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ISBN : 2330030649
Éditeur : Actes Sud (2014)


Note moyenne : 4.71/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« La Bataille d’Occident est l’un des noms de nos exploits imaginaires. C’est un récit de la Grande Guerre, celle de 14-18, où nos différentes traditions de « maîtres du monde » manifestèrent ouvertement leur grande querelle. Il en résulta un charnier sans précédent, la... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par tedofkilter, le 31 août 2014

    tedofkilter
    Comment peut-on aborder la Première Guerre Mondiale avec un regard nouveau ? Comment peut-on apporter du neuf parmi tout ce qui a été dit sans être redondant ? Comment condenser en peu de pages un évènement qui nécessite généralement l'écriture de pavés richement détaillés ?
    La bataille d'Occident d'Eric Vuillard est une potentielle réponse à toutes ces questions. Dans un texte court agrémenté de quelques photos pour illustrer ses propos, Vuillard parle de cette grande guerre, de ses origines, des ses enjeux, ses stratégies et ses attentes. Délaissant un peu le facteur humain et s'attachant plus volontairement à certains éléments clés, l'auteur s'intéresse un peu plus au décisionnaire et à l'économie de la guerre, à la course à l'armement et aux alliances passées et/ou brisées.

    Cet essai n'est pas qu' un essai mais aussi un roman, outre les faits historiques relatés et l'analyse très fine d'Eric Vuillard, le style de l'auteur apporte un côté inédit à cette histoire. le beau et le poétique croisent le moins beau et l'horrible.
    Une manière inédite et un œil neuf pour revisiter cette grande guerre, un auteur à la plume fine et ciselée qui tranche dans le gras pour faire exploser l'essentiel. La bataille d'Occident est une sublime et ironique analyse, un roman pluraliste historique, une fable contemporaine ou encore un essai sur les stratégies et enjeux de la guerre.
    « Cette fois, ça y est, les ombrelles se ferment, on déserte les cabarets. le printemps a montré ses feuilles vert tendre, elles sont devenues plus larges, plus denses, et le contexte politique s'est gâtés. Les uhlans dorment sur leur lance, les grenadiers somnolents dans la poudre, soudain un coup de clairon les réveille. Il faut y aller. »


    Lien : http://www.undernierlivre.net
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde7, le 09 septembre 2014

    Charybde7
    Comment raconter la guerre et ses origines obscures perdues dans le passé, la bêtise et les passions humaines ? Comment dire «les racines de notre aveuglement face à l’apocalypse» ?
    Ce récit d’Eric Vuillard, paru en 2012 de même que «Congo», remonte dans les racines de la première guerre moderne, ce carnage monumental de 14-18 né du passé et de l’enfance d’hommes qui ont l'air de croire qu’ils continuent de jouer. Le portrait férocement ironique de quelques chefs militaires et va-t-en-guerre, - le comte Alfred von Schlieffen obnubilé par ses plans de bataille, cette «fantastique armure de papier» qui se consumera au combat, Joffre vexé de ses défaites et qui dès novembre 1914 aura limogé quatre-vingt-douze commandants de division ou encore Bertha Krupp qui visite ses usines en robe de mousseline, avec un joli chapeau plein de bégonias -, nous révèle leur indécence et leur aveuglement.
    «Le visage de Schlieffen résume toute l’histoire. La bouche est amère, les paupières lourdes. Sur un portrait célèbre, le comte Alfred von Schlieffen, maigre vieillard aigri, tient – de la main rose et lisse de celui qui n’a jamais planté un clou – le pommeau de son épée. Pourtant des clous, il en plantera dans tous les cœurs, dans toutes les poitrines d’Europe.»
    Eric Vuillard raconte la guerre de façon contrastée, dans un matériau qui rappelle «L’Encyclopédie des guerres» de Jean-Yves Jouannais ; les grands chapitres insoutenables côtoient les détails de l’Histoire, telle la trajectoire de la balle de Gavrilo Princip qui tua Sophie Chotek, telle cette journée du 22 août 14 alors la plus meurtrière de tous les temps. La barbarie succède à l’éclosion des jonquilles et des magnolias au printemps 1914, et les métaphores douces et passionnelles et l’humour du désastre, nous font saisir combien l’homme est dépassé par ses propres mouvements et aveugle face au monde qu’il vient de commencer à enfanter.
    «Les nations crédules envoyèrent leur jeunesse. Ce fut un carnage. La conscription est le nom de ce déchaînement, de cette terrible générosité des corps, où la jeunesse est envoyée mourir au milieu des champs de betteraves sucrières.»
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 31 juillet 2013

