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ISBN : 2070360733
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 469 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Je n'ai dessein de relater, en marge du récit que je vais entreprendre, que les épisodes les plus marquants de ma vie telle que je peux la concevoir hors de son plan organique, soit dans la mesure même où elle est livrée aux hasards, au plus petit comme au plus grand,... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par dominic, le 24 septembre 2011

    dominic
    Je referme à l'instant Nadja d'André Breton.
    Ce récit auto-biographique raconte un épisode de la vie de l'auteur : sa rencontre avec une jeUne femme qu'il va ensuite retrouver régulièrement dans différents lieux parisiens. Autour de Nadja pour laquelle on sent qu'André Breton éprouve de l'amour et une immense admiration, divers événements et coïcidences se produisent constamment. Vers la fin du récit, on apprend que Nadja est finalement internée dans un asile.
    Que d'impressions diverses j'ai ressenties à la lecture de ce livre! La réflexion qui m'est ensuite le plus souvent venue étant "Il est très difficile de prendre ensuite soi-même la plume après ce genre de lecture tant la langue française est maîtrisée." A mes yeux, elle est sur-maîtrisée, sur-jouée, elle se regarde écrire, elle commente ce qu'elle est en train de dire avant même de l'avoir totalement exprimé. Les mots ne sont plus les serviteurs d'une pensée ; la recherche d'une belle langue préside au sens. J'ai à la fois admiré cette belle langue et eu constamment le sentiment qu'elle était artificielle : rempart à une immense pudeur?
    Cette langue, pour belle qu'elle soit, m'a inspiré d'emblée de l'antipathie pour l'écrivain. Pourquoi se commoufle-t-il tant derrière les mots? On trouve cependant quelques passages sublimes, d'une finesse extrême, tel celui qui figure sur le quatrième de couverture. "J'ai vu ses yeux de fougères s'ouvrir le matin sur un monde où les battements d'ailes de l'espoir immense se distingent à peine des autres bruits qui sont ceux de la terre et, sur ce monde, je n'avais vu encore que des yeux se fermer".
    Contrairement à André Breton, je n'ai éprouvé vis-à-vis de Nadja qu'un sentiment de rejet. Je n'ai pas non plus ressenti d'empathie pour l'auteur lui-même. Quelle vie mène-t-il donc pour passer son temps à errer dans Paris? Je n'ai commencé à me sentir bien qu'à partir du moment où j'ai enfin lu "J'avais, depuis assez longtemps, cessé de m'entendre avec Nadja.". Jusqu'ici, je ne pouvais supporter qu'il soit si béat d'admiration, si amoureux d'une personne si inconsistante. S'il peut s'agir d'un génie, nul ne le saura jamais car ses réalisations semblent se limiter à quelques dessins à l'allure d'inachevé. Nous sommes loin de Camille Claudel telle qu'elle est par exemple dépeinte dans Une femme d'Anne Delbée. A chaque page de Nadja, j'étais révolté par l'aveuglement dont l'auteur faisant preuve en l'aimant.
    Si lire ce livre n'a pas été agréable, il m'a cependant donné le goût et montré le besoin d'affiner ma façon de m'exprimer, tout en me faisant entrevoir le risque qu'il y peut y avoir à trop raffiner un language.
    24.09.2011
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 13 septembre 2011

