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ISBN : 2021067297
Éditeur : Editions du Seuil (2013)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 49 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
4e de couverture Editions du Seuil 1977.

Triomphante, folle de ses richesses, de sa démesure et de ses rêves, New York se délabre pourtant, rongée de l'inté-rieur. John L'Enfer, le Cheyenne insensible au vertige, s'en .rend bien compte du haut des gratte-... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 26 juin 2013

    LiliGalipette
    New York se désagrège. Les gratte-ciels se fissurent et se vident. Les chiens partent en bande vers les montagnes. Les eaux refoulent dans les souterrains. New York se meurt. Mais il n'y a que John l'enfer, un indien Cheyenne, qui sent les convulsions de la métropole. Cette fin prochaine rappelle comment le petit village indien de Manhattan a disparu sous la poussée des colons blancs. Cette fois, c'est certain, la nation indienne vit ses dernières heures. « le douzième laveur de carreaux qui s'écrase en moins de six mois. Tous des Indiens. Je le croyais pourtant différents de nous autres, insensibles au vertige ? / Oui, ça se passe dans leur oreille interne. Maintenant, si ça se trouve, ils s'adaptent. Et ils en meurent. » (p. 13) L'assimilation définitive est-elle donc le dernier acte barbare que les Blancs civilisés commettent envers le peuple millénaire du nouveau continent ?
    John l'enfer est laveur de carreaux. Il s'élève au-dessus de l'agitation fiévreuse de la cité et les milliers de fenêtres de la ville lui renvoient un horizon de fer et de verre qui se craquèle. « le Cheyenne a toujours eu l'impression d'être le spectateur privilégié de cette ville à la surface de laquelle il ne prend pied que pour fermer les yeux. » (p. 50) John n'est pas le dépositaire des rites de ses ancêtres, mais il garde en lui assez de spiritualité pour savoir que New York convulse et qu'il ne fait pas bon y rester. « Il faut se méfier des villes, ça vous assassine mine de rien. » (p. 162)
    Le chemin du Cheyenne croise celui de Dorothy Kayne, une jolie professeure d'universitée qu'un accident a rendu momentanément aveugle. La jeune femme a besoin d'être protégée et elle accepte le soutien de John. Et aussi celui d'Ashton Mysha, un officier de marine retenu à terre pour raisons de santé, juif polonais obsédé par son pays d'origine. Ces trois êtres se raccrochent les uns aux autres et élaborent une relation étrange. John aime Dorothy, mais refuse de la toucher. « Il accepterait de pas toucher Dorothy Kayne, jamais. de ne pas danser avec elle, de ne pas changer ses pansements. Mais qu'elle vive dans sa maison, seulement ça – et rien d'autre. Elle est la millième femme, peut-être, dont John l'enfer rêve de suivre la vie pas à pas. » (p. 86) Il semble que Dorothy aime l'Indien, mais c'est à Ashton qu'elle se donne chaque nuit. Et Ashton ne semble aimer personne : il attend seulement la mort et cette attente le fatigue.
    Brusquement, John l'enfer est au chômage. La malhonnêteté des entrepreneurs new-yorkais est une autre manifestation de l'inexorable déliquescence de la ville. le Cheyenne décide de descendre dans la rue avec d'autres Indiens et de revendiquer les droits des natifs. La marche est stoppée par les forces de l'ordre. « Ne pas confondre un combat de rues avec la guerre des plaines. » (p.94) John l'enfer est envoyé en prison et sa seule façon de payer sa caution, c'est d'hypothéquer sa petite maison en bois à Long Island, cette bicoque que les riches du voisinage rêvent tant de voir sauter pour y installer des demeures autrement plus rutilantes. Les pouvoirs accusent John d'avoir voulu détruire New York et le procès s'annonce sans appel. « On n'a jamais vu un seul Cheyenne l'emporter sur des millions d'hommes. » (p. 282)
    John, Dorothy et Ashton dérivent dans la ville qui se meurt, d'un gratte-ciel vide à un palace où tout est démesuré. le Cheyenne se laisse submerger d'amour pour Dorothy. . « À travers John l'enfer, c'est la nation cheyenne qui s'agenouille. Respire, avide, le parfum trouble d'une fille blanche et blessée, encore endormie. » (p. 146) Mais Dororthy est une femme effrayée qui use de son handicap pour redevenir enfant. « Ces deux hommes avec toi, que sont-ils au juste ? / Une attente. » (p. 217) de son côté, Ashton décide d'en finir avec ses démons, d'en finir tout court. Il rencontre le docteur Almendrick qui se livre à un curieux trafic d'organes humains sous forme de ventes viagères. La fin se précipite : celle d'Ashton et celle de New York se confondent. Pour les survivants, une seule solution : fuir et ne pas se retourner sur les vestiges à venir de la ville.
    En me relisant, je me dis que j'en ai sans doute trop écrit. Mais ce roman est impossible à résumer. Il y a tant de choses à dire à son sujet. Ça faisait longtemps que je n'avais pas été happée par une lecture au point d'en rêver, de rêver d'une ville qui s'effondre et qui se meurt à petit feu, de rêver d'un Indien mélancolique et amoureux et de hordes de chiens qui envahissent Central Park. Oui, je divague encore un peu, mais c'est tellement bon…
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    • Livres 5.00/5
    Par MissG, le 11 juillet 2013

