Après «
Confidences à Allah » et «
Mon père est femme de ménage« , «
La Mecque-Phuket » est le dernier volet de cette trilogie coup-de-poing de Saphia Azzedine.
Si j'avais particulièrement apprécié le premier (qui a d'ailleurs fait l'objet d'une adaptation théâtrale saluée par la critique) et un peu moins accroché au second, j'ai à nouveau dévoré ce troisième roman, toujours aussi juste, mais beaucoup plus drôle que les deux précédents.
L'auteure décrit intelligemment le quotidien de jeunes français issus de l'immigration, qui sont partagés entre le respect des traditions familiales ancestrales et les tentations qu'offre la vie occidentale moderne. Partagée entre la réalisation des souhaits des anciens et ses propres aspirations, l'héroïne de ce récit est placée devant un choix très simple, mais qui résume parfaitement la complexité de cette existence à cheval entre des racines profondes et les envies de toute une génération de jeunes Français : La Mecque et ce fameux pèlerinage que tout bon musulman se doit de faire ou Phuket et ses plages exotiques ? le Paradis Divin ou le Paradis Terrestre et immédiat, bien loin des HLM de banlieue ?
La question peut paraître simple, mais l'image est judicieusement choisie et permet à
Saphia Azzeddine de partager sa vision sur l'islam et sur les jeunes Français d'origine maghrébine en général et sur la place de la jeune fille fière et musulmane en particulier. L'écriture se veut moderne, souvent drôle et jamais moralisatrice. le style direct, conservé tout au long de cette trilogie, allie finesse et rudesse et me plaît énormément !
Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2010/11/07/saphia-azzeddine-la-mecq..