que moi aux réponses aux questionnaires, assez dissemblables, certaines longues et/ou amusantes, contradictoires entre elles parfois, passionnées pour certaines, assez sèches pour d'autres. Allez voir chez elle pour les passages cités!

Bien évidemment il est difficile de lire ce "relire" sans interroger nos propres pratiques (et j'en ai profité pour ajouter sur mon blog une rubrique "relecture", qui d'ailleurs était en projet). On y trouve pas mal de relectures à l'occasion de lectures communes (pour entraîner une blogueuse rétive ou non), ou du Blogoclub, ou la Chaîne des livres. Mais aussi quelques choix sans pression extérieure aucune. de toute façon, pour relire, il faut déjà que je sache que le plaisir sera là! Quitte à ce qu'il le soit moins que prévu...

"Une bibliothèque, ce serait donc d'abord cela: un réservoir à relectures potentielles. Selon ce principe : je veux pouvoir être sûr, même si l'occasion ne se présentera jamais, de pouvoir un jour accéder à telle oeuvre, dans telle édition annotée, et retrouver l'émotion de ma première lecture."
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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ivredelivres
  07 décembre 2015
Relire est-ce faire une nouvelle lecture ou simplement répéter la lecture précédente s’interroge l’auteur.

« j’ai décidé de relire la Recherche » ou encore « j’ai relu les Rougon-Macquart » ou encore une lectrice qui plonge dans Shakespeare

Laure Murat note avec humour que l’on ne parle que de relecture de GRANDS livres et plus rarement de pécadilles (comme moi)

Son enquête, car enquête il y a, porte donc sur la pratique de la relecture. Elle a adressé à 200 intellectuels français un questionnaire, elle a reçu 100 textes en réponse.

J’aurai bien aimé être interviewé, pourquoi toujours les intellos célèbres ? et jamais nous pauvres lecteurs ? Car pour moi comme pour beaucoup des lecteurs interviewés relire est « une passion littéraire ».

Pourquoi relire demande Laure Murat ? Les réponses vont de l’addiction pure et simple de celle qui relit chaque année les 8 volumes de la Petite maison dans la prairie, à ceux qui relisent pour des raisons professionnelles, ou pour répondre à la demande d’un professeur, c’est ce que martèle Laure Murat à ses étudiants « la relecture (d'un poème, d'un roman, d'un essai, d'une pièce) est essentielle pour se saisir soi-même du sens d'un texte. »

Mais viennent ceux et celles pour qui la relecture est un refuge ou une façon de lire une oeuvre commencée et jamais terminée.( pour moi c’est Ulysse de Joyce...)
Certains redoutent la relecture c’est J Echenoz qui dit qu’il veut « garder intact l'éblouissement de la première lecture.»

Un auteur domine les autres par le nombre de ses relecteurs. Vous ne serez pas étonnés car il était déjà celui qu’on emportait prioritairement sur une île déserte : Il s'agit de Marcel Proust.

J’ai été heureuse de constater que je n’étais pas la seule à aimer relire dans une édition particulière, j’ai beaucoup de mal à relire le Journal d’Anne Franck autrement que dans mon livre de poche portant le n°287 ou Vipère au poing n° 58 ou les Années d’illusion n° 198 ou enfin Le Grand Meaulnes n°1000. Ils sont plus qu’écornés car ils sont passés de mains en mains et de mère en filles.
Dans les livres un peu anciens les plus relus par les lecteurs de Laure Murat sont Montaigne, à moi toute seule j’aurai fait pencher la balance, mais aussi Mme de Lafayette ou les Liaisons dangereuses. Virginia Woolf est en bonne position mais cité essentiellement par des femmes

« Je relis maintenant Don Quichotte [...]. J'en suis ébloui, j'en ai la maladie de l'Espagne. Quel livre! Quel livre! » c’est Flaubert qui le dit dans son journal, du coup le relecteur se sent en bonne compagnie.


Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Henri-l-oiseleur
  31 décembre 2017
L'ouvrage de Laure Murat est fait de deux parties distinctes. La première est un essai sur la relecture, où elle a recours aux sciences humaines, à la psychanalyse, à la théorie littéraire, pour rendre compte de ce phénomène. L'étude est très intéressante et instructive. Elle se fonde sur le témoignage de plusieurs dizaines d'écrivains à qui elle a envoyé un questionnaire sur leurs pratiques de relecture. Les réponses détaillées de ces écrivains (mais aussi universitaires et traducteurs) figurent en seconde partie du volume. Cette deuxième moitié est assez pénible à lire, pour des raisons de fond : Laure Murat, décrivant sa méthode, la présente comme "une enquête auprès de grands (re)lecteurs" (pp. 19-20). Quels critères président au choix de ces "grands" relecteurs ? Chacun est introduit par une brève notice qui annonce, sans plus de recul critique, les raisons de sa présence : avoir été lauréat d'un prix littéraire (Angot, Chamoiseau, Echenoz, Ernaut etc), ou avoir au moins publié des livres, ou enseigner à l'université (mais l'érudition s'accompagne toujours d'humour, n'est-ce pas, voir Noguez p. 243). Peut-on espérer de tous ces personnages publics, à qui l'on demande d'écrire sur leur culture personnelle, qu'ils ne feront pas les malins ? Qu'une fois de plus, qu'ils ne joueront pas aux auteurs devant un public ? Est-il innocent de dire qu'on a lu six fois Proust ou Joyce, ou, pour comble de snobisme, "La petite maison dans la prairie" ? A ce titre, la réponse de Sollers, qui avoue n'avoir rien à ajouter sur la question après les quatre tomes définitifs qu'il a écrits et qu'il énumère, a le mérite de la sincère et grossière vanité. Comment faire une enquête auprès de pareils témoins, dont le témoignage biaisé est donné tel quel, charge au lecteur de le décrypter et d'écrire lui-même une troisième partie du livre ? Ainsi, Laure Murat appelle "grands lecteurs" les écrivains à prix, ne s'interroge jamais sur leur représentativité, et ne se demande pas si une enquête sur la relecture gagnerait à se pencher sur les "petits relecteurs". Ainsi Philippe Lejeune, après avoir étudié l'autobiographie en théorie et en profondeur sur de grands textes, a consacré ses efforts et son attention à l'écriture autobiographique non publiée, commune, celle des anonymes. Il sait bien que la partie invisible de la littérature, les lecteurs, est l'essentiel. Laure Murat, qui croit naïvement que les "grands (re)lecteurs" sont ceux que les médias distinguent et encensent, n'a enquêté que sur la relecture à Saint-Germain des Prés. Elle accrédite l'idée que la création littéraire s'adresse à d'autres créateurs, que les écrivains écrivent pour d'autres écrivains (et pour les journalistes qui feront la retape). Nous, lecteurs et relecteurs, nous ne sommes que les témoins muets de ce théâtre, comme d'habitude.
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carnetdelecture
  09 janvier 2016
En réalisant cette étude, Laure Murat, professeur de littérature à l'Université de Californie-Los Angeles, a voulu répondre à plusieurs questions. Pour quelle raison les enfants veulent-ils entendre chaque soir la même histoire ? Que nous apprend une deuxième lecture que la première n'avait pas révélée ? Au fond, pourquoi relit-on ?

Après un examen de la littérature scientifique, Laure Murat livre une analyse qualitative des réponses données par 200 grands lecteurs sur leur pratique de la relecture. On y apprend par exemple que la relecture est envisagée par beaucoup comme un refuge, devenant ainsi une lecture-doudou réconfortante. Mais relire peut aussi être un moyen de se retrouver soi-même et de se souvenir du lecteur que nous étions alors.

Les éditeurs et libraires conçoivent plutôt la relecture comme un retour aux sources face à la déferlante de nouveautés qui les assaille chaque année. Certains prévoyant d'ailleurs des plages horaires précises dédiées aux relectures même si, pour la plupart, la lecture de nouveautés occupe la plus grande part de leur temps « lecture ».

Parmi les livres les plus souvent relus, on retrouve surtout des classiques dont la lecture a été imposée à l'école mais que l'on relit par plaisir à l'âge adulte, avec une autre vision de l'histoire et une meilleure compréhension du contexte historique. L'auteur le plus souvent cité est Proust et son roman A la recherche du temps perdu, qui fait d'ailleurs l'objet d'un chapitre entier de l'analyse de Laure Murat. Personnellement, j'ai été étonnée de découvrir ce livre en première position. Avec ses sept tomes, ce n'est pas une petite affaire que de le relire !

La seconde partie de Relire consiste en une retranscription de certains entretiens réalisés par l'auteure, présentés bruts, sans analyse.

La structure et le style de l'ouvrage ont tout du mémoire universitaire, ce qui est un peu dommage car cela rend la lecture rébarbative et lourde là où il aurait été possible de rendre cette enquête plus vivante. Néanmoins, il s'agit d'un livre intéressant pour qui s'intéresse aux moeurs en matière de relecture.
Lien : http://carnetdelecture.skyne..
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Takalirsa
  11 juin 2016
M'étant récemment mise à relire certains livres découverts dans ma jeunesse, j'étais curieuse de découvrir cet essai.
La première partie est très intéressante. A partir des réponses reçues à son questionnaire, l'auteur analyse les motivations, plus ou moins conscientes, qui poussent à se replonger dans une lecture déjà effectuée. Certains cherchent à « retrouver leur émotion première », à ressentir à nouveau le « choc de la première lecture ». Parfois même, on va « ressusciter la mémoire corporelle », lorsque la lecture est associée à un lieu ou une sensation. La relecture est alors une sorte de « parcours intérieur », qui permet de « revenir sur soi et en soi ». Cependant la réminiscence ne fonctionne pas toujours, car « cherche-t-on dans la relecture la personne qu'on était, ou celle qu'on est devenue ? »... Dès lors c'est la déception : « Lâcher un livre en cours, même déjà lu, laisse toujours un goût de défaite ».

