ISBN : 2070368106
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.46/5 (sur 109 notes) Ajouter à mes livres
L'histoire de Lol Valérie Stein commence au moment précis où les dernières venues franchissent la porte de la salle de bal du Casino municipal de T. Beach. Elle se poursuit jusqu'à l'aurore qui trouve Lol V. Stein profondément changée. Une fois le bal terminé, la nuit f... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par JS-KM, le 11 novembre 2011

    JS-KM
    On pourrait en parler une autre fois ; ici il ne s'agit pas du plus célèbre roman de M. Duras, mais d'un autre qui lui est antérieur. On y retrouvera ce qui, une fois encore, a bien failli me faire tomber le roman des mains ; c'est diablement pesant, aux portes de la folie par instants. Et ceux qui lisent ce livre dans le confort auraient certainement plus de choses à en dire que moi, qui ai reçu comme un mauvais coup de bâton avec l'histoire de Lola Valérie Stein. Je peux toujours tenter d'expliquer, non ?
    Atmosphère début de siècle, en flottaison autour d'une société de jeunes gens lancés sur les chemins de la vie. On se trouve à S. Tahla, nom qui ne m'évoque rien sinon l'enfance de l'auteur, vécue en un lieu lointain. Ces rues de S.Tahla sont vides de toute empreinte, on n'y décèle nul indice quant aux moeurs à observer, et nul pittoresque, si on s'y attendait seulement. Rien. Au lieu de ça, des rues rectilignes, qui s'étalent jusqu'à l'immensité de l'Océan Indien.
    Les noms des héroïnes, Tatiana, et Lola Valerie Stein, nous apparaissent comme dépossédés de toute substance. Peut-être évoquent-ils, dans l'anonymat dont ils semblent frappés, l'insignifiance de certains destins de jeunes filles, issues de familles prestigieuses et comme exilées en quelque terre étrangère, lointaine. Je décide peut-être de moi-même de les faire évoluer, donc, au début du XXième siècle. Des vies inemployées, se suffisant à elles-mêmes et comme noyées dans l'impossibilité de faire face aux évènements promis par un monde en mutation. le dessein bourgeois, sa réalisation ou son occurrence semblent présents et à toutes fins souhaitables pour les protagonistes, qui ne soufflent mot de leur situation (présumée par moi, encore) de riches colons.
    Finalement, dans le chaos qui peut s'entendre autour de leur désoeuvrement sans égal (bien commun toutefois), une catastrophe n'est pas utile pour montrer quels abîmes recèle l'âme humaine.

    C'est un tiers qui nous raconte quelle est l'histoire de Lol V. Stein. Un tiers pour qui la vie de cette personne importe beaucoup, et qui se défend, à plusieurs reprises, de fournir autre chose qu'une interprétation de ce qui a eu lieu. Ses mots veulent exprimer, dans un dépouillement certain, ce qu'il est important de savoir au lecteur. de là peut-être cette sensation de traverser une époque, des lieux désincarnés, hors de l'Histoire, peuplés de personnes préoccupées par le rivage d'une station balnéaire, où une vie semble s'être perdue.
    Lol V. Stein, selon son amie d'enfance Tatiana, a toujours présenté des traits de caractère particuliers. Elle parle d'absences.
    Et si les années passant, approchant inéluctablement de la fin d'une certaine jeunesse, devaient unir Lol à un fiancé qu'elle aimait, une certaine soirée au Casino Municipal du bord de mer, à S. Tahla, devait décider autrement du destin de la jeune fille. Une femme au physique décati, accompagnant sa fille au bal, apparue tard dans la soirée, semble fasciner le jeune homme déjà choisi par Lol, depuis des années.
    En dehors du temps, les voilà partis, tous deux, pour danser toute la nuit, sous la prostration de Lol, qui ne parvient qu'à ébaucher un sourire, et à s'inscrire dans le renoncement le plus total de son être. le cri de désespoir n'a pas jailli de ses lèvres. C'est à la fois persuadée d'avoir, finalement, encouragé son fiancé à danser avec l'inconnue, et en laissant sa main dans celle de sa meilleure amie Tatiana, comme pour conjurer sa peine, qu'elle laisse ces heures passer jusqu'à l'aube, qui la trouvera profondément bouleversée pour finir, et abandonnée par son fiancé.

