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ISBN : 286746532X
Éditeur : Liana Lévi (05/01/2010)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 552 notes)
Résumé :
« Le paradis et l'enfer s'étaient enlacés dans le ventre de notre bateau. Le paradis promettait un tournant dans notre vie, un nouvel avenir, une nouvelle histoire. L'enfer, lui, étalait nos peurs : peur des pirates, peur de mourir de faim, peur de s'intoxiquer avec les biscottes imbibées d'huile à moteur, peur de manquer d'eau, peur de ne plus pouvoir se remettre debout, peur de devoir uriner dans ce pot rouge qui passait d'une main à l'autre, peur que cette tête d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (140) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
03 février 2015
Ru (petit ruisseau). Un seul mot. Preuve limpide que point n'est besoin du racolage ordinaire d'un titre à rallonge pour raconter l'émigration clandestine et le déracinement géographique. Ici en effet, tout comme dans les aventures d'un certain fakir calamiteux, la subtilité du propos se trouve être inversement proportionnelle à la longueur du titre…
Ru, donc, est une sorte de recueil autobiographique, où Kim Thuy dévoile sa vie par fragments aléatoires, évoquant son enfance dorée dans le Sud-Vietnam, sa fuite du régime communiste en 1978 avec tant d'autres clandestins, ou son nouvel avenir au Québec, sa patrie d'adoption. Réflexions intimes, anecdotes ou brefs portraits recomposent dans le désordre la mosaïque émouvante d'une existence éparpillée dans ses souvenirs.
C'est un voyage dans le temps qui nous est proposé, décousu et presque léger car exprimé avec un détachement gracile, une ironie paisible et une sobre concision qui contrastent en permanence avec l'horreur incontournable qui sous-tend chaque évocation. Un paradoxe qui ne rend ces récits que plus rares et déroutants car, on le devine sans peine, le destin de Kim Thuy est moins un long fleuve tranquille qu'un ruisseau turbulent.
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manU17
14 février 2015
« En français, ru signifie « petit ruisseau » et, au figuré, « écoulement (de larmes, de sang, d'argent) » (Le Robert historique). En vietnamien, ru signifie « berceuse », « bercer ». »
Dans Ru, Kim Thúy nous raconte son étonnant destin de jeune réfugiée, boat people obligée de fuir son Vietnam natal pour le Canada. Elle tisse un émouvant patchwork de souvenirs, les fragments d'une vie vraiment pas ordinaire.
Portée par une écriture fine, sensible, pleine de tendresse et de poésie, Kim Thúy nous livre une histoire riche en émotions qui va droit au coeur. Souvenirs tantôt légers et drôles, tantôt graves et douloureux, sensations provoquées par la profusion d'images, de couleurs, de parfums, d'odeurs ou de saveurs qui surgissent à la lecture comme au fil de l'eau.
Une histoire qui ne peut pas laisser indifférent. Je ne trouve pas vraiment les mots comme je le voudrais mais si j'ai un conseil à vous donner, c'est de vous laisser bercer par la douce mélodie des mots de Kim Thúy

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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MicheleP
21 août 2012
Encore une harraga, une exilée, une déracinée, une brûleuse de route. Mais Kim est vietnamienne, et sa harraga à elle est celle des boat peoples obligés de fuir devant les bouleversements politiques, petite enfant qui ne comprenait pas grand chose à ce qui lui arrivait, petite fille de la famille d'un riche préfet d'origine chinoise qui fuit Saigon devenu communiste. "Mon père avait prévu, si notre famille était prise par des communistes ou des pirates, de nous endormir pour toujours, comme la Belle au bois dormant, avec des pilules de cyanure. Pendant longtemps, j'ai voulu lui demander pourquoi il n'avait pas pensé à nous donner le choix, pourquoi il nous aurait enlevé la possibilité de survivre." le ton est donné, style net, froid et pourtant empreint d'une infinie tendresse, une émouvante retenue qui donne à ces menus chapitres, des paragraphes, plutôt, une charge affective considérable. Les paragraphes se suivent dans le désordre, évoquant l'horreur des bateaux de tous les dangers, les camps de Malaisie, l'arrivée misérable dans un Canada gelé, l'intégration d'enfants qui ne parlaient du français que le peu qu'ils avaient cru apprendre de leurs institutrices. Pas une plainte pour ces vies qui se reconstruisent dans le plus grand dénuement, les boat peoples n'ont rien, n'emportent rien et, si d'aventure ils parviennent à cacher de minuscules diamants dans un bracelet en plastique dentaire, ils se le font voler. Les parents abandonnent leurs enfants à des inconnus en espérant qu'ils sauvent ainsi leur vie…
La vision de Kim Thùy est toujours morcelée, comme les souvenirs qu'elle garde des hommes qu'elle a aimés : un battement de cil de l'un, une mèche rebelle de l'autre, des leçons de certains, des silences de plusieurs. Par petites touches pointilliste, mosaïque de détails, se met en place la vie du Vietnam d'autrefois, ces grandes familles de dix-huit enfants, régies par une grand-mère étroitement corsetée experte en diamants, avec "l'oncle Deux" séducteur et irresponsable ou l'émouvante "tante Sept", simple d'esprit et fugueuse, qui ne sait pas pourquoi son ventre a gonflé, pourquoi elle a été endormie dans une clinique, ni que ce petit neveu est en fait son fils ; ou encore avec les impossibles et touchantes amours ancillaires d'une pauvre journalière et du jardinier.
