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Alberto Manguel

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  • 24 critiques

Note moyenne : 3.85/5 (sur 191 notes) Alberto Manguel

Biographie et informations

Nationalité : Argentine
Né(e) à : Buenos Aires , 1948

Biographie :

Alberto Manguel est un écrivain argentino-canadien.

Il a grandi en Israël (où son père était ambassadeur d’Argentine) puis dans son pays natal où, dans sa jeunesse, il a fait la lecture à Jorge Luis Borges devenu aveugle.

Il a résidé par la suite dans divers pays, notamment une vingtaine d’années à Toronto (Ontario, Canada). Il est devenu citoyen canadien en 1985. Il s'est installé en France en 2001 et y vit actuellement dans un village du Poitou.

Journaliste (presse, radio, télévision), il a publié de nombreuses anthologies, des romans, des traductions et des essais.

Depuis le lundi 19 mai 2008 il est le premier écrivain a avoir donné son nom à un CDI d'établissement scolaire français de son vivant. Le lycée Victor Hugo de Poitiers possède depuis ce jour le CDI Alberto Manguel.

Avec Jean-Marie Sevestre, PDG de la librairie montpelliéraine Sauramps, Alberto Manguel préside le jury du Prix Cévennes du roman européen.
> lire la suite Source : Wikipédia
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roman   littérature   récits   livres et lecture   études littéraires   essai   biographie   fiction   histoire   dictionnaire   art   utopie   livres   érudition   voyages   littérature sud-américaine   littérature argentine   argentine   20ème siècle   21ème siècle  

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Alberto Manguel lecture par Jean-François Rousseau .
Lecture de "La Fiancée de Frankenstein" d'Alberto Manguel (éd. L'Escampette) par Jean-François Rousseau (extrait).© Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes - octobre 2009
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Citations de Alberto Manguel

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  • Par nadejda, le 05/12/2010

    La Bibliothèque, la nuit de Alberto Manguel

    Ce qui fait d'une bibliothèque un reflet de son propriétaire, c'est non seulement le choix des titres mais aussi le réseau d'associations qu'implique ce choix. Notre expérience se construit sur l'expérience, nos souvenirs sur d'autres souvenirs.

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  • Par nadejda, le 05/12/2010

    La Bibliothèque, la nuit de Alberto Manguel

    Il se peut que les livres ne changent rien à nos souffrances, que les livres ne nous protègent pas du mal, que les livres ne nous disent pas ce qui est bien ou ce qui est beau, et ils ne nous mettent certes pas à l'abri du sort commun qu' est la tombe.
    Mais les livres nous offrent une multitude de possibilités : possibilité d'un changement, possibilité d'une illumination. Il se peut qu'il n'existe aucun livre, si bien écrit qu'il soit, qui puisse alléger d'une once la douleur des tragédies d'Irak ou du Rwanda, mais il se peut aussi qu'il n'existe aucun livre, si atrocement écrit qu'il soit qui ne puisse apporter une épiphanie au lecteur qui lui est destiné.
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  • Par gteisseire, le 27/04/2008

    La Bibliothèque, la nuit de Alberto Manguel

    Ce qui fait d’une bibliothèque un reflet de son propriétaire, c’est non seulement le choix des titres, mais aussi le réseau d’associations qu’implique ce choix. Notre expérience se construit sur l’expérience, nos souvenirs sur d’autres souvenirs. Nos livres se construisent sur d’autres livres qui les modifient ou les enrichissent, qui leur confèrent une chronologie différente de celle des dictionnaires de littérature. Je suis aujourd’hui, après tout ce temps, incapable de trouver seul la trace de ces connexions. J’oublie, ou je ne sais même pas, quelles sont les relations entre beaucoup de ces livres. Si je pars dans une direction – les récits africains de Margaret Laurence me remettent en mémoire La Ferme Africaine d’Isaac Dinesen, qui me fait à son tour penser à ses Sept contes gothiques, lesquels me ramènent à Edgardo Cozarinsky (qui m’a fait découvrir l’œuvre de Dinesen) et à son livre et son film sur Borges et, plus loin encore, aux romans de Rose Macaulay, dont nous avons discuté un après-midi déjà lointain à Buenos Aires, surpris l’un et l’autre que quelqu’un d’autre les connût -, je perds alors les autres fils de cette toile complexe et je me demande comment, à la façon d’une araignée, j’ai réussi à en lancer un à travers la distance apparemment incommensurable qui sépare, par exemple, les Tristes d’Ovide des poèmes d’Abd Al-Rahman, exilé de son Espagne natale en Afrique du nord.
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  • Par soukee, le 31/03/2010