    De longues années s'écouleront, passées dans la déréliction, suite à ce qui semble avoir pour elle été un choc : le raz de marée émotionnel que ne pouvait endiguer Lol, lors de la soirée, l'aura mise à mal pour un temps dont nul ne sait le terme. Elle récupère, pourtant, se marie, a des enfants, et préserve, pour elle comme pour les autres, le silence qui doit envelopper cet évènement inéclairci. C'est en se rapprochant de son ancienne amie Tatiana, réunies qu'elles seront par les circonstances, que l'histoire de son annihilation, arrivée à son point culminant en une certaine nuit, et sans cesse prête à frôler son présent, se remettra en branle, au gré des évènements que le lecteur pourra découvrir s'il choisit de participer à l'aventure.

    Je ne sais pas si on peut qualifier de roman "psychologique" Le Ravissement de Lol V. Stein. M. Duras s'acharne à y nommer un espace où l'être est comme fasciné par sa propre perte, impuissant à construire, aux prises avec une mécanique que j'ai trouvée des plus morbide.
    Il y a une poétique très puissante à l'oeuvre chez Duras : ce qui a été manqué, ce qui a subjugué et n'entend en rien céder sa place devant quelque avenir heureux. C'est avec une précision terrible que l'auteur analyse les ressorts de cette chute qui n'en finit pas, de ce "ravissement", que l'on est alors en mesure de comprendre à la fois du point de vue d'un étonnement confinant à la subjugation, mais aussi à un enlèvement, un rapt, une force irrésistible qui agirait sur esprit en lui donnant pour nourriture le ressassement perpétuel de son passé. A la fois effrayant, et douloureux aussi, ce roman est probablement l'un des plus sombres que j'aie jamais lu. J'y ai reconnu tant de choses, toutefois, que je me suis demandé qui avait pu le trouver "beau" (mot souvent utilisé, de façon générique, à propos d'un roman qui remue), plutôt que profondément désespéré et désespérant. Duras à souhaité être impénétrable, et à bâti une oeuvre que l'on croirait assimilable non pas à une déconstruction de son passé, mais à l'aboutissement d'une coquille parfaitement étanche, refermée sur elle et sur son mystère.
    Voilà qui peut donner à réfléchir à ceux qui pensent exorciser leur passé en l'écrivant. Mais on est porté à croire que là n'était pas le but premier de M . Duras ; et pourtant, me voilà à espérer qu'elle a pourtant bel et bien essayé de faire face à ses démons. Sa personnalité était complexe, et assurément je ne peux pas beaucoup renseigner là dessus !


    Lien : http://aussenwelt.eklablog.com/un-second-marguerite-duras-a4288124
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    • Livres 5.00/5
    Par quenlore, le 16 novembre 2011

    quenlore
    C'est un roman que j'avais étudié à la fac, et c'est peut-être pour cela, parce que j'ai plongé au cœur du texte, que j'en garde un souvenir aussi fort…
    Ce roman décrit l'histoire de Lol V. Stein, une jeune femme fiancée depuis six mois à Michael Richardson, et qui paraît avoir perdu la raison après avoir vu celui-ci rompre toute promesse de mariage à cause d'un coup de foudre lors d'un bal. Son amie d'enfance, Tatiana, raconte que l'esprit de Lol V. Stein manquait déjà de stabilité lorsqu'elles étaient au collège.
    On ne le comprend pas immédiatement, mais l'histoire est racontée par un homme, Jacques Hold, qui n'est autre que L'Amant de Tatiana et qui aime Lol au moment où il raconte cette histoire, c'est-à-dire environ une quinzaine d'années après le choc de départ.
    Lol plonge dans une grave dépression qui la coupera du monde durant une certaine durée après ce fameux bal où ses rêves d'amour se sont envolés. Puis, elle fait la connaissance de Jean Bedford, homme qu'elle épouse très rapidement. Il l'emmène loin de cette ville où elle a tant souffert et lui fait trois enfants. L'héroïne reprend progressivement mais fragilement une vie normale pour finir par revenir sur les lieux de ce drame.
    Avec Le Ravissement de Lol V. Stein, Duras nous entraîne dans la quête acharnée et troublante des splendeurs de L'Amour fou entrevues par son héroïne. Suivant le sillage d'une parole sobre et mystérieuse, l'auditeur se laisse emporter jusqu'à l'horizon de cette magnifique histoire qui brille d'une inoubliable intensité.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 29 mai 2011

