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ISBN : 9791020905789
Éditeur : Les liens qui libèrent (10/01/2018)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Révolution numérique, transition énergétique, mutation écologique, etc? D'aucuns journalistes, politiques, chercheurs et prospectivistes, nous parlent d'un nouveau monde enfin affranchi des matières fossiles, des pollutions, des pénuries, des tensions politiques et militaires ? Et bien cet ouvrage formidablement documenté, fruit de six ans d'enquête, nous montre qu'il n'en est rien ! En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  10 août 2018
« Un peu à la manière d'un toxicomane qui, pour stopper son addiction à la cocaïne, sombrerait dans l'héroïne…  »
À ceux qui pensent que les mines c'est d'un autre temps et que la troisième révolution technologique (greentech et ère digitale) est la panacée, je conseille de lire ce livre.
« La Grande-Bretagne a dominé le XIXe siècle grâce à son hégémonie sur la production mondiale de charbon ; une grande partie des événements du XXe siècle peuvent se lire à travers le prisme de l'ascendant pris par les États-Unis et l'Arabie saoudite sur la production et la sécurisation des routes du pétrole ; au XXIe siècle, un État est en train d'asseoir sa domination sur l'exportation et la consommation des métaux rares. Cet État, c'est la Chine. »
Voilà un livre sur « le pétrole du XXIe siècle ».  Un livre qui m'a beaucoup rappelé ma biographie de Marie Curie qui traitait ses tonnes de terres pour isoler le radium et le polonium voilà maintenant un siècle. On peut le voir comme un livre noir de la troisième transition technologique.
« Semane Molotlegi est l'une des dernières reines du continent noir. Elle est quasiment invisible dans les médias, et qu'un journaliste étranger puisse la rencontrer est chose rare. Mais nous avons eu la chance d'obtenir une audience. »
C'est un livre qui s'ébauche souvent comme une enquête d'investigation sur le terrain et cela fait vraiment documentaire écrit et pas juste article Universalis.
« Dans les villes intelligentes de demain, nous économiserons 65 % d'électricité en bardant les rues de capteurs qui adapteront l'éclairage à la fréquentation des trottoirs ; de même, les logiciels de prédiction météorologique amélioreront de 30 % les performances des panneaux photovoltaïques. »
Globalement, l'auteur nous présente bien ce monde du futur proche. La futurologie a eu les erreurs que l'on sait, mais ici, vu que l'auteur nous parle d'un monde quasi déjà là, ses propos sont faiblement spéculatifs et fortement probables.
« Ainsi, selon M. Rifkin, 80 % des utilisateurs de sites d'autopartage auraient déjà vendu leur véhicule.  »
« Là encore, le montant des transferts aurait été multiplié par dix, pour atteindre 4 000 milliards de dollars – soit le double du PIB de la France. le marché annuel des terres rares avoisine la somme dérisoire de 6,5 milliards de dollars, soit 276 fois moins que celui du pétrole. Mais, compte tenu de la présence de ces petits métaux dans à peu près tout ce que nous consommons, les retombées de cette industrie microscopique prennent des proportions gigantesques.  »
Je pense que le gros problème du livre c'est qu'il pourrait être résumé dans un dossier presse de 10 pages mais, en même temps, c'est un bouquin intelligent qui n'hésite pas à sortir les chiffres et les sources diversifiées. D'ailleurs les informations complémentaires des notes de fin de chapitre sont en soi intéressantes.
« À cela s'ajoute la chimère selon laquelle les industries s'effaceraient derrière une économie largement dominée par les services. »
Le livre analyse aussi finement les modèles économiques actuels avec leurs déficiences. On le voit bien notamment quand l'auteur montre comment des grandes entreprises (dont monsieur Tesla) peuvent fermer leurs yeux sur leur pollution indirecte. Le livre illustre à merveille le libéralisme peu scrupuleux mais aussi l'émergence d'un marché mondial, interconnecté, où les frontières ne sont que des instruments. Les métaux rares sont un marché volatile soumis à toutes les manipulations économiques.
