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ISBN : 2246567610
Éditeur : Grasset

Note moyenne : 3.09/5 (sur 1760 notes)
Résumé :
"Un rédacteur publicitaire, c'est un auteur d'aphorismes qui se vendent." Octave, riche concepteur-rédacteur de 33 ans, se rebelle et s'insurge contre l'univers superfétatoire de la publicité qui brasse des millions d'euros en vendant des produits inutiles à de pauvres ménagères. Le rédacteur publicitaire détient le pouvoir absolu des mots et des formules lapidaires. Il suscite l'envie, influence votre inconscient et... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (116) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
LiliGalipette18 juin 2012
  • Livres 1.00/5
Octave est un publicitaire. Pardon, un créatif. Et, à en juger par le succès des campagnes qu'il a proposées, c'est un bon créatif. Mais on risque de lui en demander toujours plus. Alors, c'est décidé, il veut être licencié. Quoi de mieux, pour parvenir à ses fins, que de rédiger un livre sur son métier et de ne rien cacher. « Tout est provisoire et tout s'achète. L'homme est un produit comme les autres, avec une date limite de vente. Voilà pourquoi j'ai décidé de prendre ma retraite à 33 ans. C'est paraît-il, l'âge idéal pour ressusciter. » (p. 18) du blasphème ? Même pas, ça fait longtemps que ce n'est plus vendeur.
Entre caféine, cocaïne, pornographie et majuscules, Octave dresse les portraits de l'homo consommatus et du publicitaire. Voici deux espèces créées par le monde moderne : elles cohabitent plus ou moins bien, mais elles ne peuvent se passer l'une de l'autre. La publicité, c'est l'obscénité rémunérée et la sexualité sans désir. Puisque tout devient consommation, c'est sans surprise que l'on assiste à la banalisation des excès. « Ne regarde pas la paille qui est dans la narine du voisin, mais plutôt la poutre qui est dans ton pantalon. » (p. 75) le monde des publicitaires est délétère et éphémère : on n'y fait pas long feu, mais qu'importe si la flamme est belle. Et puis, si tout et tout le monde n'est que produit, rien n'est irremplaçable.
Alors qu'Octave essaie d'oublier Sophie, il travaille sur la campagne du yaourt Maigrelette, nouveau produit du superpuissant groupe agroalimentaire Madone. Pas facile de vendre du lait fermenté ? Fatigant ? Qu'à cela ne tienne, faites une pause avec les interludes publicitaires qui précèdent ou ponctuent chaque chapitre. Mais ne vous y trompez pas : Octave n'est pas heureux. Vous non plus d'ailleurs. Ah, vous ne le saviez pas ? « Vous êtes les produits d'une époque. Non. Trop facile d'incriminer l'époque. Vous êtes des produits tout court. » (p. 256) 99 francs parle de désespoir, de puits sans fond, de non-retour. Certes, il y a du cynisme, mais quasiment sans recul : avoir conscience du mal ne signifie pas vouloir le soigner.
Ce roman, c'est la victoire du name-dropping sur la littérature, c'est un slogan et un clip publicitaire sur plus de 250 pages. Octave/Frédéric Beigbeder nous montre comment la publicité mène le monde et manipule les consommateurs. « L'hédonisme n'est pas un humanisme : c'est du cash-flow. » (p. 20) Rien de très surprenant : il faudrait être somptueusement crétin pour ignorer que la consommation n'est plus la réponse à un besoin, mais la création de désirs inassouvissables. « Pour savoir que l'argent ne fait pas le bonheur, il faut avoir connu les deux : l'argent et le bonheur. » (p. 201 & 202) Si vous voulez savoir ce qui fait le bonheur, ce n'est pas ce roman qui vous le dira. Ne soyez pas triste, reprenez un rail ou faites les courses. Si le ton est volontiers insolent et désabusé, il est de ceux qui m'ennuient et m'agacent. Et, surtout, le message ne me convainc pas : personne n'est obligé de subir la société de consommation et je ne parle pas seulement des pratiques des adeptes de la décroissance.
Le film respecte le découpage du roman, mais propose une fin alternative plus radicale. La ressemblance est troublante entre Jean Dujardin et Frédéric Beigbeder qui fait quelques apparitions. Je m'interroge sur la mention « film familial » en conclusion : l'adaptation cinématographique est plus trash que le livre, ou peut-être l'est-elle autant, mais l'image est plus percutante que le mot. Toujours est-il que le film est une fidèle transcription du roman, mis à part quelques détails. Je pourrais dire que j'ai préféré l'oeuvre de Jan Kounen, mais j'ai surtout apprécié la performance de Jean Dujardin. Globalement, ni le film ni le livre n'emportent mon adhésion.
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linabdl
linabdl30 août 2012
  • Livres 1.00/5
J'avais très envie de découvrir Frédéric Beigbeder, c'est pourquoi en allant à la médiathèque j'ai pris un de ses livres au hasard !
