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Alexandra Saemmer (Autre)Nolwenn Tréhondart (Autre)Lucile Coquelin (Autre)
EAN : 9782375461730
193 pages
Ecole Nationale Supérieure Sciences Information Et Bibliothèques (08/11/2022)
4.17/5   3 notes
Résumé :
Les images d’actualité – photographies, photomontages, caricatures – suscitent régulièrement des polémiques virulentes où chacun cherche à imposer la juste manière de les interpréter. Toute production visuelle est porteuse de stratégies de communication qui essaient de capter et d’orienter l’attention.
Cet ouvrage de sémiotique sociale décrypte les mécanismes de construction du sens à partir des productions visuelles qui conditionnent le regard : les savoirs ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Un super guide pratique pour rendre chacun plus affûté et ouvert...
On sait que l'interprétation des médias est quelque chose de subjectif. L'originalité de @Sur quoi se fondent nos interprétations ? est, entre autres, de nous permettre de remonter jusqu'à la source de nos habitudes de pensées, de nos acquis culturels et d'un contexte qui nous amènent à interpréter un produit médiatique de telle ou telle manière. C'est très intéressant parce que, même en sachant que c'est nous qui donnons du sens aux productions (ce que je vois, ce que je sais et ce que j'en déduis) et en s'attendant donc à des différences d'interprétation, on n'imagine pas qu'elles puissent être aussi énormes et même contradictoires. Face à une image d'actualité, quelqu'un verra de la violence quand quelqu'un d'autre y trouvera de la bienveillance. C'est passionnant. Et c'est une sacrée remise en question. Saine.
Les autrices, en début d'ouvrage, présentent les concepts sur lesquels elles se sont appuyées, Roland Barthes étant bien entendu leur point de départ. @Alexandra Saemmer et @Nolwenn Tréhondart rappellent également comment nos jeunes sont éduqués aux médias. Rien à voir avec la sémiotique sociale où rien n'est assertif, où tout le monde est logé à la même enseigne et où aucun professeur ne va donner de leçon et délivrer une vérité à la fin du cours. Cette sémiotique sociale, il faudrait la mettre en place le plus tôt possible, quand les certitudes ne sont pas encore ancrées profondément. le monde serait meilleur. Je ne plaisante pas et cet ouvrage donne vraiment envie de se lancer.
Il faut donc, lorsqu'on regarde une image de presse ou n'importe quel autre média, repérer sur quoi notre regard se focalise, se demander pourquoi précisément à tel endroit et trouver des arguments pour légitimer notre hypothèse d'interprétation. Comme Barthes l'avait fait pour la sémiotique du texte, les chercheuses ont mis au point des filtres interprétatifs : « savoirs contextuels », « savoirs culturels » et « habitudes de pensées ». Ces filtres nous permettent de réfléchir, d'avoir conscience que parfois, nous affirmons quelque chose en fonction de notre appartenance à un milieu social particulier, d'une éventuelle adhésion à telle ou telle croyance religieuse, d'une attirance pour tel bord politique ou d'un retour d'expérience positif ou non. le contexte, l'habitus, la culture, les valeurs influencent nos façons d'appréhender les médias et rien n'est exempt de préjugés ou « d'allants de soi » comme le disent si bien les autrices.
Un autre point fort et nécessaire de cette sémiotique sociale est la nécessité de se confronter aux autres, d'être donc à plusieurs pour mener à bien cette démarche. D'où les ateliers de co-interprétation. Et quand vous lisez @Sur quoi se fondent nos interprétations ?, vous avez l'impression d'assister à ces ateliers. Nous avons les données des groupes et leurs particularités. Ces groupes sont toujours différents comme le sont les productions médiatiques (photos de presse, sites web d'information (ex : Libération), trailers etc.). C'est concret et cela nous apporte énormément. Par exemple, j'ai regardé et apprécié The Walking Dead. J'avais mon idée quant aux messages véhiculés mais d'autres interprétations que la mienne m'ont fait réfléchir et comprendre qu'elle n'était pas gravée dans le marbre. Et les filtres interprétatifs, couche après couche, nous permettent de débarrasser de leurs scories certaines raisons de nos interprétations. C'est tout à fait novateur et dans ce monde où nous sommes abreuvés jusqu'à plus soif par les médias, cette méthode de sémiotique sociale devrait être utilisée à grande échelle. Se décentrer, nuancer, respecter et accepter que d'autres ne pensent pas comme nous, apprendre également de ces autres, comprendre que nos certitudes ne sont pas forcément partagées ou au minimum en avoir conscience parce qu'enfin, nous avons les outils pour comprendre le cheminement de notre pensée interprétative, tout cela ne peut qu'améliorer les relations de notre communauté d'êtres humains, dissiper les malentendus, être davantage ouvert à la différence, devenir plus tolérant, développer notre empathie… Quand je vous parlais de nécessité ! Et de monde meilleur !
@Sur quoi se fondent nos interprétations ? est un ouvrage dense mais tout à fait digeste. Il s'agit d'un livre didactique. Tableaux, changement de couleur dans la police d'écriture, mise en page aérée… C'est clair et nous donne envie d'expérimenter à notre tour.
Merci infiniment à @Alexandra Saemmer et @Nolwenn Tréhondart, à @PAPIERS des Presses de l'enssib et bien entendu à @nicolasbabelio et toute l'équipe BABELIO.
Pour son enrichissement personnel et/ou une pratique professionnelle, @Sur quoi se fondent nos interprétations ? est à lire. Absolument.
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Sur quoi se fondent nos interprétation ? Introduction à la sémiotique sociale appliquée aux images d'actualité, séries télé et sites web de medias, n'est pas, pour moi en tous cas, mais alors pas du tout un ouvrage de vulgarisation scientifique ! Au contraire, je pense qu'il s'adresse plutôt à des étudiants en sociologie ou psychologie, voire à des professionnels. Pour autant, c'est quand même une lecture accessible, si on est motivé par le sujet...

