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Patrick Couton (Traducteur)
ISBN : 2266099701
Éditeur : Pocket (15/11/1999)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 465 notes)
Résumé :
Une société secrète d’encagoulés complote pour renverser le seigneur Vétérini, Patricien d’Ankh-Morpork, et lui substituer un roi.
C’est sans compter avec le guet municipal et son équipe de fins limiers.
Une affaire à la mesure du capitaine Vimaire – s’il boit, c’est pour oublier les laideurs de la vie – et de ses brillants adjoints. (« Tous pour un ! » )
Et lorsqu’on retrouve au petit jour dans les rues les corps des citoyens transformés en bis... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  13 août 2018
"Au guet" se classe parmi les très bons volumes de la série. J'ai eu moins de francs éclats de rire qu'avec "mortimer" ou "Pyramides" mais ce tome est tout de même très drôle et j'ai énormément souri et parfois ri.
Ce volet est particulièrement bien construit. Tout en conservant un esprit déjanté et un côté foisonnant, l'auteur parvient à proposer une intrigue solide et très bien menée. Les situations s'enchaînent savamment les unes aux autres pour former un tout cohérent.
Dans "Au guet", Pratchett ajoute à sa fantasy humoristique un réjouissant pastiche de polar. Tous les poncifs y sont détournés de façon très amusante, notamment en la personne de Vimaire dans le rôle du flic désabusé et porté sur la bouteille qui a quelque peu lâché l'affaire jusqu'à ce qu'il reprenne du poil de la bête. On a même droit à la fameuse scène où il doit rendre sa plaque...
Parmi les lieux imaginés par Pratchett au cours de son cycle, Ankh-Morpork est l'un des plus saisissants. C'est un bonheur que d'être plongé du début à la fin du roman dans cette ville si bien caractérisée. C'est à dessein que je personnifie Ankh-Morpork en parlant de caractérisation, la peinture de la cité est si bien faite, son identité si palpable qu'elle en devient un personnage à part entière.
Une intrigue prenante, des personnages drôles et attachants, des situations amusantes... Bref, ce 8ème volet est une jolie réussite. J'ai déjà hâte de m'attaquer à "Eric".
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InstinctPolaire
  10 septembre 2013
Il est trois heures bonnes gens, tout est calme, dormez en paix !
L'imagerie spinalienne historico-médiévale donne toujours cette allure à la garde de nuit : un grand échalas avec son casque bassinet et sa lanterne au bout de sa longue lance qui trouble le sommeil des braves citadins en leur signalant l'inintérêt de la situation nocturne.
L'imagerie pratchetienne accentue encore ce trait : Car à Ankh-Morpork, le Patricien, dirigeant éclairé un rien cynique a fait réglementer les activités des organisations criminelles de voleurs et d'assassins – date, horaire, étendue du préjudice fixé à l'avance... -. Histoire qu'elles puissent gagner un peu de respectabilité...
Le guet de nuit ne se compose ainsi que de trois pittoresques préposés : le Capitaine Vimaire, notoirement plus intéressé par le contenu d'une bonne bouteille que par son sacerdoce maréchaussier, le Sergent Côlon,qu'aucune science ne peut envisager ailleurs que dans la catégorie des fonctionnaires de moyenne catégorie – le zèle n'étant évidemment pas livré en option... - et le Caporal Chicard... Parce-qu'il en fallait bien un troisième...
Et donc bonnes gens tout est calme, dormez en paix. le Patricien y a veillé...
Enfin tout est calme, tout est calme...
Y'a juste une secte qui se réunit nuitamment pour lancer des incantations magiques et des gens qui finissent carbonisés dans les rues...
Moi j'dis ça, j'dis rien...
Y'a juste que la dernière recrue du guet, c'est un volontaire. Que c'est le fils d'un nain. Et qu'il mesure pas loin de deux mètres....
Y'a juste que la dernière aristo de la ville, elle élève des petits dragons comme animaux de compagnie...
