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ISBN : 286746532X
Éditeur : Liana Lévi (05/01/2010)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 607 notes)
Résumé :
« Le paradis et l'enfer s'étaient enlacés dans le ventre de notre bateau. Le paradis promettait un tournant dans notre vie, un nouvel avenir, une nouvelle histoire. L'enfer, lui, étalait nos peurs : peur des pirates, peur de mourir de faim, peur de s'intoxiquer avec les biscottes imbibées d'huile à moteur, peur de manquer d'eau, peur de ne plus pouvoir se remettre debout, peur de devoir uriner dans ce pot rouge qui passait d'une main à l'autre, peur que cette tête d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (150) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
  03 février 2015
Ru (petit ruisseau). Un seul mot. Preuve limpide que point n'est besoin du racolage ordinaire d'un titre à rallonge pour raconter l'émigration clandestine et le déracinement géographique. Ici en effet, tout comme dans les aventures d'un certain fakir calamiteux, la subtilité du propos se trouve être inversement proportionnelle à la longueur du titre…
Ru, donc, est une sorte de recueil autobiographique, où Kim Thuy dévoile sa vie par fragments aléatoires, évoquant son enfance dorée dans le Sud-Vietnam, sa fuite du régime communiste en 1978 avec tant d'autres clandestins, ou son nouvel avenir au Québec, sa patrie d'adoption. Réflexions intimes, anecdotes ou brefs portraits recomposent dans le désordre la mosaïque émouvante d'une existence éparpillée dans ses souvenirs.
C'est un voyage dans le temps qui nous est proposé, décousu et presque léger car exprimé avec un détachement gracile, une ironie paisible et une sobre concision qui contrastent en permanence avec l'horreur incontournable qui sous-tend chaque évocation. Un paradoxe qui ne rend ces récits que plus rares et déroutants car, on le devine sans peine, le destin de Kim Thuy est moins un long fleuve tranquille qu'un ruisseau turbulent.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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ericbo
  20 juin 2018
Que voilà un excellent témoignage !
L'auteure sait nous maintenir en haleine avec son histoire personnelle qui la mènera de Saïgon au Québec en tant que réfugiée "boat-people". Les description des exactions des communistes vietcong sont toujours contrebalancées par une poésie de l'écriture. le récit, découpé en courts chapitres, ne sombre jamais dans le tragique et se lit comme autant de scénettes à méditer. On la suit, enfant, du Vietnam aux premiers jours de son arrivée au Canada en passant par un camp de regroupement en Malaisie. Toutes les horreurs vécues par cette enfant semblent laisser la place au meilleur que peut nous offrir la vie ! En ce sens, c'est une grande leçon de vie qui nous ai donnée par ce livre. A travers le tragique de son histoire et de celle des siens, Kim Thùy nous rappelle à chaque instant l'importance inhérente au moindre petit moment de vie. le récit n'est pas linéaire, et une partie de sa richesse vient des nombreuse allées et venues, au grès de ses souvenirs d'enfance entre son passé et sa vie actuelle.
Un livre d'une grande sagesse que je recommande vivement. .
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MicheleP
  21 août 2012
Encore une harraga, une exilée, une déracinée, une brûleuse de route. Mais Kim est vietnamienne, et sa harraga à elle est celle des boat peoples obligés de fuir devant les bouleversements politiques, petite enfant qui ne comprenait pas grand chose à ce qui lui arrivait, petite fille de la famille d'un riche préfet d'origine chinoise qui fuit Saigon devenu communiste. "Mon père avait prévu, si notre famille était prise par des communistes ou des pirates, de nous endormir pour toujours, comme la Belle au bois dormant, avec des pilules de cyanure. Pendant longtemps, j'ai voulu lui demander pourquoi il n'avait pas pensé à nous donner le choix, pourquoi il nous aurait enlevé la possibilité de survivre." le ton est donné, style net, froid et pourtant empreint d'une infinie tendresse, une émouvante retenue qui donne à ces menus chapitres, des paragraphes, plutôt, une charge affective considérable. Les paragraphes se suivent dans le désordre, évoquant l'horreur des bateaux de tous les dangers, les camps de Malaisie, l'arrivée misérable dans un Canada gelé, l'intégration d'enfants qui ne parlaient du français que le peu qu'ils avaient cru apprendre de leurs institutrices. Pas une plainte pour ces vies qui se reconstruisent dans le plus grand dénuement, les boat peoples n'ont rien, n'emportent rien et, si d'aventure ils parviennent à cacher de minuscules diamants dans un bracelet en plastique dentaire, ils se le font voler. Les parents abandonnent leurs enfants à des inconnus en espérant qu'ils sauvent ainsi leur vie…
La vision de Kim Thùy est toujours morcelée, comme les souvenirs qu'elle garde des hommes qu'elle a aimés : un battement de cil de l'un, une mèche rebelle de l'autre, des leçons de certains, des silences de plusieurs. Par petites touches pointilliste, mosaïque de détails, se met en place la vie du Vietnam d'autrefois, ces grandes familles de dix-huit enfants, régies par une grand-mère étroitement corsetée experte en diamants, avec "l'oncle Deux" séducteur et irresponsable ou l'émouvante "tante Sept", simple d'esprit et fugueuse, qui ne sait pas pourquoi son ventre a gonflé, pourquoi elle a été endormie dans une clinique, ni que ce petit neveu est en fait son fils ; ou encore avec les impossibles et touchantes amours ancillaires d'une pauvre journalière et du jardinier.
