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ISBN : 2330002440
Éditeur : Actes Sud (2012)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« La Bataille d’Occident est l’un des noms de nos exploits imaginaires. C’est un récit de la Grande Guerre, celle de 14-18, où nos différentes traditions de « maîtres du monde » manifestèrent ouvertement leur grande querelle. Il en résulta un charnier sans précédent, la... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par tedofkilter, le 31 août 2014

    tedofkilter
    Comment peut-on aborder la Première Guerre Mondiale avec un regard nouveau ? Comment peut-on apporter du neuf parmi tout ce qui a été dit sans être redondant ? Comment condenser en peu de pages un évènement qui nécessite généralement l'écriture de pavés richement détaillés ?
    La bataille d'Occident d'Eric Vuillard est une potentielle réponse à toutes ces questions. Dans un texte court agrémenté de quelques photos pour illustrer ses propos, Vuillard parle de cette grande guerre, de ses origines, des ses enjeux, ses stratégies et ses attentes. Délaissant un peu le facteur humain et s'attachant plus volontairement à certains éléments clés, l'auteur s'intéresse un peu plus au décisionnaire et à l'économie de la guerre, à la course à l'armement et aux alliances passées et/ou brisées.

    Cet essai n'est pas qu' un essai mais aussi un roman, outre les faits historiques relatés et l'analyse très fine d'Eric Vuillard, le style de l'auteur apporte un côté inédit à cette histoire. le beau et le poétique croisent le moins beau et l'horrible.
    Une manière inédite et un oeil neuf pour revisiter cette grande guerre, un auteur à la plume fine et ciselée qui tranche dans le gras pour faire exploser l'essentiel. La bataille d'occident est une sublime et ironique analyse, un roman pluraliste historique, une fable contemporaine ou encore un essai sur les stratégies et enjeux de la guerre.
    « Cette fois, ça y est, les ombrelles se ferment, on déserte les cabarets. le printemps a montré ses feuilles vert tendre, elles sont devenues plus larges, plus denses, et le contexte politique s'est gâtés. Les uhlans dorment sur leur lance, les grenadiers somnolents dans la poudre, soudain un coup de clairon les réveille. Il faut y aller. »


    Lien : http://www.undernierlivre.net
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde7, le 09 septembre 2014

    Charybde7
    Comment raconter la guerre et ses origines obscures perdues dans le passé, la bêtise et les passions humaines ? Comment dire «les racines de notre aveuglement face à l'apocalypse» ?
    Ce récit d'Eric Vuillard, paru en 2012 de même que «Congo», remonte dans les racines de la première guerre moderne, ce carnage monumental de 14-18 né du passé et de l'enfance d'hommes qui ont l'air de croire qu'ils continuent de jouer. le portrait férocement ironique de quelques chefs militaires et va-t-en-guerre, - le comte Alfred von Schlieffen obnubilé par ses plans de bataille, cette «fantastique armure de papier» qui se consumera au combat, Joffre vexé de ses défaites et qui dès novembre 1914 aura limogé quatre-vingt-douze commandants de division ou encore Bertha Krupp qui visite ses usines en robe de mousseline, avec un joli chapeau plein de bégonias -, nous révèle leur indécence et leur aveuglement.
    «Le visage de Schlieffen résume toute l'histoire. La bouche est amère, les paupières lourdes. Sur un portrait célèbre, le comte Alfred von Schlieffen, maigre vieillard aigri, tient – de la main rose et lisse de celui qui n'a jamais planté un clou – le pommeau de son épée. Pourtant des clous, il en plantera dans tous les coeurs, dans toutes les poitrines d'Europe.»
    Eric Vuillard raconte la guerre de façon contrastée, dans un matériau qui rappelle «L'Encyclopédie des guerres» de Jean-Yves Jouannais ; les grands chapitres insoutenables côtoient les détails de l'Histoire, telle la trajectoire de la balle de Gavrilo Princip qui tua Sophie Chotek, telle cette journée du 22 août 14 alors la plus meurtrière de tous les temps. La barbarie succède à l'éclosion des jonquilles et des magnolias au printemps 1914, et les métaphores douces et passionnelles et l'humour du désastre, nous font saisir combien l'homme est dépassé par ses propres mouvements et aveugle face au monde qu'il vient de commencer à enfanter.
    «Les nations crédules envoyèrent leur jeunesse. Ce fut un carnage. La conscription est le nom de ce déchaînement, de cette terrible générosité des corps, où la jeunesse est envoyée mourir au milieu des champs de betteraves sucrières.»
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    • Livres 3.00/5
    Par Rodin_Marcel, le 19 juin 2015