Y'a juste que le bibliothécaire de l'Académie de magie parcourt la vile pour retrouver un grimoire plein d'incantation qu'on lui a volé... J'suis l'seul à m'être rendu compte qu'a force de trainasser au milieu des bouquins, il ressemble 'achtement plus à un orang-outan qu'à un homme ?...

Le Disque-Monde est l'univers fantastico-jubilatoire de Terry Pratchett. Les règles du médiéval-fantastique y croisent l'humour anglo-saxon contemporain. Les personnages y sont croustillants et les situations burlesques en diable – digne des Monthy-Pythons -
Afficionados sourcilleux du genre,lisez-le !
Novices enjoués, lisez-le !
Dépressifs de tous les pays, unissez-vous : Une dose le matin, une à midi et deux le soir !
J'vous dirais bien de me faire confiance et de le lire les yeux fermés... Mais bon, faut pas pousser tout d'même hein ?...
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RosenDero
  21 septembre 2018
Dans les ruelles sombres et fangeuses d'Ankh Morpork, de curieux personnages s'activent.
Les uns portent cuirasse et plumet (quoique, pas tous en vérité. Aucun même, puisqu'il faudrait leur accorder une prime conséquente), les autres capuchon et longues robes.
Les premiers s'évertuent à ne pas faire trop de vague et se serrent la ceinture pour s'offrir une bouilloire, les seconds se réunissent en secret autour d'une pizza et tentent d'en remontrer aux puissants de la cité.
Mais tout ça c'était sans compter sur un héros, un homme qui... non, un nain qui... non, bon, bref. Sur Carotte. Agent Carotte, du guet d'Ankh Morpork.
Et les livres, ai-je parlé des livres ? Ils sont là, bien rangés, classés selon la décimale de Dewey. D'ailleurs, que fait ce vide au rayon magie d'invocation (cote 130 et quelques chiffres après le point) ? Voilà qui risque d'énerver le bibliothécaire !
- EN EFFET...
---
Un tome qui aura su me faire rire du bout en bout, complètement génial et décalé (comme d'habitude) doté (comme d'habitude) d'une ribambelle de personnages tous plus mémorables les uns que les autres. Même les second rôles sont inoubliables et parfaitement dépeints et incrustés dans l'univers (oui, avec ce niveau de crasse on parle bien d'incrustation).
Si l'histoire n'avance pas très vite et semble courue d'avance, Pratchett parvient brillamment à faire mentir son lecteur en montrant les grosses ficelles de la fantasy avant de les couper d'un coup de griffe draconique.
Les dialogues sont toujours aussi salés et valent leur pesant de cacahuètes... hé ! Quoi ! Lâchez-moi ! Vous n'oseriez pas lever la patte sur un confrère, tout de même... quoi ? La main ? Hein ? Ah, oui, je voulais dire la main ! Voilà, merci, gentil, le singe....
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Illion
  22 avril 2015
Paru en VO sous le titre Guards ! Guards ! en 1989 et traduit en français seulement en 1997, Au Guet ! est le huitième tome de la gigantesque série des Annales du Disque-Monde du prolifique Terry Pratchett, hélas décédé le 12 Mars dernier. Cet ouvrage est également le premier consacré au personnage de Samuel Vimaire et au Guet municipal d'Ankh-Morpok, dont les membres sont hauts en couleurs !
La narration à la troisième personne passe par différents stades, selon les intérêts du scénario au moment présent. Ainsi on navigue entre un point de vue omniscient, une caméra isométrique (par dessus l'épaule des personnages si l'on peut dire) et une forme de narration "détachée" où le personnage semble parler et exprimer ses pensées directement (d'où parfois des graphies et rythmes d'énonciation pour le moins ... surprenants) mais à la troisième personne comme si quelqu'un d'autre le percevait. Il n'y a pas grand chose à dire de plus sur ce sujet, puisque l'écriture est, me semble-t-il, plutôt perçue par Pratchett pour être un outil dans son Grand Dessein Comique, qu'une fin en soit. Même si la narration y participe, elle ne suffit pas à elle seule à exprimer toute la complexité et la beauté du style de Terry Pratchett, qui est proprement inclassable ailleurs que dans sa propre et unique catégorie.
