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ISBN : 2742723994
Éditeur : Actes Sud (2000)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 171 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« L'astronome qui lit une carte d'étoiles disparues ; le tisserand qui lit les dessins complexes d'un tapis en cours de tissage; les parents qui lisent sur le visage du bébé des signes de joie, de peur ou d'étonnement; l'amant qui lit à l'aveuglette le corps aimé, la nu... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Margot_R, le 22 avril 2011

    Margot_R
    Cet essai de Manguel peut être lu comme un véritable roman, car il fait voyager le lecteur à travers le temps, de l'Antiquité à aujourd'hui, et l'espace, parcourant le monde du Japon à l'Iraq en passant par la Grèce, l'Italie et les Etats-Unis (entre autres), et nous offre une histoire de la lecture telle qu'il la perçoit, agrémentée de ses expériences personnelles, de ses anecdotes et de références. Manguel manifeste son savoir pour le plus grand plaisir de nous, lecteurs, en nous ramenant aux origines de la lecture, et nous faisant découvrir les différentes étapes de l'histoire du livre, les pratiques des lecteurs et leur apprentissage de la lecture variant au fil des années et selon les endroits... Un essai chargé d'histoire, dans lequel le lecteur peut facilement s'identifier et s'instruire. Il est construit de telle façon que nous pouvons lire les différentes parties indépendamment des autres, l'essai n'avançant pas par ordre chronologique.






    ▪ Première partie : « La première page »
    Cette première partie est précédée d'une épigraphe, signée par Gustave Flaubert « Lisez pour vivre », extrait d'une lettre adressée à Mlle Chantepie, datant de juin 1857.
    Cette première partie, constituée d'un unique chapitre, débute par une observation de personnages historiques en train de lire, leur posture... Ensuite, l'auteur aborde sa propre enfance, son apprentissage de la lecture, et son amour naissant pour les livres. Il raconte que la lecture lui a permis de « rencontrer la sexualité », sujet encore tabou à cette époque dans beaucoup de familles. Cette passion le mènera à travailler dans la librairie Pygmalion de Buenos Aires, où il rencontra l'écrivain Jorge Luis Borges. Celui-ci lui demanda de lui faire la lecture, ce qu'il accepta. Cela lui permit d'enrichir sa culture littéraire.

    ▪ Deuxième partie : « Faits de lecture »
    L'épigraphe qui précède cette deuxième partie est tirée d'un texte d'Italo Calvino Si par une nuit d'hiver datant de 1981 : « Lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister ».
    Dans cette deuxième partie, l'auteur relate à travers des anecdotes et des histoires les pratiques et apprentissages de la lecture de différents écrivains et personnages de l'Antiquité à aujourd'hui (Racine, Saint Augustin, Saint Ambroise, Colette...), propres à chaque époque, chaque civilisation. Il retrace ensuite les questionnements des scientifiques autour du fonctionnement de l'oeil, de sa connexion avec le cerveau. Il évoque les pratiques de lecture. A l'époque de Socrate, l'écrit n'était pas courant, Socrate lui-même transmettait son savoir oralement (c'est pourquoi nous n'avons aucun écrit de lui, mais seulement des dialogues retranscrits). La lecture silencieuse, pour soi, n'a pas toujours « existé » comme on pourrait le croire, mais est apparue au Vème siècle. La lecture publique est une pratique courante, les individus demandaient à leurs gouvernantes, ou à leurs esclaves de leur faire la lecture. C'est également le cas des fabriques de cigares de Cuba, où un homme venait faire la lecture aux ouvriers pendant que ceux-ci travaillaient. Cette pratique datant de 1850 est encore en vigueur. En effet, chaque jour pendant une heure, un homme (ou une femme) vient lire des romans ou le journal, assis à une table, placée en hauteur, sur une estrade. Enfin, l'auteur parle des différents endroits dans lesquels on peut lire, et conclut que le lit est un espace de lecture important, très utilisé, car très intime et privé.