    cicou45
    Jacques Hold, le narrateur (le lecteur n'apprend son nom que très tard dans le roman comme il découvre que celui-ci est secrètement amoureux de Lol V. Stein) nous conte ici la vie parsemée d'embûches qu'a été celle de Lol Valérie Stein. Cette jeune femme avait tout pour elle puisqu'elle était fiancée à un jeune homme qu'elle aimait et était ainsi promis à un brillant avenir. Cependant, tout bascule lors d'une fatidique soirée de bal durant laquelle elle vit son fiancé s'éprendre éperdument d'une autre.
    Afin d'oublier sa peine, Lol V. Stein décidera alors de se réfugier dans le chagrin, la frustration et dans son refus de s'ouvrir au monde et aux autres. Cependant, d'une façon plus ou moins inattendue, elle fera la rencontre d'un homme du nom de Jean Bedford qu'elle acceptera d'épouser. Ce dernier l'emmènera alors loin de S. Tahla et ensemble, ils auront 3 enfants. S'agissait-il plus d'un mariage de raison que d'un mariage fondé sur L'Amour ? Lol . Stein l'apprendra à ses dépends lorsqu'elle reviendra habiter S. Tahla et où elle retrouvera Tatiana, son amie d'enfance, qui était elle aussi présente lors de ce fameux bal qui a bouleversé et changé la destinée de notre héroïne.
    Marguerite Duras nous ravit dans cet ouvrage en nous parlant notamment d'un amour, enfin plutôt d'une passion dévastatrice qui laisse des traces indélébiles sur la personne qui en a été la victime, de trahison et de solitude. Un magnifique roman à découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par chroniquesassidues, le 19 décembre 2011

    chroniquesassidues
    Lol V. Stein a dix-neuf ans quand elle se fiance à Michael Richardson, rencontré pendant ses vacances à T. Beach. L'histoire commence au bal du Casino, quand une femme entre dans la salle et que Michael abandonne instantanément Lol pour partir avec. S'ensuit une "crise", une "maladie" et la disparition de Lol V. Stein. Dix ans plus tard, Lol revient dans sa ville natale, mariée et mère de trois enfants. Elle y retrouve son amie d'enfance, Tatiana Karl, et rencontre L'Amant de celle-ci, Jacques Hold.
    Je continue dans ma découverte de l'œuvre de Marguerite Duras, avec cette fois-ci un roman, très connu et publié en 1964. Je ne le connaissais que de nom et me demandais quel pouvait être le sens de ravissement dans ce roman. Enlèvement ? Extase ? le titre joue bien évidemment sur les sens de ce mot. Dès le début du roman, c'est un "je" qui raconte l'histoire de Lol V. Stein, un "je" dont l'identité ne nous est révélée que plus tard. Ce narrateur raconte ce qu'il connaît par ouï-dire et surtout par Tatiana, celle qui était présent au bal et qui a tenu la main de Lol pendant sa crise. Il invente et imagine ce qu'il ne connaît pas, car Lol est un mystère qu'il cherche à élucider.
    Trois femmes : Lol V. Stein, Tatiana Karl et Anne-Marie Stretter. Quatre hommes : Jean Bedford, qui a épousé Lol ; Jacques Hold, L'Amant de Tatiana ; Pierre Beugner, son mari et Michael Richardson. Ils se lient et se délient entre eux pour former des couples à des états différents : amour naissant, passion charnelle, couples sans amour... Et tout tourne autour du personnage captivant de Lol, et de cette scène du bal à T. Beach qui revient à de nombreuses reprises, sans cesse revécue par Lol et imaginée par le narrateur. Lol est-elle guérie ? Sa maison et sa vie trop ordonnées sont-elles des symptômes d'une folie (le mot est dit) encore présente ? A quoi pense-t-elle lors de ces longues promenades qui la mènent toujours à l'hôtel Des Bois où se rencontrent Tatiana et Jacques Hold ?
    Décidément, j'aime l'écriture de Duras. J'aime relire certains passages, parfois à voix haute pour bien en saisir l'oralité. Moins difficile d'accès que des textes plus obscurs (par exemple, Les yeux bleus, les cheveux noirs précédemment lu), il en reste pas moins que certains passages du Ravissement de Lol V. Stein ouvrent la voie à plusieurs interprétations, ce qui complique mais enrichit la lecture. C'est donc définitivement un roman que je vais relire, car il fait partie de ces romans dont les relectures nous apprennent toujours quelque chose. Bien que n'ayant lu que très peu d'œuvres de Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein fait partie de mes préférés, et m'a totalement ravie.