Vietnam ravagé par la guerre et les bouleversements politiques, avec ces fillettes prostituées pour survivre, aperçues derrière une porte, ou comme ses petits cousins :" Ils m'ont décrit en ricanant comment ils avaient masturbés des hommes en échange d'un bol de soupe à deux mille dông. Ils ont dépeint sans retenue ni réserve ces gestes sexuels avec le naturel et la pureté de ceux qui considèrent que la prostitution est uniquement une affaire d'adultes et d'argent, qu'elle n'implique pas des enfants de six à sept ans comme eux, qui s'y adonnaient pour un repas à quinze cents. "Vietnam où vainqueur et vaincus connaissent la même misère, comme ces miliciens communistes qui stockent leurs poissons dans la cuvette des toilettes, objet incongru pour eux, qui ne peut donc servir que de garde manger.
Camps de réfugiés de Malaisie, cloaque puants et couverts de mouches, où des femmes tombent et se noient comme dans des sables mouvants.
Vietnam d'aujourd'hui enfin, avec ses odeurs, ses saveurs et ses formes retrouvées.
J'aimerai tout citer, parce que ce livre est une petite merveille, un premier roman (est-ce vraiment un roman) dépaysant, poignant, et poétique qu'il faut que je vous laisse découvrir, pour y puiser une magnifique leçon de courage et de dignité.
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manU17
  14 février 2015
« En français, ru signifie « petit ruisseau » et, au figuré, « écoulement (de larmes, de sang, d'argent) » (Le Robert historique). En vietnamien, ru signifie « berceuse », « bercer ». »
Dans Ru, Kim Thúy nous raconte son étonnant destin de jeune réfugiée, boat people obligée de fuir son Vietnam natal pour le Canada. Elle tisse un émouvant patchwork de souvenirs, les fragments d'une vie vraiment pas ordinaire.
Portée par une écriture fine, sensible, pleine de tendresse et de poésie, Kim Thúy nous livre une histoire riche en émotions qui va droit au coeur. Souvenirs tantôt légers et drôles, tantôt graves et douloureux, sensations provoquées par la profusion d'images, de couleurs, de parfums, d'odeurs ou de saveurs qui surgissent à la lecture comme au fil de l'eau.
Une histoire qui ne peut pas laisser indifférent. Je ne trouve pas vraiment les mots comme je le voudrais mais si j'ai un conseil à vous donner, c'est de vous laisser bercer par la douce mélodie des mots de Kim Thúy

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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YvesParis
  20 février 2013
Un petit livre trop court.
L'auteur y retrace sa vie tumultueuse.
Enfant de la haute bourgeoisie vietnamienne élevée dans les beaux quartiers de Saigon, elle est contrainte à l'exil par la victoire communiste.
Après avoir transité par un camp de réfugiés en Malaisie, elle trouve asile avec sa famille au Québec.
Jamais impudique, souvent drôle, la confession est toujours émouvante.
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critiques presse (1)
Telerama   07 septembre 2011
Kim Thúy se souvient de ses vies multiples, dans un texte mosaïque qui refuse l'apitoiement et la haine, parle d'espoir et de renaissance, porté par l'énergie d'une survivante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (154) Voir plus Ajouter une citation
ericboericbo   20 juin 2018
Je ne quitte jamais un endroit avec plus d'une valise. J'emporte des livres avec moi. Le reste ne réussit jamais à devenir véritablement mien. Je dors aussi bien dans le lit d'un hôtel, d'une chambre d'amis ou d'un inconnu que dans mon propre lit. En fait je suis toujours heureuse de déménager, ainsi j'ai l'occasion de délaisser mes biens, de délaisser certains objets afin que ma mémoire puisse devenir réellement sélective, qu'elle puisse se souvenir uniquement des images qui restent lumineuses derrière les paupières fermées.
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ericboericbo   20 juin 2018
Ma tante est devenue bouddhiste, vivant dans une hutte derrière une plantation de cocotiers, dépouillée de tout bien matériel à l'exception d'un lit de bois sans matelas, d'un éventail en bois de santal et des quatre bols bleus de son père. Elle a hésité pendant un moment avant d'accéder à ma demande : ces bols symbolisaient son dernier attachement aux soucis terrestres. Elle est morte peu après ma visite dans cette hutte, entourée des moines d'un temple voisin.
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ericboericbo   20 juin 2018
Mon père, lui, n'a pas eu à se réinventer. Il est de ceux qui ne vivent que dans l'instant, sans attachement au passé. Il savoure chaque moment de son présent comme s'il était toujours le meilleur et le seul, sans le comparer, sans le mesurer. C'est pourquoi il inspirait toujours le plus grand, le plus beau bonheur, qu'il fut sur les marches d'un hôtel avec une serpillère dans les mains ou assis dans une limousine en réunion avec son ministre.
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ericboericbo   20 juin 2018
Il est retourné sur ses pas pour aller chercher les taels d'or qu'il avait cachés dans le fût d'essence du bateau. Il n'est jamais revenu. Peut-être que les taels l'ont fait coulé, peut-être qu'ils étaient trop lourds à porter. Ou alors le courant l'a avalé pour le punir d'avoir regardé en arrière, ou pour nous rappeler qu'il ne faut jamais regretter ce qu'on a laissé derrière soi.
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ericboericbo   20 juin 2018
Un dicton vietnamien dit : "Seuls ceux qui ont des cheveux longs ont peur, car personne ne peut tirer les cheveux de celui qui n'en a pas". Alors, j'essaie le plus possible de n'acquérir que des choses qui ne dépassent pas la limites de mon corps.
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Videos de Kim Thúy (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kim Thúy
Kim Thúy - Vi .Kim Thúy vous présente son ouvrage "Vi" aux éditions Liana Levi. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/th%C3%BAy-kim-vi-9782867468315.html Notes de Musique : The Fall par Peter Rudenko. Free Music Archive. Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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