    ▪ Troisième partie : « Pouvoirs du lecteur »
    Cette troisième partie est précédée par une épigraphe signée par Ralph Waldo Emerson « Il faut être inventeur pour bien lire » tirée de The American Scholar, texte datant de 1837.
    Dans cette partie Manguel retourne aux origines de la lecture, notamment lors d'un voyage en Iraq, à Babylone, « le lieu d'origine de tout livre ». Il évoque les attitudes, les comportements des lecteurs, leurs habitudes, les différentes manières de ranger et classer les livres dans une bibliothèque, pratique qui diffère selon les personnes. En effet, comme le montre l'exemple de la page 287, un même livre peut être classé différemment par différentes personnes : « Classé dans Fiction, Les Voyages de Gulliver, de Jonathan Swift, est un roman d'aventures humoristique ; dans Sociologie, une étude satirique de l'Angleterre du XVIIIème siècle ; dans Littérature pour enfants, une fable amusante dont il est question de nains, de géants et de chevaux qui parlent ; dans Imaginaires, un précurseur de la science-fiction ; dans Voyages, un voyage fabuleux ; dans Classiques, une partie du patrimoine littéraire occidental. » Manguel raconte qu'au Japon, à l'époque où la lecture était réservée aux hommes, les femmes qui aimaient lire des histoires avaient trouvé comme seule solution de les écrire elles-mêmes. Manguel relate ensuite une histoire assez curieuse, celle d'un voleur de livres rares, Guglielmo Libri. Cet homme passionné de livres, volait de nombreux ouvrages dans les bibliothèques auxquelles il avait accès, puis en revendait. Mais il n'est pas la première victime de ce syndrome de « bibliocleptomanie », car depuis que les livres existent, les livres sont volés ! Manguel narre également l'histoire des sibylles, ces « femmes qui prononçaient des oracles sous forme d'énigmes », lisaient des prédictions, à travers des signes. Il démontre ainsi qu'on ne lit pas uniquement des textes, mais on lit aussi dans des signes, on lit les expressions d'un visage, on lit une carte, une image... Enfin, il aborde la question de la censure, processus d'interdiction de publication encore en pratique dans certains pays. Cette partie résume donc les différents comportements des lecteurs face aux textes, aux livres, aux images, aux signes ainsi que le comportement du traducteur qui a pour mission de retranscrire au mieux un texte, en restant le plus fidèle à l'écrivain.

    ▪ Quatrième partie : « Pages de fin »
    Cette dernière partie est précédée d'une épigraphe écrite par Stéphane Mallarmé au cours d'une correspondance qu'il entretenait avec Paul Verlaine en 1869.
    Dans cette quatrième et dernière partie, Manguel fait allusion à tous les livres que lui et d'autres écrivains ou personnages historiques n'ont pas lu ni écrit. Il est lucide et conscient que la liste de ces livres est interminable. Parmi ces livres, il compte L'Histoire de la Lecture, une histoire qui pour lui n'aura jamais de réelle fin car tant que les hommes vivront, ils liront, et donc les livres existeront et seront lus. « Ce n'est pas fini ».

    Cet essai est un véritable éloge à la lecture et aux lecteurs de tous les temps. Alberto Manguel nous fait partager son savoir sur l'histoire du livre et de la lecture. On le lit comme un roman car les citations en début de parties, les anecdotes des écrivains et les propres expériences personnelles de Manguel le rendent très vivant, très fluide. le fait que les différentes parties ne soient pas dépendantes les unes des autres rend ce livre plus léger, comparé aux essais ordinaires dont l'explication, le développement ou le raisonnement est continu, voire ludique car on peut lire une partie sans avoir lu les précédentes, et choisir de ne pas les lire dans l'ordre mais au fur et à mesure de nos envies. L'auteur montre un intérêt sincère pour le sujet, sans vouloir se vanter de son impressionnante érudition, il nous donne envie de lire encore et encore. Un livre à mettre donc entre les mains de tout passionné de la lecture.
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    • Livres 5.00/5
    Par JacobBenayoune, le 26 octobre 2013

    JacobBenayoune
    On connait nos grands écrivains par leurs oeuvres, par leur vie où l'écriture tient une place tellement importante; mais que sait-on de ces écrivains en tant que "lecteurs"? On lit chaque jour, des romans, des poèmes, des articles, des essais, mais s'arrête-on un moment au cours de cette lecture pour savoir comment lit-on? Comment respire-t-on? On a tous une bibliothèque, petite, grande, mais comment l'organise-t-on? Comment lit-on? à haute voix ou silencieusement? Où lit-on? n'importe où? ou bien dans notre lit? Quel était le premier livre de l'Histoire? Est-ce bon ou mauvais de voler des livres?
    Manguel n'a pas seulement répondu à ces questions (et à bien d'autres) mais il a su nous surprendre en traitant un sujet aussi inédit, d'un point de vue assez différent.
    Sous forme d'un mélange plaisant mais savant, Manguel a regroupé anecdotes, réflexions, aperçus historiques, informations scientifiques d'une manière agréable, et sans laisser de place à l'ennui.
    On s'amuse beaucoup, on apprend beaucoup et on se surprend à maintes reprises en train de sourire suite à une comparaison ou une réflexion ou à réfléchir à nos actes de lecteurs. La lecture est vue de tous les côtés mais aussi la condition du lecteur.
    Manguel est un vrai érudit de notre temps qui a réussi à écrire - lui le grand lecteur qui préfère volontiers la lecture à l'écriture- un livre passionnant qu'on peut lire en entier puis relire en fragments.
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  • Par keisha, le 24 décembre 2013

