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ISBN : 2070324753
Éditeur : Gallimard (14/04/1988)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Le livre de Maurice Blanchot n'est pas seulement un essai d'élucidation de la création littéraire et artistique, mais encore une recherche précise de ce qui est en jeu pour l'homme d'aujourd'hui, par le fait que «quelque chose comme l'art ou la littérature existe» : descente vers la profondeur, approche de l'obscurité, expérience de la solitude et de la mort.
L'auteur interroge les oeuvres de Mallarmé, de Kafka, de Rilke, de Hölderlin et de bien d'autres ; il... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
thedoc
  28 avril 2016
Lu durant mes études, « L'espace littéraire » de Blanchot m'avait beaucoup frappée. Les réflexions de l'auteur m'avaient semblé décrire au plus près ce que doit être l'expérience de la création littéraire. En effet, Maurice Blanchot tente sans cesse de définir la littérature. C'est d'ailleurs cela qu'il recherche, écrivant, lisant, commentant Kafka, Sade ou Hölderlin.
Dans « L'espace littéraire » que je situe entre oeuvre philosophique et analyse littéraire, Blanchot évoque donc de nombreux auteurs et fait également référence au mythe d'Orphée pour illustrer ses propos. Cet espace littéraire, c'est celui-ci qui se déploie entre l'auteur, le lecteur et l'oeuvre, qui aboutit à l'avènement de la dernière. En effet, l'oeuvre ne peut exister que si elle écrite par l'écrivain et ensuite lue par un lecteur. Mais à cette configuration s'ajoute une seconde qui en est le reflet : sans oeuvre, il ne peut avoir ni écrivain ni lecteur : « Il est du lecteur comme du poète. Tous deux, poète et lecteur reçoivent [du poème] leur existence et sont fortement conscients de dépendre, dans leur existence, de ce chant à venir, de ce lecteur en devenir. »
Ainsi l'auteur présente sa réflexion sur la création littéraire autour du thème de l'oeuvre comme origine mais en réfléchissant aussi à la solitude de l'artiste et à l'inspiration.
« L'espace littéraire » est sûrement une des oeuvres les plus abouties sur l'exigence de l'écriture et le rapport de l'écrivain à l'oeuvre - ou inversement.
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LucienRaphmaj
  28 novembre 2012
20 000 lieues sous la Littérature, pourrait-on l'appeler.
C'est le livre-recueil de Blanchot-Caron.
Pour des générations Blanchot reste un passeur incomparable chez ces étranges morts-vivants que sont les écrivains (des gens présents s'absentant par l'écriture et se présentant par l'absence, dit-il) et nous fait approcher les contrées de l'écriture moderne : Rilke, Mallarmé, Kafka, cela se poursuit dans le livre à venir, suite des chroniques de la NNRF rassemblées par Blanchot en livre-recueil (Bataille, Artaud, Woolf, Amiel, Robbe-Grillet, Henry James, Beckett, Hölderlin, Musil, Borges, Hesse, etc.). Une formidable découverte de l'étrange Dehors que serait l'écriture (plutôt que la littérature).

Blanchot-Caron, fait découvrir tout le royaume souterrain, nocturne, où Orphée-Ecrivain va chercher l'Eurydice-Littérature, et accepte de la perdre pour la porter au jour (je reste schématique). Oeuvre de désoeuvrement. La littérature est selon Blanchot l'histoire de ce deuil fondateur, de la « solitude essentielle » nécessaire à la création littéraire. Des pages très célèbres et très puissamment intrigantes sont consacrées à cette parabole du « Regard d'Orphée ». Car l'espace littéraire est aussi un regard sur la littérature confronté à son miroir : qu'est-ce qui fait que quelque chose comme la littérature est possible ? Qu'est-ce qu'écrire ?
Blanchot interroge différentes oeuvres, cherchant en chacune, comment elles répondent à cette question.

Blanchot l'Obscur, l'heideggerien, le nihiliste ? Tordez le cou à ces clichés. Lisez, enfin, ces textes qui se refuse à l'hermétisme comme à l'exotérique, puisqu' « il est peut-être naturel que l'art qui s'accouple à une énigme et se retire des formes ordinaires ne bénéficie pas des facilités de la réussite. Il n'y a rien de plus misérable que la banalisation des monstres ; la mise à portée de tous de ce qui est étrange, c'est-à-dire qui ne doit pas cesser de nous rester étranger. » (Maurice Blanchot, Henri Michaux, Farrago, 1999.) La littérature, si cela existe, perdure, c'est dans ce mouvement qui nous transporte sans cesse ailleurs, dans des territoires étranges, dans une langue dont le mystère et la part d'inconnu doit être préservée. Ce à quoi nous introduit Blanchot dans ce livre.
Lien : http://lucienraphmaj.wordpre..
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JacobBenayoune
  20 octobre 2013
Une très belle expérience pour moi que la lecture de ce livre. C'était mon premier Blanchot. Et après cette lecture je me suis directement dit, il ne sera pas son dernier livre. J'y découvre le grand Rilke pour la première fois. Je découvre aussi à quel point la création littéraire est exigeante. L'écriture est un acte sérieux, une résurrection infinie, une agonie. Un grand livre sur la création littéraire, la mort, la solitude... le chapitre "Le regard d'Orphée" est un exemple métaphorique de cette exigence. Un livre à relire.
