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ISBN : 2070360733
Éditeur : Gallimard (27/04/1972)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 712 notes)
Résumé :
" Je n'ai dessein de relater, en marge du récit que je vais entreprendre, que les épisodes les plus marquants de ma vie telle que je peux la concevoir hors de son plan organique, soit dans la mesure même où elle est livrée aux hasards, au plus petit comme au plus grand, où regimbant contre l'idée commune que je m'en fais, elle m'introduit dans un monde comme défendu qui est celui des rapprochements soudains, des pétrifiantes coïncidences, des réflexes primant tout a... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
17 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Une lecture que je redoutais connaissant l'appartenance d'André Breton au mouvement surréaliste. En fait, si ce livre est difficilement classable, il n'est pas hermétique. Ce qui fait son originalité c'est qu'il ne s'agit pas d'un réel récit autobiographique, ni d'un roman, ni d'un essai philosophique, mais d'un mélange des trois genres. Texte particulier donc dans sa forme, mais que j'ai trouvé intéressant et très abordable. de plus l'auteur fournit de nombreuses références littéraires et artistiques, nommant écrivains et peintres. L'ouvrage est enrichi de dessins et photographies. le seul point négatif réside dans la grande quantité de notes annexes ou en bas des pages. Un livre que je conseille. Cette découverte d'André Breton m'incitant à lire d'autres oeuvres de cet auteur.
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AV
27 juillet 2012
★★★★★
★★★★★
Souvent Breton fait partie de ceux avec qui ça passe ou ça casse, tant par rapport au personnage et sa vision du surréalisme qu'au niveau du style en tant que tel. Pour moi Nadja est tout simplement un chef-d'oeuvre.
J'avais déjà eu un gros coup de coeur pour le Paysan de Paris d'Aragon, qui est un peu le pendant onirique (et solitaire) de Nadja. Contrairement à Aragon qui se laisse porter par ses rêveries, Breton, fidèle à lui-même, est beaucoup plus cadré dans son style (ou en l'occurrence sa volonté de non-style qu'il intime au roman surréaliste) et dans sa perception de ce qui l'entoure puisque, pendant ses déambulations, il cherche à comprendre ou intellectualiser ce qui se passe autour de lui, tout en restant dans la position du « témoin hagard ». Témoin qui veut vivre la ville et chercher comment cette dernière peut répondre à l'homme et inversement. Pour Breton, Paris est l'endroit idéal pour se confronter à des rencontres, des situations, une esthétique du quotidien qui participeront à une sorte de quête de soi, tellement qu'il n'hésite pas à situer très précisément les endroits qu'il fréquente, comme pour montrer que c'est une démarche réelle est accessible. Les questions du qui suis-je et du que vis-je se mélangent donc et s'alimentent l'une l'autre. Lors de son parcours un événement renversant arrive, il s'appelle Nadja. Incarnation absolue de l'émancipation et de l'anticonformisme, elle bouleverse l'auteur au beau milieu de son introspection. Elle arrive et repart comme un mystère, presque comme une personnification du surréalisme dans tout ce sur quoi Breton veut le faire reposer. Et s'il faut parler d'histoire d'amour ou de fascination, c'est là qu'elles se trouvent, dans ce que Nadja incarne de manière entière et éperdue, pas dans une attirance du coeur.
Pour un peu qu'on soit charmé, ce livre est une ambiance, une quête, un ton dans lesquels une replongée après lecture, même pour quelques pages, peut directement renvoyer dans cette sensibilité du « merveilleux quotidien ».
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dourvach
13 juin 2015
★★★★★
★★★★★
Si une langue est belle et maîtrisée, elle n'en devient pas forcément "artificielle". La langue magnifique de "Nadja" assume de ne PAS vouloir à tout prix émouvoir son lecteur -- par exemple, avec la détresse psychique manifeste de la personne qui a visiblement servi de "modèle" à l'écrivain...
Cette langue est pudique (comme son auteur). J'aime -- pour ma part -- énormément cette pudeur-là, et me fatigue très vite de tout chantage à l'émotion (Cf. "Charlotte" de D. Foenkinos où l'auteur satellise -- certainement sans en être très conscient -- autour de ses affects personnels la destinée tragique d'une jeune peintre décédée à 28 ans dans les circonstances tragiques que l'on sait...).
La lecture de la "Nadja" d'André BRETON peut avoir sur son lecteur un effet hypnotique (j'en témoigne !).
Lire ce que l'on nomme -- encore aujourd"hui -- "La grande Littérature" (oposée à la paralittérature ou, pire, la NON-littérature dont la prolifération a été dénoncée par Gracq dès 1950 dans son court pamphlet "La littérature à l'estomac") n'est pas forcément le plus "facile", j'en conviens...
On pourra d'ailleurs lire avec profit (pour éclairer notre lanterne poétique) le petit essai amical de Julien GRACQ : "André Breton. Quelques aspects de l'écrivain", (José Corti, 1948).