Autant le dire tout de suite, j'ai été très déçue de cette lecture. L'histoire ne me semblait pas extraordinaire, mais rafraîchissante et drôle et je me suis profondément ennuyée.
J'ai d'abord lu deux chapitres, et déjà, ça envoie « du lourd ». Insultes, mots très trash. Directement mise dans l'ambiance, j'avoue avoir apprécié le franc parler de l'auteur, cette façon de dire les choses de manière très crue, ce ton cynique et sarcastique qu'il emploi. L'idée de critiquer la société de consommation est très intéressante. Mais à la longue, cette atmosphère deviens très rapidement lassante.
Je m'explique. Il n'y a pas une page sans vulgarité, ni provocation ! L'auteur s'éparpille très vite, et sa leçon de morale sur le marketing passe vite à la trappe pour devenir une (auto ?) biographie qui jongle entre la drogue, beaucoup de drogue et ce point là m'a choqué, limite une incitation, non vraiment c'est du n'importe quoi ! - et pour aller bien avec ça, du sexe, de la pornographie décrite jusque dans les moindres détails ! Non mais oh, un peu de dignité non ?
De plus, son style d'écriture grossier, salace, etc, etc devient agaçant. Sa méthode de narration est absolument ridicule ! RI-DI-CULE ! En plus de ça, monsieur Beigbeder est d'une fausse modestie absolument pitoyable, d'une prétention refoulée qui va jusqu'à faire passer ses lecteurs pour des moins que rien.
Suis-je trop jeune pour apprécier pleinement cet ouvrage et l'écriture de l'auteur ? Sans doute. Je retenterai l'expérience Beigbeder dans quelques temps, car 99 francs me laissent un goût fade.
Un livre infâme, une philosophie à deux balles et des clichés à n'en plus finir. Un désastre.
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aaahhh
aaahhh04 août 2012
  • Livres 4.00/5
Quelle bonne surprise! Ce n'est pas que j'en avais contre Beigbeder avant ma lecture, mais le peu que j'avais vu de ses apparitions télévisuelles ne m'avait pas franchement charmée. Je me suis donc lancée dans ce roman avec scepticisme et dans l'idée qu'il allait sans doute franchement m'agacer. Et bien non! Contre toute attente, je n'ai été ni agacée, ni ennuyée mais très agréablement surprise par ce roman déjanté, intelligent et cynique qui dresse un portrait peu glorieux mais très réaliste de notre société de consommation et de marketing à outrance.
Autant grâce à son regard acéré sur le monde que ses qualités de romancier, j'ai vraiment apprécié la plume de Frederic Beigbeder et j'ai pris plaisir à suivre les tristes aventures de ce jeune roi de la pub dans cette jungle commerciale qu'est notre vie de tous les jours. Ce n'est pas mon plus grand coup de coeur littéraire, mais je garde un très bon souvenir de cette lecture!
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Lunaire
Lunaire23 avril 2013
  • Livres 4.00/5
ça faisait déjà un bon moment que je voulais lire un Beigbeder. il as toujours été un personnage fascinant, assez charismatique qui à chacune de ses interventions télé me captivais totalement. J'ai donc tout d'abord vu le film, une première approche, j'ai enfin lu le bouquin... Bref, retour au livre !!
J'ai ouvert ce bouquin, j'étais sûr qu'il allait me plaire (une intuition ;) ) En effet, au cinquième chapitre du "Je" j'en étais déjà à : "Hum, c'est bien. Moi j'aime bien." Je me suis ensuite demander si dans ce cher Octave qu'on se plait à détester, si on pouvais retrouver un peu de l'auteur (J'avoue ne pas mettre renseigné pour deux rond !) Cet Octave... Je ne pense même pas être arrivé à le détester finalement ce "gentil qui se fait passer pour un méchant" m'as même inspiré de la sympathie. Parce que sous sa carapace de gros lourd, aux manière plus de dégradantes, j'ai quand même réussit à percevoir quelque sentiments à fleur de peau qui ont finit par le rendre humain.
J'ai trouvé le chapitre du "Tu", un peu accusateur en même temps, c'était certainement le but. C'est d'ailleurs pour ça que ce livre m'as transporté ! L'idée qu'on me parle à moi et moi seule qu'on ai envie de faire bouillir ces particules en moi qui me rendent folle de rage devant une société qui deviens "à vendre". Sur ce j'en déduis; que j'aime surement qu'on m'énerve, qu'on m'attaque ! Un petit penchant Sadomazolivre...
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idevrieze
idevrieze30 juin 2014
  • Livres 3.00/5
On a beau dire on a beau faire, Beigbeder aime se lire et s'entendre parler.
Frédéric Beigbeder, c'est plus qu'un homme en fin de compte. C'est un personnage. Et il aime l'image qu'il renvoie (ou pas d'ailleurs). Mais dans tous les cas, c'est une image contrôlée et contrôlée par lui. Lorsque j'ai lu L'amour dure trois ans, je me suis dit qu'il aimait ce qu'il écrivait et que quelques parts c'est ce qu'on attendait de lui. Dans son roman antérieur de 99F, c'est exactement cela. Beigbeder s'approprie l'univers de la Pub et il en fait un bouquin.
