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EAN : 9782268013985
133 pages
Éditeur : Les Editions du Rocher (02/10/1992)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 10 notes)
Résumé :
L’Âge du Christ est le couronnement des réflexions religieuses de Nabe sur plusieurs années qui l’ont fait aboutir à aller à Jérusalem pour faire sa première communion le jour de ses trente-trois ans. Sorte de somme brève mais intense (133 pages), dictée puis réécrite en 1992, L’Âge du Christ se présente comme un seul long chapitre qui coule du début, où l’auteur prend conscience de son orientation catholique, jusqu’à la fin, où on assiste à la scène vécue de la cér... >Voir plus
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   15 avril 2020
Pour Tolstoï, pas de grâce, pas de miracle, pas d'incarnation, pas de rédemption, pas de Trinité, pas de Résurrection. Le Christ est à peine divin d'avoir eu la force de S'améliorer en tant qu'homme. Tolstoï opère une destruction et une restauration du christianisme. Il refait tout, de fond en comble, après l'explosion. Il désacralise pour resacraliser. Terrible boulot ! Le vieux Russe accomplit un sacrilège colossal jamais osé depuis les temps barbares. Il prend cette tâche michel-angelesque sur ses épaules : effacer de vastes fresques vieilles de deux mille ans pour en repeindre d'autres par-dessus ! Nietzsche est un rigolo, parce que sa religiosité s'est diluée dans sa bave. Tout aussi antipaulinien, Tolstoï reste religieux, religieusement religieux, même quand il brandit le marteau le plus lourd de sa « philosophie » moralisatrice. Nietzsche est démoralisant, Tolstoï est remoralisant. Leur cible est la même : l'Église. Or, ils ont compris, un peu tard — Nietzsche perdu dans sa moustache, Tolstoï seul dans la neige — que, pour combattre la doctrine de l'Église, ils ont été forcé d'établir une autre doctrine qui ne fait pas le poids. Le surhomme et le sous-homme sont des larves près de ce Dieu qui s'est fait homme. Heureusement, le fond est bon. Tolstoï s'y est mal pris, il est trop massif, lourdingue (comme son nom l'indique), mais malgré sa naïve balourdise de pleurnichant tyran, il a raison. Dans toute cette épaisse soupe filandreuse à la Rousseau d'où surnage, verdâtre, un gras Bouddha hypocrite, Tolstoï aura au moins trouvé l'idée maîtresse de la non-résistance aux méchants. S'il a tout faux sur la transcendance, s'il fait pitoyablement du Christ un roi du self-control chargé de nous enseigner à ne pas faire trop de sottises, cette bonne vieille brute russe a tout de même compris la grandeur du « non au mal ». Entre Jésus et Gandhi, il fallait que l'idée de la non-acceptation sans violence mûrisse dans la carcasse d'un monstre d'égoïsme comme Léon Tolstoï.
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enkidu_enkidu_   15 avril 2020
En passant ainsi de l'état d'innocence à celui de culpabilité, Jésus décharge les autres de leurs fautes mais Il les charge d'une culpabilité unique, plus atroce que toutes celles dont ils se sont rendus coupables : Sa crucifixion. C'est l'échange suprêmement pervers : « Tous vos péchés contre le crime inexpiable de Me crucifier ! » Jésus Se sacrifie pour être sacrifié. Tous les péchés du monde ne laveront pas une seule tache de sang christique. Avec le déicide, les hommes perdent au change : ils auraient dû garder leurs péchés ! Le Christ est un malin : Il perd la vie (et encore !), mais Il gagne l'éternité de Celui qui, soudain, à souffert plus que quiconque, et qui culpabilise pour toujours l'humanité dont Il a pillé le trésor le plus précieux : le Mal.

Je vous le dis : s'approcher de Dieu, c'est tenter le Diable. Vous avez peur ? N'ayez pas peur du christianisme, le christianisme c'est rien. C'est juste le nom d'un pays, le pays de la spiritualité, l'île de l'esprit, le continent des continents. Dieu c'est l'Amérique, elle ne demande qu'à être découverte. Atteindre ce nouveau monde par tous les moyens, voilà ce qui devrait hanter l'esprit de tous. Hélas peu d'aventuriers, au mieux les nostalgiques du grand large cherchent un « sens » à leur vie et se perdent en préparatifs sur le plancher des vaches, dans de fausses questions de croyance sans avoir la foi de douter en la croyance. Il faut beaucoup de foi pour laisser la croyance et partir. La foi, c'est le souffle. Ce sont les vents qui poussent cette caravelle jusqu'à l'autre rive, celle de l'infini. J'ai armé mon esquif comme il faut, j'ai des vivres, j'ai du Bloy, du Péguy, du Bernanos, et du Claudel partout et Simone Weil en figure de proue fend la mer d'huile de l'océan Catholique ! Certains redoutent les tempêtes, le naufrage. Pour moi, ça s'est bien passé. J'ai vu un beau matin la terre à l'horizon. J'ai accosté. Le continent est une île paradisiaque immense, j'en ai pour des années à l'explorer, pour ma vie. Ceux qui n'ont pas coulé en cours de route prennent peur aux rivages enchantés. D'autres, ayant goûté aux joies grandioses de cette île ne voudront plus revenir. Tous ont déjà compris ce qu'est la spiritualité. Ils s'en faisaient un monde, c'en est un autre, un nouveau monde.