Si l'on dit si souvent cela de lui, c'est que les personnages de ces livres semblent véritablement prendre vie. Lire du Pratchett, ce n'es pas lire un livre, c'est véritablement voyager vers ce monde étonnant qu'est le Disque-Monde, le voir évoluer et vivre au quotidien comme le fait notre propre monde. Et ce parce que l'auteur assure sa propre continuité dans les livres. Bien sûr les lieux sont les mêmes et certains personnages plus que récurrents d'un livre à l'autre : Ankh-Morpok, l'Université de l'Invisible, le Bibliothécaire ou encore le Seigneur Vétérini. Mais ce serait faire preuve de grossièreté (au sens strict du terme : grossier, sans subtilité ou finesse) de la part de Pratchett de s'arrêter là. le bonhomme est bien plus subtil et malicieux. Et au lecteur attentif, il glisse des références à ses propres ouvrages. Par exemple, il est mentionné à un endroit les "hache-sueur-rances" (assurances ndlr) adoptées dans tout Ankh-Morpok sans qu'on se rappelle d'où elles viennent. Or ces "hache-sueur-rances" sont introduites par Deux-Fleurs dès le tout premier livre La huitième couleur. On retrouve également mentionnés (mais de manière presque anecdotique) les pyramides du tome éponyme ( T.7 de la série) ainsi que le Duc de Sto Helit et sa femme (dont on nous dit que c'est "un jeune couple charmant"), référence directe au T.4 Mortimer. Ainsi donc, à la manière d'un Balzac dans sa Comédie humaine, les personnages ne disparaissent pas forcément une fois leur "histoire" finie. Bien au contraire : en cherchant bien, on les retrouve entre les lignes du scénario principal et c'est ce qui fait le sel des oeuvres de Terry Pratchett, comme cela fait le sel de notre vie.
En dehors des références à ses propres oeuvres, Terry Pratchett pratique aussi, avec un art consommé, la référence sous formes de parodies ou de détournements. Pêle-mêle, on retrouve ainsi une parodie des codes des sociétés secrètes (tenues, phrases codées, rituels etc...) et autres loges ésotériques et/ou franc-maçonnes, les histoires de rois et de contes de fées, les (super-)héros justiciers "sans peur et sans reproches" qui deviennent sans peur et sous une armure sans reproche... J'ai noté aussi une occurrence à la célèbre phrase de Titi et Grosminet, une comparaison parodique entre la magie et le tabac (je peux arrêter quand je veux.), une caricature des camelots et autres charlatans-vendeurs à la sauvette prêts à tout pour vendre n'importe quoi à n'importe qui.... La liste est vraiment longue est témoigne autant de la culture de Terry Pratchett que de sa capacité absolument géniale à utiliser les lieux communs et les oeuvres célèbres de la culture populaire pour les intégrer à son propre univers tout en les tournant en dérisions. Mes préférées restent :
- l'allusion à Bilbo le Hobbit, paru en 1937, mais qui ne deviendra vraiment célèbre qu'après les films adaptés du Seigneur des Anneaux
- la citation de la célèbre phrase de Sherlock Holmes sur l'impossible et la vérité
- la référence au 36, Quai des Orfèvres, puisque le Guet municipal se réinstalle dans l'ancienne Maison des Orfèvres d'Ankh-Morpok au cours du livre et est renommé le Guet des Orfèvres.