    MissG
    John l'enfer est un indien Cheyenne, il travaille à New York, comme laveur de carreaux sur les gratte-ciel.
    Son chemin va croiser celui de Dorothy Kayne, une jeune femme momentanément aveugle suite à un accident, et d'Ashton Mysha, un loup de mer polonais expatrié.
    Dorothy Kayne a besoin d'aide mais pas de pitié, c'est tout ce qu'a à lui offrir John l'enfer qui tombe amoureux de cette jeune femme dont la couleur des yeux restera un mystère jusqu'à la fin.
    Dorothy Kayne tombe sans doute aussi amoureuse de John l'enfer, mais elle ne le voit pas forcément et c'est à Ashton Mysha qu'elle s'offre toutes les nuits, pas toujours entièrement consentante ce qui en fait une relation déroutante, alors que ce dernier sait pertinemment que John aime Dorothy et vice-versa, en attendant il profite de la pseudo-domination qu'il a sur le Cheyenne : "Elle dépend de vous, pire qu'un chien. Mais je n'appelle pas ça de l'amour. N'attendez rien de l'hiver, John, vous seriez déçu.".
    Ces trois destins vont se croiser pour ne faire qu'un l'espace d'un temps dans une ville de New York qui se désagrège petit à petit.
    Mais seul John l'enfer perçoit la fin de la ville, repère et interprète les signes sur les bâtiments ou encore ces chiens qui se rassemblent : "Le Cheyenne a toujours eu l'impression d'être le spectateur privilégié de cette ville à la surface de laquelle il ne prend pied que pour fermer les yeux.".
    Il y a beaucoup de symboliques dans ce roman : un univers indien avec ses croyances toujours sous-jacent, une aveugle qui ne voit pas au sens propre comme au figuré, cette meute de chiens qui ne cesse de grandir en périphérie de New York prête à attaquer la ville, cette étrange maladie comme une lèpre qui toucherait la pierre pour la rendre friable et faire s'écrouler les bâtiments.
    L'apocalypse n'est pas forcément là où on l'attend : elle aurait pu prendre la forme d'un virus mortel, l'auteur a choisi de la symboliser par les maisons et surtout les gratte-ciel, emblèmes de New York, qui menacent de s'effondrer.
    Ne faudrait-il pas y voir aussi le déclin de la race humaine ?
    D'ailleurs, même les indiens réputés pour ne pas souffrir du vertige se mettent à tomber des gratte-ciel tandis qu'ils lavent leurs vitres.
    Alors que la ville menace de s'écrouler, il y a un trio amoureux qui se cherche, parfois se trouve mais se trompe de personne : "A New York, on ne s'aime plus que le temps d'une défaillance.", un tourbillon qui tourne et emporte le lecteur au fil de ses pérégrinations.
    Mais il n'y a pas que New York qui dépérit, Ashton Mysha en a assez de la vie : "Il faut se méfier des villes, ça vous assassine mine de rien.", quant à Dorothy elle est retournée au stade enfant depuis qu'elle est aveugle, seul John l'enfer est et reste un roc, une personne sur qui compter et à qui s'accrocher.
    Ce roman est aussi la confrontation des contraires : le New York opulent qui se heurte au New York pauvre, l'argent à la misère, l'amour au désespoir.
    Et puis, il y a New York, ville aux multiples facettes que j'ai pris plaisir à re-parcourir à travers ce roman mettant en avant des lieux ultra-connus et d'autres plus secrets.
    Il m'est difficile de parler de cette lecture, elle se ressent plus qu'elle ne se raconte mais le style de Didier Decoin m'a transportée à New York et m'a fait suivre les pas de John l'enfer à travers cette histoire que j'imagine très bien transcrite à l'écran par le cinéma.
    Une belle lecture et un coup de cœur littéraire comme cela ne m'était plus arrivée depuis quelques mois.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2013/07/john-lenfer-de-didier-deco..
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    • Livres 4.00/5
    Par Drych, le 19 juillet 2013

