> Caroline Berg (Traducteur)

ISBN : 9782258085190
Éditeur : Les Presses De La Cite (2011)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
Dès son arrivée à Terezin, Daniel Faigel, jeune médecin danois hanté par un lourd passé, se retrouve plongé en enfer. Les conditions de vie dans ce camp de concentration sont terribles. Daniel passe ses journées à essayer d’arracher à la mort et aux déportations vers l’... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 09 avril 2012

    canel
    Chez les Faidel, on est juristes de père en fils depuis six générations. Daniel, lui, a choisi de devenir médecin, en hommage à sa défunte mère, mais au grand désespoir de son père. Ce choix lui a probablement sauvé la vie lors de sa déportation à Theresienstadt, camp nazi où ce jeune interne danois est affecté à l'hôpital, donc un peu moins mal traité que les autres prisonniers.
    J'ai pris connaissance pour la première fois de l'existence de ce camp de travail de Tchécoslovaquie dans 'La saga Mendelson' (F. Colin), où il est présenté comme une "vitrine" pour les visiteurs officiels - petite ville dont les résidents étaient censés vivre normalement (école, loisirs, vrais métiers...). de fait, si beaucoup y mourraient de malnutrition, de maladie, les Juifs n'y étaient pas exécutés, mais la plupart des captifs, devenus trop faibles pour travailler, étaient envoyés vers des camps d'extermination.
    La narration de Daniel entremêle les souvenirs de son enfance douloureuse auprès de sa mère malade, son histoire d'amour à Theresienstadt, et sa vie de médecin de camp dans des conditions extrêment précaires.
    Un livre instructif et émouvant qui m'a beaucoup rappelé 'Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre' (déportations staliniennes de familles vers la Sibérie de bourgeois et d'intellectuels Baltes).
    * * * Info Wikipedia : Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Gestapo transforma Terezín en camp de travail, vers lequel environ 144 000 Juifs furent déportés. 6 000 d'entre eux y périrent, principalement à cause d'atroces conditions de vie (faim, angoisse, maladies, épidémie de typhus à la fin de la guerre) et 88 000 furent déportés à Auschwitz et dans d'autres camps de concentration. À la fin de la guerre, il y avait seulement 19 000 survivants. Robert Desnos, poète français, y est mort du typhus le 8 juin 1945.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par stephanieplaisirdelire, le 21 janvier 2012

    stephanieplaisirdelire
    Terezin plage est juste et admirable dans le tableau qu'il fait de la vie dans le ghetto. Il traite d'un fait historique (les camps de concentration) repris mainte fois dans la littérature et pourtant, on y découvre ici un nouvel aspect : lieu transitoire en attente de déportation vers Auschwitz, Theresienstadt, présenté comme une ville modèle juive, était avant tout un lieu de propagande des S.S. L'auteur apporte beaucoup de crédibilité à son récit et incite ainsi le lecteur à s'intéresser et à en connaitre plus sur cette intrigante bien qu'effroyable forteresse. On s'aperçoit d'ailleurs bien vite à quel point il s'est documenté.
    Les scènes sont très réalistes, souvent choquantes et parfois insoutenables. Partageant avec les détenus leurs peurs et leurs douleurs, on est toutefois bercé par le sentiment d'espoir que le protagoniste semble ne pas vouloir quitter et par l'envie d'arriver au bout du livre le cœur plus léger. Aussi vraisemblable et riche qu'un document, Terezin plage reste tout de même une fiction, dans laquelle Morten Brask apporte une touche poétique avec les souvenirs d'enfance du personnage. En effet, Terezin plage ne se limite pas à un descriptif des atrocités des camps, c'est également l'histoire d'une rencontre et l'histoire d'un homme avec son passé. Au fil des jours, Daniel se remémore sa jeunesse entre son père trop sévère, juge à la cour suprême, et sa mère fragile, dépressive. Ces flash-back donnent des précisions biographiques sur le narrateur et permettent d'en apprendre plus sur l'homme qu'il est aujourd'hui.
    Morten Brask a habilement mélangé les faits et les souvenirs : on passe régulièrement du présent (dans le ghetto de Theresienstadt) au passé (dans la maison de Daniel au bord de l'eau), permettant de s'échapper de l'horreur. Même si la transition entre les deux reste parfois brutale, on retrouve au final deux histoires en une. C'est une des raisons qui m'ont fait aimer ce livre, le trouvant à la fois cruel et poétique.
    Terezin plage reste une lecture tragique sur les camps de concentration de la seconde guerre mondiale. Ce qui change tout de même des autres romans portant sur ce même thème, c'est le parti pris de l'auteur de mettre en avant les sentiments d'amour qui unie les deux personnages principaux, Daniel et Ludmilla. Ce sentiment, pourtant improbable au début du récit, nait et se construit tout au long de l'histoire, portant en lui l'espoir d'une vie meilleure loin de la guerre.
    Le début est assez difficile tant les descriptions sont précises, mais l'auteur, avec beaucoup de sensibilité, réussit à faire ressortir une certaine beauté et légèreté. Peu à peu l'horreur fait place à des sentiments plus doux où une pointe de sensualité arrive même à se dégager. Ce sentiment d'Amour apporte au final une certaine beauté au récit. Malgré le désespoir et la cruauté, Daniel tient le coup grâce à l'amour qu'il a pour Ludmilla. Cet amour les aide à dépasser leur quotidien et à deux ils réussissent à se créer des moments de bonheur. On s'attache d'ailleurs très rapidement à ces deux êtres fragiles, chacun trainant son passé douloureux, et on s'inquiète surtout quant à leur sort, d'autant que l'on apprend rapidement que Ludmilla est malade et que diagnostic de la tuberculose ne fait pas de doute.
    Le style de Morten Brask est limpide, les pages défilent très vite (l'utilisation du présent n'y est pas pour rien) et on est vraiment projeté dans les lieux, ressentant toutes les émotions des personnages : peur, joie, dégoût, tristesse, bonté, soulagement… Terezin plage est un roman poignant, qui touche tous les sentiments et on en ressort fortement ému et touché par la cruauté du contexte historique, par l'amour qui lie Ludmilla et Daniel et par l'enfance de ce dernier. C'est un roman nuancé où l'horreur est adouci par une belle écriture et une triste histoire d'amour. « Elle m'embrasse. Elle suçote ma bouche avec la douceur d'un nuage de sucre glace, un essaim de papillons vole dans mon estomac, je ferme les yeux et plus rien n'existe que les lèvres de Ludmilla contre les miennes » (page 213).
    C'est tout simplement un roman bouleversant !


