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ISBN : 275291072X
Éditeur : Phébus (03/01/2017)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 8 notes)
Résumé :
La reine Marie-Antoinette a longtemps désespéré d'être grosse, comblant son manque d'enfants par l'adoption d'orphelins. Comme ce gosse recueilli au bord d'une route et qu'elle prénomme Martin. Il a une bouille de chérubin, et un sourire permanent qui ne trahit pas ses angoisses intimes. Parce qu'il ne parle pas, il gagne très vite à Versailles une réputation de petit sauvage. C'est au Hameau, près du Petit Trianon, qu'il grandit, vacher d'une ferme modèle où... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
14 janvier 2017
  • 2/ 5
Merci à Babélio et aux éditions Phébus qui m'ont permis de découvrir Christian Chavassieux dans le cadre de cette Masse Critique.
1777-1794
Marie-Antoinette, mariée depuis sept ans au roi Louis XVI se languit d'enfant. Elle en adopte plusieurs qu'elle mignote avec amour. Elle leur donne un nouveau prénom, des vêtements princiers, une éducation de choix et des manières de cour. C'est ce qui arrive à un petit garçon de cinq ans, orphelin, qui devient la coqueluche des proches de la reine tant son visage aux commissures relevées semble constamment sourire. La reine l'appelle Martin Sourire. Adoration de part et d'autre. de courte durée pour Martin car en 1778, la reine devient mère et elle confie Martin à une domestique sans plus trop se soucier de lui. de main en main, le garçonnet finit vacher dans le ravissant hameau rousseauiste que Marie-Antoinette fait construire à deux pas du petit Trianon.
Lorsque la famille royale est emmenée à Paris en 1789, Martin la suit mais dans une autre direction. Il trouve un emploi dans le plus grand restaurant de l'époque, le Beauvilliers, et fait connaissance avec le peuple, brutal, miséreux et grondant, que la prise de la Bastille a conforté dans ses revendications. Plus tard, Martin devient l'homme de confiance de l'architecte Etienne-Louis Boullée. En 1790, empli de l'idéologie révolutionnaire, il entre dans la Garde nationale, puis devient volontaire et participe à la guerre de Vendée. Dans les rangs des colonnes infernales, le sang appelle le sang et l'idéalisme se transforme en assassinats répétés. Son retour au foyer sera compliqué.
Pas d'intrigues, pas de héros, pas d'identification. le personnage principal a été glissé dans cette partie de l'histoire de France pour permettre à l'auteur de s'épancher sur certains épisodes et personnages moins connus de cette époque troublée. L'idée est sympathique et plaide en faveur d'une recherche documentaire approfondie au détriment du roman.
La construction du hameau de la reine et l'ambiance active qui règne dans ce village miniature n'ont plus de secret pour le lecteur. La vie dans les cuisines du Beauvilliers fait immanquablement penser au Ratatouille de Pixar, tandis que l'oeuvre visionnaire et fascinante de l'architecte Boullée se lit passionnément à travers ses projets et dessins soigneusement conservés aujourd'hui à la Bibliothèque nationale. le chapitre consacré à l'action sanglante des colonnes infernales du général Huché à La Gaubretière, les paragraphes relatifs aux protagonistes de la Terreur ainsi que les pages commentant les supplices librement consentis des convulsionnaires, mettent du piment dans cette lecture agréable qui, faute de consistance dans les caractères des personnages, ne laissera cependant pas de souvenir durable.
Puisque Martin est un enfant volé, il semblerait logique qu'il cherche à retrouver ses origines, ses frères et soeurs mais il se contente d'une consultation chez un tarologue véreux. Dommage.
L'écriture est extrêmement soignée et renforcée par l'utilisation de vocabulaire de l'époque. Mention spéciale pour les annexes fort intéressantes qui témoignent de cet esprit de recherche et d'analyse de l'auteur : une chronologie simple mais efficace, un glossaire des mots anciens, une biographie significative de tous les personnages mis en scène et, surtout, une bibliographie annotée et commentée que, pour ma part, je ne me souviens pas avoir vue chez un autre auteur.
Nul doute que je me donnerai une autre chance de mieux connaître Christian Chavassieux.
