ISBN : 2070393763
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 55 notes) Ajouter à mes livres
Quatrième de couverture : « Il faut toujours une séparation d'avec les autres gens autour de la personne qui écrit les livres. C'est une solitude essentielle. C'est la solitude de l'auteur, celle de l'écrit. Pour débuter la chose, on se demande ce que c'était ce silence... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par michelayala, le 17 mai 2012

    michelayala
    Simplement «Ecrire» de Marguerite DURAS, un roman d'une extrême beauté…
    Quelle source de bonheur pour moi de pouvoir m'assimiler en modeste appariteur de «notre université de lecture», et de déposer là, face à vous, cette délicieuse moisson de papier encrée. Ancré différemment en moi, car convaincu par les bienfaits du texte, il me reste à vous faire partager mes impressions; ce n'est pas une simple formalité, surtout lorsque l'adhésion ne peut émaner que du plus profond de soi.
    «Écrire, c'est la seule chose qui peuplait ma vie et qui l'enchantait», formulation faite par la grande Dame et qui, c'est un simple minimum, demande d'aller bien plus loin dans l'analyse.
    Enfin un auteur qui daigne nous parler de ses impressions sur ce que représente l'écriture, pourquoi pas la sienne, même si elle ne nie pas ressentir une certaine impudeur face à ses écrits, souvent synonyme de douleur dans sa vie, ou pour le moins symptomatique d'évènements prévisibles. A propos, ça ne vous rappelle rien, «La Douleur», son journal, son déni éprouvé, même quarante après l'avoir écrit?
    Chez un écrivain, on se rend rapidement compte que l'œuvre et la vie forment un véritable couple, même si la cohabitation est parfois difficile. Pourquoi? Surement en raison des origines de leur liaison, suivant si la vie a provoqué l'histoire, ou si le fait d'écrire est assurément une raison de vivre. Bien entendu, la première hypothèse peut s'avérer douloureuse: écrire pour chasser le mal, partir à la reconquête d'une existence meilleure.
    Mais pour Madame DURAS, l'acte d'écrire, à condition de ne jamais l'apparenter au narcissisme de l'esprit, peut se révéler une véritable passion. A ce sujet, elle nous offre une belle vision: « (.) la passion non plus considérée comme servitude et maladie de l'âme mais plutôt comme désir d'absolu qui marque en l'homme une étincelle de divin».
    Personnellement, «Écrire» est un livre qui m'a appris à lire, mais aussi à ne jamais avoir peur d'écrire.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 16 juin 2011

    cicou45
    Marguerite Duras si livre ici avec une franchise et une facilité presque déconcertante en faisant en quelque sorte le bilan de ses propres œuvres. Elle nous raconte ce qui a fait d'elle l'auteur qu'elle est devenue et nous prodigue des conseils sur sa manière d'écrire. Loin de dire que ce qu'elle nous apporte est universel et s'applique à chaque auteur, elle est loin d'être aussi fière et imbue d'elle-même pour cela mais ce qu'elle nous offre, ce sont ses ressentis. le lecteur doit donc accepter ce cadeau qu'elle lui fait en étant aussi sincère avec lui. L'écriture est remplie de poésie. Elle se confesse en nous disant qu'elle a tellement donné une part d'elle-même dans ses écrits qu'elle a réussi à vivre la vie, ou du moins une partie, de ses propre personnages. Ce livre est un véritable régal, court et facile à lire. A découvrir !
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    • Livres 3.00/5
    Par maylibel, le 29 juin 2011

    maylibel
    Cet ouvrage de Marguerite Duras est en réalité un court recueil de textes autour de l'écriture, dont certains ont été filmés. L'auteure y livre quelques éléments de sa vie, y parle de sa relation à l'écrit, y dévoile quelques-unes de ses pensées. Elle reste très pudique tout en révélant des détails assez intimes. Elle parle ainsi assez longuement de sa maison de Neauphle-le-Château : « je l'ai achetée avec les droits de cinéma de mon livre "Un barrage contre le Pacifique". Elle m'appartenait, elle était à mon nom. Cet achat a précédé la folie de l'écriture. Cette espèce de volcan. Je pense que cette maison y est pour beaucoup. » ("Écrire", p. 24) Loin d'une autobiographie, cet ouvrage révèle quelques fragments de la vie de Marguerite Duras, à sa manière.
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    • Livres 3.00/5
    Par meyeleb, le 17 septembre 2011

    meyeleb
    Un tête à tête avec Marguerite Duras, ça ne se refuse pas!
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  • Par charlottelit, le 02 août 2011

    charlottelit
    oui mais Duras avait bien d'autres "agréments" dans sa vie, en dehors d'écrire pour notre bonheur
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Citations et extraits