    Drych
    La lèpre de la pierre attaque le ciment des gratte-ciel de New York, les chiens et les riches quittent la ville qui se meurt faute de moyens financiers pour en assurer l'entretien. Au milieu de cette fin d'un monde, John l'enfer, un Cheyenne survit, comme un ange gardien pour ses deux compagnons, Dorothy, jeune femme temporairement aveugle dont il est amoureux et Ashton, officier de marine échoué là. L'histoire est impossible à résumer, mais on suit avec beaucoup d'intérêt le destin de notre trio. J'ai beaucoup apprécié l'ambiance chargée de symboles, et ai retrouvé avec plaisir tous les quartiers connus de New York.
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    • Livres 2.00/5
    Par sarahdevalmont6, le 16 juillet 2014

    sarahdevalmont6

    Un roman de l'apocalypse.
    Une New York où fermente la destruction, comme le Cheyenne John l'enfer, qui n'a pas perdu l'instinct de ses ancêtres, le pressent : l'un des derniers survivants de la Nature dans un univers bétonné…La femme qu'il aime, Dorothy Kayne, est aveugle, (symbole de tous les New Yorkais qui ne voient pas venir la chute) et son compagnon d'infortune, Ashton Mysha, a l'intention de se donner la mort…
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    • Livres 3.00/5
    Par Missbouquin, le 20 octobre 2013

    Missbouquin
    New York vieillit … Cette ville qui fut indienne avec le petit village de Manhattan meurt de la lèpre des pierres, et personne ne peut rien y faire.
    Personne, pas même le Cheyenne John l'enfer, laveur de carreaux de son état, qui observe de son poste d'observation privilégié : les gratte ciels qu'il nettoie. « le Cheyenne a toujours eu l'impression d'être le spectateur privilégié de cette ville à la surface de laquelle il ne prend pied que pour fermer les yeux. »
    Et pourtant, même les Indiens, normalement non sujets au vertige, commence à en mourir. « le douzième laveur de carreaux qui s'écrase en moins de six mois. Tous des Indiens. Je le croyais pourtant différents de nous autres, insensibles au vertige ? / Oui, ça se passe dans leur oreille interne. Maintenant, si ça se trouve, ils s'adaptent. Et ils en meurent. »
    Mais à côté il y a le triangle amoureux formé par l'universitaire Dorothy qu'un accident a rendu temporairement aveugle; le marin polonais Ashon Mysha, désespéré car vieillissant, et John l'enfer. Trois figures désespérées dans une ville qui agonise … « Tous deux savent que la cité dissimule sous sa poussière et son clinquant une charpente qui se sclérose davantage de jour en jour. »
    John l'enfer le Cheyenne et Dorothy l'aveugle provisoire sont des personnages qui seront vite oubliés dans mon panthéon littéraire. Je n'ai en effet absolument pas su m'attacher à leur histoire, présentée un peu en vrac à la manière d'un roman mal maîtrisé. Quel est le sujet exactement ? Les Indiens ? Les aveugles ? New York qui part en lambeaux ? Qui est réellement John l'enfer ?
    Que de questions auxquelles les 250 pages du roman ne m'ont pas permis de répondre …
    Publié en 1977, le livre a pourtant reçu le Prix Goncourt. Mais décidément, cette histoire de ville qui se mine, ce personnage qui erre sans vraiment faire grand chose, rien ne m'a touché, rien ne m'a vraiment intéressé et je suis passée complètement à côté du texte.