2,5/5
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ladesiderienne
17 janvier 2017
  • 4/ 5
Avec cette lecture, c'est une fort belle découverte que je viens de faire grâce à Babelio et aux Éditions Phebus. Je les en remercie d'ailleurs. Dès les premières pages, je suis tombée sous le charme de l'écriture de Christian Chavassieux (auteur que je ne connaissais pas alors que finalement nous sommes presque voisins...). Quelle plume flamboyante ! le style qui mêle habilement le vocabulaire du XVIIIième siècle et l'argot de la rue donne au récit une vivacité surprenante qui balade le lecteur de la poésie bucolique au plus sordide réalisme. L'exaltation de l'auteur atteint son apogée dans des descriptions qui peuvent s'étendre sur plusieurs pages mais où, en aucun cas, l'ennui ne transperce. Je reste encore sous le choc de sa vision totalement hallucinante de Paris (chapitre 1, 2ième partie). Quant à la retranscription des cuisines d'un grand restaurant (d'autant plus indécente qu'à côté de cette débauche de plats, le peuple meurt de faim), elle met carrément l'eau à la bouche.
J'ai été également séduite par l'histoire de ce jeune orphelin enlevé des bras de sa grand-mère par la Reine Marie-Antoinette en mal d'enfants. La procédure est courante chez elle, l'adoption lui est facile. Conquise par le visage perpétuellement souriant de l'enfant, elle le baptise "Martin Sourire" et l'emmène à ses côtés à Versailles. Ayant enfin assuré sa propre descendance, voilà que la bonhomie de l'enfant la lasse. Martin se retrouve alors vacher près du Petit Trianon, dans la ferme que se fait construire Marie Antoinette où elle aime à se réfugier loin du protocole de la cour. Dans une deuxième partie du roman, à l'adolescence, Martin va enfin découvrir Paris et les coulisses de la Révolution qui se prépare avant d'y prendre part dans la dernière partie.
Plus qu'un roman historique, c'est un roman d'apprentissage que nous livre Christian Chavassieux. Comme il le dit lui-même en postface, il se limite à effleurer cette période, en faisant côtoyer l'histoire de son personnage avec la grande Histoire.
J'ai aimé l'innocence, la naïveté de Martin. Il se contente de ce que le destin veut bien lui accorder, il ne se plaint pas de son sort, se rendant directement responsable de ce qui lui est arrivé (il ne fallait pas tendre les bras à la Reine lorsqu'elle est passée !). En apprenant de ceux qu'il côtoie, finalement il ne s'en tire pas si mal, il apprend notamment à lire. Politiquement, bien sûr, ses opinions ne sont pas très définies. Sa propre identité est confuse, comme l'est sa vision du monde. Malheureusement, c'est le sang versé au cours des guerres de Vendée auxquelles il va participer, qui signera la fin de son insouciance et transformera son beau sourire en rictus.
Ce roman où l'auteur mêle le produit de son imagination à des faits historiques réels (il démêle le vrai du faux dans la postface et y apporte quelques explications intéressantes) m'a beaucoup plu. Malgré quelques longueurs ressenties dans la troisième partie, j'accorde un 16/20 à Christian Chavassieux et j'espère découvrir prochainement ses autres récits.
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c.brijs
14 janvier 2017
  • 4/ 5
Après Mausolées, avec La vie volée de Martin Sourire, c'est le deuxième titre de Christian Chavassieux que j'ai le plaisir de lire. Dans ces deux titres, j'y ai retrouvé les mêmes ingrédients : une intrigue forte qui vous happe dès les premiers mots, une écriture vive et soignée et, surtout, des descriptions à couper le souffle qui, pour certaines, à force de réalisme, peuvent être dérangeantes et vous poursuivre bien longtemps après avoir refermé l'ouvrage.
"Le sourire de Martin était une particularité de sa physionomie et ne trahissait rien de ses passions intimes."