    La Bibliothèque, la nuit de Alberto Manguel

    Toute bibliothèque est par définition un choix, et son envergure est par nécessité limitée. Tout choix en exclut un autre, celui qui n'a pas été fait. La lecture coexiste de toute éternité avec la censure.

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  • Par bibliophage, le 23/02/2010

    La Bibliothèque, la nuit de Alberto Manguel

    Comme la plupart des amours, l'amour des bibliothèques s'apprend. Nul ne peut savoir d'instinct, lorsqu'il fait ses premiers pas dans une salle peuplée de livres, comment se comporter, ce qu'on attend de lui, ce qui est promis, ce qui est autorisé. On peut se sentir horrifié - face à ce fouillis, cette ampleur, ce silence, ce rappel moqueur de tout ce qu'on ne sait pas, cette surveillance - et un peu de cette sensation écrasante peut demeurer encore après qu'on a appris les rites et les conventions, qu'on s'est fait une idée de la géographie et que les indigènes se sont révélés amicaux.

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  • Par soukee, le 31/03/2010

    La Bibliothèque, la nuit de Alberto Manguel

    Ensemble, la conservation électronique et la conservation matérielle des imprimés représentent pour une bibliothèque l'accomplissement d'au moins l'une de ses ambitions : être complète.

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  • Par 270778, le 12/09/2010

    Dans la forêt du miroir : Essai sur les mots et sur le monde de Alberto Manguel

    Je crois que, comme l'acte érotique, le fait de lire devrait être fondamentalement anonyme. Nous devrions pouvoir entrer dans un livre ou dans un lit de la même façon qu'Alice traverse la forêt du miroir, sans emporter avec nous les préjugés de notre passé et en abandonnant pour cet instant de communion nos harnachements sociaux. Que nous lisions ou que nous faisions l'amour, nous devrions être capables de nous perdre dans l'autre, en qui - j'emprunte à Saint-Jean cette image - nous sommes transformés : de lecteur en auteur en lecteur, d'amant en amant en amant. "Jouir de la lecture", disent les Français, qui ont le même mot pour signifier atteindre l'orgasme et prendre plaisir.
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  • Par 270778, le 12/09/2010

    Dans la forêt du miroir : Essai sur les mots et sur le monde de Alberto Manguel

    Symboliquement, le monde antique finit avec la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie ; symboliquement, le XXème siècle s'achève avec la reconstruction de la bibliothèque de Sarajevo.

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  • Par ay_guadalquivir, le 28/09/2010

    Une histoire de la lecture de Alberto Manguel

    "Lorsqu'il observait Saint-Ambroise en train de lire, en cet après-midi de l'an 384, Augustin ne pouvait guère se douter de ce qu'il avait devant lui. Il pensait voir un lecteur désireux d'éviter les visiteurs indiscrets, d'économiser sa voix réservée à l'enseignement. En réalité, il voyait une multitude, une armée de lecteurs silencieux qui au cours des nombreux siècles à venir inclurait Luther, inclurait Calvin, inclurait Emerson, nous inclurait, nous, qui le lisons aujourd'hui."

