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Aimé Petit (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253066637
630 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/06/1997)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Lettres gothiques. Collection dirigée par Michel Zink. La collection Lettres gothiques se propose d'ouvrir au public le plus large un accès à la fois direct, aisé et sûr à la littérature du Moyen Age.Un accès direct en mettant sous les yeux du lecteur le texte original. Un accès aisé grâce à la traduction en français moderne proposée en regard, à l'introduction et aux notes qui l'accompagnent. Un accès sûr grâce aux soins dont font l'objet traductions et commentair... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  02 novembre 2013
Ce roman, contenant plus de 10 000 octosyllabes, a été écrit vers 1160. Il serait l'oeuvre d'un clerc normand.

Si le nom du héros vous parle, ce n'est pas pour rien : l'auteur a utilisé la trame de l'Enéide de Virgile. Cependant, il prend énormément de liberté en adaptant, coupant ou complétant l'histoire. Il l'adapte à son siècle, élaguant ainsi certains épisodes avec des divinités subalternes dont on ne faisait plus mention à cette époque. Il allège donc le récit d'un côté pour mieux l'accroître de l'autre, notamment au niveau des sentiments. Il rajoute plus de 1600 vers mentionnant les problèmes de coeur de Lavine et d'Enéas (et ce n'est pas triste) ! D'autres additions au texte originel se focalisent sur les merveilles, en vogue à cette époque.

On l'aura compris, ce texte n'a plus rien à voir avec celui de Virgile. Cependant, il n'en reste pas moins intéressant. D'ailleurs, il a obtenu un certain succès à la fin du XIIe siècle.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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colimasson
  20 février 2015
Enée revit : la littérature prouve une fois encore qu'elle se situe dans un espace-temps qui n'est ni strictement celui de la réalité, ni strictement celui du mythe. Enée se promène allègrement de l'Enéide au Roman d'Enéas sans qu'il soit possible de dire quelle version nous le présente plus immaculé. Il est clair en tout cas qu'à travers le cheminement d'Enée se déroule une initiation fondamentale déclinable sous la forme du singulier.

Dans l'Enéide il existait déjà une ascendance peuplée de dieux et d'individus surnaturels –au-delà de la nature humaine- qui renvoyait la quête décrite par Virgile à un autre temps et à d'autres lieux. Cette généalogie est moins explicite dans le Roman d'Enéas parce qu'elle tient sans doute au processus même de la réécriture. En quel sens le roman antique médiéval est-il le roman de l'émerveillement ? Il l'est dans ses références constantes au modèle, qu'il accommode à ses références contemporaines pour les projeter dans le rêve d'un accomplissement eschatologique.