    brigittelascombe
    Léone Camille Ghislaine D. est un coup de foudre, une passion fugace d'André Breton, une danseuse figurante de théatre, dont la fillette a été confiée à ses parents,qui a eu des protecteurs,s'est adonnée au trafic de drogue,une jeune femme rencontrée entre deux guerres au moment des années folles et du mouvement surréaliste.Mais elle est plus que ça.
    Nadja, dont le prénom est le début d'espérance en russe est une poupée frêle à la grâce enfantine,aux "yeux de fougère","aux cheveux d'avoine","au sourire imperceptible", sa sensibilité touche André Breton.
    "Tu écriras un roman sur moi.Je t'assure..." avait-elle affirmé.
    Et effectivement Nadja, roman autobiographique(le livre le plus lu de l'auteur), naitra en 1928, un livre illustré de photos,objets,portraits,documents,dessins symboliques de Nadja qui s'inscrit dans une démarche créatrice surréaliste car les images font écho au texte.
    Qui suis-je? s'interroge André Breton, persuadé que les personnages crées sont partie prenante de l'auteur.
    Qui est-elle? s'efforce-t-il de répondre dans un deuxième temps.Héroïne surréaliste, elle rit de tout et "jongle avec les noms de certains mets" alors qu'ils déambulent de restaurants en cafés, elle s'effraie de tout, lorsqu'il déclame Baudelaire,elle est une enfant qui touche de sa main l'affiche d'une "main rouge à l'index pointé",elle est la fée "qui se pose à peine en marchant", l'intuitive qui voit ce qui ne se verra que l'instant d'après,mais se donne "des airs du Diable", elle est entre poésie et vraie vie, à la frontière de l'inconscient,elle est surréaliste.
    Entre l'hôtel Prince de Galles de Saint Germain et l'éloignement pour la "merveilleuse anonyme", en fait Suzanne Musard citée en fin de livre, Nadja s'attache de plus en plus vu "le pouvoir" qu'il exerce sur elle, (alors que lui ne l'aime pas, elle, vraiment) et elle sombrera par la suite dans la folie pour s'interroger elle aussi Qui suis-je?
    Superbe!
    André Breton,écrivain français du XX° siècle, promotteur et principal animateur du mouvement surréaliste,fondateur de revues poétiques, a été un poète engagé à la vie tumultueuse.
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    • Livres 5.00/5
    Par AV, le 27 juillet 2012

    AV
    Souvent Breton fait partie de ceux avec qui ça passe ou ça casse, tant par rapport au personnage et sa vision du surréalisme qu'au niveau du style en tant que tel. Pour moi Nadja est tout simplement un chef-d'œuvre.
    J'avais déjà eu un gros coup de cœur pour Le Paysan de Paris d'Aragon, qui est un peu le pendant onirique (et solitaire) de Nadja. Contrairement à Aragon qui se laisse porter par ses rêveries, Breton, fidèle à lui-même, est beaucoup plus cadré dans son style (ou en l'occurrence sa volonté de non-style qu'il intime au roman surréaliste) et dans sa perception de ce qui l'entoure puisque, pendant ses déambulations, il cherche à comprendre ou intellectualiser ce qui se passe autour de lui, tout en restant dans la position du « témoin hagard ». Témoin qui veut vivre la ville et chercher comment cette dernière peut répondre à l'homme et inversement. Pour Breton, Paris est l'endroit idéal pour se confronter à des rencontres, des situations, une esthétique du quotidien qui participeront à une sorte de quête de soi, tellement qu'il n'hésite pas à situer très précisément les endroits qu'il fréquente, comme pour montrer que c'est une démarche réelle est accessible. Les questions du qui suis-je et du que vis-je se mélangent donc et s'alimentent l'une l'autre. Lors de son parcours un événement renversant arrive, il s'appelle Nadja. Incarnation absolue de l'émancipation et de l'anticonformisme, elle bouleverse l'auteur au beau milieu de son introspection. Elle arrive et repart comme un mystère, presque comme une personnification du surréalisme dans tout ce sur quoi Breton veut le faire reposer. Et s'il faut parler d'histoire d'amour ou de fascination, c'est là qu'elles se trouvent, dans ce que Nadja incarne de manière entière et éperdue, pas dans une attirance du cœur.
    Pour un peu qu'on soit charmé, ce livre est une ambiance, une quête, un ton dans lesquels une replongée après lecture, même pour quelques pages, peut directement renvoyer dans cette sensibilité du « merveilleux quotidien ».
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    • Livres 2.00/5
    Par vincentf, le 24 juin 2010

