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EAN : 9782709666060
496 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (30/09/2020)

Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Bath, 1865. Jane, une extraordinaire jeune femme renommée pour ses talents d'infirmière est convaincue qu'un autre destin se révèlera un jour à elle. Mais lorsqu'elle se trouve écartelée entre une liaison sulfureuse avec une femme et la promesse d'un mariage conventionnel avec un médecin apparemment respectable, ses désirs commencent à lui faire prendre le chemin d'un avenir qu'elle n'avait jamais imaginé.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Leser
  25 septembre 2020
J'avais beaucoup aimé autrefois les livres de Rose Tremain, tel l'émouvant "Royaume interdit ".
J'ai donc été ravi de pouvoir lire "Havres de grâce " proposé par Masse critique et les excellentes éditions JC Lattès que je remercie.
Un petit théâtre humain s'ébauche dès les premiers chapitres. Clorinda Morrissey vient de Dublin et va ouvrir un salon de thé à Bath, établissement qui s'affirme rapidement comme une référence dans la station balnéaire.
Nous sommes dans les années 1830. le décor est exposé avec précision et délicatesse.
Miss Jane Adeane, infirmière de son état, fille d'un praticien renommé a rendez-vous avec le docteur Valentin Ross. le dessein de cette rencontre nous reste secret à ce moment là. Elle aura des répercussions tout au long du roman.
Jane Adeane, dénommée "l'Ange blanc ", s'impose dans cette société un peu confinée. La force de son caractère, l'attrait thérapeutique qu'elle exerce sur les habitués des thermes, ses inclinaisons vont bouleverser le mécanisme bien huilé des relations humaines.
Nous sentons clairement que, semblable à sa tante Emmeline, artiste et "créatrice de golem", Jane ne va pas se soumettre aux codes sociaux de l'époque.
Le frère du docteur Ross est passionné par le monde et va partir sur l'île de Bornéo, influencé par le célèbre naturaliste Alfred Wallace qui a découvert l'oiseau de paradis.
Suite à une crise de malaria, il va rencontrer le radjah Sir Ralph Sauvage, homme à la personnalité hors norme.
Jane et Sir Ralph, deux êtres d'exception à la recherche de la Vie et du bonheur, tout comme Clorinda Morrissey.
L'auteure s'entend parfaitement à décrire les tourments et les enthousiasmes de l'âme et du coeur et affirme son questionnement sur le mariage.
Des relations sulfureuses pour l'époque bouleversent les équilibres, l'Amour déroule un philtre puissant qui déstabilise les âmes fortes comme celle de Jane, adressant un véritable pied de nez à une société engoncée et hypocrite.
À l'autre côté du monde, Sir Ralf et Edmund vivent une relation tout aussi bouleversante au sein de la forêt, près de la mangrove où les hérons se glissent.
Rose Tremain nous guide de l'Angleterre policée et passionnée vers les forêts exubérantes de l'île de Bornéo et son fantasque Radjah. Nous sommes saisis par la torpeur étouffante et la richesse de cette île troublante pour nos yeux occidentaux.
Rose Tremain aborde avec lucidité les rapports entre populations indigènes et colonisateurs. La forêt peut devenir un molosse dévorant les naïfs.
Nous nous heurtons à la prétention masculine et à la violence, à la famine en Irlande, au célèbre pathologiste François Broussais, aux chercheurs d'or australiens à Bornéo. Tout un siècle nous accompagne dans cette lecture.
Les mondes de la médecine et des opérations chirurgicales rendent notre présent très doux! L'anesthésie en était à ses balbutiements.
Ce roman est une vaste épopée sur l'Amour, la passion, la sexualité et la mort. Il conte la duplicité mais aussi l'espérance. C'est également un témoignage sur le désir de soumission que nourrissaient certains hommes à l'égard de la femme, ce qui était largement admis à l'époque.
L'ombre de Jane Austen hante ces pages.
De même que l'allusion au roman "La dame en blanc " de Wilkie Collins donne furieusement envie de relire celui-ci.
La crudité et répétitivité de certains mots ou scènes sexuelles ont pu m'ennuyer ou me gêner. Certaines lectrices ou certains lecteurs trouveront ces descriptions délicieusement suaves et même troublantes. À chacun de ressentir selon ses attentes et formes de pensée.
La plume de Rose Tremain est à son habitude limpide, voltigeante et émouvante. Un plaisir absolu de lecture qui me rappelle Angela Huth de par sa poésie, sa richesse et sa précision.
