Simplement «
Ecrire» de
Marguerite DURAS, un roman d'une extrême beauté…
Quelle source de bonheur pour moi de pouvoir m'assimiler en modeste appariteur de «notre université de lecture», et de déposer là, face à vous, cette délicieuse moisson de papier encrée. Ancré différemment en moi, car convaincu par les bienfaits du texte, il me reste à vous faire partager mes impressions; ce n'est pas une simple formalité, surtout lorsque l'adhésion ne peut émaner que du plus profond de soi.
«Écrire, c'est la seule chose qui peuplait ma vie et qui l'enchantait», formulation faite par la grande Dame et qui, c'est un simple minimum, demande d'aller bien plus loin dans l'analyse.
Enfin un auteur qui daigne nous parler de ses impressions sur ce que représente l'écriture, pourquoi pas la sienne, même si elle ne nie pas ressentir une certaine impudeur face à ses écrits, souvent synonyme de douleur dans sa vie, ou pour le moins symptomatique d'évènements prévisibles. A propos, ça ne vous rappelle rien, «
La Douleur», son journal, son déni éprouvé, même quarante après l'avoir écrit?
Chez un écrivain, on se rend rapidement compte que l'œuvre et la vie forment un véritable couple, même si la cohabitation est parfois difficile. Pourquoi? Surement en raison des origines de leur liaison, suivant si la vie a provoqué l'histoire, ou si le fait d'écrire est assurément une raison de vivre. Bien entendu, la première hypothèse peut s'avérer douloureuse: écrire pour chasser le mal, partir à la reconquête d'une existence meilleure.
Mais pour Madame
DURAS, l'acte d'écrire, à condition de ne jamais l'apparenter au narcissisme de l'esprit, peut se révéler une véritable passion. A ce sujet, elle nous offre une belle vision: « (.) la passion non plus considérée comme servitude et maladie de l'âme mais plutôt comme désir d'absolu qui marque en l'homme une étincelle de divin».
Personnellement, «Écrire» est un livre qui m'a appris à lire, mais aussi à ne jamais avoir peur d'écrire.