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Marguerite Capelle (Traducteur)
EAN : 9782072835964
304 pages
Éditeur : Gallimard (07/01/2021)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Un bref instant de splendeur se présente sous la forme d’une lettre qu’un fils adresse à sa mère qui ne la lira jamais. Fille d’un soldat américain et d’une paysanne vietnamienne, elle est analphabète, parle à peine anglais et travaille dans un salon de manucure aux États-Unis. Elle est le pur produit d’une guerre oubliée. Son fils, dont la peau est trop claire pour un Vietnamien mais pas assez pour un Américain, entreprend de retracer leur histoire familiale : la s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  23 janvier 2021
Un fils adulte s'adresse à sa mère, évoque les souvenirs, bouscule le tabou du passé, se raconte jusqu'à l'impudeur.
Little Dog, petit garçon métis, petit-fils de GI, dépositaire de l'histoire dramatique de sa mère et de sa grand-mère ayant fui la guerre du Vietnam, soutien de famille d'intégration en étant seul capable de parler la langue du pays d'adoption. Une famille déracinée dans l'Amérique des années 90 et suivantes.
Les premières pages se méritent, rendues obscures par un mode narratif un peu décousu et métaphorique, sans doute pertinent pour évoquer la psychologie brouillée de l'enfance faite de compréhensions aux perceptions tronquées. Peu à peu le lecteur s'adapte car les souvenirs s'organisent et se concentrent sur une histoire familiale au quotidien impécunieux, sur l'apprentissage d'un jeune garçon confronté à une nouvelle culture et à son homosexualité évoquée très crûment.
On évoque un jeune prodige littéraire pour ce premier roman puissant, à l' écriture originale, comme débordante et désordonnée. J'ai trouvé cette lecture éprouvante, souvent fragmentée, certains passages d'une beauté poétique quand d'autres restent confus.
Inspirée du parcours personnel de sa famille, Ocean Vuong écrit sur le déracinement et les traumatismes de guerre, sur les déshérités de la société américaine, où violence, pauvreté, délinquance et racisme envers les minorités se mêlent.
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Fuyating
  12 janvier 2021
Ocean Vuong nous livre ici un récit magnifique et très fort. La langue est splendide, les mots cherchés avec soin ont beaucoup de poids et sont très poétiques, et le choix d'une narration à la deuxième personne du singulier est original et donne un impact encore plus fort au texte.
J'ai tout aimé dans ce roman. L'auteur nous offre un récit très sensible sur divers sujets. le premier, et pas des moindres, est la difficulté à se confier à sa mère et à dialoguer avec elle, ce qui entraîne d'ailleurs cette longue lettre qu'elle ne lira jamais dans laquelle le narrateur se lance dans une introspection et se livre à coeur ouvert.
Ocean Vuong évoque également la dure vie des émigrés dans un pays dont ils ne connaissent que très peu la langue, les difficultés économiques mais aussi celles à s'intégrer dans un endroit qui, soyons francs, est raciste. La guerre est elle aussi bien présente, avec ces atrocités et ces incompréhensions.
Outre ces sujets, l'auteur nous parle aussi du ravage de la drogue, notamment sur ces jeunes devenus accros et livrés à eux-mêmes, des jeunes partis trop tôt.
Il est également question des sentiments du narrateur, de son homosexualité, d'une belle histoire d'amour, elle aussi finie trop tôt.
J'ai été profondément touchée par le malaise ressenti par ce petit garçon, perdu entre l'anglais et le vietnamien, errant d'une langue (et d'une culture) à une autre, mais se sentant finalement n'appartenant ni vraiment à l'une ni vraiment à l'autre.
Concernant la langue (mais ici la langue du roman) j'ai été subjuguée par sa grande beauté et la finesse des descriptions, ainsi que par la force des mots. Ce roman est magnifiquement écrit !
Je pense que cette lettre d'un jeune homme à sa mère va rester longtemps gravée en moi. Véritable cri du coeur qui ne peut absolument pas passer inaperçu.
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Realita18
  06 janvier 2021
Il est très dur de parler de ce roman tellement il est puissant, fort et bouleversant. le narrateur écrit une lettre à sa mère. Une lettre magnifique, dure, crue et sans tabou. Il lui dévoile tout : ses peurs, sa honte, son amour.
Le narrateur, Little Dog, prend la plume pour donner des réponses à sa mère, pour se délivrer de certaines vérités et sublimer son histoire à travers son univers poétique. C'est dans l'écriture qu'il trouve son échappatoire.
Little Dog est d'origine vietnamienne, il vit aux États-unis dans un quartier pauvre multiculturel. Il habite avec sa grand-mère schizophrène, hantée par le terrible traumatisme de la guerre du Vietnam et sa mère, américaine et vietnamienne, violente, elle aussi traumatisée par son enfance et ce qu'elle a pu voir. Comment arrive-t-il à se faire une place dans ce microcosme ?