Et puis il y a ceux qui aiment « la répétition et son pouvoir de griserie », allant jusqu'à relire plusieurs fois un livre au cours de leur vie, parfois toujours le même. La relecture devient alors une sorte de refuge rassurant. Comme les enfants qui réclament en boucle la même histoire, on apprécie d'être en territoire connu, ressentant une certaine délectation à anticiper certains passages voire certaines phrases entièrement mémorisées. Là encore, on est dans une relation à la lecture relevant de l'intime. L'impact d'un livre sur une vie dépend de critères tout personnels.
Cette répétition rassurante se double souvent d'une « redécouverte stimulante » : la « plasticité » de certains textes, notamment les grands classiques, fait que non seulement ils sont « indéfiniment recontextualisables », mais aussi qu'ils permettent de nouvelles interprétations. D'ailleurs, « c'est à la relecture qu'on reconnaît le vrai génie littéraire ».

L'ensemble de cette réflexion s'appuie sur de nombreuses données chiffrées issues du décorticage de l'enquête. L'auteur présente également les auteurs les plus relus, par siècle, par nationalité et par genre littéraire. On n'échappe pas à quelques digressions, au jargon universitaire par-ci par-là, et aussi à un passage sur Proust jugé un peu long quand on n'est jamais venu à bout de « A la recherche du temps perdu » (alors le relire !..). Mais c'est globalement pertinent, et l'on se retrouve forcément dans l'un des profils évoqués.

La seconde partie, je l'ai par contre vite abandonnée. L'auteur y propose l'intégralité des réponses d'une vingtaine de grands lecteurs interrogés : des témoignages intimes, qui plus est de personnes inconnues... c'est un peu fastidieux à lire ! J'aurais préféré que l'auteur en dégage les grandes idées. Les enquêtes n'ont d'intérêt que pour les analyses qu'on en tire. Cette deuxième moitié donne une impression de « remplissage » et laisse au lecteur un sentiment de superficialité alors qu'il y avait matière à approfondir le sujet. C'est dommage.
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claraetlesmots
  20 novembre 2015
Pourquoi relit-on ? A quoi s’apparente la relecture : « répétition, reprise, réinterprétation, redécouverte, refuge » ? Aiguise-t-elle le sens critique, y a t’il du re-plaisir ? Est-ce pour retrouver la personne que l’on était à la première lecture ? La relecture peut être « une opportunité unique pour prendre la mesure de l’écoulement du temps, de la vivacité et de l’obsolescence du souvenir » ou « relire, c’est élire, se créer son propre univers. On relit comme on se construit une personnalité, à l’aide d’identifications répétées, raison pour laquelle, entre autres, l’enfant pratique la relecture avec tant de passion ». Relire est-ce picorer dans un livre déjà lu ou alors le lire encore de la première à la dernière page ?
Pour son enquête sur la relecture, Laure Murat a adressé un questionnaire à deux cent personnes qui baignent qui baignent dans le milieu : des auteurs, des traducteurs, des éditeurs, des comédiens, des universitaires, .... . Dans un premier temps et à partir des réponses, Laure Murat nous livre sa synthèse. Entre autres, on apprend que Proust (à qui une question du questionnaire est consacrée) figure en haut du palmarès de l’auteur le plus relu suivi de Flaubert. Montaigne, Nietzsche et Wool se partagent la troisième position.
Mais Laure Murat ne nous fournit pas que des noms, des chiffres et des proportions. Car elle donne les réponses complètes de son questionnaire de quelques uns des interviewés: Annie Ernaux, Celine Minard, Jean Echenoz, Agnès Desarthe et d’autres. On entre dans l’intimité du rapport à la lecture et c’est un pur régal ! De l’enfance et des livres qui y sont associés , du parcours aux habitudes de lecteur, les interviewés ont souvent apporté des anecdotes et se sont prêtés au jeu des réponses avec franchise. Sans oublier de l’humour avec Philippe Forest ou Eric Chevillard qui à la question se relire répond : « Faire l’archéologie de soi-même ? ». Et une mention spéciale au traducteur Bernard Hoepffner qui m’a décomplexée car comme lui je n’ai jamais lu (et donc relu ) Proust.
Cet essai est ultra passionnant et enrichissant car relire englobe plusieurs facettes (et on peut se retrouver par « fragments » dans certaines des réponses). Un essai à lire par tous ceux pour qui « La littérature, c’est vivre intensément » (que l’on soit relecteur ou non )!



Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
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