De lecture beaucoup plus simple que l'Enéide, le Roman d'Enéas peut servir d'introduction au cheminement d'Enée et permettra de comprendre aisément les étapes d'une quête qui n'est pas de tout repos là où Virgile nous perdait parfois par la profusion des noms et des références. Mais lire le Roman d'Enéas sans avoir lu l'Enéide, c'est aussi prendre le risque de réduire ce roman à un amusement littéraire qui ne serait rien de plus que le témoignage de l'enfance de notre littérature. Car on rit beaucoup en lisant cette version médiévale parfois sanglante, souvent tapageuse, déployant sans pudeur son émotion, mais si on ne se limitait qu'à cette constatation, on raterait les feuilletages plus subtils qui se constituent en référence puis détournement de l'original. Au-delà des siècles, si peu semble finalement avoir changé, et pourtant le mystère demeure : c'est le lien indéfectible entre les hommes.
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OhOceane
  22 mars 2017
Voilà un ouvrage qui m'aura donné du fil à retordre, mais que je ne regrette pas d'avoir lu.
Le roman d' Enéas est un récit incongru pour moi, puisque c'est la réécriture de l' Eneide par un anonyme du Moyen-Age.
L'histoire est donc assez connu, puisqu'elle a d'abord été l'oeuvre d Virgile.
Nous sommes au soir de la chute de Troie, vaincue par Ménélas et ses alliés. La ville est détruite, il ne reste que des cendres et le désespoir. Enéas, fils de Vénus, quitte les rives de Troie, avec les siens et les dernières richesses de la ville, sur les conseils de sa mère, pour gagner la Lombardie. Au milieu du voyage maudit par Junon, Enéas arrive en Libye, sur les terres de la reine Didon.
Vénus, effrayée par la réputation de cruauté des Libyens, fait en sorte que Didon et Enéas tombent amoureux, dans l'idée de protéger Enéas. Ce dernier restera un temps à Carthage, sous le coup de cet amour, qui enflammera littéralement Didon, puisque celle-ci, après avoir négligé l'administration de son royaume, subit la jalousie des prétendants qu'elle avait repoussé avant Enéas, finira par mourir sur le bûcher, las, sans avoir fait revenir à elle Enéas, les dieux ayant rappelé ce dernier à son devoir vers la Lombardie. Enéas reprend donc la mer, et après quelques péripéties arrive enfin en Lombardie, près du royaume de Laurente. le roi de Laurente souhaite donner sa fille, Lavine, en mariage à Enéas, mais la Reine ne l'entend pas ainsi, et par ailleurs il y a un promis de la princesse Lavine, Turnus, qui complique encore l'affaire. La reine de Laurente s'oppose au mariage de Lavine et Enéas, elle rappelle au roi la catastrophe de Troie, et la triste fin de la reine Didon : comment faire confiance à un peuple qui occasionne tant de drames ? Turnus est prêt à la guerre contre les troyens. le roi de Laurente se résout à promettre la main de sa fille à celui qui gagnerait la guerre, de Turnus ou d'Enéas. Au terme d'une guerre cruelle, une trêve s'établit pour un moment. L'occasion pour Lavine de croiser le regard d'Enéas et de tomber amoureuse (alors que sa mère l'avait prévenue contre lui…) Enéas aussi finit par tomber amoureux, mais le dissimule, sur les conseils de Cupidon. le jour du duel entre Turnus et Enéas arrive, et, après moult revirements, batailles et angoisse, Enéas finit par défaire Turnus et ses alliés. Il gagne ainsi la main de Lavine et les terres du roi de Laurente.
Ce qui est assez amusant finalement, c'est que ce nouveau regard sur l'Enéide, avec la place qu'il donne à l'amour, concourt à éclaircir la vision un peu triste et sombre que l'on a du Moyen-Âge : c'est finalement l'amour qui prend toute la place, dans le roman d'Enéas, comme au Moyen-Âge. L'Amour Courtois n'est pas qu'un mythe. Je n'ai pas grand souvenir du texte de Virgile, et il faudrait certainement que je m'y replonge, mais l'auteur médiéval que j'ai lu pour l'occasion, a de toute évidence reconstruit le récit selon les codes de l'Amour Courtois.
Les pages où Lavine se lamente de la probable indifférence d'Enéas à son égard, pendant que le même Enéas expérimente les souffrances de l'amour, sont parmi les plus belles de l'ouvrage. L'équilibre des sentiments, entre haine et amour, figuré par les batailles de l'épée et celles du coeur, rend ce roman très original par rapport à son ancêtre antique. L'amour moteur et objet de la vraie quête, finalement.
Roman dense, touffu même, mais qui se laisse lire (je peux comprendre qu'on saute deux ou trois ligne de-ci de-là, mais pas trop, sinon on perd vite le fil)
Je l'ai lu dans une version « bilingue », vieux français-français, au Livre de Poche. Ce n'est pas forcément très confortable, mais certainement parce que j'avais le réflexe de toujours lire la page en vieux français en parallèle de la version « traduite ».
C'est une expérience, hors de toute littéraire et hors du temps, une vraie plongée, qui me redonne simplement envie de découvrir les autres romans antique du Moyen-Âge.
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Entournantlespages
  20 novembre 2015
Mon avis sur le roman d'Énéas va rejoindre sur pas mal de points celui sur le roman d'Alexandre, étant deux romans du Moyen-Âge reprenant la littérature antique à leur époque et ayant des similitudes dans l'histoire et actions de ces deux récits épiques. Celui-ci est une translatio, une adaptation en ancien français du livre l'Énéide de Virgile. Cette mise en roman (traduite du latin en langue romane) amène à différents thèmes mis davantage en avant que dans l'original comme notamment celui de l'amour.
Énéas s'enfuit avec ses troupes de Troie après l'abondance de forces ennemis. Ils vont alors chercher une nouvelle terre qui pourraient les accepter et les protéger de leurs adversaires. Si vous avez lu l'Énéide, vous ne serez sûrement pas trop dépaysés par la lecture de ce livre, étant bien plus simple à lire, avec particulièrement moins de références et de noms. La place et la descendance des dieux restent importante ici avec la présence surtout de Vénus, mère d'Énéas, et Cupidon ou Amour, son frère, qui va frapper à deux reprises dans ce récit le coeur de Didon et d'une autre femme pour le valeureux guerrier. On a le droit également le droit à la présence des amazones dont Camille qui m'a bien intéressé.
La descente aux Enfers d'Énéas avec Sybille m'a particulièrement plu, me faisant penser à celle de Dante dans L'enfer avec comme guide Virgile. Mais à côté de ces moments de découvertes du monde (réel et parfois magique avec les Enfers), et la grande place de l'amour, le récit décrit également des comabts épiques entre les forces d'Énéas et ses adversaires, des luttes de pouvoir avec un royaume à la clef.
Lien : http://entournantlespages.bl..
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emidam
  05 septembre 2016
Cette réécriture de L'Eneide m'a beaucoup plu. Etant bien plus attiré par la littérature médiévale que la littérature antique, j'ai passé un très bon moment avec cette lecture.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   19 octobre 2015
[Tarchon à Camille]