    Rodin_Marcel
    Vuillard Eric, - "La bataille d'Occident : récit" – Actes Sud, 2012. (ISBN 978-2330030643)

    Il ne s'agit ni tout à fait d'un roman puisque les personnages sont réels, ni tout à fait d'un essai, puisque l'auteur tente d'entrer dans la tête de ces personnages pour les faire parler, pour imaginer ce qu'ils auraient pu dire. Les diverses recensions de ce livre avaient attiré mon attention car elles soulignaient l'une des tendances forts de l'historiographie relativement récente concernant la Première Guerre Mondiale, tendance s'appuyant sur un constat : il n'y eut pas de causes "objectives" réellement sérieuses au déclenchement de ce qui allait être le Suicide de l'Europe, contrairement à ce que proclament les manuels d'histoire classiques, peu avares en grands tableaux et grands discours sur les ambitions coloniales des puissances européennes, les rivalités franco-allemandes, l'économie de ceci ou de cela. Non.

    Certains historiens en viennent aujourd'hui à souligner combien cette guerre, la Grande Tuerie, fut délibérément préparée, voulue et déclenchée par une partie de l'élite de chacun des pays belligérants, quel que soit leur camps, en France, Angleterre, Russie, Italie, Allemagne ou Autriche etc. Partant de là, l'auteur tente de rendre compte des sentiments et idées qui pouvaient tarauder certains des responsables directs du déclenchement de la Grande Tuerie. Il commence par von Schlieffen, ce militaire prussien à l'origine du plan d'invasion de la France qui faillit si bien réussir. Il passe ensuite à l'archiduc François-Ferdinand, sa femme Sophie Chotek, et leur meurtrier de Sarajevo, Gavrilo Princip, entouré de ses deux complices. Il met en scène le futur maréchal Joffre, le Kaiser qui collectionne les timbres-poste, le roi George V préoccupé de ses parties de tennis, le tsar Nicolas II se livrant à des régates, le tout dans un style bien sûr exquis.
    Après quoi il met en scène des soldats de la base, dans l'affrontement des 21, 22 et 23 août 1914 qui, dès ces premiers jours, vit le massacre de plusieurs dizaines de milliers de jeunes hommes, une hécatombe encore jamais vu jusque-là dans un si court laps de temps.

    Le texte devient ensuite plus abstrait, plus général : sa thèse centrale est développée dans les pages 160 à 163. La fin est quelque peu décevante, fort éloignée de l'objet initial même si cela se veut métaphorique.
    Je suis un peu déçu, je m'attendais à un essai plus fouillé, et surtout à une présentation beaucoup plus détaillée des membres de cette élite, qui décidèrent de lancer cette guerre pour des raisons purement idéologiques, si ce n'est hélas "idéalistes"...
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 31 juillet 2013

    Charybde2
    Brio du mélange d'ironie, de sérieux et de poésie : le monde qui meurt dans le fer et le feu en 1914
    Publié en 2012, presqu'en même temps que "Congo", le cinquième ouvrage d'Éric Vuillard montre de façon peut-être encore plus éclatante, à propos de la course à la boucherie de 1914-1918, cette fois, à quel point la conjonction d'une remarquable capacité de lecture historique synthétique et d'un style narratif tout en ironie, en subtilité et en poésie peut produire une oeuvre courte et formidable.
    Passant au crible toute une époque, pas belle du tout, au moment où elle émerge encore à peine des fanfreluches colorées des bals 19ème siècle et des liens consanguins de la noblesse européenne qui dirige encore une grande partie du continent et de ses annexes insulaires, l'auteur décape, comme dans "Congo", le sens des slogans, des discours, des rencontres, et surtout des personnages comme emblèmes de quelque chose, quelque chose qui meurt et quelque chose qui va naître dans une douleur indicible, pour accéder à une vie presque "déjà broyée". Figures historiques hissées avec brio au rang, si ce n'est de mythes, en tout cas d'incarnations d'une faille historique et humaine bien particulière, les Schlieffen, les Moltke, les Joffre, les Foch, ou encore les Krupp, tous dessinent l'avenir qui naît là, dans les champs de coquelicots d'abord, dans l'atroce boue des tranchées ensuite.
    Et encore au-delà d'un récit enlevé, gorgé d'un humour noir et d'une rieuse férocité, Vuillard sidère par l'acuité des rapprochements historiques qu'il établit comme en se jouant, en 180 pages, en phase avec les plus récents travaux sur les liens entre révolutions militaires, industrielles et socio-politiques. du grand art, de l'intelligence, de la saine ruse d'auteur, qu'il ne faut donc pas laisser passer !
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    • Livres 4.00/5
    Par Cacha, le 22 juin 2015

    Cacha
    Livre très intéressant sur la 1ère guerre mondiale. Bien documenté, bien raconté, le langage est imagé.