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  • Par lanard, le 12/08/2010

    Pinocchio&Robinson : Pour une éthique de la lecture de Alberto Manguel

    Comment Pinocchio apprit à lire

    p. 16 Lucignolo décrit le pays des joujoux en ces termes : « Il n’y a pas d’école, là ; il n’y a pas de maîtres ; il n’y a pas de livres… Voilà le genre d’endroit qui me plaît ! C’est comme ça que devraient être tous les pays civilisés ! » Les livres sont très justement associés, dans l’esprit de Lucignolo, avec la difficulté, et la difficulté (dans le monde de Pinocchio comme dans le nôtre) a acquis un sens négatif qu’elle n’a pas toujours eu. L’expression latine per adua ad astra, par la difficulté atteignons les étoiles, est presque incompréhensible pour Pinocchio (comme pour nous) puisqu’on est censé pouvoir tout obtenir au moindre coût possible.

    p. 21 Cette expérience superficielle de la lecture qu’est celle Pinocchio est exactement opposée à celle d’un autre héros errant, ou plutôt une héroïne. Dans l’univers d’Alice, le langage est rendu à la richesse de son ambiguïté essentielle et n’importe quel mot (si l’on en croit Humpty-Dumpty : « Par gloire j’entends dire « un bel argument sans réplique » » peut être contraint de dire ce que son utilisateur veut dire. Bien qu’Alice refuse des affirmations aussi arbitraires (« Mais gloire ne signifie par bel argument sans réplique », objecte-t-elle), cette épistémologie à l’usage de tous est la règle au Pays des Merveilles. Alors que dans le monde de Pinocchio le sen d’un mot imprimé est dépourvu d’ambiguïté, dans celui d’Alice la signification de « Jabberwocky », par exemple, dépende de la volonté du lecteur. (Il peut être utile de rappeler ici que Collodi écrivait à une époque où les règles de la langue italienne était fixées pour la première fois à partir d’un choix entre de nombreux dialectes, alors que l’anglais de Lewis Carroll était fixé depuis longtemps et pouvait être ouvert et mis en question avec une relative sécurité).

    p. 23 Il existe un ardent paradoxe au cœur de tout système scolaire. Une société doit impartir à ses citoyens la connaissance de ses codes afin qu’ils puissent y devenir actifs ; mais la connaissance de ces codes, outre la simple capacité de déchiffrer un slogan politique, une publicité ou un manuel d’instructions primaires, donne à ces même citoyens celle de mettre la société en question, de découvrir ses défauts et de tenter de la changer. C’est dans le système qui permet à une société de fonctionner que gît le pouvoir de la subvertir, pour le meilleur ou pour le pire. De sorte que le professeur, la personne chargée par cette société de révéler à ses nouveaux membres les secrets de ses vocabulaires communs, doivent de fait un danger, un Socrate capable de corrompre la jeunesse quelqu’un qui doit, d’une part, continuer inlassablement à enseigner et, de l’autre, se soumettre aux lois de la société qui l’a placé à ce poste d’enseignant – se soumettre jusqu’à s’autodétruire comme ce fut le cas pour Socrate. Un enseignant est toujours pris dans ce double nœud : enseigner de manière à apprendre aux étudiants à penser par eux-mêmes, enseigner en fonction d’une structure sociale qui impose sa loi à la pensée. L’école, dans le monde de Pinocchio et dans la plupart des nôtres, n’est pas un terrain d’entraînement où devenir meilleur et plus accompli, mais un lieu d’initiation au monde des adultes, avec ses conventions, ses exigences bureaucratiques, ses accords tacites et son système de castes. Il n’existe pas d’écoles pour anarchistes et pourtant, en un sens, tout professeur devrait enseigner l’anarchisme, apprendre aux étudiants à s’interroger sur les règles et les règlements, à chercher des explications aux dogmes, à faire face à des obligations sans céder aux préjugés, à exiger l’autorité de ceux qui sont au pouvoir, à trouver, à trouver un endroit d’où ils puissent exprimer leurs propres idées, même si cela signifie une opposition et même, en définitive, l’élimination du professeur.
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