On l'aura compris (d'autant plus que je le dis systématiquement quand je fais une chronique sur Terry Pratchett xD), l'auteur pratique l'humour avec beaucoup d'adresse et de subtilité. Il en connaît d'ailleurs toutes les ficelles ou peu s'en faut. On a ainsi un running gag sur l'engagement de Carotte dans le Guet. Un peu plus loin, on peut trouver une sorte de comic relief inversé lors de la première rencontre entre le Guet et le dragon (qui survient assez tard mine de rien dans l'intrigue), des jeux de mots qui servent à la réflexion sur les différents thèmes du livre ou une disproportion démesurée entre la taille et l'attaque impressionnantes du dragon et les dégâts minimes (chirurgicaux !) qu'il occasionne dans un premier temps. Dans tout ceci, bien souvent le trivial rejoint le noble en un choc des cultures incongru. Nous avons même droit à un scène de récompense des héros totalement ubuesque en fin de livre, une pure merveille.
Ce goût de l'humour et de la parodie imprègne intégralement l'oeuvre jusqu'au traitement des personnages. Ainsi Vimaire, le chef du Guet, ne dispose d'aucune description physique mais sa première apparition dans le livre emprunte beaucoup aux films noirs des années 30 : un détective (privé dans les films) devenu alcoolique suite à un manque d'affaires et/ou une forme de déchéance sociale. Il a une haute idée de la justice et de ce que devrait être le Guet, et souhaite lui redonner sa splendeur. Il a d'ailleurs une réflexion assez juste sur la loi et ses fonctionnaires.
le Caporal Chicard a un âge indéterminé et une si petite taille qu'il a des papiers prouvant qu'il est humain (humour quand tu nous tiens !). C'est un partisan du moindre effort et un trouillard invétéré. Il fonctionne souvent en duo avec le Sergent Colon et représente la caricature du flic plus bête que méchant mais pas vraiment efficace.
Dame Ramkin, la touche "féminine" de l'ouvrage est un personnage intéressant en termes de références : c'est une sorte de croisement entre les sculptures de femmes callipyges préhistoriques et la mythologie viking, particulièrement les valkyries. Éleveuse de dragons des marais, elle représente aussi "l'expert" que les policiers vont consulter pour avancer dans leurs enquêtes quand ils sont confrontés à des éléments inconnus.
Mais, à mes yeux, le personnage le plus intéressant, et dont l'évolution au cours du récit est la plus significative, reste Carotte Fondeurenferson (Carrot Ironfoundersson en VO), dont le nom de famille est clairement inspiré de la tradition nordique. Son prénom et sa naïveté me font profondément penser au personnage de San-Goku (dont le "vrai" nom est Carrot) dans la mythique série Dragon Ball et ses multiples dérivés. le background et le chara-design de ce personnage en fond une sorte de caricature du héros-justicier-prince spolié de son trône juste et droit, poussé à l'extrême.. Son sens de la justice est très poussé mais il prend tout au premier degré (littéralement). Il écrit régulièrement à sa famille et certaines de ses lettres sont retranscrites dans le livre, ce qui nous permet d'apprécier l'intégration progressive de Carotte et son évolution, notamment au niveau des post-scripta. Il demande toujours à ses parents d'embrasser pour lui une naine dont il était plus ou moins amoureux. Si au départ les formulations laissent à penser qu'elle lui manque et qu'il est vexé de n'avoir pas de nouvelles, l'insistance disparaît progressivement jusqu'à la dernière lettre où Gougnotte (la naine) n'est tout simplement pas mentionnée : le personnage a fait son "deuil" de sa nature naine, sans pour autant la renier, mais maintenant il vit en membre du guet parmi sa propre race : les humains.
