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EAN : 9782070786640
384 pages
Gallimard (22/09/2011)
3.18/5   11 notes
Résumé :

Tous les fous, dit-on, se prennent pour Napoléon. Mais le délire d’identification à l’empereur se vérifie-t-il dans les registres des asiles et, si oui, que cela nous enseigne-t-il sur les rapports de l’Histoire et du trouble psychique ? C’est à partir de cette question qu’est née l’idée de ce livre, dont le sujet, très vite, s’est élargi à d’autres problématiqu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
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  12 août 2021
En partant de documents d'archives, Laure Murat étudie les liens entre la folie et l'histoire, ou plutôt les événements politiques entre 1789 et 1871, période de nombreuses révolutions. En filigrane, c'est une histoire de la psychiatrie française qui se dessine. La discipline est en effet apparue avec la Révolution, sous l'impulsion du médecin Philippe Pinel et du surveillant Jean-Baptiste Pussin dont on pourrait dire qu'il est l'ancêtre des infirmiers psychiatriques.
A la fin du 18° siècle- début du 19° siècle, il y avait deux sortes d'établissements où on internait les fous : les asiles publics et les maisons de santé privées pour les malades dont les familles pouvaient payer. Sous la Révolution et l'Empire, ces dernières deviennent aussi un lieu d'enfermement pour opposants politiques. Dans sa préface, l'auteure fait le lien avec les dissidents soviétiques internés en psychiatrie ou les "folles" de la place de mai en Argentine.
La maladie du 19° siècle est la monomanie orgueilleuse ou le fait de se prendre pour un grand homme, comme Napoléon par exemple, qui semble avoir plus de succès auprès des malades que les rois. Pourquoi? La question est posée du lien entre génie et folie. A ce sujet le cas de Victor Hugo est aussi évoqué ("Victor Hugo était un fou qui se prenait pour Victor Hugo" – Jean Cocteau).
La révolution de 1848 et la Commune de Paris en 1871 voient émerger une nouvelle maladie mentale dans la nomenclature des médecins : "morbus democraticus". "Insurgés et insensés, dans les yeux bourgeois, se ressemblent" et les psychiatres sont des bourgeois. La révolte des femmes leur apparaît comme encore plus folle : "une jeune femme, qui avait fait une étude approfondie du phalanstère, se pénétra si bien des idées de Fourier qu'elle en perdit la tête." Non seulement "on la vit sortir en vêtements d'homme" mais elle refusera de se faire ausculter, "déclarant qu'elle ne recevrait jamais les soins d'un médecin tant qu'il ne serait pas permis aux femmes de prendre le diplôme de docteur". Elle finira ses jours dans une maison de santé."
Qu'est-ce que la folie ? C'est au fond la question que pose Laure Murat dans cet intéressant ouvrage. le regard porté sur les débuts de la psychiatrie montre bien la sensibilité de la réponse aux aléas politiques.
Lien : http://monbiblioblog.revolub..
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SergePlennevaux
  04 décembre 2012
Une histoire politique de la folie.
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critiques presse (4)
LaViedesIdees   27 octobre 2011
Sans dramatisation [...], sans stigmatisation du fou ni de son médecin, [Laure Murat] nous offre un tableau complexe et vivant d’un double délire rhétorique, de l’homme qui dit sa folie et de celui qui l’enregistre, l’aliéniste ; avec derrière les textes qui demeurent – où chaque signe compte, chaque virgule et chaque rature –, les vies entières dans le chaos de l’histoire.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
LeMonde   14 octobre 2011
Au terme de ce parcours, on ne peut que se rappeler l'injonction de Bertrand Barère, le 23 messidor an II (11 juillet 1794), annonçant tout à la fois la création de l'asile et l'espoir de sa disparition future. Comme si la Révolution s'était donnée pour tâche de faire parler le délire plutôt que de le taire. Car on sait bien que l'effacement de ses traces menace une société bien plus qu'elle ne la protège. Tel est le message délivré par ce beau livre érudit et original.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   28 septembre 2011
De Bicêtre à Charenton, du marquis de Sade à Auguste Blanqui, c'est une poignante galerie de lieux et de portraits qui se dessine sous nos yeux, accompagnée d'une réflexion passionnante sur les rapports qu'ont entretenus les « aliénistes » (les premiers psychiatres) avec le pouvoir politique.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   22 septembre 2011
Dans "L'homme qui se prenait pour Napoléon" (Gallimard), Laure Murat révèle l'influence de l'histoire sur les esprits fragiles.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
SergePlennevauxSergePlennevaux   04 décembre 2012
