> Isabelle Garma-Berman (Traducteur)
> Antoine Berman (Traducteur)
> Jean-Marie Saint-Lu (Préfacier, etc.)

ISBN : 2020159465
Éditeur : Editions du Seuil (2000)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Employé à la Compagnie sucrière, Erdosain a pris l'habitude de puiser dans la caisse.
Dénoncé, il est sommé de rembourser six cent pesos et sept centimes, et découvre le même jour que sa femme le quitte.

Aux abois, il part trouver l'Astrologue, un ... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par dbacquet, le 26 novembre 2011

    dbacquet
    Nous sommes à Buenos Aires, à la fin des années vingt. La ville est comme un animal, un chaos de vices et de souffrances, dans lequel on plonge. Les coups pleuvent en sorte qu'on croit parfois assister à un match de boxe. La mort s'invite aussi bien la nuit suite à des défis stupides que dans une aube poisseuse. La ville est pleine d'illusions et de maléfices. Sous le son d'une guitare et d'un bandonéon, dans une étrange gargote, se croisent de petits escrocs, des joueurs, des invertis, des proxénètes (les cafishios), des intellectuels inadaptés et névrotiques, des illuminés et des mystiques. Erdosain est là errant dans ses rêves comme un fantôme se précipite dans un abîme. Il a volé la compagnie qui l'emploie et risque donc la prison. Il a été dénoncé par l'un de ses proches avec lequel il avait toujours eu une relation assez trouble, faite d'intimités et de haines réciproques. Sa femme, lasse de leur misère commune, le quitte pour un militaire. On le suit dès lors pas à pas, presque en somnambule; on entre dans sa conscience tortueuse et angoissée où dominent des idées de toute-puissance et de destruction. Il pense au suicide et au crime et dans les bas fonds de son âme, aux goûts d'hallucinations et de latrines, il s'analyse avec une minutie qui ajoute au macabre. Et s'il est parfois saisi par une grande pitié et des rêves de pureté, c'est encore à la manière d'un enfant ou d'un malade. Et sur sa route il va rencontrer d'autres fous. Il se laisse fasciner par l'Astrologue, un idéologue douteux, qui projette de monter une société secrète, suivant le modèle du Ku Klux klan, qui serait financée par un circuit de maisons closes et qui aurait une colonie dans des montagnes aurifères. Celui-ci s'entoure du Ruffian mélancolique, d'un chercheur d'or, d'un major... et rêve de dominer le monde avec toutes les armes du mensonge. Vous l'aurez donc compris, l'écriture de Roberto Arlt est souvent âpre, brutale, dérangeante, mais sans jamais relacher son étreinte.
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    • Livres 2.00/5
    Par luCa, le 21 octobre 2010

    luCa
    Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Voilà quelle pourrait être la maxime du roman. Dérangeant. Étrange. Un roman aux allures de récit d'aliéné, de folie. Car oui, c'est bien de la folie qu'on parle. La folie perverse, la folie des grandeurs, la folie sadique, la folie consciente et triste. Des personnages hauts en couleur, des esprits complexes, des âmes en peine. Endorsain va traverser le roman, et nous faire rencontrer les autres. Les gens, les idées. Un (petit) voyage dans le cortex, mais qui, disons-le d'emblée, m'a quelque peu déçu.
    On part de ce vol. Ce vol d'argent, dans la caisse de la Compagnie sucrière. De l'argent facile, si proche, si tentant. Quelques billets qu'on pensait, qu'Endorsain pensait qu'ils passeraient inaperçu. Malheureusement, le lendemain, c'est le Conseil, et le départ. Un choc, un trouble, qui ouvre le récit, comme une introduction. Mais Endorsain n'est qu'au début de sa peine. Puis vient la femme, la femme qu'il aime, et qui le trompe. Surprise avec un autre homme, dans son propre appartement. le trouble, le malaise, c'est que les deux amants ne sont pas surpris en plein acte, non, ils attendent, ils attendent calmement qu'Endorsain rentre pour leur annoncer la nouvelle. Troublant, déstabilisant. Il ne sait comment réagir, il ne fait rien. Et les deux partent, partent au loin…Puis tout s'enchaîne, les autres, les fous, le fou : l'entreprise des maisons closes commence. Un inventeur qui lui propose de lui donner une place dans sa nouvelle société, dans sa société folle, corrompue, autoritaire, totalitaire. L'économie sera fondée sur le revenu de maisons-closes. Rien que ça. Et puis d'autres encore, qui viennent se rajouter au projet, des gens étranges. Un maquereau, un pharmacien, … Des personnalités floues, que le récit peine à esquisser, en ébauche seulement les traits. Et voilà, le récit en est là. On rentre dans l'élaboration de cette entreprise, dans le meurtre, dans les souvenirs. La surface seulement. Un roman dont je suis resté totalement étranger, spectateur perplexe. Pas de compréhension, pas d'empathie, pas d'interprétation, pas d'identification. Rien. Seulement lire, lire, et écouter ces récits, ce récit des souvenirs d'Endorsain, des évènements tragiques. Une vague impression de rester à la surface, de rester à la lisière de cet univers réel, mais aliéné. L'épaisseur du livre n'est plus un plaisir prolongé, mais un traité qui s'allonge, s'allonge, qui n'en finit plus, dont je ne sais où il s'engage. Un roman original, certes, mais dont les artifices ne m'ont pas atteint. Ne m'ont pas fait illusion. Ne m'ont pas troublé la vue de ce brouillard agréable, délicieux, torturé, dans lequel je pensais m'engouffrer. Un gouffre qui n'était au final qu'une mauvaise passe. Mais une mauvaise passe beaucoup trop longue pour ne pas y ouvrir les yeux. Et se rendre compte que tout, n'est au final, qu'un faux songe, qu'un faux rêve. Qu'une histoire.

