Même si les cérémonies publiques et les déclarations convenues essayaient d'enterrer le passé, celui-ci continuait à se glisser par les fissures d'une société habituée aux apparences, aux décors trompeurs et aux compromis en coulisse. le passé était une blessure qui n'avait jamais été totalement désinfectée et laissait échapper sa pestilence à la moindre inadvertance."
Détective privé à Santiago, Hérédia se voit demander par Griseta, avec qui il entretient une liaison passionnée mais hachée, de faire la lumière sur le probable assassinat de German Reyes, dont la soeur est son amie. Il accepte, et poursuit cette enquête à sa façon : il déambule beaucoup dans la ville, n'hésite pas à fréquenter les bars, met sur le coup un policier, un ami qui tient un kiosque, un journaliste et au fil du temps obtient des renseignements, parfois en bousculant les choses, souvent grâce à une réflexion de hasard, y compris de son chat
Simenon. Car il y a un chat! Ce chat, "seul animal à avoir réussi à domestiquer l'homme", d'après Marcel Gauss, est gourmand, aime la discussion et son confort. Horaires flous, récupération après des nuits arrosées, heures dédiées à de bonnes lectures ou à l'amour, un peu d'action quand même, voilà la vie
De Hérédia, à la cinquantaine plutôt philosophe.
Malgré de l'humour et des dialogues qui font mouche, ce roman est noir, bien noir. Les recherches de Hérédia le mèneront à remuer le passé du Chili : dictature, arrestations, tortures... Les victimes ont encore peur de parler, les bourreaux se sont glissé dans une vie parfois bien tranquille...
Une question pour terminer : le Scribouillard, écrivain ami
De Hérédia, à mon avis un double de Diaz-Eterovic, fait-il référence au Scribouillard de
Vargas Llosa?
Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-l-obscure-memoir..