Je vous vois abattre nos chevaliers :
Une femme ne doit pas combattre
Sinon la nuit, en position couchée,
Alors elle peut venir à bout d’un homme ;
Mais jamais un preux portant l’écu
Ne sera vaincu par une femme.
Renoncez à ces prétentions démesurées,
Jetez l’écu, la lance
Et le haubert qui vous fait trop de mal ;
Ne faites pas étalage de votre vaillance.
Ce n’est pas là votre fonction,
C’est de bien filer, coudre ou couper ;
Dans une belle chambre, sous les rideaux,
Il fait bon être aux prises avec une fille comme vous.
Etes-vous venue ici pour vous exhiber ?
Je ne veux pas vous acheter.
Pourtant, je vous vois blanche et blonde :
J’ai ici quatre deniers de Troie,
Monnaie de valeur, tous d’or fin ;
Je vous les donnerai pour prendre
Un moment de plaisir avec vous ;
Je ne serai pas très jaloux :
Je vous livrerai aux écuyers.
Je veux vous faire bien gagner mes deniers :
Si j’y perds, je ne m’en plains pas,
Vous y aurez double profit :
D’une part en ayant mon or,
D’autre part en prenant votre plaisir ;
Mais cela ne vous suffirait pas,
Je pense, même s’ils étaient cent ;
Vous pourriez être épuisée,
Mais vous ne seriez pas satisfaite.
+ Lire la suite
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colimassoncolimasson   29 octobre 2015
Ce misérable [Enéas] est d’une nature telle
Qu’il ne se soucie guère des femmes.
Il apprécie davantage l’amour des garçons,
Il ne veut pas chasser la biche ;
Il raffole de la chair de mâle ;
Il aimera mieux étreindre son giton
Que toi ou n’importe quelle autre.
Il ignore la chasse à la femelle,
Il ne passera pas par le petit trou,
Il adore les tripes de jeune homme.
[…]
Jamais il n’a fait de bien à une femme,
Et il ne t’en fera pas, je pense,
Ce traître, ce sodomite.
Il renoncerait toujours à te posséder
S’il avait un mignon ;
[…]
Le giton prendrait avec toi son plaisir
Puisqu’il se prêterait à celui d’Enéas :
Ce dernier le laissera bien te grimper dessus
S’il peut ensuite le mettre sous lui :
Il n’aime pas la peau de con.
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colimassoncolimasson   25 octobre 2015
Tandis qu’elle se trouvait à son poste d’observation,
Amour l’a frappée de sa flèche ;
Avant de quitter la place,
Elle changea cent fois de couleur.
La voilà tombée dans les filets d’Amour,
Qu’elle le veuille ou non, il lui faut aimer.
Voyant qu’elle ne peut y échapper,
Elle a tourné vers Enéas
Tout son cœur et toutes ses pensées ;
Amour l’a grièvement blessée pour lui ;
La flèche lui a plongé
Sous le sein jusqu’au cœur.
+ Lire la suite
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colimassoncolimasson   17 mars 2015
La fosse n’était qu’affreuses ténèbres,
Un fétide abîme d’horreur,
Rien qui a senti cette puanteur
Ne vivra ensuite une heure.
Quand les oiseaux la survolent
Dès qu’ils respirent cette terrible infection,
Ils s’abattent très vite, morts :
C’est ce que disent les gens du pays.
Là se trouve l’entrée des Enfers,
Nuit et jour les arrivants affluent,
Mais pour en revenir, aucune précipitation ;
Dès que l’âme se sépare du corps,
Aussitôt qu’elle en est sortie,
Elle doit aussitôt se rendre là
Et passer par cette fosse.
+ Lire la suite
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colimassoncolimasson   28 février 2015
Jamais vous ne tirerez avantage du mort,
Prenez votre plaisir avec le vivant ;
Dans le mort il n’est point de recours :
Faites du vivant ce qu’il vous plaira.
Fou qui se prive ainsi pour un mort ;
La chose est avérée, je l’ai entendu dire :
Il faut que le mort se tienne avec le mort,
Le vivant avec le vivant, voilà la consolation.
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