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EAN : 9791020905789
296 pages
Éditeur : Les liens qui libèrent (10/01/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.17/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Révolution numérique, transition énergétique, mutation écologique, etc? D'aucuns journalistes, politiques, chercheurs et prospectivistes, nous parlent d'un nouveau monde enfin affranchi des matières fossiles, des pollutions, des pénuries, des tensions politiques et militaires ? Et bien cet ouvrage formidablement documenté, fruit de six ans d'enquête, nous montre qu'il n'en est rien ! En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
rosulien
  08 février 2020
Sous ce titre peu accrocheur se cache une pépite que vous devez tous lire .C' est un essai qui se lit comme un thriller. Il y a là matière à de nombreux films ou séries . C' est riche , clair , très documenté et, surtout , facile à lire. Mieux qu' un livre de vulgarisation , un texte qui remet en cause bien des certitudes
Sur l'écologie , les énergies soi disant vertes : l'éolien , la voiture électrique, les nouvelles technologies et même la pollution que nous créons quand nous écrivons un mail
Des arguments scientifiques auxquels nous n'aurions pas pensé
Des informations précises sur ces métaux et terres rares indispensables
dans tout ce que il y a de plus pointu et de plus connecté sur notre planète
Autre aspect passionnant : la géopolitique pour l'appropriation de ces fameuses terres rares dont la grande majorité est détenue par la Chine qui pourrait donc imposer son modèle économique au reste du monde
Mais ce ne est pas si simple
Et là , c' est parti pour un voyages à travers le monde des ressources minières beaucoup plus compliqué qu' il n' y paraît. On se retrouve en Russie, en Indonésie mais aussi dans une tribu perdue d'Afrique du Sud.
Même la France se pose une question incongrue : faut il recréer un secteur minier en France . Actuellement ,il reste l'or de la Guyane mais aussi le nickel et surtout le le cobalt de Nouvelle Calédonie
Inutile d'en dire plus tant ce livre regorge de surprises , de remises en cause de certitudes élémentaires et d'idées innovantes sur l'avenir
Vous sortirez forcément plus instruit de ce livre et plus critique sur certains discours écologiques ou politiques un peu trop simplistes
Et surtout vous aurez passé un excellent moment de lecture
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Apoapo
  02 juin 2019
Voici un livre qui m'a dégrisé durablement de mon euphorie béotienne par rapport à la perspective de la transition énergétique, à ce que la révolution numérique promettait de dématérialisation, en bref vis-à-vis de toute mutation écologique. L'essai a deux thèses à démontrer :
1. que toutes les technologies que nous envisageons actuellement comme étant vertes, « décarbonnées », visant à sortir des combustibles fossiles ainsi qu'à promouvoir le numérique dans toutes ses innombrables applications, sont irrémédiablement tributaires des métaux rares, véritables matières premières de la nouvelle révolution industrielle (à l'instar du charbon au XIXe s. et du pétrole au XXe.), lesquelles, outre que « rares » donc peu durables (sustainable), ont un impact environnemental exécrable tout au long de leur cycle de vie (mais particulièrement lors de l'extraction et de l'éventuel recyclage) ; accessoirement : ces métaux rares sont (actuellement) disponibles ou commercialement exploités dans un nombre extrêmement restreint de pays (USA, Brésil, Afrique du Sud, RD du Congo, mais surtout, pour la très grande majorité d'entre eux, et dans des proportions dépassant 95%, la Chine) ; d'où :
2. que la Chine, alliant à la chance de ses disponibilités minières une politique avisée et à long terme, une diplomatie agressive, d'immenses investissements et aussi une certaine « nonchalance environnementale » (!), a acquis désormais une telle suprématie mondiale non seulement dans la production des métaux rares, mais de toutes les technologies en aval de celle-ci, qu'il semble quasi inévitable qu'elle dominera allégrement l'ensemble de l'économie et sans doute aussi les technologies militaires de pointe du XXIe s., tout comme l'Empire britannique domina le XIXe avec son charbon et les États-Unis le XXe avec leur mainmise efficace (et encore prégnante) sur le pétrole.