    Lien : http://stef93330plaisirdelire.blog4ever.com/blog/lirarticle-522250-4..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par fran6h, le 02 décembre 2011

    fran6h
    Un texte sensible et beau dans un contexte terrible.
    Terezin est une ville fortifiée de Tchecoslovaquie que les allemands nomment Teresienstadt. Elle fut pendant la période nazie transformée en camp de concentration et des centaines de milliers de juifs de toute l'Europe y vécurent.
    Avec l'arrivée des déportés du Danemark, l'histoire du ghetto prend un tournant. Les nazis, sollicités par les autorités danoises, décident d'en faire un camp modèle. Pour la visite de la Croix Rouge le camp est transformé en sorte de cité juive idéale, un film de propagande sera tourné à cette occasion.
    Le roman de Morten Brask, se situe à ce moment de l'histoire de Terezin. Daniel Faigel, un jeune médecin danois est déporté. Affecté à l'hôpital, il rencontre toute la misère de cet univers concentrationnaire (maladies, contagions, indigence des soins, froid, faim, déportations ...). le médecin fait face.Il se raccroche aux souvenirs de sa vie au Danemark, dans la maison près de la plage. Peu à peu le passé de son histoire familiale se dévoile.
    Il rencontre Ludmilla et sa vie change. Peu à peu l'amour s'installe dans ce contexte de désolation malgré le projet d'embellissement de la ville décidé par les nazis. Mais Ludmilla est gravement malade et sa survie est compromise.
    La visite de la Croix Rouge marque un tournant dans la vie du couple. Mais n'est-ce qu'une illusion ? le destin fatal l'emportera t-il ?
    Morten Brask signe là un premier roman admirable qui dépeint avec justesse la vie du ghetto modèle. Mais la double histoire de Daniel nous emporte bien au-delà du contexte historique.
    Un texte sensible et beau.

    Lien : http://animallecteur.canalblog.com/archives/2011/12/02/22864725.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Kanelbulle, le 08 novembre 2011

    Kanelbulle
    Est-il vraiment possible d'écrire un roman beau et poétique à partir d'une histoire aussi horrible que celle de la vie et la mort dans le camp de concentration de Theresienstadt ? C'est le pari réussi de Morten Brask, qui, malgré la noirceur du sujet, parvient à raconter une histoire d'amour au milieu de l'enfer nazi, celle de Daniel Faigel, un jeune médecin danois, et de Ludmilla Zippora, une détenue tchèque.
    Inspiré de l'expérience du rescapé des camps Ralf Oppenheim, ce premier roman marque le lecteur pour longtemps.
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    • Livres 4.00/5
    Par Plumisa, le 08 septembre 2011