Dans l'introduction, les auteurs cadrent et définissent leur propos, autour d'un exemple : une image qui a circulé un temps sur le net et qui représente un schéma d'appareil reproducteur féminin et/ou une tête de bouc sataniste. En quoi est-ce sexiste, qu'est-ce qui fait que nous percevons - ou pas du sexisme dans cette image ? C'est une histoire de filtres interprétatifs, d'interprétations de codes, et c'est bien le sujet du livre, les filtres interprétatifs en tant que codes.

Le livre est construit en deux parties, la première est théorique et expose les différents concepts. La seconde est plus "intéressante", du moins pour une simple citoyenne comme moi, car ce sont des applications concrètes qui y sont dépeintes et analysées. Notamment le site d'informations de BFM, perçu comme de droite et s'adressant aux individus masculins cis-genre et par extension aux classes un peu dominantes. du coup, le travail consiste, entre autres, à repérer les éléments qui induisent ces interprétations.

Bref, intéressant, mais ardu. Je mentirai si je disais que j'avais tout compris, et j'ai quand même eu bien du mal à en venir à bout.

Mais pour autant que je puisse en juger, c'est un ouvrage très sérieux et bien construit, qui apporte vraiment une pierre à l'édifice de la compréhension de nos fonctionnements.
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Je remercie Babelio et l'ENSSIB pour l'envoi de ce livre lors d'une masse critique. Cette introduction, pour moi, à la sémiotique, qui plus est sociale, a été une lecture assez difficile mais pleine d'intérêt.
Le texte est assez technique, ce qui me l'a rendu difficile à déchiffrer. Je l'ai par contre trouvé intéressant pour développer son esprit critique et ne pas se laisser enfermer dans ses représentations.
C'est un livre que je relirai avec plaisir, en prenant plus de temps pour être sûre d'en tirer les leçons qu'il faut.
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