Une femme a été retrouvée morte dans l'ancienne propriété de sa famille où elle était revenue pour la nuit. Que s'est-il passé ce soir de pluie et d'automne au bord de la Loire entre le restaurant des Chaînes d'Or,... > voir plus
Bien sûr il y a un meurtre. Une femme revient dans son village après des années d'absence et elle va mourir. Qui est l'assassin ? Chacun dans le village déverse son lot de médisances, de suspicion: les habitants pensent bien sûr aux gens les plus vulnérables, aux gens du voyage en particulier. le gendarme a une idée très précise à ce sujet. Qui a raison ? Qui a tort ? Mais l'attrait principal de ce livre, selon moi, réside avant tout dans la description précise et évanescente à la fois de la vie d'une petite ville de province. Et là nous pénétrons dans le domaine de la peinture : des petites touches, un glissement entre chien et loup, une approche quasiment impressionniste. D'ailleurs, le narrateur n'est-il pas peintre à ses heures ? Ce narrateur ne retrouve-t-il pas la future victime après des années d'éloignement dans le musée du village où il surveille les salles ? Quant à la Loire elle glisse en permanence devant nos yeux, nous emmène et nous apprivoise. La maison de la jeune femme, appelée la Boulaye, possède sa propre existence, mystérieuse et puissante. Nous pouvons par ailleurs redécouvrir le poids de l'enfance et de la jeunesse sur le destin d'un adulte. Cent soixante pages d'approche mélancolique, trouble et intrigante sous la pluie de novembre, près du mur du cimetière, avec au loin la silhouette de la Centrale qui règne sur la région..
J'ai beaucoup apprécié le style , les descriptions des bords de Loire, les promenades sous la pluie les soirs de novembre, l'ambiance du musée de province. J'aurais cependant préféré que ce soit un véritable roman noir avec un peu plus d'action.
Je vous comprends, m'avait-il dit. Moi aussi, j'aime marcher le soir, et ce chemin est agréable au bord du fleuve. Ici, il n'y a rien d'autre. Le sport ou la télévision. Des kilomètres pour trouver un cinéma. L'eau c'est comme une présence. On ne sait pas exactement pourquoi. Peut-être parce que ça reste clair aussi tard. Je suis comme vous. J'aime bien la marche. C'est une médecine comme une autre. Dans la vie, il y a un cap difficile à passer, vous ne trouvez pas ? C'est le même pour tout le monde. Le milieu. Penser que c'est le milieu, qu'après il sera trop tard, qu'il est peut-être trop tard déjà. Quand on regarde derrière soi, on voit tout ce qui ne va pas, tout ce qu'on aurait dû faire ; on a l'impression de comprendre. Mais quand on regarde devant soi, c'est plutôt noir, il faut l'avouer. On éprouve le besoin de marcher, de se dégourdir les jambes.
Je voyais la fille devant moi dans cette salle de musée, et c'était ce que je pensais : on a si peu de temps dans une vie. Un jour, on se regarde dans une glace, et on se dit : voilà voilà. On n'a même pas de mots pour le dire.