Par conséquent, cet essai, très lisible malgré le foisonnement de données, de références, d'avis d'experts et possédant les caractéristiques de l'enquête journalistique, a, à parts égales, une double nature : écologique et géopolitique. Dans les deux versants, l'auteur est passablement alarmiste, même s'il laisse un soupirail d'espoir en fin d'ouvrage, consistant dans une possible prise de conscience occidentale, dans une invite à nous autres, Français et Occidentaux, à nous ressaisir de notre industrie minière (dans la mesure du possible), à relocaliser certaines productions stratégiques, et surtout à changer nos habitudes de consommation. Je précise que, de mon point de vue, la partie écologique de l'ouvrage a été beaucoup plus effarante, donc plus instructive, plus inductrice de réflexion que le partie géopolitique, inspirée d'une sorte de « néo-colbertisme » un peu trop simpliste, d'une antipathie anti-chinoise facile et à la mode, et surtout de l'insuffisante prise en compte de tous les facteurs systémiques qui influent dans les relations internationales (particulièrement en géopolitique).
En particulier, j'ai été atterré par le caractère totalement confidentiel des études sur l'impact environnemental, y compris sur le bilan carbone, de l'extraction de ces matières premières aux noms tout à fait imprononçables qui nous faisaient rire, adolescents, devant la table périodique des éléments ; ignorance délibérée et sans doute politique sur leur incroyable diffusion à la fois au coeur des objets qui nous sont devenus si familiers (nos voitures, nos téléphones portables, les circuits de nos appareils informatiques, les LED, tout ce qui contient des « super-aimants » c-à-d tout ce qui comporte des champs électro-magnétiques miniaturisés), sans parler de ceux qui nous sont « vendus » comme des promesses d'avenir : les éoliennes, les voitures électriques avec leurs infâmes batteries (dont nul ne parle de leur durée de vie ni de leur élimination en fin de cycle), les panneaux photovoltaïques, les réseaux électriques « intelligents » ; enfin sur la supercherie des perspectives du recyclage... : « comme l'admet un expert américain des métaux rares interrogé à Toronto, "il n'est dans l'intérêt d'aucun professionnel des énergies vertes de communiquer là-dessus... Tout le monde veut croire que nous améliorons les choses, pas que nous régressons, n'est-ce pas ?" » (cité p. 62). Vouloir croire, effectivement : voilà l'éternel problème !
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Horizon_du_plomb
  10 août 2018
« Un peu à la manière d'un toxicomane qui, pour stopper son addiction à la cocaïne, sombrerait dans l'héroïne…  »
À ceux qui pensent que les mines c'est d'un autre temps et que la troisième révolution technologique (greentech et ère digitale) est la panacée, je conseille de lire ce livre.
« La Grande-Bretagne a dominé le XIXe siècle grâce à son hégémonie sur la production mondiale de charbon ; une grande partie des événements du XXe siècle peuvent se lire à travers le prisme de l'ascendant pris par les États-Unis et l'Arabie saoudite sur la production et la sécurisation des routes du pétrole ; au XXIe siècle, un État est en train d'asseoir sa domination sur l'exportation et la consommation des métaux rares. Cet État, c'est la Chine. »
Voilà un livre sur « le pétrole du XXIe siècle ».  Un livre qui m'a beaucoup rappelé ma biographie de Marie Curie qui traitait ses tonnes de terres pour isoler le radium et le polonium voilà maintenant un siècle. On peut le voir comme un livre noir de la troisième transition technologique.
« Semane Molotlegi est l'une des dernières reines du continent noir. Elle est quasiment invisible dans les médias, et qu'un journaliste étranger puisse la rencontrer est chose rare. Mais nous avons eu la chance d'obtenir une audience. »
C'est un livre qui s'ébauche souvent comme une enquête d'investigation sur le terrain et cela fait vraiment documentaire écrit et pas juste article Universalis.
« Dans les villes intelligentes de demain, nous économiserons 65 % d'électricité en bardant les rues de capteurs qui adapteront l'éclairage à la fréquentation des trottoirs ; de même, les logiciels de prédiction météorologique amélioreront de 30 % les performances des panneaux photovoltaïques. »
Globalement, l'auteur nous présente bien ce monde du futur proche. La futurologie a eu les erreurs que l'on sait, mais ici, vu que l'auteur nous parle d'un monde quasi déjà là, ses propos sont faiblement spéculatifs et fortement probables.