    Charybde2
    Brio du mélange d'ironie, de sérieux et de poésie : le monde qui meurt dans le fer et le feu en 1914
    Publié en 2012, presqu'en même temps que "Congo", le cinquième ouvrage d'Éric Vuillard montre de façon peut-être encore plus éclatante, à propos de la course à la boucherie de 1914-1918, cette fois, à quel point la conjonction d'une remarquable capacité de lecture historique synthétique et d'un style narratif tout en ironie, en subtilité et en poésie peut produire une œuvre courte et formidable.
    Passant au crible toute une époque, pas belle du tout, au moment où elle émerge encore à peine des fanfreluches colorées des bals 19ème siècle et des liens consanguins de la noblesse européenne qui dirige encore une grande partie du continent et de ses annexes insulaires, l'auteur décape, comme dans "Congo", le sens des slogans, des discours, des rencontres, et surtout des personnages comme emblèmes de quelque chose, quelque chose qui meurt et quelque chose qui va naître dans une douleur indicible, pour accéder à une vie presque "déjà broyée". Figures historiques hissées avec brio au rang, si ce n'est de mythes, en tout cas d'incarnations d'une faille historique et humaine bien particulière, les Schlieffen, les Moltke, les Joffre, les Foch, ou encore les Krupp, tous dessinent l'avenir qui naît là, dans les champs de coquelicots d'abord, dans l'atroce boue des tranchées ensuite.
    Et encore au-delà d'un récit enlevé, gorgé d'un humour noir et d'une rieuse férocité, Vuillard sidère par l'acuité des rapprochements historiques qu'il établit comme en se jouant, en 180 pages, en phase avec les plus récents travaux sur les liens entre révolutions militaires, industrielles et socio-politiques. du grand art, de l'intelligence, de la saine ruse d'auteur, qu'il ne faut donc pas laisser passer !
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    • Livres 5.00/5
    Par bds, le 12 juillet 2013

    bds
    Exercice très réussi, sur le thème de la Première guerre mondiale, revisitée sous une forme à la fois littéraire, historique et polémique.
    (Florence)

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    • Livres 5.00/5
    Par catherine-mangez, le 26 mai 2012

    catherine-mangez
    Excellent!

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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Aliette Armel pour le Magazine Littéraire

    Au fil du temps historique, la succession des scènes de destruction massive, d’horreurs aux limites de l’indicible, laisse sans réponse satisfaisante les questions qu’elle soul&e... > lire la suite

    Critique de qualité ? (0 l'ont appréciée)

Critiques presse (3)


  • Bibliobs , le 12 juin 2012
    Un petit chef-d'oeuvre de style ironique et d'érudition corrosive, bourré de détails qui ne s'inventent pas sur les méticuleux préparatifs de cet «immense fait divers» […].
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 02 mai 2012
    L'oeil et la plume de l'écrivain éblouissent. Comme sa manière subtile de relire les étapes de la Grande Guerre. De pointer du doigt son vaste gâchis et ce qu'elle a fait naître.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeMonde , le 23 mars 2012
    Ni traité ni roman, La Bataille d'Occident est un récit entièrement consacré au conflit qui a ouvert le siècle en fanfare, jetant au fond du trou des hordes de jeunes gens pleins d'entrain.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par tedofkilter, le 31 août 2014

    Cette fois, ça y est, les ombrelles se ferment, on déserte les cabarets. Le printemps a montré ses feuilles vert tendre, elles sont devenues plus larges, plus denses, et le contexte politique s’est gâtés. Les uhlans dorment sur leur lance, les grenadiers somnolents dans la poudre, soudain un coup de clairon les réveille. Il faut y aller.

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  • Par Charybde2, le 31 juillet 2013

    À l'époque, les régiments de dragons forment le gros de la cavalerie française. On y voit tout un attirail de péplum : crinière, pantalons garance, grand équipement de ceinturon. Mais les Autrichiens ont poussé l'art de la guerre et du plumage encore plus loin que les Français ; leurs régiments se reconnaissent à de subtiles nuances de couleur : le cerise, le rose, l'amarante, le carmin, l'écarlate ou le homard. Les Anglais et les Allemands, eux, sont vêtus de kaki ou de vert-de-gris, c'est plus moderne, mais plus triste. Qu'on imagine à présent toutes ces armées couvertes de galons, de panaches, ces tenues de golf mélangées avec le tartan, le kilt, le pompon, ces képis colorés et ces casques à pointe, toutes sortes de hures picardes ou bataves, sifflant, marchant au pas, dans une grande flaque de soleil ! Voilà une guerre qui se prépare, tout un attirail de sottises, un retard inouï, des progrès bien vilains, un héroïsme qui va être broyé par le fer. Car c'est un monde étrange, double : à la fois très ancien, monde de salpêtre et de roses trémières, monde d'éventails et de mauvaises valses, mais aussi le monde des premiers tanks, des obusiers, des premières grandes machines à faire mourir. Les saint-cyriens iront au feu en belle tenue, on verra de jeunes puceaux, casoars et gants blancs, parader quelques jours, avant que les premières rafales de mitrailleuses ne fauchent leurs plumes.
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Eric Vuillard | Tristesse de la terre
Eric Vuillard présente "Tristesse de la terre" -- collection "Un endroit où aller" -- rentrée française 2014 -- lire un extrait du livre : http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/tristess...








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