Ce qui me permet d'introduire une autre des grandes particularités de Terry Pratchett : castigat ridendo mores. En d'autres mots, tout cet humour lui permet de mettre en avant les contradictions et absurdités de l'espèce humaine pour nous faire réfléchir sur différents thèmes. Je ne ferais ici que vous les citer, je vous invite vivement à vous plonger dans les oeuvres de Pratchett pour en apprécier la complexité et mener votre propre réflexion. Les différents thèmes abordés sont donc :
- les films noirs des années 30, les films et séries policières
- la fantasy bien sûr, présente dans tous les ouvrages reliés au Disque-Monde
- les représentants de la loi et leur utilité
- les loges secrètes et ésotériques
- le crime "organisé"
- la démagogie d'un esprit "fort" sur une multitude d'esprits "faibles" ou influençables
- le système de gouvernance : la royauté / les seigneurs dirigeants etc...
- l'intégration des minorités (rapport au fait que les personnages pensaient que Carotte était un nain)
- l'exode rural et les différences entre les villes et la campagne
- les animaux de compagnie
- la notion de "déchets sociaux", les marginaux etc...
- l'accoutumance, la dépendance à une substance ( comparaison entre magie et cigarette)
Il y en a peut-être d'autres mais voila ce que j'ai pu trouver.
Pour résumer, un livre de Terry Pratchett c'est un petit bijoux de littérature, un diamant rare (même si on frise la quarantaine de tomes publiés !) et magnifique qu'il convient de savourer en prenant son temps, voire en le relisant, pour profiter de tout ce que l'auteur y a caché.
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Tatooa
  18 août 2018
Suite à une otite (je crois, pas pu voir le médecin, bien sûr, ce sera pour lundi, ça me promet un bien chouette week-end de fin de vacances ! Je crois que j'ai pas envie de retourner au boulot en fait, lol...), j'ai pas beaucoup dormi cette nuit, ce qui m'a permis de finir ce bouquin qui m'a bien changé les idées !
J'ai vraiment adoré, j'ai relevé beaucoup trop de passages à citer, j'ai du ne citer que la moitié... J'ai eu quelques beaux éclats de rire (in petto, lol), sur tout ce qui concerne les dragons, en particulier (qu'ils soient petit ou gros). Pratchett leur taille un veston "façon Pratchett" pas piqué des hannetons, ils descendent vite fait bien fait de leur piédestal.
(Et même si j'adore les "vrais" dragons, ça ne m'a pas empêché d'en rire beaucoup ici !).
J'ai juste trouvé le début un peu longuet, en fait, avec un Vimaire tout à fait pathétique. Mais que c'est bien amené, du coup, le fait que peu à peu il se transforme (merci l'excellent Carotte !) en héros malgré lui...
La progression du récit est excellente, c'est franchement bien mené, l'humour (très noir, finalement) omniprésent n'empêche pas les piques philosophiques habituelles sur la nature humaine... Bon sang j'adore cet auteur, et encore un chapeau bas au traducteur qui mérite amplement son prix.
ça m'a permis d'oublier ma douleur pendant quelques heures, et ça, ça n'en a pas, de prix ! Merci !
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Citations et extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
zazimuthzazimuth   18 septembre 2010
Il paraissait parfaitement logique au bibliothécaire, puisqu'il y avait des passages bordés d'étagères tournées dans l'autre sens, qu'il devait donc exister d'autres allées dans l'espace entre les livres eux-mêmes, dues aux ondulations quantiques générées par le simple poids des mots. Assurément, des bruits bizarres parvenaient depuis l'arrière de certains rayonnages, et le bibliothécaire savait que s'il retirait doucment un livre ou deux, il apercevrait d'autres bibliothèques sous d''autres cieux.

Les livres gauchissent le temps et l'espace. Une des raisons pour lesquelles les bouquinistes, dans les petites boutiques exiguës et pleines de recoins dont on a déjà parlé, ont toujours l'air de tomber du ciel, c'est que nombre d'entre eux débarquent effectivement d'ailleurs, qu'ils se sont égarés chez nous après avoir pris un mauvais embranchement dans leurs propres librairies, sur des mondes où l'on estime de bon ton pour la profession l'habitude de porter en permanence des pantoufles et d'ouvrir à la clientèle uniquement quand on en a envie. On s'égare dans l'espace B à ses risques et périls.