«  C'est une OPEP sous stéroïdes »
Parlant de ce futur leader du XXI siècle, le livre prouve que la Chine a su faire (avec les joint-ventures et les quotas) ce que le Japon a fait en son temps, copier et se mettre au niveau de l'Occident. Il prouve aussi malheureusement que l'argument de l'emploi à haute valeur ajoutée sûr est sans doute aussi une illusion. Un livre qui m'a d'ailleurs rappelé que le plus gros ordinateur au monde a été pendant un long temps chinois (du moins officiellement, https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-top500-des-supercalculateurs-ibm-met-fin-aux-5-ans-de-regne-de-la-chine-72147.html). Même la diversification des mines de métaux rares à travers le monde est en partie mise sous tutelle par l'intelligence économique des Chinois qui essaient de contrôler l'ensemble de la production via des participations directes ou même indirectes dans les holdings. D'ailleurs, comme le livre touche à l'ensemble politico-économique, on en apprend souvent plus que son simple propos par ricochet, notamment l'affaire du « China Gate » lors de la présidence Clinton. L'auteur, qui reste souvent nuancé, prend aussi le temps de montrer les failles du système chinois.
L'auteur, réaliste, sait se démarquer des mouvements écolos quand c'est nécessaire et il semble assez neutre vis à vis du nucléaire (on pourrait voir son livre comme du lobbying indirect pour un retour au nucléaire ou, au moins, comme un encouragement à la recherche sur la fusion), reconnaissant juste la nécessité actuelle et future de mix énergétique.
Faisons juste remarquer qu'il faudra attendre le dernier chapitre pour que l'auteur mentionne en une ligne l'obsolescence programmée alors qu'il se répète assez souvent sur d'autres sujets.
« Voilà pourquoi 16 millions d'adultes américains sont toujours persuadés que le lait chocolaté provient de vaches marron. »
« Notre fulgurante transition technologique s'est opérée plus hâtivement que nos progrès cognitifs. »
« D'abord, nous prendrions immédiatement conscience, effarés, de ce qu'il en coûte réellement de nous proclamer modernes, connectés et écolos. (…) Rien ne changera radicalement tant que nous n'expérimenterons pas, sous nos fenêtres, la totalité du coût de notre bonheur standard.  »
Une conclusion de ce livre qui semble s'esquisser est que nous vivons un âge d'or uniquement parce que nous nous endettons sur les ressources de notre planète. Peut-être allons-nous saturer voire régresser. Mais ce n'est pas clair car comme l'auteur prend bien la peine de le remarquer l'humanité a déjà montré des grandes capacités de résilience par le passé et des progrès technologiques majeurs sont possibles. Le livre prouve aussi qu'il existe bel et bien des solutions mais qu'aucune n'est miraculeuse, que toutes ont un prix. En tout cas, à la fin du livre, on a l'impression de mieux comprendre le monde dans lequel on vit et on se rappelle son pouvoir de consommateur responsable.
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Godefroid
  05 mai 2018
Je vais m'épargner (et vous épargner) un résumé de plus de ce passionnant ouvrage – reportez-vous à la 4e de couverture pour ça, ou bien à d'autres lecteurs qui ont sacrifié à cet exercice. Je vais plutôt évoquer ce que j'en ai retenu, et quelles sont d'après moi ses faiblesses résiduelles.
Le fait majeur qui doit nous interpeler tous, celui vers lequel toute cette enquête converge, est le caractère insoutenable des perspectives de développement des "nouvelles" technologies de la communication, de l'énergie et du transport, celles qui visent à ne plus dépendre des combustibles fossiles. Insoutenable est bien le mot: l'humanité extrairait dans les prochaines décennies plus de matière qu'elle n'en a extrait depuis ses débuts. Il faut également considérer la raréfaction des matériaux (pauvreté croissante des minerais) et en conséquence l'énergie toujours plus importante nécessaire à l'extraction d'une quantité donnée. Derrière ce constat se profile un désastre écologique terrifiant, sur lequel l'auteur insiste finalement assez peu, davantage captivé par les enjeux géopolitiques associés à l'acquisition des territoires miniers et du savoir-faire nécessaire à la maitrise des technologies de pointe (mais reconnaissons qu'il sait parfaitement nous captiver sur ces deux points !).
