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ISBN : 2742723994
Éditeur : Actes Sud (2000)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 95 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« L'astronome qui lit une carte d'étoiles disparues ; le tisserand qui lit les dessins complexes d'un tapis en cours de tissage; les parents qui lisent sur le visage du bébé des signes de joie, de peur ou d'étonnement; l'amant qui lit à l'aveuglette le corps aimé, la nu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Margot_R, le 22 avril 2011

    Margot_R
    Cet essai de Manguel peut être lu comme un véritable roman, car il fait voyager le lecteur à travers le temps, de l'Antiquité à aujourd'hui, et l'espace, parcourant le monde du Japon à l'Iraq en passant par la Grèce, l'Italie et les Etats-Unis (entre autres), et nous offre Une histoire de la lecture telle qu'il la perçoit, agrémentée de ses expériences personnelles, de ses anecdotes et de références. Manguel manifeste son savoir pour le plus grand plaisir de nous, lecteurs, en nous ramenant aux origines de la lecture, et nous faisant découvrir les différentes étapes de l'histoire du livre, les pratiques des lecteurs et leur apprentissage de la lecture variant au fil des années et selon les endroits... Un essai chargé d'histoire, dans lequel le lecteur peut facilement s'identifier et s'instruire. Il est construit de telle façon que nous pouvons lire les différentes parties indépendamment des autres, l'essai n'avançant pas par ordre chronologique.






    ▪ Première partie : « La première page »
    Cette première partie est précédée d'une épigraphe, signée par Gustave Flaubert « Lisez pour vivre », extrait d'une lettre adressée à Mlle Chantepie, datant de juin 1857.
    Cette première partie, constituée d'un unique chapitre, débute par une observation de personnages historiques en train de lire, leur posture... Ensuite, l'auteur aborde sa propre enfance, son apprentissage de la lecture, et son amour naissant pour les livres. Il raconte que la lecture lui a permis de « rencontrer la sexualité », sujet encore tabou à cette époque dans beaucoup de familles. Cette passion le mènera à travailler dans la librairie Pygmalion de Buenos Aires, où il rencontra l'écrivain Jorge Luis Borges. Celui-ci lui demanda de lui faire la lecture, ce qu'il accepta. Cela lui permit d'enrichir sa culture littéraire.

    ▪ Deuxième partie : « Faits de lecture »
    L'épigraphe qui précède cette deuxième partie est tirée d'un texte d'Italo Calvino Si par une nuit d'hiver datant de 1981 : « Lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister ».
    Dans cette deuxième partie, l'auteur relate à travers des anecdotes et des histoires les pratiques et apprentissages de la lecture de différents écrivains et personnages de l'Antiquité à aujourd'hui (Racine, Saint Augustin, Saint Ambroise, Colette...), propres à chaque époque, chaque civilisation. Il retrace ensuite les questionnements des scientifiques autour du fonctionnement de l'oeil, de sa connexion avec le cerveau. Il évoque les pratiques de lecture. A l'époque de Socrate, l'écrit n'était pas courant, Socrate lui-même transmettait son savoir oralement (c'est pourquoi nous n'avons aucun écrit de lui, mais seulement des dialogues retranscrits). La lecture silencieuse, pour soi, n'a pas toujours « existé » comme on pourrait le croire, mais est apparue au Vème siècle. La lecture publique est une pratique courante, les individus demandaient à leurs gouvernantes, ou à leurs esclaves de leur faire la lecture. C'est également le cas des fabriques de cigares de Cuba, où un homme venait faire la lecture aux ouvriers pendant que ceux-ci travaillaient. Cette pratique datant de 1850 est encore en vigueur. En effet, chaque jour pendant une heure, un homme (ou une femme) vient lire des romans ou le journal, assis à une table, placée en hauteur, sur une estrade. Enfin, l'auteur parle des différents endroits dans lesquels on peut lire, et conclut que le lit est un espace de lecture important, très utilisé, car très intime et privé.