Sur-travailler un manuscrit n'est pas -- ou pas forcément -- signe qu'on "se regarde écrire". Pour conforter mon propos, C.F. Ramuz a écrit 6 versions successives de son roman magnifique "Le Règne de l'esprit malin" entre 1914 et 1946... (une oeuvre formidable d'originalité et de poésie sombre, toujours méconnue des lecteurs francophones aujourd'hui !), mais plutôt d'une formidable exigence esthétique qui peut aussi "émouvoir"...
L'esthétique de Breton ignorait totalement celle des "faiseurs" de son temps... et se f...tait pas mal des tristes & sinistres "Pri-prix" littéraires, et autres concours à caniches savants qui "font" toujours l'actualité "littéraire" ici et là, hélas...
Et puis, l'aspect proprement "fantastique" des photographies et peintures intercalées dans le texte, comme dans l'onirique roman de Georges RODENBACH, "Bruges-la-Morte" (1892) où le rêve surnage et affleure, accessible au lecteur, à portée de chaque page...
Ceci pour dire que je me souviens encore de cette progressive modification de l'état de conscience de son lecteur (et sans usage de substances psycho-actives qui ait pu lui être concurrent) apportée par la lecture de l'étrange "Nadja" d'André BRETON...
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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brigittelascombe
13 septembre 2011
★★★★★
★★★★★
Léone Camille Ghislaine D. est un coup de foudre, une passion fugace d'André Breton, une danseuse figurante de théatre, dont la fillette a été confiée à ses parents,qui a eu des protecteurs,s'est adonnée au trafic de drogue,une jeune femme rencontrée entre deux guerres au moment des années folles et du mouvement surréaliste.Mais elle est plus que ça.
Nadja, dont le prénom est le début d'espérance en russe est une poupée frêle à la grâce enfantine,aux "yeux de fougère","aux cheveux d'avoine","au sourire imperceptible", sa sensibilité touche André Breton.
"Tu écriras un roman sur moi.Je t'assure..." avait-elle affirmé.
Et effectivement Nadja, roman autobiographique(le livre le plus lu de l'auteur), naitra en 1928, un livre illustré de photos,objets,portraits,documents,dessins symboliques de Nadja qui s'inscrit dans une démarche créatrice surréaliste car les images font écho au texte.
Qui suis-je? s'interroge André Breton, persuadé que les personnages crées sont partie prenante de l'auteur.
Qui est-elle? s'efforce-t-il de répondre dans un deuxième temps.Héroïne surréaliste, elle rit de tout et "jongle avec les noms de certains mets" alors qu'ils déambulent de restaurants en cafés, elle s'effraie de tout, lorsqu'il déclame Baudelaire,elle est une enfant qui touche de sa main l'affiche d'une "main rouge à l'index pointé",elle est la fée "qui se pose à peine en marchant", l'intuitive qui voit ce qui ne se verra que l'instant d'après,mais se donne "des airs du Diable", elle est entre poésie et vraie vie, à la frontière de l'inconscient,elle est surréaliste.
Entre l'hôtel Prince de Galles de Saint Germain et l'éloignement pour la "merveilleuse anonyme", en fait Suzanne Musard citée en fin de livre, Nadja s'attache de plus en plus vu "le pouvoir" qu'il exerce sur elle, (alors que lui ne l'aime pas, elle, vraiment) et elle sombrera par la suite dans la folie pour s'interroger elle aussi Qui suis-je?
Superbe!
André Breton,écrivain français du XX° siècle, promotteur et principal animateur du mouvement surréaliste,fondateur de revues poétiques, a été un poète engagé à la vie tumultueuse.
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dominic
24 septembre 2011
★★★★★
★★★★★
Je referme à l'instant Nadja d'André Breton.
Ce récit auto-biographique raconte un épisode de la vie de l'auteur : sa rencontre avec une jeune femme qu'il va ensuite retrouver régulièrement dans différents lieux parisiens. Autour de Nadja pour laquelle on sent qu'André Breton éprouve de l'amour et une immense admiration, divers événements et coïcidences se produisent constamment. Vers la fin du récit, on apprend que Nadja est finalement internée dans un asile.
Que d'impressions diverses j'ai ressenties à la lecture de ce livre! La réflexion qui m'est ensuite le plus souvent venue étant "Il est très difficile de prendre ensuite soi-même la plume après ce genre de lecture tant la langue française est maîtrisée." A mes yeux, elle est sur-maîtrisée, sur-jouée, elle se regarde écrire, elle commente ce qu'elle est en train de dire avant même de l'avoir totalement exprimé. Les mots ne sont plus les serviteurs d'une pensée ; la recherche d'une belle langue préside au sens. J'ai à la fois admiré cette belle langue et eu constamment le sentiment qu'elle était artificielle : rempart à une immense pudeur?