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Cielvariable
  25 avril 2018
Même si ce fut une lecture obligatoire dans le cadre de mes études littéraires, j'ai apprécié les différentes réflexions de l'auteur en ce qui a trait à la création littéraire, à la réception des oeuvres par les lecteurs et à a littérature. Il le fait en commentant des oeuvres classiques d'auteurs reconnus, ce qui est encore plus motivant lorsque nous avons lu ces auteurs. le texte est tout de même plutôt difficile d'accès pour des personnes qui n'auraient pas étudié la littérature et surtout les théories de la littérature.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
blanchenoirblanchenoir   20 novembre 2015
Écrire, c'est entrer dans la solitude où menace la fascination. C'est se livrer au risque de l'absence de temps, où règne le recommencement éternel. C'est passer du Je au Il, de sorte que ce qui m'arrive n'arrive à personne, est anonyme par le fait que cela me concerne, se répète dans un éparpillement éternel.
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PilingPiling   28 septembre 2008
incipit :
Un livre, même fragmentaire, a un centre qui l'attire : centre non pas fixe, mais qui se déplace par la pression du livre et les circonstances de sa composition. Centre fixe aussi, qui se déplace, s'il est véritable, en restant le même et en devenant plus central, plus dérobé, plus incertain et plus impérieux. Celui qui écrit le livre l'écrit par désir, par ignorance de ce centre. Le sentiment de l'avoir touché peut bien n'être que l'illusion de l'avoir atteint ; quand il s'agit d'un livre d'éclaircissements, il y a une sorte de loyauté méthodique à dire vers quel point il semble que le livre se dirige ; ici, vers les pages intitulées "Le regard d'Orphée".
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JacobBenayouneJacobBenayoune   13 novembre 2013
Ecrire commence avec le regard d'Orphée, et ce regard est le mouvement du désir qui brise le destin et le souci du chant et, dans cette décision inspirée et insouciante, atteint l'origine, consacre le chant. Mais, pour descendre vers cet instant, il a fallu à Orphée déjà la puissance de l'art. Cela veut dire: l'on n'écrit que si l'on atteint cet instant vers lequel l'on ne peut toutefois se porter que dans l'espace ouvert par le mouvement d'écrire.
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CielvariableCielvariable   25 avril 2018
La même situation peut encore se décrire ainsi l'écrivain ne lit jamais son oeuvre. Elle est, pour lui, l'illisible, un secret, en face de quoi il ne demeure pas. Un secret, parce qu'il en est séparé. Cette impossibilité de lire n'est pas cependant un mouvement purement négatif, elle est plutôt la seule approche réelle que l'auteur puisse avoir de ce que nous appelons oeuvre. L'abrupt Noli me legere fait surgir, là où il n'y a encore qu'un livre, déjà l'horizon d'une puissance autre. Expérience fuyante, quoique immédiate. Ce n'est pas la force d'un interdit, c'est, à travers le jeu et le sens des mots, l'affirmation insistante, rude et poignante que ce qui est là, dans la présence globale d'un texte définitif, se refuse cependant, est le vide rude et mordant du refus, ou bien exclut, avec l'autorité de l'indifférence, celui qui, l'ayant écrit, veut encore le ressaisir à neuf par la lecture. L'impossibilité de lire est cette découverte que maintenant, dans l'espace ouvert par la création, il n'y a plus de place pour la création — et, pour l'écrivain, pas d'autre possibilité que d'écrire toujours cette oeuvre. Nul qui a écrit l'oeuvre, ne peut vivre, demeurer auprès d'elle. Celle-ci est la décision même qui le congédie, le retranche, qui fait de lui le survivant, le désoeuvré, l'inoccupé, l'inerte dont l'art ne dépend pas. L'écrivain ne peut pas séjourner auprès de l'oeuvre il ne peut que l'écrire, il peut, lorsqu'elle est écrite, seulement en discerner l'approche dans l'abrupt Noli me legere qui l'éloigne lui-même, qui l'écarte ou qui l'oblige à faire retour à cet « écart » où il est entré d'abord pour devenir l'entente de ce qu'il lui fallait écrire. De sorte que maintenant il se retrouve à nouveau comme au début de sa tâche et qu’il retrouve à nouveau le voisinage, l’intimité errante du dehors dont il n’a pas pu faire un séjour.
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CielvariableCielvariable   25 avril 2018
Si je ne me sauve dans un travail..." Mais pourquoi ce travail pourrait-il le sauver? Il semble que Kafka ait précisément reconnu dans ce terrible état de dissolution de lui-même, où il est perdu pour les autres et pour lui, le centre de gravité de l'exigence d'écrire. Là où il se sent détruit jusqu'au fond naît la profondeur qui substitue à la destruction la possibilité de la création la plus grande. Retournement merveilleux, espoir toujours égal au plus grand désespoir, et comme l'on comprend que, de cette expérience, il retire un mouvement de confiance qu'il ne mettra pas en question volontiers.
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Videos de Maurice Blanchot (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Blanchot
Leslie Kaplan L'excès-L'usine éditions P.O.L: où Leslie Kaplan tente de se souvenir comment a été publié "L'excès-L'usine" en 1982 aux éditions P.O.L/Hachette, puis ré-édité aux éditions P.O.L en 1987, et où il est notamment question de Paul Otchakovsky-Laurens, de Maurice Blanchot et de Marguerite Duras, à l'occasion de la parution en 2018 de Mai 68, le chaos peut être un chantier, à Paris avril 2018 "L?excès-l?usine montre de face l?usine, le travail à l?usine et le devenir de ceux qui y vivent, leur enfermement dans cet espace immense, dans « la grande usine univers », infini en morceaux. L?usine est vécue au féminin, ce qui rend son impersonnalité d?autant plus impersonnelle (le « je » cède la place au « on ») et le « cela » vécu dans l?usine dépasse, excède tous les mots qui pourraient le décrire, ces mots sont en trop."
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