    ▪ Troisième partie : « Pouvoirs du lecteur »
    Cette troisième partie est précédée par une épigraphe signée par Ralph Waldo Emerson « Il faut être inventeur pour bien lire » tirée de The American Scholar, texte datant de 1837.
    Dans cette partie Manguel retourne aux origines de la lecture, notamment lors d'un voyage en Iraq, à Babylone, « le lieu d'origine de tout livre ». Il évoque les attitudes, les comportements des lecteurs, leurs habitudes, les différentes manières de ranger et classer les livres dans une bibliothèque, pratique qui diffère selon les personnes. En effet, comme le montre l'exemple de la page 287, un même livre peut être classé différemment par différentes personnes : « Classé dans Fiction, Les voyages de Gulliver, de Jonathan Swift, est un roman d'aventures humoristique ; dans Sociologie, une étude satirique de l'Angleterre du XVIIIème siècle ; dans Littérature pour enfants, une fable amusante dont il est question de nains, de géants et de chevaux qui parlent ; dans Imaginaires, un précurseur de la science-fiction ; dans Voyages, un voyage fabuleux ; dans Classiques, une partie du patrimoine littéraire occidental. » Manguel raconte qu'au Japon, à l'époque où la lecture était réservée aux hommes, les Femmes qui aimaient lire des histoires avaient trouvé comme seule solution de les écrire elles-mêmes. Manguel relate ensuite une histoire assez curieuse, celle d'un voleur de livres rares, Guglielmo Libri. Cet homme passionné de livres, volait de nombreux ouvrages dans les bibliothèques auxquelles il avait accès, puis en revendait. Mais il n'est pas la première victime de ce syndrome de « bibliocleptomanie », car depuis que les livres existent, les livres sont volés ! Manguel narre également l'histoire des sibylles, ces « Femmes qui prononçaient des oracles sous forme d'énigmes », lisaient des prédictions, à travers des signes. Il démontre ainsi qu'on ne lit pas uniquement des textes, mais on lit aussi dans des signes, on lit les expressions d'un visage, on lit une carte, une image... Enfin, il aborde la question de la censure, processus d'interdiction de publication encore en pratique dans certains pays. Cette partie résume donc les différents comportements des lecteurs face aux textes, aux livres, aux images, aux signes ainsi que le comportement du traducteur qui a pour mission de retranscrire au mieux un texte, en restant le plus fidèle à l'écrivain.

    ▪ Quatrième partie : « Pages de fin »
    Cette dernière partie est précédée d'une épigraphe écrite par Stéphane Mallarmé au cours d'une Correspondance qu'il entretenait avec Paul Verlaine en 1869.
    Dans cette quatrième et dernière partie, Manguel fait allusion à tous les livres que lui et d'autres écrivains ou personnages historiques n'ont pas lu ni écrit. Il est lucide et conscient que la liste de ces livres est interminable. Parmi ces livres, il compte L'Histoire de la Lecture, une histoire qui pour lui n'aura jamais de réelle fin car tant que les hommes vivront, ils liront, et donc les livres existeront et seront lus. « Ce n'est pas fini ».

    Cet essai est un véritable éloge à la lecture et aux lecteurs de tous les temps. Alberto Manguel nous fait partager son savoir sur l'histoire du livre et de la lecture. On le lit comme un roman car les citations en début de parties, les anecdotes des écrivains et les propres expériences personnelles de Manguel le rendent très vivant, très fluide. le fait que les différentes parties ne soient pas dépendantes les unes des autres rend ce livre plus léger, comparé aux essais ordinaires dont l'explication, le développement ou le raisonnement est continu, voire ludique car on peut lire une partie sans avoir lu les précédentes, et choisir de ne pas les lire dans l'ordre mais au fur et à mesure de nos envies. L'auteur montre un intérêt sincère pour le sujet, sans vouloir se vanter de son impressionnante érudition, il nous donne envie de lire encore et encore. Un livre à mettre donc entre les mains de tout passionné de la lecture.
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 15 juillet 2012

    meyeleb
    Lire, un geste banal ? Lorsque vous aurez parcouru l'essai d'Alberto Manguel, vous ne verrez plus la lecture du même oeil. Lire en silence, l'apprentissage de la lecture, la forme du livre, métaphores de la lectures... quelques entrées parmi tant d'autres qui vous donnent une idée des découvertes sympathiques auxquelles nous invite cet essai. On y apprend beaucoup, on sourit aux anecdotes (voir citations), on s'étonne, on s'enrichit. Car l'ouvrage est documenté, quand bien même il est difficile de recueillir des témoignages de lecteurs des temps anciens : les images parlent aussi. Cet ouvrage fait de nous les héritiers d'une tradition lourde de significations, porteurs d'une liberté et d'un pouvoir à transmettre.
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    • Livres 4.00/5
    Par maylibel, le 27 août 2012

