ISBN : 2070360784
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
Dans les épaisseurs de la nuit sèche et froide, des milliers d'étoiles se formaient sans trêve et leurs glaçons étincelants, aussitôt détachés, commençaient de glisser insensiblement vers l'horizon. Janine ne pouvait s'arracher à la contemplation de ces feux à la dérive... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 21 février 2010

    kathel
    De temps en temps, un retour aux valeurs sûres, cela fait du bien ! Ainsi, je retrouve Albert Camus, bien des années après la lecture de L'étranger et de La Chute, et un peu plus récemment La Peste, mon préféré, et Le Premier Homme, roman inachevé sur son père et son enfance. Je ne connaissais pas L'exil et le royaume, recueil de six nouvelles assez longues et qui, bien que très différentes par leurs styles et leurs atmosphères, se rejoignent sur les thèmes de la solitude, du sentiment d'étrangeté ressenti dans un autre pays que le sien, de l'incompréhension. Quelques mots sur chacune vous en donneront une idée :
    La femme adultère : Une femme accompagne son mari dans une tournée dans les petits bourgs du désert, et côtoyer des nomades lui fait remettre son existence entière en question. C'est un très beau texte.
    Le renégat : Un missionnaire devient l'esclave et le serviteur de ceux qu'il était venu convertir. Sa voix intérieure, ses pensées chaotiques, la violence sont très forts, très durs dans cette nouvelle.
    Les muets : Des ouvriers d'une tonnellerie sont contraints de reprendre le travail après une longue grève qui n'a pas abouti. Les relations avec leur patron, pas si inhumain, sont finement analysées, le ton est mélancolique lorsque le personnage principal évoque sa jeunesse.
    L'hôte : Dans un village perdu de la montagne algérienne, l'instituteur voit arriver un gendarme qui lui confie un prisonnier. Cette nouvelle est pleine d'humanité, mais aussi d'incompréhension.
    Jonas : Dans ce texte plus léger, mais doux-amer, sûrement inspiré du quotidien ou de connaissances de Camus, un peintre a de plus en plus de mal à travailler à mesure que la célébrité s'installe. le rapport avec l'exil paraît moins évident, mais on le comprend au bout d'un moment !
    La pierre qui pousse : Un ingénieur vient visiter une ville portuaire en Amazonie et fait la connaissance de quelques habitants. Pourront-ils se comprendre malgré des cultures bien différentes ?
    Outre le thème de l'exil, un autre point commun à ces nouvelles est le cadre, le paysage : les descriptions en sont très belles, à tel point qu'elles donnent l'impression d'avoir des photos sous les yeux.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-albert-camus-l-exil-et-l..
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  • Par charlottelit, le 06 août 2011

    charlottelit
    une petite musique et la tristesse qui sourd d'exister sans savoir pourquoi mais aussi : le courage d'aller, de travailler, dans le désert et d'y faire des rencontres inoubliables
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 21 février 2010

    Depuis toujours, sur la terre sèche, raclée jusqu'à l'os, de ce pays démesuré, quelques hommes cheminaient sans trêve, qui ne possédaient rien mais ne servaient personne, seigneurs misérables et libres d'un étrange royaume. Janine ne savait pas pourquoi cette idée l'emplissait d'une tristesse si douce et si vaste qu'elle lui fermait les yeux. Elle savait seulement que ce royaume, de tout temps, lui avait été promis et que jamais, pourtant, il ne serait le sien, plus jamais, sinon à ce fugitif instant, peut-être, où elle rouvrit les yeux sur le ciel soudain immobile, et sur les flots de lumière figée, pendant que les voix qui montaient de la ville arabe se taisaient brusquement. Il lui sembla que le cours du monde venait alors de s'arrêter et que personne, à partir de cet instant, ne vieillirait plus ni ne mourrait. En tous lieux, désormais, la vie était suspendue, sauf dans son coeur où, au même moment, quelqu'un pleurait de peine et d'émerveillement.
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  • Par diborde, le 06 mars 2012

    Dans la chambre où, depuis un an, il dormait seul, cette présence le gênait. Mais elle le gênait aussi parce qu'elle lui imposait une sorte de fraternité qu'il refusait dans les circonstances présentes et qu'il connaissait bien : les hommes, qui partagent les mêmes chambres, soldats ou prisonniers, contractent un lien étrange comme si, leurs armures quittées avec les vêtements, ils se rejoignaient chaque soir, par-dessus leur différences, dans la vieille communauté du songe et de la fatigue. (L'Hôte)
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  • Par diborde, le 03 février 2012

    Puissant, oui, c'était le mot que, sans cesse, je roulais sur ma langue, je rêvais du pouvoir absolu, celui qui fait mettre genoux à terre, qui force l'adversaire à capituler, le convertit enfin, et plus l'adversaire est aveugle, cruel, sûr de lui, enseveli dans sa conviction, et plus son aveu proclame la royauté de celui qui a provoqué sa défaite. (Le Renégat)
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  • Par JLM56, le 24 février 2012

    La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent.

    La mort n'est rien. Ce qui importe, c'est l'injustice.

    La joie est une brûlure qui ne se savoure pas.

    La grandeur de l'homme est dans sa décision d'être plus fort que sa condition.

    La bêtise insiste toujours

    L'homme est du bois dont on fait les bûchers.

    L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile.

    L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites.

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  • Par Elisanne, le 14 mai 2010

    Devant elle, les étoiles tombaient, une à une, puis s’éteignaient parmi les pierres du désert, et à chaque fois Jeanine s’ouvrait un peu plus à la nuit. Elle respirait, elle oubliait le froid, le poids des êtres, la vie démente ou figée, la longue angoisse de vivre et de mourir.
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