Martin, c'est un garçonnet à la bouille souriante qui charme la reine Marie-Antoinette alors qu'elle traverse la campagne parisienne. Quelques pièces glissées dans les mains de la grand-mère et voici l'enfant emporté à Versailles. Rebaptisé Martin par la souveraine en manque d'enfant à choyer, il déçoit rapidement : malgré les efforts déployés, il reste silencieux et sauvage. Confié de main en main, il finit par se retrouver vacher dans la ferme pédagogique du château. Son mutisme ne l'empêche pas d'observer tout ce qui l'entoure et de pressentir les changements qui sont en marche. Osera-t-il franchir les grilles du domaine, naître à sa propre vie et s'affranchir de cette étiquette d'"enfant de la reine" qui lui colle à la peau ?
"Il y aura un jour, après. C'est aussi inconfortable que de se trouver au milieu d'un gué, mais enfin, c'est essentiel d'avoir compris que les phases de la vie connaissent des fins et sont annonciatrices de changements."
Dans ce roman découpé en trois parties, l'auteur nous fait vivre de l'intérieur, par l'intermédiaire de ce gamin du peuple "adopté" par la reine, les années révolutionnaires. L'histoire s'ouvre avec l'enlèvement de Martin, en 1777, et s'achève en 1794 alors qu'il revient de la meurtrière campagne de Vendée. Entre les deux, on découvre sa vie à Versailles, moins dans le château qu'il fréquente très peu de temps finalement que dans ce petit village miniature construit de toutes pièces pour le plaisir de la reine et de sa cour. On le suit dans ses premiers pas de jeune homme à Paris, des rues sordides à l'appartement d'un grand architecte qui le prend sous son aile en passant par les cuisines du meilleur restaurant de la ville. Pour finir, dans un flashback terrible, on revit par bribes les exactions commises sous le régime de la Terreur.
"Il y avait bien une noble mission, à l'origine, là-bas, au premier de nos pas, il y avait une idée de grandeur et d'élévation quelque part à la source, mais la confier aux loups et aux corbeaux... ils font tout salement, dévorent les proies toutes vies, se foutent des plaintes des corps qu'ils déchirent (...)"
C'est sans conteste cette troisième partie qui marque les esprits. Bien évidemment, elle ne serait rien sans les deux précédentes. Dès le départ, on s'attache à ce gamin qui manque cruellement d'amour mais qui grandit bien. On se félicite de le voir s'instruire progressivement, de le voir se tenir éloigné autant que possible des manipulations des uns et des autres. On pressent toutefois qu'il ne pourra en être ainsi jusqu'au bout, qu'il lui faudra à un moment ou à un autre épouser une cause. le prix à payer en est cependant bien cruel et nous renvoie à des questionnements bien actuels sur ce que les causes "justes" peuvent, lorsqu'elles s'aveuglent elles-mêmes, engendrer de violence et de morts.
"Tout nouvel arbre est né d'un ancêtre disparu, réduit à une souche corrompue."
Avec notre regard actuel, nos tripes se tordent en voyant notre héros - homme comme les autres qui vit le moment présent sans avoir le recul nécessaire pour en juger l'impact - se débattre avec ses démons. Aujourd'hui, on parlerait de stress post-traumatique. Aujourd'hui, dans le meilleur des cas, il serait suivi. En 1794, il ne peut compter que sur son intelligence, sa force de caractère et l'amour des siens...
Pour prolonger le plaisir de cette lecture des plus prenantes, le lecteur découvrira en fin d'ouvrage différentes annexes avec notamment quelques repères chronologiques bien utiles. A travers ces ultimes pages, l'auteur nous explique en outre quel a été son parti pris lorsqu'il a écrit cet ouvrage. Il ne se prétend ni historien, ni pédagogue mais tout au plus "historien savamment imprudent".
J'ai aimé cette "imprudence" qui nous donne à lire la Vie plutôt que L Histoire !
Lien : http://lacoupeetleslevres.bl..
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sl972
14 janvier 2017
  • 4/ 5
Tout d'abord, je tiens à remercier Babelio et les éditions Phébus qui, grâce à l'opération Masse critique, m'ont fait découvrir un roman qui mérite vraiment d'être connu.