La magie des romancières britanniques, délicates et dénonciatrices des préjugés, mettant en avant des femmes fortes et volontaires, nous charme.
À cela s'ajoute un ouvrage aéré qui s'offre à nous sous la forme d'une couverture multicolore riche de promesses tenues.
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jemelivreenboheme
  04 octobre 2020
Je découvre ce livre comme j'en découvre l'auteure. Merci à Babelio et aux Editions JC Lattes, cette lecture m'a été attribué pour la masse critique et c'est une belle découverte. de plus la couverture est très jolie et nous plonge dans le décor de Bornéo, cette île ou nous nous retrouvons la moitié des chapitres. Nous découvrons plusieurs histoires au 19eme siècle, mais toutes parallèles et connectées les unes des autres. Jane est infirmière, elle est surnommée "L'ange des Thermes" pour son don à guérir dans ses eaux chaudes, elle a aussi la particularité d'être "très" grande pour une "femme". Courtisée par le Docteur Ross, confrère du père de Jane, elle ne souhaite pas être une épouse, elle veut être libre comme sa tante, dégagée de toutes les conventions de son époque. Lors d'un voyage chez cette dernière, elle y découvre avec passion et délice, les relations intimes avec une femme, son amie Julietta, déjà mariée et maman. Cela permet à Jane de se découvrir mais le docteur Ross est toujours présent dans son esprit… Il est d'ailleurs le frère d'Edmund, parti à Bornéo, et ami du Radjah, la deuxième histoire principale de l'histoire, qui lui aussi découvre sa sexualité avec Léon. J'ai beaucoup accroché avec l'histoire de Jane, un peu moins attentive pour celle du Radjah, mais globalement j'ai passé un agréable moment lecture. Nous voyageons en France, en Angleterre et à Bornéo, île d'Asie. L'écriture est fluide et nous sommes plongés dans l'univers du 19eme siècle, et ses conditions, des classes sociales, de la médecine, et de ses principes. Les thèmes abordés sont le deuil, la maladie, la jalousie, l'homosexualité, l'émancipation des femmes. L'histoire a été pour moi surprenante, j'ai même, au début, eu de la peine pour un personnage et ensuite je l'ai détesté par son attitude, ses propos… Un bon roman historique qui rappelle aussi et fait mention de Jane Austen.
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kobaitchi
  22 octobre 2020
Je l'avoue, si j'ai coché ce livre lors de la dernière édition de Masse critique, c'est à cause de certains mots dans le résumé ; liaison sulfureuse avec une femme, Bath, costumiers libertins de Paris.
Parfois, il s'en faut de peu pour passer à coté d'une chouette expérience. Et d'autres, il s'en faut d'encore moins pour se découvrir une nouvelle passion.
Il y a quelques années encore, j'aurais dit que ce genre d'histoire un peu tranches de vie ne m'intéressait pas des masses. J'ignore si la faute incombe à mon âge qui ne cesse de croître ou au talent de l'autrice, qui est apparemment une figure de proue de la littérature contemporaine bien que je l'ignorais, et à bien y réfléchir les deux sont probablement en cause, mais j'ai adoré ce roman.
Dans les presque 500 pages qui le composent, deux histoires nous sont contées ; celle de Jane, femme à la haute stature et infirmière de 25 ans habitant à Bath, aussi appelée l'Ange de thermes par ses patients, qui va se découvrir bien plus intéressée par les femmes que par les hommes, et Sir Ralph, radjah auto-proclamé de Bornéo, qui tente tant bien que mal de faire de son mieux pour « son » peuple, mais qui se laisse un peu trop diriger par son coeur.
Autour de ces deux personnages écrits de telle façon qu'on ne peut que les aimer, en gravitent d'autres tout aussi colorés et touchants. On suit leur quête à toutes et tous pour devenir riches, reconnus, libres ou tout simplement heureux. Souvent, on les aime aussi, parfois on les déteste, on change d'avis à leur sujet, on hésite, on comprend ou non leurs motivations, mais jamais ils ne nous laissent indifférents.
Bien que les personnages soient d'avantage détaillés que les endroits où ils vivent (à l'exception peut-être de Bornéo, où la forêt, le palais, la rivière, et même la route sont abondamment décrits) l'immersion se fait rapidement et sans difficulté dans ce monde de 1865. Et pour moi qui aime les récits qui se passent à cette époque en Angleterre, c'était un plaisir.