Les maniaques se montrent de préférence dans les réunions fraternelles appelées clubs. Ils ont les cheveux hérissés, très souvent incultes, les yeux hagards, la bouche convulsée ; leur parole se traduit le plus ordinairement par des sons rauques, des vociférations, des menaces, des cris de fureur parmi lesquels on distingue les mots d'infâme capital, de misérables bourgeois, de liquidation de l'ancienne société. [...] Une des principales variétés de cette folie maniaque est le delirium tremens. [...] Le mal se reconnaît facilement aux signes suivants : L'individu qui veut prendre la parole a un tremblement général, la langue est épaisse et n'articule qu'incomplètement, les yeux sont hors de la tête, la figure est pourpre, l'haleine a une odeur sui generís: l'imagination est en proie à des hallucinations effrayantes
p.276
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SergePlennevauxSergePlennevaux   04 décembre 2012
Dans tous les cas, ce que les aliénistes pointent d'un
doigt accusateur, ce sont les prosélytes. En ce sens, la psy-
chiatrie s'affirme comme une discipline moderne, sou-
cieuse de se démarquer d”une religion qui a eu longtemps
le monopole de la folie, mais qui a aussi condamné au
bûcher la sorcière et l'hérétique dont elle avait fabriqué de
toutes pièces l°existence. Le sentiment religieux ne serait
pas une folie en soi, puisqu'une «piété compatissante ›› peut
au contraire calmer les esprits et les ramener sur le droit
chemin. Le zèle fanatique et la propagande mystique, voilà
ce qui, à l”aube du XIXé siècle, doit en revanche être séparé
d°une science positive, rationnelle, et résolue à triompher
de 'obscurantisme. p.135
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SergePlennevauxSergePlennevaux   04 décembre 2012
Où les psychiatres et, partant, la société à l'écoute de ses nouveaux experts, placent-ils la frontière entre la passion politique et ses excès morbides, entre convictions personnelles et débordements maniaques -
frontière dont il convient aussi d'analyser la mobilité et la variations dans le temps? En d'autres termes: comment s'élabore et s'articule, au XIXé siècle, le discours entre l'idéologique et le pathologique?
Déconstruire le logos scientifique et moral à lœuvre c'est en peser d'abord les termes précis et la structure, à la lumière d'un corpus théorique de plus en plus dense... mesure que la psychiatrie se constitue comme discipline à part entière. C'est aussi en examiner les écarts, les manipulations et les raccourcis -
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SergePlennevauxSergePlennevaux   04 décembre 2012
Nous avons vu en effet que le propre de l'activité de la folie est la destruction, l'incapacité absolue à organiser, à édifier quoi que ce soit. Or qu'a produit la Commune? Des décrets d'un jour, d'une heure, annulés par de nouveaux décrets sans cesse renouvelés; des pouvoirs, des comités qui se succédaient continuellement et qui se substituaient les uns aux autres. Que sortait-il de la bouche des communards? Des paroles qui prêchaient le pillage, l”incendie, la mort, la suppression de Dieu, des cultes, de la famille, de toutes les institutions basées sur les instincts supérieurs de l'âme .
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SergePlennevauxSergePlennevaux   04 décembre 2012
..la folie des communards était une folie morale.L'épidémie qui les a gagnés porte un nom: le socialisme, dont le but serait l'anéantissement des valeurs fondamentales de la civilisation. Guidés par la convoitise et l'aigreur, l'envie et la paresse, les révolutionnaires seraient des nihilistes sans programme, sinon de jouir du mal qu'ils prônent et propagent :
p.326
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Lecture de Jean-Marie Gleize: une création originale inspirée par
Une série de créations littéraires originales inspirées par les collections de la BIS. Ce cycle est proposé par la Maison des écrivains et de la littérature (Mel) en partenariat avec la BIS. Un mois avant la restitution, l'écrivain est invité à choisir un élément dans les fonds de la BIS. Lors de la rencontre publique, « le livre en question » est dévoilé.
Saison 4 / 2020 : Linda Lê, Arno Bertina, Muriel Pic, Jean-Marie Gleize, Jean-Christophe Bailly.
Chaque saison donne lieu à la publication d'un livre aux éditions de la Sorbonne "Des écrivains à la bibliothèque de la Sorbonne": * saison 1 : Pierre Bergounioux, Marianne Alphant, Arlette Farge et Eugène Durif paru en septembre 2018. * saison 2 : Jacques Rebotier, Marie Cosnay, Claudine Galea et Fanny Taillandier, paru en septembre 2019. * saison 3 : Hubert Haddad, Line Amselem, Christian Prigent, Mona Ozouf, Laure Murat, publication prévue en septembre 2020.
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