Comme le titre l'indique, nous suivons Martin. Au début du roman, il a cinq ans et est orphelin. Confié à sa grand-mère, son destin bascule le jour où sa route croise celle de la reine Marie-Antoinette. La reine, mariée depuis plusieurs années, n'a toujours pas d'enfants ; pour combler ce manque, elle en choisit certains, les pouponne, parfois les oublie. Martin est de ceux-là.
Le sourire constant de cet enfant a captivé la reine et elle l'emmène avec elle à Versailles ; cette période sera cependant bien courte et, délaissé par celle qui l'a recueilli et nommé, Martin finit par travailler au hameau de la reine, reconstitution factice d'un village idéal. le destin de Martin n'est cependant pas limité aux murs de cet endroit isolé de la réalité et, quand la Révolution arrive aux portes de Versailles, le garçon en profite pour quitter cette prison dorée. Je ne vous en dirai pas plus, à vous de découvrir la suite.
Avec La vie volée de Martin Sourire, Christian Chavassieux nous offre un point de vue très particulier sur Versailles et la Révolution française. Il n'y a pas de vue objective, ce n'est pas un historien qui parle ; non, nous découvrons la vie d'un homme, et il s'avère que, par moments, son histoire personnelle croise la grande Histoire. C'est un point à ne pas perdre de vue car il a une grande importance sur le récit lui-même : nous ne savons que ce que Martin sait ou devine, nous ne connaissons que son avis personnel ou ce que d'autres lui disent, rien n'est objectif.
L'atmosphère de cette époque clef de l'Histoire de France est néanmoins très bien recréée et on sent qu'il a fallu un énorme travail de recherche pour aboutir à ce roman. L'impressionnante bibliographie – commentée ! –, les repères historiques, le lexique et les notices bibliographiques présentés à la fin du livre ne font que confirmer cette impression première.
En conclusion, ce roman possède un style intéressant et propose une perspective originale sur Versailles, ainsi que sur la Révolution française et ses conséquences. Je ne me suis pas ennuyée ne seule seconde en le lisant et je ne peux que le recommander à tous ceux qui apprécient cette époque.
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charlitdeslivres
12 janvier 2017
  • 2/ 5
Tout d'abord un grand merci à Babelio et aux éditions Phébus qui m'ont permis de découvrir ce roman.
Pour cette chronique, il me semble que je vais manquer d'objectivité, pour la simple raison que cette lecture ne fut pas bonne. En effet, je me suis lancée dans ce roman après avoir lu deux recueils de poésies qui m'ont tout simplement bouleversée. Ils furent tous les deux remarquablement bien écris et traitant d‘un sujet qui pour l'un comme pour l'autre m'a touchée profondément. Autant vous dire que la lecture qui allait passer après cela, allait malheureusement avoir du mal à rester au niveau.
D'autant plus que j'avais accepté ce roman car je pensais qu'il traitait plus sur la vie de Marie Antoinette qu'il le fait en réalité. En résumé, le timing ainsi que mon appréhension de ce roman n'a fait que renforcer ma déception envers cette lecture. Pour en revenir au texte lui-même, je vais essayer de vous en donner un aperçu qui vous permettra peut être de vous familiariser avec ce roman et de vous donner envie de le découvrir.
Le très grand point positif de ce roman est à mes yeux son écriture. On va rentrer dans ce texte avec beaucoup de simplicité, amené par une écriture fluide et sans fioriture. Ce point est certainement le plus grand avantage de notre lecture. Un style simple qui permet au lecteur de rentrer immédiatement dans le récit.
Le problème que j'ai rencontré est avant tout le manque de relief à l'intrigue et au texte en général. Tout au long de ma lecture, je me suis ennuyée. J'avais besoin que l'histoire décolle et cela ne fut pas le cas. Mais encore une fois, n'est-ce pas dû à la brutalité de mes lectures précédentes ? Il en reste que le texte ne m'a pas touchée, et en suivant le parcours de notre jeune héros, je réalisais que je n'avais plus d'intérêt pour sa vie et ses choix.
C'est dommage car la réflexion sur la vie à cette époque est complète. L'auteur nous présente ce besoin d'appartenance chez ce jeune orphelin, enlevé, sans famille et à la recherche de son identité. le tout complété par la période de la révolution qui fut un besoin du peuple de « devenir » quelqu'un a part entière : un citoyen pour son pays. Malgré ce point qui est amené de manière intelligente, on n'arrive pas à garder son intérêt et l'ennui monte de page en page.