Guillaume Pitron, sans l'exprimer aussi franchement, semble croire au mythe de la mine propre: à laisser des pays aux régimes autoritaires et peu préoccupés d'environnement l'extraction des matériaux, le désastre est inéluctable; alors que s'il était confié à des pays "responsables" (nous), tout se passerait pour le mieux. le néolibéralisme capitaliste et financier qui règne en Europe et en Amérique du Nord se singularise certes par une logique court-termiste totalitaire (qui censure toute considération stratégique à moyen ou long terme, malgré les discours contraires), logique bien perçue par l'auteur qui en démontre les conséquences en termes de dépendance croissante de nos pays à la Chine en particulier. Une autre singularité du néolibéralisme, peu mise en exergue dans l'ouvrage, est son objet exclusif: le profit. le profit au détriment d'absolument tout le reste: des espèces animales peuvent s'éteindre, les populations humaines peuvent être empoisonnées et mourir prématurément, l'environnement peut être saccagé de manière irréversible, tout cela n'a aucune importance. A une époque où la communication devient une arme, entre les mauvaises mains (souvent) mais parfois entre les bonnes, la seule chose importante est: il ne faut pas que ça se voie. Ceci n'est pas seulement valable en Chine ou en Afrique; ça marche parfaitement en occident, de la même manière. Lire à ce sujet le remarquable Psychopathes & Cie de Joel Bakan. de fait, la seule protection contre les agissements "illimités" des multinationales réside dans les lois et autres réglementations, nationales et transnationales. Et si on examine leur évolution (notamment sous l'influence des multiples lobbies et dans un contexte d'abdication quasi universelle du personnel politique), il n'y a aucune raison d'être optimiste. Une mine propre, ça ne s'est jamais vu, et ça ne se verra probablement jamais.
Alors quelle conclusion ? Guillaume Pitron délivre en ultime recommandation l'incitation nécessaire à réorienter l'ingénierie vers des produits qui durent, à ne plus gaspiller et à limiter notre consommation d'énergie… mais "sans vouloir faire rimer sobriété avec décroissance" – il ne faudrait pas exagérer tout de même. Bref, J'attends donc qu'on m'explique comment, compte tenu de l'augmentation rapide d'une catégorie de population qui aspire à consommer comme les européens de l'ouest, on peut arriver à enrayer les désastres écologiques évoqués plus haut sans consentir à une décroissance individuelle de notre consommation de matière et d'énergie. Ah, la décroissance, quel formidable épouvantail !
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ErnestLONDON
  30 janvier 2018
Après quatre cent mille ans avec le seul feu pour ressource, l'humanité a découvert, successivement, la machine à vapeur puis le moteur thermique, qui marquèrent, à un siècle d'écart, la première et la seconde révolution industrielle, basée respectivement sur l'exploitation du charbon puis sur l'extraction du pétrole, entamant à chaque fois une transition énergétique. Les « technologies vertes » (éoliennes, panneaux solaires, batteries électriques) sont la troisième étape, dépendant de substances rocheuses appelées « métaux rares ». La Chine a le monopole de grand nombre d'entre eux, indispensables pour beaucoup de domaines stratégiques, numériques ou militaires. le coût environnemental de leur extraction est encore plus ignoré que leur existence même.
Nourri par six ans d'enquête, Guillaume Pitron, journaliste au Monde Diplomatique, dévoile avec cet ouvrage « la face cachée » de cette transition énergétique et numérique.
(...)
Une enquête, fort intéressante et très accessible, sur le modèle économique que l'on nous impose sans nous en signaler toutes les implications.
Article (très) complet en suivant le lien.
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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CineKino
  22 juin 2018
J'avais déjà lu pas mal d'articles sur le sujet des terres rares, sujet récurrent dans la presse depuis quelques années, et j'ai donc hésité à acheter ce livre qui risquait de ne pas m'apprendre trop de choses. C'est le fait que ce soit un journaliste de magazines de qualité - Geo, National Geographic, Le Monde Diplomatique - qui m'a convaincu… ainsi que les graphiques et cartes en annexes !
Et j'ai bien fait : je n'avais en fait que survolé ce sujet, que l'auteur décortique sous tous les angles (les usages des métaux rares, leur répartition sur Terre, leur valeur, la pollution, le protectionnisme, les risques à venir…) après plusieurs années d'enquête, d'interviews et de déplacements à travers le monde. le livre est donc bien loin d'une simple compilation de généralités sur un sujet d'actualité, mais a tout du grand reportage minutieusement travaillé (tout ce que j'apprécie, esprit National Geographic oblige).
