-
La Bibliothèque, la nuit de
Alberto Manguel
Ce qui fait d’une bibliothèque un reflet de son propriétaire, c’est non seulement le choix des titres, mais aussi le réseau d’associations qu’implique ce choix. Notre expérience se construit sur l’expérience, nos souvenirs sur d’autres souvenirs. Nos livres se construisent sur d’autres livres qui les modifient ou les enrichissent, qui leur confèrent une chronologie différente de celle des dictionnaires de littérature. Je suis aujourd’hui, après tout ce temps, incapable de trouver seul la trace de ces connexions. J’oublie, ou je ne sais même pas, quelles sont les relations entre beaucoup de ces livres. Si je pars dans une direction – les récits africains de Margaret Laurence me remettent en mémoire La Ferme Africaine d’Isaac Dinesen, qui me fait à son tour penser à ses Sept contes gothiques, lesquels me ramènent à Edgardo Cozarinsky (qui m’a fait découvrir l’œuvre de Dinesen) et à son livre et son film sur Borges et, plus loin encore, aux romans de Rose Macaulay, dont nous avons discuté un après-midi déjà lointain à Buenos Aires, surpris l’un et l’autre que quelqu’un d’autre les connût -, je perds alors les autres fils de cette toile complexe et je me demande comment, à la façon d’une araignée, j’ai réussi à en lancer un à travers la distance apparemment incommensurable qui sépare, par exemple, les Tristes d’Ovide des poèmes d’Abd Al-Rahman, exilé de son Espagne natale en Afrique du nord.
> lire la suite
-
Par vdubois, le 07/10/2007
Journal d'un lecteur de
Alberto Manguel
Nous avons donné aujour'hui au fils des propriétaires de notre maison un antique chapiteau de pierre que nous avions déterré pendant les travaux de rénovation, afin qu'il ait dans la maison qu'il se construit un morceau du lieu de son enfance.
-
La Bibliothèque, la nuit de
Alberto Manguel
Nous cheminons au travers d'interminables rayonnages de livres où nous choisissons tel ou tel volume sans raison apparente : à cause d'une couverture, d'un titre, d'un nom, à cause de ce quelqu'un a dit ou n'a pas dit, à cause d'une intuition, d'un caprice, d'une erreur, parce que nous croyons pouvoir trouver dans ce livre tel récit, tel personnage ou tel détail, parce que nous pensons qu'il a été écrit pour nous, parce que nous pensons qu'il a été écrit pour tout le monde sauf pour nous et voulons découvrir pourquoi nous avons été exclus, parce que nous avons envie de nous instruire, ou à lire, ou de nous perdre dans l'oubli.
> lire la suite
-
La Bibliothèque, la nuit de
Alberto Manguel
Le pouvoir des lectures ne réside pas dans leur capacité à recueillir des informations, ni dans celle d'ordonner et de cataloguer, mais dans le talent avec lequel ils interprètent, associent et transforment leurs lectures.
[...]
Au XVIIe siècle, Gottfried Wilhelm Leibniz, le célèbre mathématicien, philosophe et juriste allemand, a déclaré que la valeur d'une bibliothèque n'était déterminée que par son contenu et l'usage qu'en faisaient les lecteurs, et non par le nombre de ses volumes ou la rareté de ses trésors.
> lire la suite
-
La Bibliothèque, la nuit de
Alberto Manguel
Pourtant, les 2 bibliothèques - celle de papier et l'électronique - peuvent et devraient coexister. Malheureusement, on favorise trop souvent l'une au détriment de l'autre.