    keisha
    Une histoire de la lecture, et non pas L'histoire de la lecture. "Toute histoire de ce genre ne peut être qu'une parmi d'autres, si impersonnelle qu'elle s'efforce de rester. Au bout du compte, il se peut que l'histoire de la lecture soit celle de chacun de ses lecteurs."
    Sans réel point de départ, sans vraie chronologie politique ou littéraire, explique Manguel au tout début, après avoir rappelé sa propre histoire de lecteur (qui reviendra cependant dans bien des anecdotes).
    Le mieux est de se laisser faire et de suivre Manguel dans ses pérégrinations, au cours de chapitres complets en eux-mêmes, abordant divers sujets sans ordre apparent.
    Que se passe-t-il dans le cerveau quand on lit? Lire en silence n'est pas une évidence historique. Apprendre à lire au cours des siècles. Lire des images. Ecouter lire (les ouvriers cubains auxquels on faisait la lecture durant leur travail aimaient tellement le Comte de Monte-Cristo qu'ils demandèrent à Dumas l'autorisation de nommer ainsi l'un de leurs cigares). Forme du livre.
    Classer les livres. Voler les livres. Les lire en tant qu'auteur. Traduire. Interdire de lire ou d'apprendre à lire.
    Pour terminer avec L'histoire de la lecture, imaginée (mais pas écrite) par Manguel.
    Tombeau d'Alienor d'Aquitaine
    Inclassable, impossible à résumer et présenter clairement, fourmillant de références, d'histoires, cette histoire de la lecture est un indispensable des étagères, comme le disent certaines blogueuses.
    C'est évidemment bourré de passages à citer
    "Lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister" Italo Calvino
    "Lisez pour vivre" Flaubert
    Auden suggérait qu'un certain contraste est nécessaire entre le livre qu'on lit et l'endroit où on le lit. Je partage son avis! J'ai relu Jane Austen fort loin des iles britanniques...
    Cet ouvrage est aussi abondamment illustré.

    Lien : http://enlisantenvoyageant.blogspot.fr/2013/12/une-histoire-de-la-le..
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    • Livres 4.00/5
    Par maylibel, le 27 août 2012

    maylibel
    Comment apprend-on à lire ? Où la préhistoire du livre a-t-elle bien pu commencer ? Qu'est-ce que cela change, pour un auteur et pour les lecteurs/auditeurs, de lire un livre à haute voix ? Comment traduire en allemand, au XXe siècle, un poème de Louise Labé écrit plus de trois cents ans auparavant ?
    Ces quatre questions ne sont qu'un échantillon de celles auxquelles Alberto Manguel apportent une réponse dans ce passionnant essai qu'est Une histoire de la lecture. L'auteur né en Argentine nous embarque dans un véritable voyage à travers le temps et l'espace à la découverte aussi bien des premières formes de lecture/écriture que de figures de censeurs célèbres ou de l'histoire des lunettes. Cet ouvrage ne suit pas un chemin linéaire, érigeant presque la digression en art. Mais il donne ainsi au lecteur l'impression de cheminer avec lui (de nombreux passages étant d'ailleurs autobiographiques), au fil de sa pensée, sur les multiples voies de l'histoire de la lecture. Évidemment (l'auteur le reconnaît d'ailleurs lui-même), il ne s'agit pas d'un ouvrage exhaustif. Mais il nous offre indéniablement un voyage riche et fascinant dans le monde du livre et des lecteurs.
    En bref ? Une histoire de la lecture est un livre que tout lecteur devrait avoir dans sa bibliothèque, à (re)lire d'une traite ou à picorer régulièrement.
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 15 juillet 2012

    meyeleb
    Lire, un geste banal ? Lorsque vous aurez parcouru l'essai d'Alberto Manguel, vous ne verrez plus la lecture du même oeil. Lire en silence, l'apprentissage de la lecture, la forme du livre, métaphores de la lectures... quelques entrées parmi tant d'autres qui vous donnent une idée des découvertes sympathiques auxquelles nous invite cet essai. On y apprend beaucoup, on sourit aux anecdotes (voir citations), on s'étonne, on s'enrichit. Car l'ouvrage est documenté, quand bien même il est difficile de recueillir des témoignages de lecteurs des temps anciens : les images parlent aussi. Cet ouvrage fait de nous les héritiers d'une tradition lourde de significations, porteurs d'une liberté et d'un pouvoir à transmettre.
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Citations et extraits