    Lien : http://bookkingdom.wordpress.com/2010/10/15/les-sept-fous/
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    • Livres 4.00/5
    Par babebibobu, le 09 mai 2010

    babebibobu
    Super livre, une ambiance énorme… La canaille de Buenos Aires, tous les dingues de cette capitale hors norme mis en scène par Arlt. le genre de livre qu'on aimerait lire dans sa langue d'origine, histoire de goûter un peu le lunfardo portègne. Mais la suite (Les Lance-Flammes), qui fut éditée chez Belfond si je ne m'abuse, est épuisée. Pourtant j'en redemandais. Ô frustration !
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    • Livres 3.00/5
    Par yo, le 03 novembre 2010

    yo
    Voilà un roman très étrange que ce livre signé Roberto Arlt. Auteur argentin du début du XXeme siècle, il est connu pour avoir exploré les milieux des sans grades de Buenos Aires. Dans ce roman, suite à un vol et à une rupture avec sa femme, Erdosain, le héros, se retrouve à faire partie d'un groupe qui a de grands projets mafiieux. Mais Erdosain ne semble jamais prendre la mesure du projet dans lequel il prend part. D'ailleurs, avec lui, on divague beaucoup, on prend des trains sans aucune raison vers des destinations lointaines, et on suit Erdosain dans ses rêves.
    Car Erdosain est un grand rêveur. Il pense toujours à sa femme, se remémore leur rencontre. Il pense également à l'avenir, er surtout l'avenir proche, le moment où il devra extorquer de l'argent à Barsut avant de le tuer. Cette perspective, qui lui paraît au départ très banale, prend de plus en plus de place dans son esprit. le moment précis lui fait peur, et un retournement final accentuera cette impression qu'Erdosain vit à côté du monde réel.

    Lien : http://livres-et-cin.over-blog.com/article-les-sept-fous-roberto-arl..
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  • Par flof13, le 28 novembre 2010

    flof13
    Au départ, on pense -brièvement- être embarqué dans l'histoire d'un voleur, un truc assez commun dans une Argentine partagée entre pauvreté et luxe. Pas du tout ! Car le héros du livre, Erdosain, est un homme plein de visions, plus pessimistes les unes que les autres, en pleine quête de lui-même et de Dieu. Tâchant de se sortir des ennuis dans lesquels il avait si facilement plongé, il cherchera des solutions auprès de personnages déjantés, ahurissants…

    L'écriture de Roberto Arlt est brillante, elle nous plonge au coeur de l'abîme avec Erdosain, nous égare pour mieux nous guider. le rythme, surprenant, est finalement trépidant, à l'image des pensées sautillantes du héros et de ses humeurs pessimistes, illuminées....

    Lien : http://flof13.unblog.fr/2010/11/28/les-sept-fous-de-roberto-arlt/
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Gersende Camenen pour le Magazine Littéraire

    La réédition des Sept Fous (1929) de Roberto Arlt et la publication des « Eaux-fortes portègnes » (1933), chroniques paraissant pour la première fois en français, permettent de (re)découvrir deux facettes de cet... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par 5emedecouverture, le 18 octobre 2010

    Je croyais que mon âme m’avait quitté pour jouir des beautés du monde, de la lumière de la lune sur la crête orange d’un nuage, et de la goutte de rosée qui tremble au-dessus d’une rose. Mais quand j’étais petit je croyais toujours que la vie me réservait un événement sublime et beau. Cependant, à mesure que j’examinais la vie des autres hommes, je découvrais qu’ils vivaient dans l’ennui, comme s’ils avaient habité un pays toujours pluvieux où les filets de la pluie leur laissaient au fond des pupilles des cloisons d’eau déformant leur vision des choses. Et je compris que les âmes s’agitaient sur la terre comme les poissons prisonniers dans un aquarium. De l’autre côté des vitres verdâtres, il y avait la belle vie chantante et très haute où tout aurait été différent, multiple et fort, et où les êtres nouveaux d’une création plus parfaite auraient bondi avec leurs beaux corps dans une atmosphère élastique. Alors je me disais : « C’est inutile, je dois fuir la terre. »
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  • Par MarianneDesroziers, le 17 novembre 2010

    Cette atmosphère de rêve et d'inquiétude qui le faisait circuler au milieu des jours comme un somnambule, Erdosain l'appelait la "zone de l'angoisse". Erdosain s'imaginait que ladite zone existait au-dessus des villes, à deux mètres de hauteur, et se la représentait graphiquement sous la forme de ces régions de salines et de déserts qui, sur les cartes, sont indiquées par des points ovales aussi gros que des oeufs de hareng.
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