Vietnam ravagé par la guerre et les bouleversements politiques, avec ces fillettes prostituées pour survivre, aperçues derrière une porte, ou comme ses petits cousins :" Ils m'ont décrit en ricanant comment ils avaient masturbés des hommes en échange d'un bol de soupe à deux mille dông. Ils ont dépeint sans retenue ni réserve ces gestes sexuels avec le naturel et la pureté de ceux qui considèrent que la prostitution est uniquement une affaire d'adultes et d'argent, qu'elle n'implique pas des enfants de six à sept ans comme eux, qui s'y adonnaient pour un repas à quinze cents. "Vietnam où vainqueur et vaincus connaissent la même misère, comme ces miliciens communistes qui stockent leurs poissons dans la cuvette des toilettes, objet incongru pour eux, qui ne peut donc servir que de garde manger.
Camps de réfugiés de Malaisie, cloaque puants et couverts de mouches, où des femmes tombent et se noient comme dans des sables mouvants.
Vietnam d'aujourd'hui enfin, avec ses odeurs, ses saveurs et ses formes retrouvées.
J'aimerai tout citer, parce que ce livre est une petite merveille, un premier roman (est-ce vraiment un roman) dépaysant, poignant, et poétique qu'il faut que je vous laisse découvrir, pour y puiser une magnifique leçon de courage et de dignité.
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YvesParis
20 février 2013
Un petit livre trop court.
L'auteur y retrace sa vie tumultueuse.
Enfant de la haute bourgeoisie vietnamienne élevée dans les beaux quartiers de Saigon, elle est contrainte à l'exil par la victoire communiste.
Après avoir transité par un camp de réfugiés en Malaisie, elle trouve asile avec sa famille au Québec.
Jamais impudique, souvent drôle, la confession est toujours émouvante.
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fabienne2909
07 mai 2016
Kim Thuy convoque, avec ce petit recueil de souvenirs, ses souvenirs d'enfance les plus marquants. Toujours pleins de poésie, de tendresse pour sa famille et son pays, alors qu'elle a fui ce dernier dans des circonstances terribles, puisque Kim Thuy est une boat people qui a rejoint le Canada dans les années 1970.
Chaque historiette dépasse rarement deux pages, mais, avec son écriture magnifique et évocatrice, Kim Thuy nous projette instantanément ailleurs, où sons, odeurs, images prennent le dessus. Pourtant, les épreuves furent nombreuses pour sa famille et elle : notables de la ville de Saigon, ils quittèrent brusquement le pays en abandonnant tout, pour faire étape dans un camp de réfugiés en Malaisie, où les conditions furent (comme toujours, malheureusement) terribles, avant de reprendre le bateau pour s'établir au Canada. Là-bas, la jeune Kim Thuy, dont la timidité l'a conduite à se qualifier elle-même de « sourde et muette », se reconstruit pourtant, et apprend, poussée par des parents formidables, à croire en ses rêves et à les réaliser, notamment à retourner quelques années au Viêt Nam rendre un peu de ce qu'on lui a donné, et à celui de la littérature. Heureusement pour ses lecteurs !