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  • Par Clairoche, le 28 août 2015

    Nous lisons pour connaître la fin, pour l’histoire. Nous lisons pour ne pas atteindre cette fin, pour le plaisir de lire. Nous lisons avec un intérêt profond, tels des chasseurs sur une piste, oublieux de ce qui nous entoure. Nous lisons distraitement, en sautant des pages. Nous lisons avec mépris, avec admiration, avec négligence, avec colère, avec passion, avec envie, avec nostalgie. Nous lisons avec des bouffées de plaisir soudain, sans savoir ce qui a provoqué ce plaisir. « Qu’est-ce donc que cette émotion, demande Rebecca West après avoir lu Le Roi Lear. Quelle est cette influence qu’ont sur ma vie les très grandes œuvres d’art, qui me fait tant de bien ? » Nous ne le savons pas. Nous lisons dans l’ignorance. Nous lisons à longs gestes lents, comme si nous flottions dans l’espace, en apesanteur. Nous lisons pleins de préjugés, dans la malice. Nous lisons généreusement, pleins d’indulgence pour le texte, comblant les vides, réparant les erreurs. Et parfois, quand les astres nous sont favorables, nous lisons le souffle court, parcourus d’un frisson, comme si quelqu’un ou quelque chose avait « marché sur notre tombe », comme si un souvenir enfoui au fond de nous avait soudain été libéré – comme si nous reconnaissions une chose dont nous avions toujours ignoré la présence, ou une chose que nous sentions vaguement, ombre ou petite lueur, dont la silhouette fantomatique s’élève et rentre en nous avant que nous ayons pu voir ce que c’était, nous laissant plus vieux et plus sages.
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  • Par Clairoche, le 28 août 2015

    Les lecteurs sont brutalisés dans les cours d’écoles et dans les vestiaires comme dans les bureaux et prisons d’Etat. Presque partout, la communauté des lecteurs a une réputation ambiguë qui vient de son autorité acquise et d’un pouvoir entr’aperçu. On devine dans la relation entre un lecteur et un livre quelque chose de sage et de profitable, mais on la trouve aussi dédaigneusement élitiste et exclusive, peut-être parce que l’image d’un individu pelotonné dans un coin, oublieux en apparence des grondements du monde, suggère une intimité impénétrable, un œil égoïste et une occupation singulière et cachottière.
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  • Par Clairoche, le 28 août 2015

    Les yeux qui parcourent la page, la langue silencieuse ; c’est ainsi exactement que je décrirais un lecteur d’aujourd’hui, assis avec un livre dans un café en face de l’église Saint-Ambroise à Milan, en train de lire, peut-être, les Confessions de saint Augustin. Tel Ambroise, le lecteur est sourd et aveugle au monde, à la foule des passants, aux façades crayeuses et ocre des immeubles. Personne ne paraît remarquer un lecteur concentré : absorbé, replié sur lui-même, le lecteur est devenu banal.
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  • Par Clairoche, le 28 août 2015

    Dans leur « Préface au lecteur », les traducteurs du roi Jacques avaient écrit : « La traduction est ce qui ouvre la fenêtre, afin que puisse entrer la lumière ; ce qui brise la coque, afin que nous puissions manger l’amande ; ce qui écarte le rideau, afin que nous puissions contempler le saint des saints ; ce qui soulève le couvercle du puits, afin que nous puissions atteindre l’eau. »

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  • Par Clairoche, le 28 août 2015

    Je crois que je lisais de deux façons au moins. La première consistait à suivre, en apnée, les événements et les personnages, sans m’arrêter aux détails, à un train dont l’accélération emportait parfois le récit au-delà de la dernière page – comme lorsque j’ai lu Rider Haggard, l’Odyssée, Conan Doyle et Karl May, auteur allemand d’histoires du Far West.

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Extrait de l'émission La Grande Librairie diffusée le dimanche 20 mars 2014, à propos d'Alberto Manguel. En savoir plus : http://bit.ly/1j3O6y8.











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