    vincentf
    Si l'on ne pouvait garder de ce livre que son coeur, si l'on pouvait lui ôter sa pelure théorique, il me comblerait un peu, car les thèses de Breton, ses "idées", je n'y entre pas. Seule Nadja m'intéresse, banalement en tant que personnage, en tant que mystère, en tant que rencontre saugrenue. Je me prends à rêver de Nadja sans Breton, d'elle seule, de ses dessins, de tout ce qui d'elle est décrit, sans lui. Jaloux, moi ? Si peu. Breton me charme, quand il tait ses considérations théoriques ; il construit un monde langagier dans lequel la promenade est agréable, il laisse flotter le doute : histoire d'amour ? Bien sûr et bien sûr que non. Un tu débarque à la fin. Breton l'aime et écrit bien, puis il laisse faire sa plume, se vautre dans l'écriture automatique de sa cervelle d'intellectuel de jadis, laisse percevoir qu'il est communiste, avant de lancer, enfin, à la dernière page du bouquin, quelques mots géniaux, un de ces diamants que lui a montré Nadja, "le coeur humain, beau comme un sismographe". Elaguons donc et disons que Nadja est un joli roman d'amour. N'en disons pas plus car il faut bien admettre que nous ne saisissons rien à l'originalité revendiquée de Breton et de son surréalisme.
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    • Livres 3.00/5
    Par legoergosum, le 14 octobre 2014

    legoergosum
    Breton nous invite à découvrir un épisode de sa vie au cours duquel il fait la connaissance de celle qui se fait appeler Nadja.
    Brève rencontre (amoureuse ? ) , racontée de façon quasi "anatomique" : aucune émotion ne traverse ce livre, l'écriture est à ce point travaillée -un modèle pour les amoureux d'une langue française ultra classique, mais désuète ! - que l'on ne peut à aucun moment s'investir dans cette histoire, juger les personnages, attendre qu'ils nous surprennent -de ce point du vue, l'on est évidemment frustré.
    Il n'empêche que Breton est celui qui a poussé plus loin les limites de l'écriture "romanesque", son expérience est nécessaire, et fondatrice d'une nouvelle littérature de l'entre-deux guerres.
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Citations et extraits

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  • Par wiggybis, le 16 octobre 2014

    Nantes : peut-être avec Paris la seule ville de France où j'ai l'impression que peut m'arriver quelque-chose qui en vaut la peine, où certains regards brûlent pour eux-mêmes de trop de feux...

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  • Par Nayac, le 11 octobre 2014

    Je ne veux plus me souvenir, au courant des jours, que de quelques phrases, prononcées devant moi ou écrites d'un trait sous mes yeux par elle, phrases qui sont celles où je retrouve le mieux le ton de sa voix et dont la résonance en moi demeure si grande:
    " avec la fin de mon souffle, qui est le commencement du vôtre."
    " Si vous vouliez, pour vous je ne serais rien, ou qu'une trace."
    " la griffe du lion étreint le sein de la vigne"
    " pourquoi cette balance qui oscillait dans l'obscurité d'un trou plein de boulets de charbon?"
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  • Par Nayac, le 11 octobre 2014

    Nous demeurons quelque temps silencieux, puis elle me tutoie brusquement: "Un jeu: dis quelque chose.Ferme les yeux et dis quelque chose. N'importe, un chiffre, un prénom. Comme ceci (elle ferme les yeux): Deux, deux quoi? Deux Femmes. Comment sont ces femmes? En noir. Où se trouvent elles? Dans un parc...Et puis que font elles? Allons, c'est si facile, pourquoi ne veux tu pas jouer? Eh bien moi c'est ainsi que je me parle quand je suis seule, que je me raconte toutes sortes d'histoires. Et pas seulement de vaines histoires: c'est même entiérement de cette façon que je vis."
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  • Par Nayac, le 11 octobre 2014

    Le pouvoir d'incantation que Rimbaud exerça sur moi... est sans nul doute, ce qui m'a valu, un jour où je me promenais seul sous une pluie battante, de rencontrer une jeune fille la premiére à m'adresser la parole, qui, sans préambule, comme nous faisions quelques pas, s'offrit à me réciter un des poémes qu'elle préférait: le Dormeur du Val.

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  • Par Nayac, le 11 octobre 2014

    Sur le point de m'en aller, je veux lui poser une question qui résume toutes les autres, une question qu'il n'y a que moi pour poser, sans doute, mais qui, au moins une fois, a trouvé une réponse à la hauteur: "qui êtes vous?" et elle, sans hésiter: "je suis l'âme errante".

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