    maylibel
    Comment apprend-on à lire ? Où la préhistoire du livre a-t-elle bien pu commencer ? Qu'est-ce que cela change, pour un auteur et pour les lecteurs/auditeurs, de lire un livre à haute voix ? Comment traduire en allemand, au XXe siècle, un poème de Louise Labé écrit plus de trois cents ans auparavant ?
    Ces quatre questions ne sont qu'un échantillon de celles auxquelles Alberto Manguel apportent une réponse dans ce passionnant essai qu'est Une histoire de la lecture. L'auteur né en Argentine nous embarque dans un véritable voyage à travers le temps et l'espace à la découverte aussi bien des premières formes de lecture/écriture que de figures de censeurs célèbres ou de l'histoire des lunettes. Cet ouvrage ne suit pas un chemin linéaire, érigeant presque la digression en art. Mais il donne ainsi au lecteur l'impression de cheminer avec lui (de nombreux passages étant d'ailleurs autobiographiques), au fil de sa pensée, sur les multiples voies de l'histoire de la lecture. Évidemment (l'auteur le reconnaît d'ailleurs lui-même), il ne s'agit pas d'un ouvrage exhaustif. Mais il nous offre indéniablement un voyage riche et fascinant dans le monde du livre et des lecteurs.
    En bref ? Une histoire de la lecture est un livre que tout lecteur devrait avoir dans sa bibliothèque, à (re)lire d'une traite ou à picorer régulièrement.
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    • Livres 4.00/5
    Par leCabasdeZa, le 20 mars 2013

    leCabasdeZa
    "Dans un essai sur l'art d'étudier, l'érudit anglais du XVIèmesiècle Francis Bacon a catalogué Le processus [de la lecture]: "Il faut goûter certains livres, en avaler d'autres, en mâcher et en digérer quelques uns." Les 454 pages (hors notes et index) de cette Histoire de la lecture appartiennent à la deuxième catégorie. Je ne suis pas grande lectrice d'essais, mais celui-ci traite d'une des grandes affaires de ma vie depuis mes six ans: la lecture. J'ai donc avalé ces pages dans le temps ralenti de l'été, propice aux longues, très longues plages de lecture... Et ce faisant, je regarde du coin de l'oeil naître un petit lecteur avide de mots à déchiffrer, tout émerveillé de la nouveauté, de la découverte, de l'alchimie de lettres assemblées pour former du sens, sur les pages des livres, les devantures des magasins, les boîtes de conserve... Voilà comment commence le long chemin du lecteur...
    Celui d'Alberto Manguel est fait d'érudition, de digressions inspirées. Ce n'est pas une histoire linéaire mais une suite ininterrompue de rencontres, de lecteurs hors normes, depuis les premiers déchiffreurs de signes vaguement aléatoires.
    La lecture à haute voix, publique (Manguel fut le lecteur de Borges devenu aveugle) par opposition à la lecture privée, la forme du livre, l'auteur/lecteur, les livres interdits, les postures de lecteur (où l'on apprend que depuis la nuit des temps, nous sommes légions à lire... couchés), autant de sujets de réflexion joyeuse et jamais ennuyeuse.
    Et la rencontre avec le livre... Rencontre-t-on un livre comme on rencontre un être ? "[...] dans une large mesure, mes rencontres avec les livres ont été une question de chance, telle la rencontre de ces âmes inconnues, dans le Quinzième chant de L'enfer de Dante, dont "chacune nous regardait comme entre eux font, le soir, les gens en chemin par temps de neuve lune", et qui découvrent soudain dans une apparence, un coup d'oeil, un mot, une attirance irrésistible."
    Et l'on croise, tel un personnage des Mille et une Nuits, le grand vizir de Perse Abdul Kassem Isma'il qui traverse presque furtivement un chapitre, précédé de "sa collection de cent dix-sept mille volumes" chargée sur "quatre cent chameaux, entraînés à marcher par ordre alphabétique." Et que dire du Comte de Libri, génial, redoutable et vénéneux voleur de livres, défendu par Mérimée jusqu'au bout de sa flamboyante et pitoyable cavale. "Voler des livres n'est un délit que si on les vend." Il y a aussi l'impayable censeur qui fonda à New-York, en 1872, la Société pour la Suppression du Vice. Réjouissant pourfendeur de la lubricité littéraire, bouffon de farce. Hélas, que n'a-t-il été un cas isolé...
    L'ombre de Kafka plane sur ces pages, ressurgit régulièrement, accompagne le lecteur. "Il me semble d'ailleurs, écrivait Kafka [...], qu'on ne devrait lire que les livres qui vous mordent et vous piquent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d'un bon coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ?"
    Être lecteur...