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enkidu_enkidu_   15 avril 2020
Les voilà les véritables apôtres des derniers temps ! Ils sont venus, ils sont tous là. Par ordre d'entrée en scène : Jules Barbey d'Aurevilly, Ernest Hello, Auguste Villiers de l'Isle Adam, Joris Karl Huysmans, Léon Bloy, Paul Claudel, Charles Péguy, Gilbert Keith Chesterton, Giovanni Papini, Georges Bernanos, Nicolas Berdiaev, Simone Weil, Louis Massignon, Jacques Maritain. Tous composent la garde prétorienne du Seigneur dont ils portent comme une longue croix le bras alourdi. Ni prêtres ni saints, ni anges mais martyrs, martyrs du XXe siècle matérialistissime dépassé sur sa droite par une foi sans arrêt éteinte et rallumée. Ils sont tous les croisés d'une nouvelle renaissance, leur antiquité c'est la première chrétienté. L'apostolique frisson des bas âges revient comme une vague sur les cent dernières années décisives de l'Histoire de l'humanité, celles qui apportent à Dieu, comme sur un plateau, l'Apocalypse dite fin du monde. Ces témoins de l'Éternel masqués par lui, rendus méconnaissables au regard de leurs frères hostiles auxquels ils sont chargés de distribuer, par « homéopathie intermittente », des doses infinitésimales de sainteté substituée (Massignon) se sont souvent ignorés ou bien méprisés les uns les autres. Ça ne les a pas empêchés de faire corps, corps mystique, pour créer cette étrange congrégation occultée d'écrivains catholiques et subversifs qui ont prouvé, par leurs œuvres irrespirables tant elles sont hautes, qu'à la fin comme au commencement serait le Verbe et quel Verbe ! Jamais littérature ne fut plus somptueusement littéraire et moins littéraire à la fois, jamais les mots gorgés de sens n'éclatèrent plus violemment sur des pages éclaboussées, jamais idées folles de joie ne dansèrent avec plus de style sur la piste de l'intelligence ! Poésie, roman, pamphlet, essai, aphorismes, thèse, exégèse, roman policier, théâtre, hagiographie, philosophie, théologie, litanie ! Ces apôtres des derniers temps ont eu les derniers mots.
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enkidu_enkidu_   15 avril 2020
C'est tellement démodé de croire en soi ! Il n'y a plus que les sceptiques pour verser encore dans cette faiblesse. Ils ont l'air touchants avec leurs doutes mais au fond, ils ne pensent qu'à eux-mêmes. Dans son Dîwân, Sanâ'i est formel : Si la connaissance ne t'enlève pas à toi-même, mieux vaut l'ignorance qu'une telle connaissance. Hallâj sur le gibet disait encore à un de ses disciples : « Ton Moi, si tu ne l'asservis pas, il t'asservira. » Découpé en morceaux en 922 à Bagdad pour avoir atteint le point de non-retour du non Moi, Hallâj soutenait qu'il n'était plus lui-même. Se vider comme un lapin de sa personnalité et laisser place à Dieu au point qu'Il se trouve chez Lui chez soi. « Faites comme chez Vous ! » semble dire Hallâj à Allah. Quelle hospitalité ! Il pouvait oser dire alors, sans mentir : « Je suis la Vérité. » Une telle phrase mérite la mort parce que justement, la Vérité c'est la mort (Céline).

Mort au Moi ! Je suis le contraire de quelqu'un de léger, d'oublieux, de fuyard, d'inattentif. À force de contempler le visible dans ses moindres détails, je suis passé à travers. Je me suis projeté dans l'invisible, laissant mon vieux Moi de l'autre côté de la glace. Ma mémoire est intacte, pas question de me noyer dans le Léthé. Le fleuve de l'oubli, moi je marche dessus. Je n'est pas n'importe quel autre, il est même quelqu'un. Je, c'est Quelqu'un. C'est clair ? À quatre-vingts ans, Paul Claudel s'exaltait : J'ai besoin de quelque chose que je n'aie pas fait moi-même ! J'ai besoin de quelque chose hors de moi comme le soleil, à la mesure de cet œil nouveau en moi qu'est devenu mon cœur !
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Clip réalisé par Joaquim Merran pour annoncer la réédition du premier ouvrage de Marc-Edouard Nabe paru en 1985 : Au Régal des vermines
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