Le début du livre m'a un peu déstabilisé, avec une sorte d'acharnement à dézinguer la révolution des énergies vertes, qui finalement polluent d'autres manières en reportant la consommation de matériaux et énergies sur d'autres ressources, notamment les terres rares qu'il faut produire à grand renfort de produits dangereux pour les hommes et pour la Terre. Mais tout cela s'avère bien expliqué et, sans remettre en cause le photovoltaïque, permet de relativiser les espoirs de résoudre tous les problèmes énergétiques avec les énergies renouvelables. Un point de vue très intéressant à lire.
L'essentiel du livre traite cependant de géopolitique, et notamment de la Chine et de ses relations économiques et stratégiques avec les autres pays. Principal fournisseur de terres rares (au terme de décennies de choix politiques et économiques très différents selon les pays), la Chine mène la danse, au point que les Etats-Unis et d'autres dépendent entièrement de la Chine pour entretenir leurs armées. Tout cela est remarquablement expliqué : historique, petits évènements (rachats d'entreprises), grandes politiques à long terme, stratégies géopolitiques… On y découvre aussi le poids de la France (élevé à la fin du XXe siècle) et ses choix stratégiques, très étonnant.
Et donc, le livre est enrichi de quelques annexes (tableaux statistiques et cartes des ressources, mais aussi illustrations sur la composition d'un smartphone ou d'une voiture par exemple), compléments bien utiles appelés dans le texte, dont on regrettera simplement pour certains une taille trop réduite pour être bien lisibles.
Une enquête à la fois bien documentée et bien racontée et donc passionnante… et malheureusement un peu inquiétante pour notre avenir aussi !
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jefdebourges
  04 février 2018
La révolution verte soumise à l'extraction de ces métaux rares (et donc à cette pollution noire issue des mines terrestres ou pire des extractions maritimes).
Au mieux nous polluerons plus, au pire nous nous "foutrons" sur la gueule
Pourquoi chercher les énergies renouvelables sans se demander à quoi sert les énergies actuellement consommées ?
Pourquoi considérer comme inéluctable l'augmentation de la consommation d'énergie ?
Pourquoi se déplacer pour travailler (quand ce n'est pas nécessaire), pourquoi vouloir rencontrer physiquement (quand ce n'est pas nécessaire), pourquoi chauffer son logement quand on peut l'isoler, pourquoi vouloir avoir des "Pdt de Noirmoutiers" dans sa purée, pourquoi vouloir manger des fraises en Janvier, pourquoi vouloir le dernier I-Phone ?
Bref, au delà des ces métaux, c'est l'utilisation de l'énergie qu'il faut questionner ;-)
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
ErnestLONDONErnestLONDON   30 janvier 2018
Dissimuler en Chine l’origine douteuse des métaux a permis de décerner aux technologies vertes et numériques un certificats de bonne réputation. C’est certainement la plus fantastique opération de greenwashing de l’histoire.
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ErnestLONDONErnestLONDON   30 janvier 2018
La transition énergétique et numérique est une transition pour les classes les plus aisées : elle dévolue les centres-villes les plus huppés, pour mieux lester de ses impacts réels les zones les plus miséreuses et éloignés des regards.
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ErnestLONDONErnestLONDON   30 janvier 2018
Sans vouloir faire rimer sobriété avec décroissance, la meilleure énergie reste assurément celle que nous ne consommons pas.
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ErnestLONDONErnestLONDON   30 janvier 2018
La prétendue marche heureuse vers l’âge de la dématérialisation n’est donc qu’une vaste tromperie, puisqu’elle génère, en réalité, un impact physique toujours plus considérable.
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HosenfordHosenford   08 mars 2018
Ce panorama des impacts environnementaux de l'extraction des métaux rares nous astreint, d'un coup, à poser un regard beaucoup plus sceptique sur le processus de fabrication des technologies vertes. Avant même leur mise en service, un panneau solaire, une éolienne, une voiture électrique ou une lampe à basse consommation portent le péché originel de leur déplorable bilan énergétique et environnemental.
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Videos de Guillaume Pitron (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guillaume Pitron
Marc-Antoine de Poret s’adresse à nos invités depuis la planète Internet où il a fait des recherches sur leur parcours. Aujourd’hui, il s’intéresse à Guillaume Pitron et à son ouvrage La guerre des métaux rares.
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