    Plumisa
    C'est un roman émouvant et délicat que « Terezin plage ». Ecrit non pas pour dire et redire encore les camps, mais pour y décrire le quotidien de Daniel, jeune médecin Danois déporté dans cet endroit « pas comme les autres » parce qu'il est juif.
    Terezin servait avant tout de camp de transit mais également à emprisonner des juifs de valeur : musiciens, artistes, etc., qui pourraient éventuellement servir un jour de monnaie d'échange. de ces présences s'est révélée une simili vie culturelle dans le ghetto.
    La vie n'y est donc pas tout à fait la même que dans d'autres camps mais les risques existent bel et bien : le froid, la faim, la tuberculose, les emprisonnements dont on ne revient pas, le typhus et surtout : les listes…ces listes interminables, cruelles et arbitraires qui annoncent les noms de ceux qui partiront lors du prochain convoi vers Auschwitz, Treblinka…
    En plus des privations, cette Peur qui plane au quotidien, palpable dans l'air ambiant, dans chaque être, dans chaque regard, vrille chaque cœur.
    Cette ville « offerte aux juifs par Hitler », ce ghetto, n'est autre qu'une vitrine de propagande et servira de démonstration pour la visite de la Croix-Rouge. Elle fera même l'objet du tournage d'un film.
    Acteur bien involontaire de cette mascarade mais sans autre choix, Daniel y vit sur fond sur fond de souvenirs d'enfance ; de folie – celle de sa mère – ; de bords de mer - attenante à sa maison natale près de Copenhague- qu'il chérit dans ses rêves et qui l'aident à tenir ; ainsi que de son amour pour Ludmilla, jeune femme tchèque rencontrée sur place.
    Daniel essaye à tout prix de maintenir cette vie à un niveau de normalité en soignant – avec presque rien -, en volant la nourriture des morts, en aimant Ludmilla comme s'ils étaient libres, avec l'espoir ancré au plus profond d'eux d'en sortir un jour. Cet amour les pousse à vivre, à survivre chaque jour, osant même éprouver parfois un brin de bonheur…
    Ce livre est un roman. Il est toutefois bien documenté.

    Lien : http://isabelle-passions.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par canel, le 05 avril 2012

    Les limites du macabre sont repoussées pour un étudiant en médecine dès sa première année d'études. Il s'habitue à voir des morts. Il ne réagit plus à la vue d'un bras coupé ou au fait de tenir un coeur humain entre ses mains. Il peut rester devant une table de dissection, penché sur un vagin éclaté ou un ganglion lymphatique. Le macabre devient son lot quotidien.
    A Theresienstadt c'est la même chose. La promiscuité, la misère, les rêves perdus et le désespoir constituent des tableaux macabres que je n'aurais jamais cru regarder dans une vie comme la mienne. Pendant les premières semaines, j'ai l'impression d'être devenu un personnage dans une réprésentation de l'enfer peinte par Jérôme Bosch. Mais les jours passent, et peu à peu les teintes du grotesque se fanent. Theresienstadt devient la norme. Un quotidien avec sa routine, ses repères, ses schémas, son indifférence. (p. 70)
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  • Par angelebb, le 30 septembre 2011

    Les limites du macabre sont repoussées pour un étudiant en médecine dès sa première année d'études. Il s'habitue à voir des morts. Il ne réagit plus à la vue d'un bras coupé ou au fait de tenir un coeur humain entre ses mains. Il peut rester devant une table de dissection, penché sur un vagin éclaté ou un ganglion lymphatique. Le macabre devient son lot quotidien.

    A Theresienstadt c'est la même chose. La promiscuité, la misère, les rêves perdus et le désespoir constituent des tableaux macabres que je n'aurais jamais cru regarder dans une vie comme la mienne.

    Pendant les premières semaines, j'ai le sentiments d'être devenu un personnage dans une représentation de l'enfer par Jérôme Bosch. Mais les jours passent, et peu à peu les teintes du grotesque se fanent. Theresienstadt devient la norme. Un quotidien avec sa routine, ses repères, ses schémas, son indifférence.
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  • Par canel, le 06 avril 2012

    - (...) C'est si différent maintenant. Il paraît qu'ils vont construire des bibliothèques et des jardins d'enfants et des cafés dans lesquels on jouera du jazz. Et aussi des terrains de football.
    - Comme s'ils voulaient faire de Theresienstadt une vraie ville.
    - Oui, c'est ça, une fausse-vraie ville.
    - Aves des cafés imaginaires et des crèches imaginaires et des terrains de football imaginaires. (p. 205)
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  • Par canel, le 06 avril 2012

    Je suis surpris de voir à quel point les SS tiennent à leurs putains et combien ils les adorent. Ils les traitent exactement comme ils doivent traiter leur propre femme en Allemagne. (p. 221)
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  • Par canel, le 06 avril 2012

    Dans le ghetto, personne n'a le droit de se laver plus d'une fois par mois. Nous faisons toujours une queue interminable pour avoir le droit de rester quelques secondes sous le jet. (p. 207)
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