    Lien : http://le-cabas-de-za.over-blog.com/article-une-histoire-de-la-lectu..
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    • Livres 5.00/5
    Par IreneAdler, le 08 février 2012

    IreneAdler
    Un exercice auquel peu d'auteurs d'essai littéraire se sont risqués. Et pourtant cela est passionnant à lire, même si parfois c'est un peu ardu.
    Manguel mène une véritable enquête, sans réel matériau de base (personne ne tient de journal pour dire comment il lit), pour nous faire découvrir l'évolution de cette pratique, quotidienne et somme toute banale pour beaucoup d'entre nous (je parle de l'acte lui-même, pas des ouvrages lus).
    Un beau livre à livre, à voix haute ou non.
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Citations et extraits

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  • Par Nessrine, le 26 juin 2012

    Moi aussi, je lis au lit. Dans la longue succession des lits où j'ai passé les nuits de mon enfance, dans des chambres d'hôtel inconnues où les phares des voitures balayaient en passant le plafond de lumières étranges, dans des maisons dont les odeurs et les bruits ne m'étaient pas familiers, dans des villas de vacances poisseuses d'écume marine ou dans des chalets où l'air des montagnes était si sec qu'on plaçait à côté de mon lit un bassin fumant de vapeur d'eucalyptus afin de m'aider à respirer, la combinaison du lit et du livre me procurait une sorte de foyer où je savais pouvoir revenir, soir après soir, sous n'importe quels cieux. Personne ne m'appellerait pour me prier de faire ceci ou cela; immobile sous les draps, mon corps ne demandait rien. Ce qui se passait se passait dans le livre, et c'était moi qui racontais l'histoire. La vie se déroulait parce que je tournais les pages. Je ne crois pas pouvoir me rappeler joie plus grande, plus complète, que celle d'arriver aux quelques dernières pages et de poser le livre, afin que la fin ne se produise pas avant le lendemain, et de me renfoncer sur l'oreiller avec le sentiment d'avoir bel et bien arrêté le temps.
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  • Par ay_guadalquivir, le 28 septembre 2010

    "Lorsqu'il observait Saint-Ambroise en train de lire, en cet après-midi de l'an 384, Augustin ne pouvait guère se douter de ce qu'il avait devant lui. Il pensait voir un lecteur désireux d'éviter les visiteurs indiscrets, d'économiser sa voix réservée à l'enseignement. En réalité, il voyait une multitude, une armée de lecteurs silencieux qui au cours des nombreux siècles à venir inclurait Luther, inclurait Calvin, inclurait Emerson, nous inclurait, nous, qui le lisons aujourd'hui."
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  • Par meyeleb, le 15 juillet 2012

    Cette inscription dans la bibliothèque du monastère de San Pedro, à Barcelone :
    Celui qui vole ou emprunte et ne rend pas, un livre à son propriétaire, que le livre volé se change en serpent dans sa main et le pique. Qu'il soit frappé de paralysie, que tous ses membres éclatent. Qu'il languisse dans la douleur, qu'il demande grâce en pleurant, et qu'il n'y ait de sursis à ses tourments avant qu'il ne soit anéanti. Que les vers lui rongent les entrailles, au nom du Ver qui ne périt pas. Et quand enfin il ira à son châtiment final, que les flammes de l'Enfer le consument à jamais.
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  • Par maylibel, le 23 août 2012

    Presque partout, la communauté des lecteurs a une réputation ambiguë qui vient de son autorité acquise et d’un pouvoir entraperçu. On devine dans la relation entre un lecteur et un livre quelque chose de sage et de profitable, mais on la trouve aussi dédaigneusement élitiste et exclusive, peut-être parce que l’image d’un individu pelotonné dans un coin, oublieux en apparence des grondements du monde, suggère une intimité impénétrable, un œil égoïste et une occupation singulière et cachottière. (“Sors, va vivre !ˮ me disait ma mère quand elle me voyait en train de lire, comme si mon activité silencieuse contredisait sa conception de l’existence.)

    (p.44)
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  • Par meyeleb, le 15 juillet 2012

    Au Xe siècle par exemple, le grand vizir de Perse, Abdul Kassem Isma'il, afin de ne pas se séparer durant ses voyages de sa collection de cent dix-sept mille volumes, faisait transporter ceux-ci par une caravane de quatre-cent chameaux entrainés à marcher en ordre alphabétique.

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