Cette langue, pour belle qu'elle soit, m'a inspiré d'emblée de l'antipathie pour l'écrivain. Pourquoi se commoufle-t-il tant derrière les mots? On trouve cependant quelques passages sublimes, d'une finesse extrême, tel celui qui figure sur le quatrième de couverture. "J'ai vu ses yeux de fougères s'ouvrir le matin sur un monde où les battements d'ailes de l'espoir immense se distingent à peine des autres bruits qui sont ceux de la terre et, sur ce monde, je n'avais vu encore que des yeux se fermer".
Contrairement à André Breton, je n'ai éprouvé vis-à-vis de Nadja qu'un sentiment de rejet. Je n'ai pas non plus ressenti d'empathie pour l'auteur lui-même. Quelle vie mène-t-il donc pour passer son temps à errer dans Paris? Je n'ai commencé à me sentir bien qu'à partir du moment où j'ai enfin lu "J'avais, depuis assez longtemps, cessé de m'entendre avec Nadja.". Jusqu'ici, je ne pouvais supporter qu'il soit si béat d'admiration, si amoureux d'une personne si inconsistante. S'il peut s'agir d'un génie, nul ne le saura jamais car ses réalisations semblent se limiter à quelques dessins à l'allure d'inachevé. Nous sommes loin de Camille Claudel telle qu'elle est par exemple dépeinte dans Une femme d'Anne Delbée. A chaque page de Nadja, j'étais révolté par l'aveuglement dont l'auteur faisant preuve en l'aimant.
Si lire ce livre n'a pas été agréable, il m'a cependant donné le goût et montré le besoin d'affiner ma façon de m'exprimer, tout en me faisant entrevoir le risque qu'il y peut y avoir à trop raffiner un language.
24.09.2011
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Citations & extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria17 mars 2017
Je sais que si j'étais fou, et depuis quelques jours interné, je profiterais d'une rémission que me laisserait mon délire pour assassiner avec froideur un de ceux, le médecin de préférence, qui me tomberaient sous la main. J'y gagnerais au moins de prendre place, comme les agités, dans un compartiment seul. On me ficherait la paix.
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araucariaaraucaria17 mars 2017
Sur le point de m'en aller, je veux lui poser une question qui résume toutes les autres, une question qu'il n'y a que moi pour poser, sans doute, mais qui, au moins une fois, a trouvé une réponse à sa hauteur : "Qui êtes-vous?" Et elle, sans hésiter : "Je suis l'âme errante."
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araucariaaraucaria17 mars 2017
J'aimerais enfin qu'on ne ramenât point de tels accidents de la pensée à leur injuste proportion de faits divers et que si je dis, par exemple, qu'à Paris la statue d'Etienne Dolet, place Maubert, m'a toujours tout ensemble attiré et causé un insupportable malaise, on n'en déduisît pas immédiatement que je suis, en tout et pour tout, justiciable de la psychanalyse, méthode que j'estime et dont je pense qu'elle ne vise à rien moins qu'à expulser l'homme de lui-même, et dont j'attends d'autres exploits que des exploits d'huissier. Je m'assure d'ailleurs, qu'elle n'est pas en état de s'attaquer à de tels phénomènes, comme, en dépit de ses grands mérites, c'est déjà lui faire trop d'honneur que d'admettre qu'elle épuise le problème du rêve ou qu'elle n'occasionne pas simplement de nouveaux manquements d'actes à partir de son explication des actes manqués.
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araucariaaraucaria17 mars 2017
Qui suis-je? Si par exception je m'en rapportais à un adage : en effet pourquoi tout ne reviendrait-il pas à savoir qui je "hante"? Je dois avouer que ce dernier mot m'égare, tendant à établir entre certains êtres et moi des rapports plus singuliers, moins évitables, plus troublants que je ne pensais. Il dit beaucoup plus qu'il ne veut dire, il me fait jouer de mon vivant le rôle d'un fantôme, évidemment il fait allusion à ce qu'il a fallu que je cessasse d'être, pour être qui je suis.
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araucariaaraucaria17 mars 2017
Avec ce système qui consiste, avant d'entrer dans un cinéma, à ne jamais consulter le programme - ce qui, du reste, ne m'avancerait guère, étant donné que je n'ai pu retenir les noms de plus de cinq ou six interprètes - je cours évidemment le risque de plus "mal tomber" qu'un autre, bien qu'ici je doive confesser mon faible pour les films français les plus complétement idiots. Je comprends, du reste, assez mal, je suis trop vaguement. Parfois cela finit par me gêner, alors j'interroge mes voisins. N'empêche que certaines salles de cinéma du dixième arrondissement me paraissent être des endroits particulièrement indiqués pour que je m'y tienne, comme au temps où, avec Jacques Vaché, à l'orchestre de l'ancienne salle des "Folies-Dramatiques", nous nous installions pour dîner, ouvrions des boîtes, taillions du pain, débouchions des bouteilles et parlions haut comme à table, à la grande stupéfaction des spectateurs qui n'osaient rien dire.
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