Je n'ai, au fond, pas grand chose de plus à dire sur ce roman tant je n'ai rien trouvé à lui reprocher. L'autrice nous fait nous attacher aux personnages en quelques phrases, l'intrigue, quoi que classique, nous tient en haleine jusqu'à la dernière page et l'écriture des plus agréables coule toute seule sur la langue. Quoi qu'il soit déjà bien épais, j'aurais aimé que ce roman fasse cent ou même deux cents pages de plus pour ne pas avoir à quitter son univers réconfortant.
En un mot comme en cent, vous l'avez compris, ce livre a su conquérir mon coeur et je vous le recommande chaudement.
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critiques presse (1)
LeFigaro   22 octobre 2020
Parfait exemple du pouvoir éternel du roman psychologique anglais, Havres de grâce se veut à la fois un hommage à l’univers feutré de Jane Austen et à celui plus tempétueux de Joseph Conrad. L’alchimie fonctionne ici à merveille. On sort durablement ému de cette réflexion sur la perte, le désir, la liberté et les débordements.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   04 novembre 2020
Elle avait eu un amoureux jadis, un garçon aux cheveux carotte qui marchait la tête dans les nuages et s’était fait écraser une nuit par la malle-poste. Ensuite, elle avait eu une proposition de mariage d’un marin norvégien, et s’était demandé quelque temps si cela lui plairait d’être couchée dans des bras si robustes, si étrangers et si insensibles au froid. Mais elle avait finalement décidé de refuser son offre. Le garçon aux cheveux carotte était mort le visage tourné vers le ciel. Le Norvégien tomberait sans doute à la mer et périrait noyé. Elle prit alors conscience qu’elle n’avait pas vraiment envie de vivre avec un homme – du moins pas encore, pas tant qu’elle n’en avait pas trouvé un au regard assuré et aux pieds solidement plantés dans le sol.
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rkhettaouirkhettaoui   04 novembre 2020
Le seul objet de valeur qu’elle possédait était un collier de rubis. Une belle pièce : vingt pierres rouge sang serties dans un délicat filet d’or, avec un fermoir en or lui aussi. Il était entre ses mains depuis peu, légué par sa mère qui le tenait de la sienne, elle-même l’ayant hérité de sa propre mère, en succession régulière. Ce collier était passé d’un lieu sûr à un autre pendant de longues années. Rarement porté par chacune de ses propriétaires, il revêtait plutôt le caractère figé d’un bijou de famille conservé dans un écrin doublé de satin. On le trempait de temps à autre dans l’alcool pour le nettoyer et en révéler tout l’éclat à l’air libre.
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rkhettaouirkhettaoui   04 novembre 2020
Tout le monde savait à Bath que chez les médecins, contraints de passer beaucoup de temps au contact des malades et des mourants, pouvaient se déclarer des pathologies soudaines. Clorinda Morrissey avait entendu dire qu’entre les contagionistes (qui croyaient que les affections se propageaient par des animalculae introduits en Angleterre avec les produits alimentaires importés) et les anti-contagionistes (qui estimaient que les affections étaient engendrées spontanément à partir de la saleté et de la décomposition, puis transmises par l’air sous forme de vapeurs ou de miasmes), on en savait finalement très peu sur la façon dont les maladies se transmettaient, et peu de précautions étaient prises pour empêcher la contamination.
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rkhettaouirkhettaoui   04 novembre 2020
Elle montra d’abord le collier à un prêteur sur gages. Ce vieillard appliqua contre son œil un objet en forme de cupule, à travers lequel il examina les rubis. Clorinda Morrissey, qui fixait sur lui un regard acéré, vit un petit filet de salive mousseuse s’échapper de sa bouche et couler sur son menton. Elle en déduisit avec raison que l’homme avait tout de suite compris qu’à la différence de la pacotille qu’on lui proposait d’habitude – des breloques en métal doré, en bronze, verre, ivoire ou étain – l’objet qu’il avait cette fois-ci sous les yeux était d’une beauté et d’une valeur exceptionnelles.
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rkhettaouirkhettaoui   04 novembre 2020
Clorinda savait que Bath n’était pas exactement « le monde ». Elle avait appris que la ville avait été construite, comme Rome, sur sept collines, et qu’elle était le théâtre de « galas et illuminations » au printemps et à l’automne : deux choses qui, dans son esprit, revêtaient une certaine splendeur. Elle avait aussi entendu dire que c’était un lieu où se rassemblaient beaucoup de gens riches venus prendre les eaux ou simplement séjourner en villégiature ; or là où se rassemblaient les riches, il y avait de l’argent à gagner.
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