« Ainsi, selon M. Rifkin, 80 % des utilisateurs de sites d'autopartage auraient déjà vendu leur véhicule.  »
« Là encore, le montant des transferts aurait été multiplié par dix, pour atteindre 4 000 milliards de dollars – soit le double du PIB de la France. le marché annuel des terres rares avoisine la somme dérisoire de 6,5 milliards de dollars, soit 276 fois moins que celui du pétrole. Mais, compte tenu de la présence de ces petits métaux dans à peu près tout ce que nous consommons, les retombées de cette industrie microscopique prennent des proportions gigantesques.  »
Je pense que le gros problème du livre c'est qu'il pourrait être résumé dans un dossier presse de 10 pages mais, en même temps, c'est un bouquin intelligent qui n'hésite pas à sortir les chiffres et les sources diversifiées. D'ailleurs les informations complémentaires des notes de fin de chapitre sont en soi intéressantes.
« À cela s'ajoute la chimère selon laquelle les industries s'effaceraient derrière une économie largement dominée par les services. »
Le livre analyse aussi finement les modèles économiques actuels avec leurs déficiences. On le voit bien notamment quand l'auteur montre comment des grandes entreprises (dont monsieur Tesla) peuvent fermer leurs yeux sur leur pollution indirecte. Le livre illustre à merveille le libéralisme peu scrupuleux mais aussi l'émergence d'un marché mondial, interconnecté, où les frontières ne sont que des instruments. Les métaux rares sont un marché volatile soumis à toutes les manipulations économiques.
«  C'est une OPEP sous stéroïdes »
Parlant de ce futur leader du XXI siècle, le livre prouve que la Chine a su faire (avec les joint-ventures et les quotas) ce que le Japon a fait en son temps, copier et se mettre au niveau de l'Occident. Il prouve aussi malheureusement que l'argument de l'emploi à haute valeur ajoutée sûr est sans doute aussi une illusion. Un livre qui m'a d'ailleurs rappelé que le plus gros ordinateur au monde a été pendant un long temps chinois (du moins officiellement, https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-top500-des-supercalculateurs-ibm-met-fin-aux-5-ans-de-regne-de-la-chine-72147.html). Même la diversification des mines de métaux rares à travers le monde est en partie mise sous tutelle par l'intelligence économique des Chinois qui essaient de contrôler l'ensemble de la production via des participations directes ou même indirectes dans les holdings. D'ailleurs, comme le livre touche à l'ensemble politico-économique, on en apprend souvent plus que son simple propos par ricochet, notamment l'affaire du « China Gate » lors de la présidence Clinton. L'auteur, qui reste souvent nuancé, prend aussi le temps de montrer les failles du système chinois.
L'auteur, réaliste, sait se démarquer des mouvements écolos quand c'est nécessaire et il semble assez neutre vis à vis du nucléaire (on pourrait voir son livre comme du lobbying indirect pour un retour au nucléaire ou, au moins, comme un encouragement à la recherche sur la fusion), reconnaissant juste la nécessité actuelle et future de mix énergétique.
Faisons juste remarquer qu'il faudra attendre le dernier chapitre pour que l'auteur mentionne en une ligne l'obsolescence programmée alors qu'il se répète assez souvent sur d'autres sujets.
« Voilà pourquoi 16 millions d'adultes américains sont toujours persuadés que le lait chocolaté provient de vaches marron. »
« Notre fulgurante transition technologique s'est opérée plus hâtivement que nos progrès cognitifs. »
« D'abord, nous prendrions immédiatement conscience, effarés, de ce qu'il en coûte réellement de nous proclamer modernes, connectés et écolos. (…) Rien ne changera radicalement tant que nous n'expérimenterons pas, sous nos fenêtres, la totalité du coût de notre bonheur standard.  »
Une conclusion de ce livre qui semble s'esquisser est que nous vivons un âge d'or uniquement parce que nous nous endettons sur les ressources de notre planète. Peut-être allons-nous saturer voire régresser. Mais ce n'est pas clair car comme l'auteur prend bien la peine de le remarquer l'humanité a déjà montré des grandes capacités de résilience par le passé et des progrès technologiques majeurs sont possibles. Le livre prouve aussi qu'il existe bel et bien des solutions mais qu'aucune n'est miraculeuse, que toutes ont un prix. En tout cas, à la fin du livre, on a l'impression de mieux comprendre le monde dans lequel on vit et on se rappelle son pouvoir de consommateur responsable.