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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Aliette Armel pour le Magazine Littéraire

    Au fil du temps historique, la succession des scènes de destruction massive, d’horreurs aux limites de l’indicible, laisse sans réponse satisfaisante les questions qu’elle soul&e... > lire la suite

    Critique de qualité ? (1 l'ont appréciée)

Critiques presse (3)


  • Bibliobs , le 12 juin 2012
    Un petit chef-d'oeuvre de style ironique et d'érudition corrosive, bourré de détails qui ne s'inventent pas sur les méticuleux préparatifs de cet «immense fait divers» […].
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 02 mai 2012
    L'oeil et la plume de l'écrivain éblouissent. Comme sa manière subtile de relire les étapes de la Grande Guerre. De pointer du doigt son vaste gâchis et ce qu'elle a fait naître.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeMonde , le 23 mars 2012
    Ni traité ni roman, La Bataille d'Occident est un récit entièrement consacré au conflit qui a ouvert le siècle en fanfare, jetant au fond du trou des hordes de jeunes gens pleins d'entrain.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par tedofkilter, le 31 août 2014

    Cette fois, ça y est, les ombrelles se ferment, on déserte les cabarets. Le printemps a montré ses feuilles vert tendre, elles sont devenues plus larges, plus denses, et le contexte politique s’est gâtés. Les uhlans dorment sur leur lance, les grenadiers somnolents dans la poudre, soudain un coup de clairon les réveille. Il faut y aller.

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  • Par Charybde2, le 31 juillet 2013

    À l'époque, les régiments de dragons forment le gros de la cavalerie française. On y voit tout un attirail de péplum : crinière, pantalons garance, grand équipement de ceinturon. Mais les Autrichiens ont poussé l'art de la guerre et du plumage encore plus loin que les Français ; leurs régiments se reconnaissent à de subtiles nuances de couleur : le cerise, le rose, l'amarante, le carmin, l'écarlate ou le homard. Les Anglais et les Allemands, eux, sont vêtus de kaki ou de vert-de-gris, c'est plus moderne, mais plus triste. Qu'on imagine à présent toutes ces armées couvertes de galons, de panaches, ces tenues de golf mélangées avec le tartan, le kilt, le pompon, ces képis colorés et ces casques à pointe, toutes sortes de hures picardes ou bataves, sifflant, marchant au pas, dans une grande flaque de soleil ! Voilà une guerre qui se prépare, tout un attirail de sottises, un retard inouï, des progrès bien vilains, un héroïsme qui va être broyé par le fer. Car c'est un monde étrange, double : à la fois très ancien, monde de salpêtre et de roses trémières, monde d'éventails et de mauvaises valses, mais aussi le monde des premiers tanks, des obusiers, des premières grandes machines à faire mourir. Les saint-cyriens iront au feu en belle tenue, on verra de jeunes puceaux, casoars et gants blancs, parader quelques jours, avant que les premières rafales de mitrailleuses ne fauchent leurs plumes.
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  • Par Jaklek, le 19 mars 2015

    - En France, Jaurès dénonce les manoeuvres du gouvernement; il ne veut pas de cette guerre où les peuples n'ont rien à faire.Il s'époumone, se fâche, mais il y a dans sa voix une sorte de douceur.Quand, tout à coup, une main apparaît, tenant un revolver ; le doigt presse la détente, la gâchette libère le chien qui heurte.L'amorce pète et le petit cylindre de plomb quitte sa chambre et commence sa course effrénée à la vitesse de presque trois cent mètres par seconde... il pénètre l'os...Et ça traverse la cervelle, ressort, mettons par le front, là où se trouve la mystérieuse grotte qui pense.
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Vidéo de Eric Vuillard

Eric Vuillard présente "Tristesse de la terre" (Roman des étudiants France Culture Télérama) .
A lire "Tristesse de la terre" d'Eric Vuillard Roman sélectionné pour la deuxième édition du Prix du Roman des étudiants France Culture-Télérama. Réalisation : Alice Gancel et Pierrick Allain Pour suivre nos vidéos, abonnez-vous à la chaîne Télérama ou rejoignez-nous sur : https://www.facebook.com/Telerama https://twitter.com/Telerama?








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