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Les critiques presse (1)
Telerama07 septembre 2011
Kim Thúy se souvient de ses vies multiples, dans un texte mosaïque qui refuse l'apitoiement et la haine, parle d'espoir et de renaissance, porté par l'énergie d'une survivante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (139) Voir plus Ajouter une citation
luocineluocine14 mars 2010
On oublie souvent l’existence de toutes ces femmes qui ont porté le Vietnam sur leur dos pendant que leur mari et leurs fils portaient les armes sur les le leur. On les oublie parce que sous leur chapeau conique, elles ne regardaient pas le ciel. Elles attendaient seulement que le soleil tombe sur elles pour pouvoir s’évanouir plutôt que s’endormir. Si elles avaient pris le temps de laisser le sommeil venir à elles, elles se seraient imaginé leurs fils réduits en mille morceaux ou le corps de leur mari flottant sur une rivière telle une épave. Les esclaves d’Amérique savaient chanter leur peine dans les champs de coton. Ces femmes, elles, laissaient leur tristesse grandir dans les chambres de leur cœur. Elles s’alourdissaient tellement de toutes ces douleurs qu’elles ne pouvaient plus redresser leur échine arquée, ployée sous le poids de leur tristesse.

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agilmoagilmo04 mai 2010
Mes parents nous rappellent souvent, à mes frères et à moi, qu'ils n'auront pas d'argent à nous laisser en héritage, mais je crois qu'ils nous ont déjà légué la richesse de leur mémoire, qui nous permet de saisir la beauté d'une grappe de glycine, la fragilité d'un mot, la force de l'émerveillement. Plus encore, ils nous ont offert des pieds pour marcher jusqu'à nos rêves, jusqu'à l'infini.
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manU17manU1712 février 2015
Si une marque d'affection peut parfois être comprise comme une offense, peut-être que le geste d'aimer n'est pas universel : il doit être traduit d'une langue à l'autre, il doit être appris. Dans le cas du vietnamien, il est possible de classifier, de quantifier le geste d'aimer par des mots spécifiques : aimer par goût (thich), aimer sans être amoureux (thu'o'ng), aimer amoureusement (yêu), aimer avec ivresse (mê), aimer aveuglément (mù quang), aimer par gratitude (tinh nghia). Il est donc impossible d'aimer tout court, d'aimer dans sa tête.
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AelaAela18 septembre 2011
J'avais oublié que l'amour vient de la tête et non pas du coeur. De tout le corps, seule la tête importe. Il suffit de toucher la tête d'un Vietnamien pour l'insulter, non seulement lui mais tout son arbre généalogique.
Si une marque d'affection peut parfois être prise pour une offense, peut-être que le geste d'aimer n'est pas universel: il doit être traduit d'une langue à l'autre, il doit être appris. Dans le cas du vietnamien, il est possible de classifier , de quantifier le geste d'aimer par des mots spécifiques: aimer par goût (thích), aimer sans être amoureux ( thuong), aimer amoureusement (yeu), aimer avec ivresse ( mê), aimer aveuglément ( mu quang), aimer par gratitude (tinh nghia). Il est donc impossible d'aimer tout court, d'aimer sans sa tête.
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michelekastnermichelekastner12 juin 2012
Grâce à l'exil, mes enfants n'ont jamais été des prolongements de moi, de mon histoire. Ils s'appellent Pascal et Henri et ne me ressemblent pas. Ils ont les cheveux clairs, la peau blanche et les cils touffus. je n'ai pas éprouvé le sentiment naturel de la maternité auquel je m'attendais quand ils étaient accrochés à mes seins à trois heures du matin, au milieu de la nuit. l'instinct maternel m'est venu beaucoup plus tard, au fil des nuits blanches, des couches souillées, des sourires gratuits, des joies soudaines.
C'est seulement à ce moment-là que j'ai saisi l'amour de cette mère assise en face de moi dans la cale de notre bateau, tenant dans ses bras un bébé dont la tête était couverte de croûtes de gale puantes. J'ai eu cette image sous les yeux pendant des jours et peut-être aussi des nuits.
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Videos de Kim Thúy (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kim Thúy
Kim Thúy - Vi .Kim Thúy vous présente son ouvrage "Vi" aux éditions Liana Levi. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/th%C3%BAy-kim-vi-9782867468315.html Notes de Musique : The Fall par Peter Rudenko. Free Music Archive. Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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