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  • Par KarineBellocq, le 29 juillet 2010

    Ca rend sauvage l'écriture. On rejoint une sauvagerie d'avant la vie. Et on la reconnait toujours, c'est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distincte et inséparable de la vie même. On est acharné. On ne peut pas écrire sans la force du corps. Il faut être plus fort que soi pour aborder l'écriture, il faut être plus fort que ce qu'on écrit. C'est une drôle de chose, oui. C'est pas seulement l'écriture, l'écrit, c'est les cris des bêtes la nuit, ceux de tous, ceux de vous et de moi, ceux des chiens. C'est la vulgarité massive, désespérante de la société. La douleur, c'est Christ aussi et Moïse et les pharaons et tous les juifs, et tous les enfants juifs, et c'est aussi le plus violent du bonheur.
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  • Par cequejelis, le 30 septembre 2011

    C'est dans une maison qu'on est seul. Et pas, au-dehors d'elle mais au-dedans d'elle. Dans le parc il y a des oiseaux, des chats. Mais aussi une fois, un écureuil, un furet. On n'est pas seul dans un parc. Mais dans la maison, on est si seul qu'on en est égaré quelquefois. C'est maintenant que je sais y être restée dix ans. Seule. Et pour écrire des livres qui m'ont fait savoir, à moi et aux autres, que j'étais l'écrivain que je suis. Comment est-ce que ça s'est passé? Et comment peut-on le dire? Ce que je peux dire c'est que la sorte de solitude de Neauphle a été faite pour moi. Pour moi. Et que c'est seulement dans cette maison que je suis seule. Pour écrire. Pour écrire pas comme je l'avais fait jusque-là. Mais écrire des livres encore inconnus de moi et jamais encore décidés par moi et jamais décidés par personne. Là j'ai écrit Le Ravissement de Lol V. Stein et Le Vice-Consul. Puis d'autres après ceux-là. J'ai compris que j'étais une personne seule avec mon écriture , seule très loin de tout. ça a duré dix ans peut-être, je ne sais plus, j'ai rarement compté le temps pâssé à écrire ni le temps tout court. J'ai compté le temps passé à attendre Robert Antelme et Marie-Louise ma jeune sœur. Après je n'ai plus rien compté.

    Folio n° 2754 p. 13-14
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  • Par erzebeth, le 11 avril 2008

    " Je crois que c'est ça que je reproche aux livres, en général, c'est qu'ils ne sont pas libres. On le voit à travers l'écriture : ils sont fabriqués, ils sont organisés, réglementés, conformes on dirait. Une fonction de révision que l'écrivain a très souvent envers lui-même. L'écrivain, alors il devient son propre flic. J'entends par là la recherche de la bonne forme, c'est-à-dire de la forme la plus courante, la plus claire et la plus inoffensive. Il y a encore des générations mortes qui font des livres pudibonds. Même des jeunes : des livres "charmants", sans prolongement aucun, sans nuit. Sans silence. Autrement dit : sans véritable auteur. Des livres de jour, de passe-temps, de voyage. Mais pas des livres qui s'incrustent dans la pensée et qui disent le deuil noir de toute vie, le lieu commun de toute pensée. "
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  • Par KarineBellocq, le 29 juillet 2010

    Se trouver dans un trou, au fond d'un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l'écriture vous sauvera.
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  • Par cequejelis, le 26 février 2012

    Il faut toujours une séparation d'avec les autres gens autour de la personne qui écrit des livres. C'est une solitude. C'est la solitude de l'auteur, celle de l'écrit. Pour débuter la chose, on se demande ce que c'était ce silence autour de soi. Et pratiquement à chaque pas que l'on fait dans une maison et à toutes les heures de la journée, dans toutes les lumières, qu'elles soient du dehors ou des lampes allumées dans le jour. Cette solitude réelle du corps devient celle, inviolable, de l'écrit. Je ne parlais de ça à personne. Dans cette période-là de ma première solitude j'avais déjà découvert que c'était écrire qu'il fallait que je fasse. J'en avais déjà été confirmée par Raymond Queneau. Le seul jugement de Raymond Queneau, cette phrase-là : ” Ne faites rien d'autre que ça, écrivez.

    p.
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Interview de Patrice Chéreau à propos du spectacle « La Douleur » sur des extraits tirés du journal de Marguerite Duras - Théâtre des Amandiers de Nanterre, 2008








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