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Impression-de-lecteur
  08 juillet 2020
Alors que 196 pays ont signé l'accord de Paris lors de la COP 21 et se sont engagés à limiter leurs émissions de CO2, alors que l'opinion tance les énergies fossiles, alors que les industriels développent des technologies vertes et connectées et enfin alors que Jeremy Rifkins conseille les pouvoirs publics pour un new deal vert et bien Guillaume Pitron va à rebours : la transition énergétique et numérique serait une mauvaise pioche, comme si un nuage de poussières nous aveuglait. Les Green Tech et les NTIC sont tributaires des terres rares qui grâce à leurs propriétés électromagnétiques permettent la miniaturisation (téléphone, batterie...) Malheureusement la rareté des métaux et terres rares dans l'écorce terrestre demande une activité minière importante (8,5 tonne de roche pour extraire 1 kg de Vanadium) et un raffinage qui provoque de véritables dégâts écologiques. Pour étudier l'empreinte écologique de la transition verte il faut adopter une approche sur l'ensemble du cycle c'est-à-dire de la conception du produit jusqu'à sa destruction. Nous parlerons alors d'obsolescence programmée, d'innovation, de rareté et de recyclage (il ne concerne qu'1/100 des terres rares produites) mais aussi de la responsabilité des pays occidentaux qui exportent vers les pays moins développés les problèmes de pollution, d'industriels qui se laissent simplement menés par le jeu des marchés et bien sûr des citoyens prompts à aller dans le sens de quelques insolents au lieu de prendre sérieusement connaissance des enjeux du réchauffement.
C'est pour cela qu'il faut tous lire ce livre !
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Godefroid
  05 mai 2018
Je vais m'épargner (et vous épargner) un résumé de plus de ce passionnant ouvrage – reportez-vous à la 4e de couverture pour ça, ou bien à d'autres lecteurs qui ont sacrifié à cet exercice. Je vais plutôt évoquer ce que j'en ai retenu, et quelles sont d'après moi ses faiblesses résiduelles.
Le fait majeur qui doit nous interpeler tous, celui vers lequel toute cette enquête converge, est le caractère insoutenable des perspectives de développement des "nouvelles" technologies de la communication, de l'énergie et du transport, celles qui visent à ne plus dépendre des combustibles fossiles. Insoutenable est bien le mot: l'humanité extrairait dans les prochaines décennies plus de matière qu'elle n'en a extrait depuis ses débuts. Il faut également considérer la raréfaction des matériaux (pauvreté croissante des minerais) et en conséquence l'énergie toujours plus importante nécessaire à l'extraction d'une quantité donnée. Derrière ce constat se profile un désastre écologique terrifiant, sur lequel l'auteur insiste finalement assez peu, davantage captivé par les enjeux géopolitiques associés à l'acquisition des territoires miniers et du savoir-faire nécessaire à la maitrise des technologies de pointe (mais reconnaissons qu'il sait parfaitement nous captiver sur ces deux points !).
Guillaume Pitron, sans l'exprimer aussi franchement, semble croire au mythe de la mine propre: à laisser des pays aux régimes autoritaires et peu préoccupés d'environnement l'extraction des matériaux, le désastre est inéluctable; alors que s'il était confié à des pays "responsables" (nous), tout se passerait pour le mieux. le néolibéralisme capitaliste et financier qui règne en Europe et en Amérique du Nord se singularise certes par une logique court-termiste totalitaire (qui censure toute considération stratégique à moyen ou long terme, malgré les discours contraires), logique bien perçue par l'auteur qui en démontre les conséquences en termes de dépendance croissante de nos pays à la Chine en particulier. Une autre singularité du néolibéralisme, peu mise en exergue dans l'ouvrage, est son objet exclusif: le profit. le profit au détriment d'absolument tout le reste: des espèces animales peuvent s'éteindre, les populations humaines peuvent être empoisonnées et mourir prématurément, l'environnement peut être saccagé de manière irréversible, tout cela n'a aucune importance. A une époque où la communication devient une arme, entre les mauvaises mains (souvent) mais parfois entre les bonnes, la seule chose importante est: il ne faut pas que ça se voie. Ceci n'est pas seulement valable en Chine ou en Afrique; ça marche parfaitement en occident, de la même manière. Lire à ce sujet le remarquable Psychopathes & Cie de Joel Bakan. de fait, la seule protection contre les agissements "illimités" des multinationales réside dans les lois et autres réglementations, nationales et transnationales. Et si on examine leur évolution (notamment sous l'influence des multiples lobbies et dans un contexte d'abdication quasi universelle du personnel politique), il n'y a aucune raison d'être optimiste. Une mine propre, ça ne s'est jamais vu, et ça ne se verra probablement jamais.