Sa mère est blanche de peau, sa grand-mère est jaune et lui aussi. On le prend pour un fils adopté. Sa mère est considérée comme blanche jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche et ne puisse balbutier que quelques mots d'anglais...Little Dog doit s'affranchir de sa couleur de peau, de son origine et manier l'anglais mieux qu'un natif. En parallèle, il doit vivre avec la violence de sa mère et les crises de panique et de paranoïa de sa grand-mère. Sa grande sensibilité dénote dans la cour de récréation et dans son quartier, lui attirant beaucoup d'ennui.
Au fil de sa lettre, Little Dog raconte l'histoire de sa famille, la découverte de son corps et de son identité sexuelle, son premier amour. Il dépeint une Amérique sombre sujette aux prescriptions médicales qui font sombrer de nombreuses personnes dans la drogue. Il parle des drogues qui circulent dans son milieu et qui font disparaître petit à petit les amis avec qui il a grandi.
A travers son écriture poignante et ses images sublimes, le narrateur livre sa vérité, son histoire à sa mère. Sa plume nous emporte et on ne peut lâcher ce livre tant il est beau.
Little Dog dit que dans sa famille on ne dit pas "je t'aime". Il injure sa mère, "t'es un monstre". Il devient lui-même un monstre. Sa grand-mère est un monstre. Mais à travers diverses actions, actes pour s'en sortir, ils se subliment et trouvent une porte de sortie vers la beauté, leur beauté. Alors même s'il traite sa mère de monstre, même si "je t'aime" n'est jamais prononcé, cet écrit est la plus belle lettre d'amour qu'un fils pouvait écrire à sa mère. Je suis là, tu es là. Peu importe ce que nous nous sommes faits. Nous sommes là.
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Fromtheavenue
  21 janvier 2021
Ce récit semi-autobiographique est magnifique et bouleversant.
L'écriture de cet auteur poète américano-vietnamien m'a profondément touché : recherchée, pudique, crue, sensible. En cours de lecture, j'ai souvent relu des passages posément, pour apprécier davantage. Avec l'envie de recopier des lignes entières pour garder leur beauté et l'émotion qu'elles me procuraient instantanément.
Sous forme de lettre adressée à sa mère, il revient sur son enfance, la recherche de ses origines et la découverte de lui-même.
Une lettre salvatrice d'une rare intensité. Une confidence émouvante et sincère.
Une lettre que sa mère ne lira jamais car écrite dans une langue qu'elle ne comprendra pas. L'anglais qui la sépare du monde, de la société. L'anglais comme barrage entre eux deux. L'anglais qu'il apprend à l'école et qui va lui permettre de comprendre sa profonde différence, sociale et identitaire.
Son enfance difficile. Avec une grand-mère schizophrène, traumatisée par la guerre du Vietnam et ses bombes. Avec une mère, elle aussi victime d'un syndrome post-traumatique. A la fois aimante et violente qui n'hésite pas à le battre régulièrement jusqu'à ses treize ans.
Ils quittent le Vietnam pour la "terre promise". Il comprend très jeune que leur couleur de peau les marginalise et que le rêve américain ne leur est pas destiné.
Souvent sans argent, sa mère réussit malgré tout à lui offrir son premier vélo. Mais il réalise que sa couleur rose (parce que ce vélo est le moins cher dans le magasin) sera signe de différence et d'hostilité de la part des autres enfants du quartier qui à leur tour le brutalisent et l'excluent.
Sa mère passe des journée harassantes dans une boutique de manucure. "Sorry", le rare mot en anglais qu'elle connaît et qu'elle répète à longueur de journée aux clients pour souligner sa soumission, espérer de la compassion et des pourboires.
Cette soumission, il va à son tour la connaître adolescent lorsqu'il commence à travailler dans un champ de tabac. Cet été où tout bascule pour lui, où il découvre aussi le désir et son homosexualité.
Ce garçon blanc, américain, si différent de lui avec qui il expérimente les drogues, contracte ses premier secrets. Il partage avec lui son corps et sa soumission. Mais celle-ci n'est qu'apparente. C'est pour lui le moyen de reprendre le contrôle de sa vie. A 17 ans, il commence à se définir sexuellement et socialement. Son désir de devenir écrivain naît.
Ocean Vuong décortique admirablement l'enfance, ses histoires cachées, les souvenirs qu'il reconstitue adulte. Il analyse finement d'où il vient et le processus identitaire. le tout dans une langue poétique et pleine d'émotions contrastées.
Un roman puissant dans l'écriture, brut, profond et délicat. Bref j'ai adoré !
Lien : https://fromtheavenue.blogsp..
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bege2002
  20 janvier 2021
Premier roman d'un jeune poète vietnamo-américain.
Autobiographie admirable, pleine de délicatesse cruelle.
En filigrane, la guerre du Vietnam qu'il na pas connu (né en 1988) mais qui le mine comme un traumatisme du passé.
Il déroule ce récit sous la forme d'une lettre écrite à sa mère analphabète sans espoir qu'elle soit lue.