    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2013/09/26/les-livres-non-chroni..
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Citations et extraits

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  • Par genou, le 14 septembre 2013

    Lorsque John entame sa progression sur le flanc de la montagne
    absolument verticale, en manœuvrant les pattes grêles de la bête-à-
    ventouses, les gens de la rue s’arrêtent, lèvent les yeux, ils le
    regardent faire et, parfois, le saluent de la main. Mais peu à peu, ils
    se lassent et s’en vont : pour eux, ce sont toujours les mêmes gestes
    qui recommencent. John l’Enfer, lui seul, sait qu’aucun de ses
    efforts ne ressemble au précédent. D’abord, il y a le risque qui
    augmente - moins en fonction de l’altitude que de la fatigue.
    Ensuite, la musculature s’assouplit, les mouvements sont plus
    heurtés, plus audacieux. Au fur et à mesure que les vitres retrouvent
    leur transparence, une sorte d’optimisme comparable a l’ivresse
    gagne le laveur de carreaux. Dans certains cas, il ira peut-être
    jusqu’a se lâcher d’une main pour atteindre tel ou tel recoin. Il siffle,
    puis il chante, puis il se raconte des histoires. Le vent écarte ses
    lèvres, pénètre en trombe dans ses poumons : autant 1’air du rez-de-
    chaussée était gluant, lourd, comme filandreux, autant le vent d’en
    haut est rafraîchissant, purifié; un vent bleu comme le sang.
    La première demi-heure est pénible, la deuxième est vivifiante;
    c’est au cours de la troisième demi-heure que, accoutumance
    aidant, tout peut arriver.
    Il faut, à intervalles réguliers, prendre la mesure du vide, défier le
    vertige; ne pas s’intéresser a ce qui se passe derrière la fenêtre, a
    l’intérieur du gratte-ciel : sinon, on a vite fait de se croire sur terre ;
    le plus dangereux, c’est la fille qui peint ses ongles, qui souffle
    dessus, qui les tourne vers la lumière du jour, la moquette est
    épaisse et verte, tout est doux, infiniment trop.
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  • Par LiliGalipette, le 26 juin 2013

    « Ces deux hommes avec toi, que sont-ils au juste ? / Une attente. » (p. 217)

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  • Par LiliGalipette, le 26 juin 2013

    "Bien sûr, [...], l'accusation délire complètement. un pauvre type comme John l'Enfer est incapable de détruire New York. Incapable même d'en concevoir l'idée." (p. 119)

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  • Par LiliGalipette, le 26 juin 2013

    « C’est encore sur les mots qu’il compte pour reconquérir Dorothy Kayne, dont il devine qu’elle s’écarte de lui pour suivre John comme une ombre. Et maintenant, il se sent très loin de cet homme qui marche à côté de lui, impassible. Ile le redoute parce qu’il ne le comprend pas. » (p. 137)

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  • Par LiliGalipette, le 26 juin 2013

    « Il accepterait de pas toucher Dorothy Kayne, jamais. De ne pas danser avec elle, de ne pas changer ses pansements. Mais qu’elle vive dans sa maison, seulement ça – et rien d’autre. Elle est la millième femme, peut-être, dont John l’Enfer rêve de suivre la vie pas à pas. » (p. 86)

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