Et en le lisant, et bien oui, c'est exactement ce à quoi je m'attendais. C'est pas comme si dans la pub, on bossait. Ce sont des gens qui boivent, qui se droguent, qui ont vendu leurs âmes pour nous faire entrer un peu plus dans le consumérisme à outrance. Et c'est aussi ce qui nous fait encore plus accepter les pubs et le fait d'acheter les derniers produits. C'est pas moi, c'est Beigbeder.

Le problème, c'est qu'à force de s'attendre à quelque chose, c'est qu'on n'est pas surpris.
Oui, j'ai souri parfois parce que il est drôle dans sa caricature de lui même mais je n'ai pas été surprise du tout. le roman est allé exactement dans le sens que je voulais qu'il aille, ni plus ni moins. Trois cent pages et hop c'est pesé. J'en aurai limite ressenti de l'ennui avec une centaine de pages en plus. C'est réellement une histoire qui ne peut arriver tellement cela part dans les grandes phrases, dans les délires de ce personnage que tout le monde déteste mais que tout le monde vénère tout de même.
Alors pourquoi je le lis ? J'avoue, j'adore son style. Il m'apaise, me fait sourire. Je me mets dans un cocon de littérature contemporaine qui je sais ne m'apportera rien à part passer le temps. Et c'est ce que j'avais fait. Sans pour autant suivre un effet de mode ou critiqué la société.
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Citations & extraits (105) Voir plus Ajouter une citation
ShrimpShrimp05 mars 2011
Quand je ne dis rien, c'est très bon signe : ça veut dire que je suis intimidé. Quand je suis intimidé, c'est très bon signe : ça veut dire que je suis troublé. Quand je suis troublé, c'est très bon signe : ça veut dire que je tombe amoureux. Et quand je tombe amoureux, c'est très mauvais signe.
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ShrimpShrimp05 mars 2011
Chère Obsession,

Pourrais-tu avoir la gentillesse de me sauver de moi-même ? Sinon je mets les pieds dans l'eau et les doigts dans la prise. Il existe une chose qui est pire que d'être avec toi : c'est d'être sans toi. Reviens. Si tu reviens, je t'offre une New Beetle. Bon, d'accord, c'est un peu con comme proposition mais c'est de ta faute : depuis que tu es partie, je deviens de plus en plus sérieux. Je me suis aperçu qu'il n'existait pas d'autre fille comme toi. Et j'en ai conclu que je t'aimais.
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totototo15 janvier 2009
Vous êtes les produits d'une époque. Non. Trop facile d'incriminer l'époque. Vous êtes des produits tout court. La mondialisation ne s'intéressant plus aux hommes, il vous fallait devenir des produits pour que la société s'intéresse à vous.Le capitalisme transforme les gens en yaourts périssables, drogués au Spectacle, c'est à dire dressés pour écraser leur prochain. Pour vous licencier, il suffira de faire glisser votre nom sur l'écran jusqu'à la corbeille, puis de sélectionner "vider la corbeille".
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LydiaBLydiaB04 juillet 2010
Ma liberté s'appelle assurance chômage. Je préfère être licencié par une entreprise que par la vie. CAR J'AI PEUR. Autour de moi, les collègues tombent comme des mouches : hydrocution dans la piscine, overdose de cocaïne maquillée en infarctus du myocarde, crash de jet privé, cabrioles en cabriolet. Or cette nuit, j'ai rêvé que je me noyais. Je me suis vu couler, caresser les raies manta, les poumons remplis d'eau. Au loin, sur la plage, une jolie dame m'appelait. Je ne pouvais lui répondre car j'avais la bouche pleine d'eau salée. Je me noyais mais ne criais pas au secours. Et tout le monde faisait pareil dans la mer. Tous les nageurs coulaient sans appeler à l'aide. Je crois qu'il est temps que je quitte tout parce que je ne sais plus flotter.



Tout est provisoire et tout s'achète. L'homme est un produit comme les autres, avec une date limite de vente. Voilà pourquoi j'ai décidé de prendre ma retraite à 33 ans. C'est, paraît-il, l'âge idéal pour ressusciter.
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ShrimpShrimp03 mars 2011
Le silence aussi était en voie de disparition. On ne pouvait pas fuir les radios, les télés allumées, les spots criards qui bientôt s'infiltreraient jusque dans vos conversations téléphoniques privées. C'était un nouveau forfait proposé par Bouygues Telecom : le téléphone gratuit en échange de coupures publicitaires toutes les 100 secondes. Imaginez : le téléphone sonne, un policier vous apprend la mort de votre enfant dans un accident de voiture, vous fondez en larmes et au bout du fil, une voix chante "Avec Carrefour je positive".
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