Il se confesse à cette femme exilée, meurtrie par l'histoire de ce conflit terrible, oublié dans un silence abyssal.
Femme, fille d'un GI, reniée dans son propre pays et inadaptée dans son pays d'adoption, les Etats-Unis.
O.Vuong raconte la fracture insurmontable entre lui et sa mère brutale, perdue dans un entre-deux d'une existence sans stabilité possible.
La communication entre mère et fils est bloquée, peut-être sans issue entre cauchemar et rêve américain.
Little dog (O.Vuong) le narrateur naît à Saigon, émigre dans le Connecticut à l'âge de 2 ans, il sait que pour lui aussi l'intégration, son sang mêlé seront des obstacles douloureux à surmonter.
Sa mémoire déchirée est bancale, sans racines véritables mais en nous livrant son histoire familiale, il explore les questions de race, de classe, d'intégration et de déracinements.
D'autres thèmes comme la violence, l'addiction, l'homosexualité et la tendresse traversent ce roman d'une sincérité, d'une délicatesse, d'un réalisme empreint de poésie et d'empathie.
Roman initiatique d'un jeune homme au parcours interpellant, sensible et qui restera dans ma mémoire, cette mémoire si précieuse dans ce roman.
Phrase de l'auteur :
"Ce roman s'attaque à la plus grande question de notre espèce : quel est le prix à payer si on passe toute sa vie côte à côte avec les gens qu'on aime sans pouvoir leur parler, sans pouvoir leur dire exactement ce qu'on ressent."
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critiques presse (4)
LesInrocks   21 janvier 2021
“Un bref instant de splendeur”, un premier roman bouleversant qui donne voix aux violenté·es de l’Amérique.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
LeFigaro   15 janvier 2021
Un premier roman fascinant sur le déracinement, la violence, l'incommunicabilité, écrit par un poète américain né à Hô Chi Minh-Ville en 1988.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
FocusLeVif   08 janvier 2021
Le poète Ocean Vuong donne à lire, dans une langue éblouissante, les plaies ouvertes de trois générations d'exilés vietnamiens aux États-Unis.

Lire la critique sur le site : FocusLeVif
Actualitte   05 janvier 2021
[Un]premier roman plutôt remarqué.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
FromtheavenueFromtheavenue   21 janvier 2021
C'était un garçon qui faisait éruption en même temps qu'irruption en lui. C'est ça que je voulais - pas simplement le corps, si désirable soit-il, mais sa volonté de se déployer dans le monde même qui rejette sa faim. Et puis j'en ai voulu davantage, son odeur, son atmosphère, le goût des frites et du beurre de cacahuètes sous al douceur de sa langue, le sel déposé autour de son cou par les virées vers nulle par, des deux heures de route et un Burger King à la lisière du compté, une journée de discussions tendues avec son père, la rouille du rasoir électrique qu'il partageait avec ce dernier, et que je trouvais toujours sur l'oreiller dans son étui en plastique minable, le tabac, l'herbe et la cocaïne sur ses doigts, mélangés avec de l'huile de moteur, tout ça cumulé laissant une vague odeur de feu de bois qui s'attardait et imprégnait ses cheveux, comme si au moment où au moment où il est venu à moi, la bouche humide et avide, il arrivait d'un endroit ravagé par les flammes, un endroit où il ne pourrait jamais retourner.
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FromtheavenueFromtheavenue   21 janvier 2021
Nous reproduisons pour garder, pour prolonger dans l'espace et le temps. Contempler ce qui procure du plaisir - une fresque, une chaîne de montagnes rouge pêche, un garçon, le grain de beauté sur sa mâchoire - c'est en soi, de la réplication : une extension de l'image dans l’œil, qui la démultiplie, la fait durer. Les yeux plongés dans le miroir, je crée une réplique de moi-même dans un futur où je pourrais ne pas exister. Et oui, ce n'était pas les pizzas bagels, il y a toutes ces années, que je voulais de Gramoz, mais la réplication. Parce que son cadeau m'avait augmenté en faisant de moi un être digne de générosité, et donc vu. C'est ce sentiment même d'être davantage que je voulais faire durer, retrouver.
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FromtheavenueFromtheavenue   21 janvier 2021
Je ne sais pas ce qui m'a poussé à suivre la voix de la créature blessée, mais j'étais attiré, comme si on me promettait une réponse à une question que je ne possédais pas encore. On dit que sin on désire quelque chose assez fort on finit par en faire un dieu. Mais si tout ce que j'ai jamais voulu, c'était ma vie, Maman ?
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FuyatingFuyating   13 janvier 2021
J'avais envie de pleurer mais je ne savais pas encore le faire en anglais. Alors je n'ai rien fait.
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FuyatingFuyating   12 janvier 2021
On échangeait des vérités, me suis-je rendue compte, autrement dit, on se lancerait l'un l'autre.
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Videos de Ocean Vuong (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ocean Vuong
Ocean Vuong on War, Sexuality and Asian-American Identity | Amanpour and Company
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