ISBN : 2851977202
Éditeur : L'Herne (2012)


Note moyenne : 2.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Diamants et silex raconte, sur un fond d’orchestre rural, la confrontation sociale des seigneurs avec leurs serfs indiens dans un village de la cordillère andine. Dans cet univers féodal sans pitié, une autre bataille se livre entre les puissances de la vie et celles, d... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 14 avril 2012

    Malaura
    Dans son village à l'intérieur des terres andines, Mariano est différent, peu bavard, sensible, « à l'allure d'un enfant muet et endormi ». Son frère aîné ne conçoit que mépris et honte pour ce simple d'esprit et l'expédie dans un gros bourg lointain au-delà de la cordillère.
    Là, accompagné de son faucon domestiqué, Mariano le Simple est remarqué par Don Aparicio, un important propriétaire terrien qui le prend à son service comme gardien de maison mais surtout pour ses talents de musicien. Car Mariano est un harpiste formidable qui fait jaillir de son instrument des notes merveilleuses capables d'émouvoir les cœurs les plus endurcis.
    Le riche Don Aparicio règne en seigneur tout puissant sur la ville divisée en quartiers indiens, métis et notables. Sensuel, fiévreux, tourmenté, il use et abuse de son statut de maître, séduisant et abusant les indiennes qu'il enlève à leur famille et éloigne de leur village natal pour en faire ses maîtresses.
    L'arrivée en ville d'Adélaïde, une jeune fille blonde venant de Lima avec sa mère, va jeter le trouble dans le cœur du jeune homme arrogant qui multiplie dès lors les offrandes et les cadeaux afin de la séduire.
    Mais cette nouvelle volonté de conquête va mettre la population locale en émoi. En attisant jalousie et peine, Don Aparicio va bouleverser l'équilibre de la petite ville et l'entraîner dans une tragédie dont Mariano se fera l'innocente victime.
    Avec « Diamants et silex », l'écrivain et ethnologue péruvien José Maria Arguedas (1911-1969), grande voix de la littérature sud-américaine, s'éloigne des mouvements politiques et révolutionnaires représentés dans « El Sexto » - puissant témoignage dans lequel il pointait les outrages faits au Pérou sous la dictature de Benavides à travers la dénonciation des conditions d'incarcération dans le grand pénitencier de Lima - mais il n'en demeure pas moins un écrivain engagé et un fervent militant de la cause des Indiens dominés par un système hiérarchique et clanique très féodal : les métis et les grands propriétaires terriens issus de la conquête espagnole d'un côté et les ethnies indiennes de l'autre.
    Avec ce bref roman, nous quittons la côte et sa capitale pour une incursion à l'intérieur des terres andines, dans la sierra où vivent les indiens Quechua de la Cordillère des Andes, un voyage magique au sein d'un univers enchanté mais où, là-aussi, le cœur de l'homme s'ombrage dans la violence et la brutalité, à l'image d'une nature aussi puissante qu'exaltante, aussi généreuse que cruelle.
    Et c'est bien là que réside la force de ce court texte, non pas tant dans l'histoire que dans l'attrait qu'elle suscite par ses grandioses descriptions d'un monde encore tout imprégné de légendes, de magie, de sortilèges et d'animisme, que José Maria Arguedas, en ardent promoteur de la culture andine, brosse en un tableau flamboyant, restituant ainsi la parole des peuples de la Cordillère à travers leurs coutumes, leurs mythes, leurs rites et leurs folklores.
    Ponctué de termes (musicaux, floraux…) et d'expressions quechua, le récit est avant tout une immersion dans le Pérou des traditions nous permettant de découvrir les us et coutumes des communautés indiennes, des costumes traditionnels, aux rituels d'enterrement en passant par les chants et musiques folkloriques….Des populations révélées aussi par le biais de croyances profondément animistes et un grand pouvoir octroyé à la nature sur le comportement de l'homme.
    On parle souvent de réalisme magique en parlant de la littérature latino-américaine. On pourrait aisément l'invoquer dans le cas de « Diamants et silex » tant la réalité la plus brutale vient s'inscrire dans une fiction offrant la saveur et la puissance d'envoûtement des contes, une dualité qui fait d'ailleurs écho aux propres déchirements du pays, longtemps divisé entre le monde traditionnel des communautés andines et le monde hispanophone occidentalisé et moderniste des régions côtières.
    José Maria Arguedas n'a jamais cessé d'être tiraillé entre l'indigénisme qu'il évoque dans ses récits et une pensée davantage occidentalisée et adaptée au monde contemporain.
    Portée par une écriture puissante, à la fois lyrique et poétique dans les descriptions des décors naturels et au plus près du réel dans la représentation du système archaïque et asservissant du pays, l'œuvre littéraire de José Maria Arguedas s'inscrit dans le désir d'une identité culturelle péruvienne qui serait issue du métissage entre les deux mondes.
    Mais tourmenté par les constants clivages nationaux, les nerfs fragiles, dépressif, l'auteur finira par mettre fin à ses jours en 1969.
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par litolff, le 06 février 2012