Le texte parvient tout de même en troisième et dernière partie à s'affirmer. L'auteur nous dresse des passages pendant la guerre et surtout sur la manière dont les soldats doivent redevenir des hommes en rentrant. Avec cette dernière partie on se dit que le roman a mûri avec les pages, mais on regrette que cela ai pris tant de temps.
Pour cette lecture j'aimerais beaucoup avoir des avis complémentaires, pour comprendre si mon ressenti est justifié ou juste lié à mes lectures précédentes ?!
Lien : https://charlitdeslivres.wor..
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne16 janvier 2017
Martin s'adosse au mur, sort sa pipe et l'allume, s'attarde à observer sa compagne derrière les hachures du trafic qui se densifie. Marianne. Martin savoure le plaisir de la regarder, la tombée épaisse de ses jupons évasés en cloche, ses mèches sur le front, son bonnet blanc, il s'attendrit longuement à ses mimiques, à ses rires, aux gestes d'encouragement qu'elle prodigue. Martin ne ressent pas le froid ; il est tout réchauffé de son amour. Comment une telle fée peut-elle avoir prêté attention à quelqu'un d'aussi terne que lui ? Quel étrange moment, ce temps suspendu où il est spectateur ! C'est cela, une vie, se demande Martin, c'est ce calme, cette simplicité, cette évidence ? Au milieu de cette douceur, il perçoit cependant une vague anxiété. Elle ressemble à la sensation venue naguère avec la certitude que la routine des jours connait une fin. Il comprend qu'elle en est une nuance. La certitude de la fin, pareillement, mais cette fois, redoutée.
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ladesiderienneladesiderienne17 janvier 2017
La maturité précoce causée par la difficulté à se nourrir bien, à se protéger du froid ou à endurer la chaleur marque plus vite les muscles et le corps. Le sourire de Martin aurait pu s'y abîmer. Il s'est réduit mais il est toujours là, plus subtil peut-être, plus équivoque, plus séduisant. Des femmes se prennent à son piège.
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ClaireGClaireG14 janvier 2017
Aux beaux jours, le hameau à présent terminé est plus que jamais le refuge de la reine. De mauvaises langues disent qu'elle y joue à la petite bergère. En vérité, elle prend simplement plaisir à s'y promener, goûtant la magie ineffable d'évoluer dans un tableau vivant. Là, elle est protégée des rigidités de la Cour, de Mme de Noailles et de ses pénibles rappels à l'étiquette, des médisances surtout, des billets insultants qu'on découvre dans les couloirs et jusqu'aux appartements.

pp. 51-52
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ladesiderienneladesiderienne13 janvier 2017
Car la chasse est le loisir préféré et le privilège du roi, on ne tolère aucune exception. Même la noblesse ne toucherait pas un perdreau du domaine royal tombé dans son jardin, et les gardes-chasse abattent le moindre bichon en promenade, jusqu'aux pieds de sa maîtresse éplorée. Tous les terrains qui entourent Paris et Versailles sont à la seule disposition du monarque. La réserve est si vaste que le roi ne porte ses coups en certains endroits qu'une fois tous les trois ans. En attendant, les paysans affamés doivent laisser les perdrix glaner leurs semences, les lapins par milliers dévorer leur subsistance et les regarder en retour, narquois, assis sur leur derrière. On espère la chasse royale, qui va massacrer peut-être deux mille pièces d'un coup, et repartir. La faune rescapée, soulagée, poursuit alors sa paisible et infatigable reproduction.
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ladesiderienneladesiderienne13 janvier 2017
Ce qu'ils ont devant eux, c'est la nudité de ce garçon poussé à dix-neuf ans sur un trône dont il n'avait rêvé que pour le redouter, qui s’évanouit quand il apprit qu'il était roi, reprit conscience en soupirant "quel fardeau !", dut accepter une couronne dont il avait dit "elle me gêne" dès le sacre, et qui doit se faire obéir de tous, alors que sa piété l'enferme et que son intelligence le paralyse de doutes.
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