Les bibliothécaires de haut niveau, cependant, dès lors qu'ils ont accompli un acte professionnel héroïque qui les en rend dignes, sont admis dans un ordre secret où ils apprennent les techniques de la survie au-delà des Etagères Connues.
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TatooaTatooa   17 août 2018
C'était manifestement une chambre de femme, mais d'une femme qui préférait vivre avec entrain, sans perdre bêtement son temps en ménage, en laissant à d'autres, ailleurs, les romances fleur bleue, et qui s'estimait heureuse d'avoir la santé.
Les vêtements en évidence avaient été choisis pour des raisons de commodité et de robustesse, peut-être par une génération précédente à en juger par leur aspect, davantage que pour tenir lieu d'artillerie légère dans la guerre entre les sexes. Des flacons et des pots s'alignaient en bon ordre sur la coiffeuse, mais une certaine austérité dans leurs formes donnait à penser que les étiquettes préconisaient "une friction tous les soirs" plutôt qu' "un soupçon derrière les oreilles". On imaginait sans peine que l'occupante de cette chambre y avait dormi toute sa vie et que son père l'avait appelée "ma petite fille" jusqu'à l'âge de quarante ans.
Un grand peignoir fonctionnel pendait derrière la porte. Vimaire savait, sans même regarder, qu'il avait un lapin sur la poche.
Bref, c'était la chambre d'une femme qui n'avait jamais imaginé qu'un homme en verrait l'intimité.
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shogwunshogwun   03 octobre 2012
On disait qu’on pouvait errer des jours durant parmi ses rayonnages les plus reculés, qu’il y vivait des tribus perdues d’étudiants de doctorat, que des créatures étranges se tapissaient dans des alcôves oubliées dont se repaissaient d’autres créatures plus étranges encore*.


* Tout ceci était faux. La vérité, c’est que même les grosses collections de livres courants déforment l’espace, comme peut en attester tout amateur ayant déjà fouiné chez un très vieux bouquiniste à l’ancienne, à l’intérieur d’une de ces boutiques qu’on dirait conçues par monsieur Escher dans un de ses mauvais jours, avec plus d’escaliers que d’étages et des rayonnages qui aboutissent à de petites portes sûrement trop basses pour le passage d’un humain de taille normale. L’équation appropriée est la suivante :
Savoir = pouvoir = énergie = matière = masse ;

une bonne librairie n’est qu’un trou noir distingué qui sait lire.
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colimassoncolimasson   28 juillet 2014
L’expression « A voleur, voleur et demi » en avait à l’époque supplanté une autre qui disait : « Il faut un voleur pour attraper un voleur », laquelle avait elle-même (après des démarches véhémentes de la Guilde des Voleurs) remplacé un proverbe typiquement morporkien beaucoup plus ancien qui, lui, prétendait : « Il faut un grand trou aux parois truffées de ressorts, de fils de détente, de lames de couteaux tournoyantes mues par la force hydraulique, de verre pilé et de scorpions pour attraper un voleur ».
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ArakasiArakasi   29 mars 2014
On les appelle parfois la Garde du Palais, le Guet ou la Patrouille. Quel que soit le nom qu'on leur donne, leur fonction dans toute oeuvre d'aventures fantastiques reste la même : vers le chapitre trois (ou dix minutes après le début du film), ils font irruption dans la pièce un par un et se font massacrer. Jamais on ne leur demande s'ils en avaient envie.
Le présent livre est dédié à ces hommes valeureux.
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Videos de Terry Pratchett (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Terry Pratchett
Beignets de prédiction, grimoires volants, serpillière enchantée et pilleur d'âmes... Bienvenue dans le monde ensorcelant de Magic Charly! Audrey Alwett nous plonge dans une aventure de grande fantaisie, à la croisée des univers de Terry Pratchett, J.K. Rowling et Myazaki. A découvrir en librairie.
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