    litolff
    Très joli petit opuscule lu en 2h dans le cadre de Masse Critique, presque une nouvelle, donc.
    Il y est questions de musique (harpe), d'indiens et de métis, de maîtres et de serviteurs et de la toute puissance des premiers sur les seconds.
    Mariano, jeune indien de la cordillère péruvienne, musicien et simple d'esprit est emmené loin de son village par don Aparicio comme gardien de sa maison et harpiste à son service. Don Aparicio est un jeune maître arrogant qui s'arroge tous les droits, y compris le droit de cuissage des indiennes des environs... Il faut lire la biographie d'Arguedas et la préface de Mario Vargas Llosa pour comprendre ce dont il parle et où il veut en venir, mais cela n'a pas suffi à me convaincre et je n'ai pas du tout été emballée, ni par le style ni par l'histoire... J'essaierai peut-être un autre roman d'Arguedas... Merci à Babelio et aux éditions de l'Herne
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    • Livres 2.00/5
    Par uncoindeblog, le 16 février 2012

    uncoindeblog
    Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre concernant ce petit ouvrage et pourtant je dois avouer que j'ai été déçue une fois la dernière page tournée.
    Sans doute les premières pages me parlaient-elles davantage et étais-je partie vers un imaginaire totalement différent de ce que l'auteur a voulu transmettre.
    L'histoire : un homme simple, Mariano, mais harpiste dont on découvre à travers les premières pages l'existence passée et comment il est arrivé à la ville, poussé par la jalousie et la méfiance de son frère aîné qui, à la mort de leur père a su faire peur à sa famille pour que ce simple d'esprit soit pousser vers l'inconnu, sans possibilité de retour. L'évocation de la prime jeunesse de Mariano est l'occasion d'évoquer la vie, les coutumes de ce petit village pauvre dans les montagnes. En amenant Mariano à la ville, c'est un autre univers qui nous est transmis : les différences de castes que l'on retrouve par l'architecture et la géographie de la ville, les comportements des uns envers les autres.
    Mariano ayant, par le fruit du hasard échoué dans la vie de Don Aparicio, le fils fortuné de la ville, c'est également l'existence de cet homme-enfant usant et abusant de ses privilèges que José Maria Arguedas nous montre : droit de cuisage, abus de pouvoirs etc. On retrouve tous les travers de l'existence de ses hauts personnages avec un mal être et une insatisfaction chronique vis à vis de l'existence qui vont le pousser à détruire son univers, tel un enfant insatisfait brise son/ses jouet(s) préféré(s) afin de parvenir à ses fins ou par trop déçu de voir que quelque chose pourrait lui échapper.
    Si le rendu, l'atmosphère sont ciselés et parlantes, le texte ne m'a pas convaincu et j'aurais certainement aimé une chute différente.


    Lien : http://uncoindeblog.over-blog.com/article-diamants-et-silex-jose-mar..
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Citations et extraits

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  • Par Malaura, le 13 avril 2012

    La nuit du 23 juin, les musiciens descendaient le long des ruisseaux torrentiels qui se jettent dans le fleuve principal, ce grand fleuve profond dont les eaux rejoignent la côte.
    Là, sous les grandes cataractes que les torrents façonnent dans la roche noire, les harpistes « écoutaient ».
    C’est la seule nuit de l’année où l’eau, en tombant sur la pierre et en roulant ses éclats brillants, crée des mélodies nouvelles !...
    Le lendemain et pendant toutes les fêtes de l’année qui suit, chaque harpiste joue des mélodies inédites.
    Le fleuve leur a dicté une harmonie nouvelle, droit au cœur.
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  • Par litolff, le 06 février 2012

    L'Apurimac est sillonné par les fleuves les plus profonds et les plus mélodieux du Pérou ; des fleuves anciens, puissants, aux flots d'acier, qui ont découpé les Andes dans leur partie la plus haute -silex et diamants- et ont forgé des abîmes aux rives desquels l'homme tremble, ivre de vertige, en contemplant les eaux argentées qui s'écoulent sous les arbres suspendus.
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  • Par litolff, le 06 février 2012

    Irma n'avait pas une vraie maison ; ce n'était qu'une "boutique". Les boutiques n'ont pas de vestibule ni de grand patio ; elles n'ont qu'une porte, que les chevaux ne franchissent pas. Le cavalier qui entre dans une boutique laisse son cheval dans la rue, devant la porte.
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  • Par litolff, le 06 février 2012

    Et c'était bien le monde qui le faisait pleurer, le monde entier, la demeure magnifique, éprise de l'homme, de sa créature.
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