    Lien : http://leschroniquesassidues.blogspot.com/2011/12/le-ravissement-de-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Ankya, le 31 juillet 2011

    Ankya
    Lol est une jeune femme fiancée qui voit lors d'un bal son promis partir dans les bras d'une autre. le traumatisme commence. Une quinzaine d'années plus tard, elle revient vivre dans la ville de son enfance et se rappelle.
    Partout où elle va, Lol est l'objet de toutes les attentions. Malgré son côté frêle et absent, elle a un charisme incroyable. Cependant Lol n'est plus normale. Depuis son traumatisme elle a ce que j'appellerai des phases d'autisme par intermittance. Elle part loin, très loin dans sa tête, oublie complètement les gens à son côté, et revient tout d'un coup.
    Lol passe son temps à se promener au hasard du vent, revivant le soir du bal où son ex futur mari l'a trahie. On a l'impression que Lol essaye de constamment se remplir de ses souvenirs.
    Ce livre est très lent et l'histoire plutôt banale (tout en restant cohérente). Pourtant, ce n'est qu'à chaque fois que j'ai posé ce livre - et surtout lorsque je l'ai terminé - que j'en ai ressenti la puissance. On est parachuté dans le monde de Lol à travers l'histoire du narrateur Jacques Hold.
    Ce livre ne comporte que six personnages; tous sont importants. Lol V. Stein bien sûr, son amie Tatiana Karl, le mari de celle-ci Pierre Beugner, le narrateur, le mari de Lol Jean Bedford et bien sûr, l'objet du scandale, Michael Richardson.

    Lien : http://lacavernedankya.canalblog.com/archives/2011/05/04/21050923.html
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Citations et extraits

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  • Par chroniquesassidues, le 19 décembre 2011

    Ce que je crois :
    Des pensées, un fourmillement, toutes également frappées de stérilité une fois la promenade terminée - aucune de ces pensées jamais n'a passé la porte de sa maison - viennent à Lol V. Stein pendant qu'elle marche. On dirait que c'est le déplacement machinal de son corps qui les fait se lever toutes ensemble dans un mouvement désordonné, confus, généreux. Lol les reçoit avec plaisir et dans un égal étonnement. De l'air s'engouffre dans sa maison, la dérange, elle en est chassée. Les pensées arrivent.
    Pensées naissantes et renaissantes, quotidiennes, toujours les mêmes qui viennent dans la bousculade, prennent vie et respirent dans un univers disponible aux confins vides et dont une, une seule, arrive avec le temps, à la fin, à se lire et à se voir un peu mieux que les autres, à presser Lol un peu plus que les autres de la retenir enfin.
    Le bal tremblait au loin, ancien, seule épave d'un océan maintenant tranquille, dans la pluie, à S. Tahla. Tatiana, plus tard, quand je le lui ai dit, a partagé mon avis.
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  • Par mandarine43, le 16 mars 2011

    Je crois qu'elle devait trouver là, dans la monotonie de la pluie, cet ailleurs, uniforme, fade et sublime, plus adorable en son âme qu'aucun autre moment de sa vie présente, cet ailleurs qu'elle cherchait depuis son retour à S. Tahla.
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  • Par nadejda, le 01 décembre 2010

    Elle (Lol) donnait l'impression d'endurer dans un ennui tranquille une personne qu'elle se devait de paraître, mais dont elle perdait la mémoire à la moindre occasion. Gloire de douceur mais aussi d'indifférence.
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  • Par mandarine43, le 16 mars 2011

    Je connais maintenant la puissance, la sensibilité de ce visage si doux - qui est aussi son corps, ses yeux, ses yeux qui voient le sont aussi - noyé dans la douceur d'une enfance interminable qui surnage à fleur de chair.
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  • Par mandarine43, le 07 janvier 2012

    Ce fût là ma première découverte à son propos : ne rien savoir de Lol était la connaître déjà.
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Interview de Patrice Chéreau à propos du spectacle « La Douleur » sur des extraits tirés du journal de Marguerite Duras - Théâtre des Amandiers de Nanterre, 2008








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