Alors quelle conclusion ? Guillaume Pitron délivre en ultime recommandation l'incitation nécessaire à réorienter l'ingénierie vers des produits qui durent, à ne plus gaspiller et à limiter notre consommation d'énergie… mais "sans vouloir faire rimer sobriété avec décroissance" – il ne faudrait pas exagérer tout de même. Bref, J'attends donc qu'on m'explique comment, compte tenu de l'augmentation rapide d'une catégorie de population qui aspire à consommer comme les européens de l'ouest, on peut arriver à enrayer les désastres écologiques évoqués plus haut sans consentir à une décroissance individuelle de notre consommation de matière et d'énergie. Ah, la décroissance, quel formidable épouvantail !
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
ApoapoApoapo   02 juin 2019
« La réouverture des mines françaises serait même la meilleure décision écologique qui soit. Car la délocalisation de nos industries polluantes a eu un double effet pervers : elle a contribué à maintenir les consommateurs occidentaux dans l'ignorance des véritables coûts écologiques de nos modes de vie, et a laissé à des États dépourvus de tout scrupule écologique le champ libre pour extraire et traiter des minerais dans des conditions bien pires que si la production avait été maintenue en Occident.
À l'inverse, relocaliser les mines en France et en Occident pourrait générer deux effets positifs. D'abord, nous prendrions immédiatement conscience, effarés, de ce qu'il en coûte réellement de nous proclamer modernes, connectés et écolos. […]
Peut-être abandonnerions-nous aussi le sacro-saint dogme du pouvoir d'achat et accepterions-nous de dépenser quelques dizaines d'euros supplémentaires pour des téléphones un peu plus propres...
En d'autres mots, notre empressement à circonscrire la pollution serait tel que nos progrès environnementaux seraient fulgurants, et nos modes de consommation à tous crins fortement réduits. » (pp. 236-237)
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ErnestLONDONErnestLONDON   30 janvier 2018
Dissimuler en Chine l’origine douteuse des métaux a permis de décerner aux technologies vertes et numériques un certificats de bonne réputation. C’est certainement la plus fantastique opération de greenwashing de l’histoire.
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MaldororMaldoror   08 janvier 2019
Ces énergies - encore qualifiées de « vertes » ou de « décarbonées », car elles nous permettent de nous désaccoutumer des énergies fossiles - reposent en réalité sur des activités génératrices de gaz à effet de serre. Il faut des quantités considérables d’énergie issue des centrales électriques pour exploiter une mine, raffiner les minérais, puis les acheminer vers un centre de production où ils seront incoporés dans une éolienne ou un panneau solaire. N’y a-t-il pas une ironie tragique à ce que la pollution qui n’est plus émise dans les agglomérations grâce aux voitures électriques soit simplement déplacée dans les zones minières où l’on extrait les ressources indispensables à la fabrication de ces dernières ? En ce sens, la transition énergétique et numérique est une transition pour les classes les plus aisées : elle dépollue les centres-villes, plus huppées, pour mieux lester de ses impacts réels les zones miséreuses et éloignées des regards.
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ErnestLONDONErnestLONDON   30 janvier 2018
La transition énergétique et numérique est une transition pour les classes les plus aisées : elle dévolue les centres-villes les plus huppés, pour mieux lester de ses impacts réels les zones les plus miséreuses et éloignés des regards.
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MaldororMaldoror   05 janvier 2019
« L’ADEME a calculé le coût électrique de nos actions digitales : un mail avec une pièce jointe utilise l’électricité d’une ampoule basse consommation (...) pendant une heure », précise le documentaire. Or, chaque heure, ce sont dix milliards d’e-mails qui sont envoyés à travers le monde, « donc 50 giga watts/heure, l’équivalent de la production électrique de quinze centrales nucléaires pendant une heure ».Et, pour gérer les données qui transitent et faire fonctionner les systèmes de refroidissement, un seul ‘data center’ consomme chaque jour autant d’énergie qu’une ville de 30 000 habitants...
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Vidéo de Guillaume Pitron
Thinkerview - 19 décembre 2019 L'enfumage de la transition écologique ? Guillaume Pitron
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